• Analyse du système d’oppression basé sur la notion de sexe

     

    [Avertissement : mention de misogynie, transphobie, intersexophobie]

     

    Vocabulaire :

    Intersexe : une personne qui ne rentre pas dans les standards mâle/femelle

    Transgenre : une personne dont le genre ne correspond pas à celui qui lui a été assigné à la naissance

    cis dyadique/cisdy = personne cis et dyadique, c’est à dire non-trans et non-intersexe.

    sexismée : personne victime du sexisme (femmes cis dyadiques, personnes intersexes, personnes trans)

     

    Introduction

     

    Tout d’abord, je rappelle qu’une oppression systémique structure la société à une échelle globale en un groupe dominant qui jouit de privilèges injustes sur le(s) groupe(s) dominé(s). Ainsi, si on considère le sexe, les hommes cis dyadique blancs forment le groupe dominant les femmes cis dyadiques. Les personnes intersexes et transgenres subissent également l’oppression du groupe dominant mais d’une manière différente de l’oppression subie par les femmes cis dyadiques (on le verra au cours de l’article). Si j’ai précisé « blancs » c’est parce que les personnes racisées sont aussi oppressées par la suprématie blanche. Ca veut dire que si on veut faire une analyse complète, il faut intersecter sexisme et racisme. Dans cet article, je vais juste analyser la partie sexisme, puis je donnerai quelques éléments d’intersection pour avoir une idée de comment ça se passe mais je vous renverrai surtout vers d’autres articles/vidéos qui abordent ce sujet de manière plus approfondie.

    En outre, le sexe est un construit social et non une donnée biologique. En effet, bien que les caractéristiques attribuées au sexe (organes génitaux, hormones, chromosomes) existent effectivement, elles ne sont pas catégorisables en deux groupes parfaitement délimitées (F/M), car comme on le sait, il y a aussi des personnes intersexes (1 personne sur 50). Ainsi, les caractéristiques attribuées au sexe existent le long d’un continuum ce qui fait qu’une catégorisation en sexes n’est pas pertinente scientifiquement dans l’espèce humaine. Toute classification en catégorie de sexe est en fait une distinction sociale utilisée comme un outil d’oppression sexiste. Sexe et genre sont donc tous deux des construits sociaux et sont en réalités des synonymes. J’emploierai donc le plus souvent l’expression « sexe/genre » ici. Je ferais l’analyse plus détaillée du sexe en tant que construit social dans un autre article qui paraîtra dès que possible. En attendant, vous pouvez lire cet article et visionner cette vidéo et celle-ci (pensez à activer les sous-titres en français) si vous êtes très impatient-e-s d’aller plus loin J

     

    1.    La binarisation de l’humanité

     

    Pour que le groupe dominant établisse sa domination, il lui faut un critère pour se distinguer du(des) groupe(s) dominé(s). Ce critère permet d’une part d’avoir une raison d’oppresser autrui et d’autre part de savoir qui fait partie ou non du groupe dominant. Il faut que le critère de ségrégation paraisse normal et immuable afin que le système semble n’être qu’un ordre naturel qui se perpétuera jusqu’à la fin des temps. Ca évite que les individus au sein du système le remettent en cause ou que s’iels le remettent en cause, cela soit perçu comme une hérésie.

    Ce critère, dans le cas du système patriarcal sexiste, c’est la notion de sexe/genre. Elle permet de binariser l’humanité en deux catégories de sexes : les femmes et les hommes. Ce dimorphisme artificiel va d’abord chercher sa justification dans la religion (Eve est créée à partir de la côte d’Adam dans la Bible) puis dans une argumentation pseudo-scientifique qui n’est qu’une version plus moderne d’Adam & Eve. La biologie ne soutient pas l’idée que l’espèce humaine est dimorphe, mais l’oppression systémique agit de sorte que les individus au sein du système aient des œillères qui les empêchent de se rendre à l’évidence. Iels iront jusqu’à nier les preuves qui sont sous leurs yeux.  

     

    2.    Le renforcement de la binarisation avec l’institution de stéréotypes et de normes

     

    Une fois qu’on a un critère qui permet de distinguer le groupe dominant du reste de l’humanité, il faut justifier et renforcer cette distinction, afin de s’assurer que le système soit bien solide. Il faut donc apposer des stéréotypes de genres, puisant encore une fois leur source dans une pseudoscience, afin de prouver aux individus du système que les hommes et les femmes sont vraiment différent-e-s. Il ne faudrait tout de même pas qu’on se rende compte qu’on est moins différent-e-s que ce qu’on veut bien nous faire croire, sinon on aurait plus de raison d’opprimer les femmes !

    Il est également nécessaire de mettre en place des normes liées à chacun des deux sexes/genres du système binaire, pour pouvoir :

    1)   contrôler et discriminer le groupe dominé : par exemple, les femmes doivent se maquiller, ça permet de contrôler leurs corps, cette activité étant considérée féminine est donc dévalorisée ;

    2)  maintenir les individus du groupe dominant à un standard strict, c’est à dire un auto-contrôle (masculinité toxique) et punir socialement ceux qui s’en écartent car se faisant, ils tendent à gommer la distinction artificielle de sexe/genre entre hommes et femmes en ayant des comportements considérés féminins.

     

    Note :

    Bien que certains individus du groupe dominant « hommes cis dyadiques blancs » soient punis socialement car ils s’écartent de la norme de la masculinité toxique, ils ne subissent pas du sexisme anti-homme ni de la misandrie. En effet, ceci est la résultante directe du sexisme et de la misogynie. Un sexisme anti-homme existerait s’il y avait un groupe social au dessus des hommes cis dyadique blancs, or ce n’est pas le cas. Les personnes sexismées n’ont pas le pouvoir d’oppresser les hommes cisdy blancs. En conséquence, la misandrie et le sexisme anti-homme n’existent pas.

    Une personne opprimée est perdante quoiqu’elle fasse, et ce même si elle essaye de suivre les « règles du jeu » : une fille qui se maquille trop ça fait vulgaire, une fille qui se maquille pas assez ça fait négligé (« trop » et « pas assez » étant des normes imposées par le groupe des hommes cisdy blancs). Par ailleurs, les personnes opprimées ont des droits en moins (discrimination à l’emploi etc.) et risquent leur sécurité voire leur vie (culture du viol etc.) Un homme cisdy peut évidemment être victime d’un viol (et il n’y a pas lieu d’en minimiser la gravité évidemment), mais simplement ce viol ne résulte pas d’une structuration sociale qui encourage et banalise le viol des hommes, ça n’est pas systémique.

     

                Dans cette domination basée sur le sexe/genre, l’institution d’une norme hétérosexiste permet de justifier la binarisation via des faux-arguments sur la reproduction. Cela permet aussi de contrôler d'autant mieux le groupe dominé avec des injonctions supplémentaires - comme par exemple, l'injonction à avoir des enfants, parce que c'est censé être dans la nature d'une femme, ou celle qu'un homme est indispensable à la vie d'une femme et que celle-ci doit le satisfaire sexuellement. Il n’est pas si loin le temps où ma grand-mère devait demander l’autorisation de son mari pour avoir une carte bleue… Et il reste encore aujourd’hui des rapports de force même si les femmes ont acquis de l’indépendance.

     

                Bon très bien, jusque là j’ai parlé largement des femmes cis dyadiques mais qu’en est-il des personnes intersexes et trans ?

     

    3.    Les personnes trans et intersexes au sein du système patriarcal

     

    Tout d’abord, l’existence des personnes intersexes démontre que la binarisation de l’être humain selon la donnée sexe est incorrecte sur le plan scientifique et que le sexe est donc un construit social. Le patriarcat n’a donc pas intérêt à ce que ça se sache car alors les catégories de sexes et l’oppression en résultant s’écroulent. S’il n’y a plus de limite naturelle et justifiable entre les personnes intersexes et les mâles alors comment distinguer le groupe dominant du reste ? Impossible. Le système implose. Le système a donc tout à gagner à effacer l’existence des personnes intersexes ou leur inventer un « trouble de développement sexuel ». Soit il n’y a personne entre les mâles et les femelles, soit il y a des anomalies, donc le système oppressif est sauf. Il y aurait sûrement beaucoup plus à écrire sur ce sujet mais n’étant pas intersexe, je n’ai pas la perspective me permettant d’approfondir ce paragraphe. Néanmoins, je pense que vous avez l’idée générale.

    Deuxièmement, l’existence des personnes trans démontre également que les catégories de sexes ne sont pas biologiques mais en plus, elles ne sont pas étanches. On peut être assigné•e femme à la naissance et être un homme ; ça c’est une catastrophe pour le patriarcat car cela veut dire que les critères de distinction des groupes sexués homme/femme ne sont pas absolus. Pire encore, on peut être assigné•e homme à la naissance et être une femme. Ca veut dire qu’une personne présentant des caractéristiques normativement attribuées au groupe dominant fait en fait partie du groupe dominé (et c’est l’origine de la transmisogynie) ce qui est une menace à la masculinité cis dyadique ! Donc il n’y a plus de critères pour opprimer les femmes. Bref, c’est une vraie menace pour le système. Si on laisse faire ça, il s’effondre. Et puis comme si les hommes trans et les femmes trans ne suffisait pas à bousiller le système oppressif, y’a les personnes trans non-binaires par dessus le marché, qui sont la preuve vivante qu’il existe autre chose hors de la binarité de genre homme/femme. Alors là, c’est une catastrophe monumentale. Ca va pas du tout, et zou! que je te classe tout ça dans les maladies mentales, il faudrait surtout pas laisser croire aux gens que les personnes trans sont vraiment leur genre sinon c’est foutu. (Evidemment, mon ton est sarcastique tout le long de ce paragraphe).

     

    En résumé : les personnes intersexes et trans sont une véritable menace pour le système patriarcal car elles sont la preuve vivante que la distinction binaire de sexe/genre est une construction sociale servant d’outil oppressif. Elles démontrent que 1. il n’y a pas de réelle distinction entre les catégories de sexe binaires 2. les catégories de sexes binaires ne sont pas étanches et chaque individu peut s’auto-déterminer au sein du système en fonction de son propre ressenti indépendamment de son assignation.

     

    4.    Pourquoi le féminisme doit-il inclure les personnes trans et intersexes ?

     

    On a vu que les personnes opprimées par le patriarcat sont : les femmes cis dyadiques, les personnes trans et les personnes intersexes. La différence entre les femmes cis dyadiques et les autres, c’est que l’existence des personnes intersexes et trans est effacée et pathologisée pour maintenir le statu quo selon lequel le système oppressif serait l’ordre naturel des choses. Ce qui n’est pas le cas pour les femmes cis dyadiques dont l’identité est reconnue légalement et socialement – mais contrôlée et discriminée. Cela veut dire que les femmes cis dyadiques reproduisent aussi l’intersexophobie et la transphobie. Ca fonctionne comme un système pyramidal. Donc dire qu’une femme est cis n’est pas une insulte misogyne contrairement à ce que croient certaines personnes ; s’il est vrai que l’oppresseur commun est le groupe hommes cis dyadiques blancs, les femmes cis dyadiques ont des privilèges sur les personnes trans et intersexes et le terme cis ne fait que reconnaître l’existence de ces privilèges.

    Pourquoi le système partriacal s’est-il embêté à donner quelques privilèges aux femmes cis dyadiques par rapport aux personnes trans et intersexes ? Parce que le sexisme, c’est quand même vachement plus solide comme oppression systémique si un groupe opprimé a une raison d’aider le groupe dominant à opprimer les deux groupes qui menacent le plus de détruire le système rien qu’en existant… D’ailleurs, tant qu’à faire, si les groupes dominés internalisaient de la misogynie, de la transphobie et de l’intersexophobie a leur propre encontre afin de faciliter et solidifier le système, ça arrangerait aussi le patriarcat… et c’est exactement ce qu’on observe en pratique ! 

    Note : le vrai mot est "intériorisée" pas "internalisée" en français mais je fais tout le temps cette erreur à cause de "internalized" en anglais, vous m'en voudrez pas, j'ai la flemme de changer le schéma juste pour ça ^^

     

    Analyse du système d’oppression basé sur la notion de sexe

     

    On vient de le voir : l’existence des personnes intersexes et trans est effacée et pathologisée afin de masquer que le système d’oppression n’a rien de naturel mais est socialement construit. Travailler sur l’inclusion de nos communautés permet donc aussi de déconstruire le patriarcat. Un féminisme exclusif des personnes trans et intersexes ne fait au contraire que renforcer le patriarcat en essentialisant les catégories de sexes puisqu’on ne déconstruit nullement l’idée que les catégories sont biologiques et immuables.  

    Par exemple, un des grands dadas du féminisme exclusif des personnes trans et intersexes, c’est que les femmes trans sont des « hommes biologiquement » et donc silenciées. Du coup, on a bien sous les yeux un féminisme qui essentialise les sexes via la transphobie. Etre une femme pour le féminisme exclusif c’est alors le fait d’être né-e avec un vagin, ce qui définit la femme comme un « vagin-sur-pattes ». Ironiquement, exclure les femmes trans du féminisme, c’est misogyne (cf. schéma : la transphobie alimente la misogynie). Voici également un article sur les grossesse chez les hommes trans et personnes non-binaires qui montre un exemple parfait de comment la transphobie alimente la misogynie. Le féminisme exclusif fait alors exactement le contraire de ce qu’il cherche à faire… Il échoue complètement à appréhender la façon dont le système fonctionne.  

     

    J’ai également écrit deux autres articles sur le féminisme et les personnes trans qui expliquent en détail pourquoi les personnes trans sont aussi victimes du sexisme. Vous pouvez les lire ici et ici.

     

     

     

    5.    Faut-il détruire la notion de sexe/genre ?

     

    On est d’accord sur le fait qu’il faut déconstruire la binarisation de l’humanité en catégories de sexe/genre. Il est évident qu’il faut arrêter de catégoriser les êtres humains en fonction de leur sexe/genre. Il faut donc arrêter d’assigner un sexe/genre à la naissance et retirer cette donnée de notre état civil. Cependant, on ne se débarrasse pas des siècles de patriarcat en une nuit. Ce n’est pas parce qu’on a arrêté de classer l’humanité en races légalement que le racisme a disparu… Ce n’est pas parce que le sexe n’existera plus dans notre état civil que le sexisme et les oppressions qui l’accompagnent disparaîtront (cissexisme, dysexisme, hétérosexisme). On continuera d’avoir des standards de beauté cis-dyadiques, des stéréotypes de genres persisteront, etc. La société idéale non-genrée est une utopie bien lointaine. Pour l’instant, célébrons la diversité des identités de genre puisque force est de constater que le genre ne sera pas détruit d’ici demain même si on commence à déconstruire sérieusement la binarité.

    Analyse du système d’oppression basé sur la notion de sexe

    Source : Assignée Garçon

    => ce n'est pas le genre en lui-même que l'on doit se focaliser à déconstruire (impossible en l'état actuel des choses comme expliqué dans le paragraphe ci-dessus), mais le système binaire cissexiste. Célébrons la diversité du genre et ne silencions pas les voix des personnes trans et intersexes dans ce combat.

     

    Et si votre argumentaire disant qu’il faut détruire le genre/sexe sert à silencier les personnes trans et intersexes, c’est complètement foireux. L’effacement des identités des personnes trans et intersexes est un mécanisme faisant partie intégrante de l’oppression patriarcale, les silencier revient à le reproduire… Les discours de type « œillères » (ne pas voir le genre => « on est tous humains blabla ») sont aussi très problématiques dans la mesure où ils échouent à reconnaître les oppressions spécifiques vécues par les personnes sexismées, en particulier trans et intersexe. Oui on est « tous humains » mais certain-e-s ne sont pas considérés comme tel-les par ce système et il est nécessaire de le reconnaître et d’en comprendre le mécanisme, ce que ne permet pas de faire le « genderblind ». Au contraire, faire semblant de ne pas voir le genre ne fait qu’invisibiliser l’oppression vécue et ne résout rien.

     

    6.    Esquisse d’intersection entre sexisme et racisme

     

    Le système de genre binaire blanc n’est pas universel. D’autres cultures ont ou avaient des systèmes de genre différents. Par exemple, les peuples natifs américains reconnaissaient 3 à 5 genres. Le terme Two-spirit (« deux-esprits ») est un mot équivalent à non-binaire mais spécifique aux natifves américain-e-s (et ne doit donc pas être utilisé par des personnes non-concernées évidemment).  

    Lors de la colonisation, les blanc-he-s ont forcé les personnes racisées à se conformer à leur système de genre binaire. Cette oppression s’appelle le binarisme et les personnes racisées en souffrent encore aujourd’hui.

     

    Il y a également tout un tas de stéréotypes de genre racistes associées aux personnes racisées.

     

    Voici des sources que vous pouvez consulter pour aller plus loin :

    -          Un article sur le genre chez les natifves américain-e-s

    -          Un article qui détaille les formes de sexismes subies spécifiquement par personnes racisées

    -          Une vidéo qui discute de la race et du genre en tant que construits sociaux (sous-titrée en français, pensez à activer les sous-titres) : « Race/gender doesn’t exist – the argument of the social constructs » Queer as Cat

     

     

    Conclusion

     

    La division artificielle de l’humanité en deux catégories de sexes/genres ainsi que l’effacement et la pathologisation des identités trans et intersexes sont des mécanismes oppressifs servant le patriarcat. Un féminisme exclusif des personnes intersexes et trans échoue à déconstruire convenablement le sexisme et les oppressions liées ; au contraire cela les alimente en essentialisant le sexe et le genre. Arrêter de classer les êtres humains en fonction de leur sexe/genre est bien entendu un objectif de notre militantisme mais cela ne saurait défaire des siècles de patriarcat et l’idée d’une société non-genrée n’est qu’une utopie lointaine. Il est donc nécessaire de célébrer la diversité des genres/sexes au lieu de vouloir les effacer.

     

     

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  • Commentaires

    1
    Kris
    Jeudi 1er Septembre 2016 à 16:16

     

    Excellent article

     

    "mais simplement ce viol ne résulte pas d’une structuration sociale qui encourage et banalise le viol des hommes, ça n’est pas systémique."

     

    Oui et non. "structuration sociale qui encourage et banalise le viol des hommes" ben, pas en tant qu'hommes donc dominants, certes. Mais culture systémique du viol des personnes assimilées hommes (à tort ou à raison) jugées pas assez homme. Ta "masculinité toxique" est systémique et conduit à une culture du viol des pas assez hommes.

     

    "Soit il n’y a personne entre les mâles et les femelles, soit il y a des anomalies". Anomalies entre guillemet. En fait des prétendus troubles / pathologie / maladie.

     

    "En résumé : les personnes intersexes et trans sont une véritable menace pour le système patriarcal car elles sont la preuve vivante que la distinction binaire de sexe/genre est une construction sociale servant d’outil oppressif. Elles démontrent que 1. il n’y a pas de réelle distinction entre les catégories de sexe binaires 2. les catégories de sexes binaires ne sont pas étanches et chaque individu peut s’auto-déterminer au sein du système en fonction de son propre ressenti indépendamment de son assignation."

     

    Très bien dit, sauf que les personnes intersexes font aussi le boulots des personnes trans. La conclusion reste excellente, c'est les paragraphes qui y emmènent que je trouve imparfaits : Si la biologie déterminait le genre, les personnes intersexes devraient être non-binaires. Ou alors le "sexe" ne détermine pas le genre... Dans n'importe quel sens qu'on tourne la chose, l'intersexuation met un coup de pied dans la fourmilière patriarcat y compris sur l'aspect essentialiste. Ce que tu décris pour les personnes trans marchent aussi avec les personnes intersexes.

     

    "les deux groupes qui menacent le plus de détruire le système rien qu’existant " rien qu'en existant

     

    "internaliser" est utilisé aussi avant le schéma et la note

     

    "les natifves américain-e-s" ça me gonfle un peu. À chaque fois que j'entends parler des two-spirits, on parle uniquement d'indiens nord-américains. Alors à moins de témoigner que des cultures complètements sans rapport, telle celles d'Amérique du Sud ou du Centre ait le même système de genre non binaire que les populations du Nord, faudrait arrêter de dire que "les peuples natifs américains reconnaissaient 3 à 5 genres".

     

      • Jeudi 1er Septembre 2016 à 17:49

        Merci :) Je te répond point par point :

        Sur la culture du viol : il y a probablement une analyse très intéressante à faire et plus nuancée que ce paragraphe d'exemple en effet et ça mériterait un article entier (voire plusieurs). Merci pour les précisions !

        "Anomalies entre guillemet" => oui évidemment, c'était du point de vue de la société 

        Sur les personnes intersexes : très bonne remarque ! Ce paragraphe pourrait sûrement être développé sur 10 pages mais comme je ne suis pas intersexe, je préfère éviter de dire des bourdes ; je pense qu'un article sur la place écrit d'un point de vue de concerné-e-s serait hyper intéressant :D

        Pour les natif américain-e-s j'avoue ne pas être spécialiste mais il me semblait qu'en Amérique du sud, les systèmes de genres étaient aussi différents, je me renseignerai mieux.

         

         

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