• C’est quoi un squish ?

     

    Aromantique : personne ne ressentant pas (ou rarement) d’attirance romantique.

     

    Le mot squish signifie littéralement « gargouillis » en anglais apparemment mais ce n’est pas réellement de cela dont il s’agit dans cet article comme vous pouvez vous en douter ^_^. En effet, le mot a été repris par la communauté aromantique pour signifier l’équivalent d’un crush mais version platonique, c’est-à-dire non romantique. Avoir un squish sur quelqu’un, c’est être attiré-e platoniquement par cette personne, autrement dit c’est le désir d’avoir une relation platonique avec elle. Quand on parle de relation platonique, il s’agit génériquement d’amitié mais en général cela désigne un type d’amitié proche quand même, surtout dans le cas d’un squish.

     

     

    1.    L’utilité de la notion de squish

     

    Une critique que l’on entend fréquemment à propos de la notion de squish : « mais c’est juste de l’amitié, cette étiquette est inutile ! »

     

    Premièrement, si vous avez bien suivi jusque là, on est effectivement dans le domaine de l’amitié, mais le squish en soi n’est pas de l’amitié : il traduit le désir d’avoir une amitié avec quelqu’un. Nuance de sémantique importante. Tout comme un crush ne désigne pas le type de relation (romantique) mais le désir pour ce type de relation, le squish ne désigne pas l’amitié en elle-même. Les mots squish et amitié peuvent donc tout à fait coexister.

     

    Deuxièmement, lorsque l’on parle de squish, on ne parle pas de n’importe quelle amitié. On a généralement envie d’être proche de la personne dont il s’agit et de partager certaines choses avec elle. Or l’amitié n’est pas monolothique, il existe plein de sortes d’amitié, plus ou moins proches, qui prennent différentes formes. De plus, même si l’on considère uniquement les amitiés proches, elles ne se concrétisent pas toutes à partir d’un squish et inversement, tous les squish n’aboutissent tout bonnement pas en une amitié (puisqu’il s’agit d’une attirance, d’un désir, rien ne dit que celui-ci sera réalisé, pour diverses raisons possibles).  

     

     La notion de squish est donc utile car elle désigne une réalité sur laquelle on n’avait pas posé de mots jusqu’ici. Elle est d’autant plus importante pour bon nombre de personnes aromantiques dont les besoins émotionnels sont principalement remplis par le type de relation se concrétisant après un squish.

     

    2.    Concrètement, c’est quoi un squish ?

     

    Il y a certaines amitié qui sont circonstancielles : on n’était là, au même endroit, on avait peut-être un travail à faire ensemble, ou peut-être qu’on était dans une galère commune, etc. et on a sympathisé par ce biais, tout simplement. D’autres amitiés se construisent sur la durée, on apprend à se connaître petit à petit et on devient proches avec le temps alors qu’au début on ne s’appréciait pas forcément plus que ça. Là on est dans le cas d’amitiés qui se forment en dehors d’un squish car il n’y a pas eu d’attirance pour l’autre, pas de désir préalable de former une relation platonique.

     

    En revanche, lorsqu’un squish se produit, on va trouver la personne super intéressante, on aura très envie de la connaître et d’être san ami-e, de lui parler souvent, peut-être même qu’on sera timide, impressionné-e, nerveuxe. Avec un squish, il y a souvent une connexion instantanée que l’on ressent avec l’autre, voire même un véritable « coup de foudre amical » dans certains cas.

     

    Comment différencier d’un crush (romantique) alors vous allez me dire ? Justement, parfois cela peut se trouver à une limite floue, surtout si on est quoiromantique (ne pas ressentir la différence entre le platonique et le romantique). La différence majeure tient dans le fait qu’on ne veut pas de relation romantique avec la personne. Ce qu’on veut c’est être san ami-e, voire san meilleur-e ami-e mais pas san copaine ou san partenaire. On ne veut pas se mettre « en couple » classique avec.

     

    Je vais vous donner des exemples concrets de squishs que j’ai vécus :  

     

    Le premier, c’était avec une fille de ma classe quand j’étais au collège. On s’est mis-e-s à parler et on ne pouvait plus s’arrêter, on se trouvait absolument passionant-e-s l’un-e l’autre. Après ça, elle a été ma meilleure amie pendant longtemps, on était très proches, on se racontait tout, on se parlait tout le temps. Et ça n’était pas du tout romantique (ni sexuel) ni pour elle, ni pour moi.

     

    Le deuxième, j’étais aussi au collège mais c’était un garçon que j’avais rencontré en dehors. Enfin bref, pareil quand on s’est rencontré y’a tout de suite eu cette connexion entre nous, cette envie irrépressible de se raconter toute notre vie et de parler durant des heures. Vu que c’était un mec et que l’hétéronormativité frappait à la porte (toc toc toc), je me suis très clairement posé la question de savoir si je voulais sortir avec lui et si j’étais amoureux ou pas. J’en ai conclu rapidement que non, je ne voulais absolument pas de relation romantique avec lui, je ne l’aimais pas de cette façon ; c’était une amitié très proche. On se considérait comme meilleurs amis, mais avec le recul si on avait eu le terme queerplatonique (voir paragraphe 3), je pense qu’il nous aurait été bien utile.

     

    Ensuite, j’ai aussi eu des squish qui n’ont débouché sur rien de concret, comme ça peut être le cas avec pas mal de crush aussi. L’envie de connecter avec la personne n’est pas toujours réciproque d’une part. D’autre part, il y a parfois des circonstances qui font que c’est pas possible (vies bien remplies, éloignement géographique, situations personnelles compliquées, etc.)

     

    Il y a aussi quelque chose qui peut arriver souvent et qui est très chiant quand tu es aro, c’est que la plupart des personnes autour de toi n’ont absolument pas la même vision des relations humaines. Et ce n’est même pas que c’est pas réciproque, mais c’est que la relation ne sera jamais considérée comme tu l’aurais voulu. Dès que la personne a une relation romantique, tu es facilement relégué-e au second plan. Ou même avant : la personne ne s’autorise pas forcément à être platoniquement aussi proche de toi que tu l’aurais voulu car on dévalorise pas mal l’affection platonique dans notre société.

     

    3.    Les relations queerplatoniques

     

    J’en profite pour parler des relations queerplatoniques ou quasiplatoniques car c’est aussi un type de relation sur lequel peut déboucher un squish. Dans les grandes lignes, une relation queerplatonique (QP pour abréger) est une relation en dehors de la dichotomie amitié/romance. C’est une relation non-romantique mais qui est décrite comme étant généralement plus forte qu’une amitié traditionnelle ou en tout cas comme sortant des normes de la dynamique d’une amitié traditionnelle. Des partenaires queerplatoniques vont généralement faire des choses qui ne rentrent pas dans le cadre d’une amitié traditionnelle, comme s’installer ensemble ou élever un enfant ensemble pour prendre des exemples très parlants (mais ces deux éléments ne sont pas essentiels pour définir une relation comme QP), tout en étant pas amoureuxes romantiquement l’un-e de l’autre.

     

    Ce type de relation est parfois compliqué à comprendre pour les non-concerné-e-s, surtout en l’absence de représentation. Les QP se confrontent souvent à des remarques du style « mais c’est que de l’amitié, arrêter d’inventer des étiquettes inutiles !!! » De toute évidence, vu ce que j’ai expliqué plus haut, non ce n’est pas la même chose que l’amitié, et non ce n’est pas inutile comme terme.

    C’est quoi un squish ?

     

     

    Les personnes alloromantiques (non aromantiques) ont plusieurs étiquettes pour désigner des différences et des nuances dans leurs relations amicales (meilleur-e ami-e, frère/soeur de coeur, ami-e proche, etc.) mais dès que les personnes aromantiques parlent de leur vécu et utilisent du vocabulaire (squish, relation queerplatonique, etc.) elles se font tout de suite traiter de gamin-e-s qui inventent des étiquettes inutiles alors que c'est "juste de l'amitié". C'est presque comme si vous étiez arophobes ! (sarcasme)

    L'amitié est loin d'être monolithique et du vocabulaire supplémentaire n'est pas de trop ! Les personnes aromantiques approchent le sujet avec nuance et complexité, on est loin de l'esprit gamin avec lequel certain-e-s voudraient nous dépeindre...

     

    Texte de l'image :

    A toi, personne non aromantique qui invalide le vocabulaire et le vécu des personnes aromantiques, quand tu diras :
    "Myriam est ma meilleure amie. Lucien et moi, on est très proches, c’est mon frère de cœur."
    Je te répondrai aussi :
    "Lol c’est juste de l’amitié, grandis un peu et arrête d’inventer des étiquettes inutiles !"

    Car oui, l’amitié n’est pas monolithique et les personnes alloromantiques utilisent elles aussi du vocabulaire plus spécifique !

     

    Conclusion

    Le squish est le désir d’avoir une relation platonique avec quelqu’un. Un squish peut déboucher sur de l’amitié, une relation queerplatonique ou sur rien du tout. Le but du terme squish est avant tout de combler un vide lexical pour décrire avec plus de précision une facette des attirances et relations humaines, et ce mot est d’autant plus important pour les personnes aromantiques qui sont susceptibles d’explorer des relations et attirances alternatives.

      

    http://aromantic.wikia.com/wiki/Squish

     

    http://angrrygirl.blogspot.fr/2015/07/cest-quoi-le-queerplatonique.html

     

      

     

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