• Comment j’ai su que j’étais non-binaire : une découverte par hasard ?

    Bonjour/bonsoir tout le monde !

    J'écris mon histoire en espérant éclairer d'autres personnes… Bonne lecture.

     

               1.    Un poids invisible

     

    Mon chemin dans la vie s’est toujours frayé dans la douleur. J’avançais avec un poids inconnu sur les épaules. J’essayais de trouver toutes sortes d’explications à mon mal-être. Je luttais pour devenir une personne « normale ». Pour m’autoconditionner. Jusqu’au point où je suis à peu près arrivé à avoir l’air de cette personne que la société voulait que je sois. Puis, j’ai rencontré mon copain actuel et beaucoup de questions existentielles se sont endormies (comprendre : elles ont reculé pour mieux me revenir en pleine tronche plus tard).

      

               2.    Le questionnement de mon orientation : un rôle clé dans la découverte de ma non-binarité

     

    J’avais tout de même cette petite voix au fond de moi qui me disait « tu n’es pas hétéro, t’es bi, arrête de te mentir ». Et puis, il a fallu que je parte en stage à l’étranger pendant deux mois. Deux mois pour me concentrer sur moi sans le bruit de fond social, familial et amoureux qui m’embrouillait le cerveau. Au fond de moi, je savais qu’il fallait à tout prix que j’éclaircisse cette histoire de bisexualité qui me trottait dans la tête depuis… toujours ! Je savais déjà la réponse mais j’avais besoin de me faire mon propre coming-out à moi-même je crois. Alors je me suis renseigné à fond sur internet, YouTube, etc. Et puis je suis tombé sur une vidéo qui expliquait la différence entre bisexualité et pansexualité. Les genres non-binaires n’étaient pas mentionnés tels quels mais la personne disait « les genres, et pas que deux ». Ca m’a intrigué mais mes recherches sont vites tombées à l’eau car en français, si on ne sait pas quels mots clés taper, il est difficile de trouver des ressources. A ce moment là, je n’imaginais même pas ce que pouvaient être les « autres genres » et que je puisse être non-binaire.

    Bref, les jours sont passés, et parallèlement, je continuais d’être en questionnement sur mon orientation sexuelle et romantique (je reviendrai sur ce sujet dans la rubrique orientation). Je prenais donc le temps de plus m’écouter, de laisser mes sentiments fleurir au lieu de les étouffer, de les tuer dans l’œuf comme à mon habitude. Et je me suis surpris à avoir des pensées spontanées qui me paraissaient totalement absurdes. « Mais, moi des fois, je suis un garçon ». Il s’en suivait un grand « ta gueule, tu dis n’importe quoi, on est pas « des fois » un garçon, on l’est ou on l’est pas, ce que tu dis n’a aucun sens ! »

     

              3.    Une seconde de révélation

     

    Et puis, j’ai entrepris de nouvelles recherches, en anglais cette fois, toujours innocemment, sans suspecter la moindre transidentité ou non-binarité chez moi (résultat évident du manque d’éducation sur le sujet et du refoulement de mes sentiments…) Il devait être environ minuit ou une heure du matin quand je suis tombé sur une page en anglais avec des définitions basiques du style genderfluid, demiboy, demigirl, neutrois, agender. En lisant la définition de genderfluid, j’ai spontanément pensé « c’est donc ça, ça existe, j’ai le droit de me sentir comme ça, et je ne suis pas seul… » en même temps que tout mon corps se relâchait d’une tension que je ne soupçonnais même pas en moi. Le soulagement était tel que j’étais presqu’en larmes et je tremblais. Je ne comprenais pas cette réaction disproportionnée alors que trente secondes plutôt, je ne soupçonnais aucunement pouvoir être trans. Je me suis dit « C’est ça, c’est sûr, cette réaction spontanée n’est pas anodine. C’est la preuve. »

     

             4.    L’euphorie et la libération

     

    J’ai passé les jours suivants dans une euphorie de genre étrange. C’était comme si des petits bonhommes non-binaires faisaient une méga soirée dans mon cerveau. Je n’avais aucun doute. C’était l’évidence même. J’étais non-binaire depuis toujours, il me fallait juste le mot. Il a suffit d’une définition pour terminer le puzzle, pour ouvrir la porte, pour libérer l’oiseau de sa cage, pour ouvrir les yeux sur moi-même. Je n’ai pas eu de période de questionnement concernant mon genre. C’est le chemin vers la pansexualité qui a été déterminant dans mon chemin vers la non-binarité car le questionnement autour de mon orientation a ouvert d’autres portes en moi. Sur le coup, j’ai eu l’impression d’avoir découvert ma non-binarité par hasard. Mais je ne crois pas qu’il y ait eu un quelconque hasard dans cette découverte. C’est mon subconscient qui m’a fait entreprendre des recherches sur le genre, qui a fait que j’y suis retourné plusieurs jours après alors que je n’avais pas obtenu de réponses avec ma première recherche. Mon questionnement avait déjà fait son bout de chemin, inconsciemment.

     

               5.   Le retour à la réalité sociale

     

    Après ces semaines d’euphories, sans grande pression sociale puisque j’étais alors à l’étranger, loin de tout, il a fallu que je me confronte à la dure réalité sociale. J’ai compris qu’un coming out impliquait de longues explications. J’ai compris que je ne pourrais plus jamais entendre « elle ». J’ai compris que la forme de mon torse ne serait jamais vue comme autre chose qu’un attribut féminin. J’ai compris que j’avais du pain sur la planche pour faire accepter et reconnaître mon identité, mais aussi pour vivre en paix avec mon genre et mon corps.

     

              6.   Et maintenant ?

     

    Et maintenant… Le chemin identitaire ne s’arrête pas là. Je continue de m’émerveiller devant mon genre, d’en apprendre toujours plus sur moi-même et sur les enjeux trans et LGBTQ+. Mon cerveau a fait en quelque sorte une grande mise à jour du système d’exploitation.

    Et maintenant… J’apprends à vivre avec ma non-binarité. J’apprends à vivre avec moi-même. Je renais.

    Et maintenant, j’écris ce blog pour que les enfants de demain n’aient pas à porter le poids qui m’a écrasé pendant 21 ans.

     

    - UESG

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  • Commentaires

    1
    P.M
    Mercredi 21 Décembre 2016 à 08:14

    Salut ma chère

    Si à 21 ans tu a trouvé ça lourd, imagine à 37 ans ;) Je suis né de sexe garçon , et j'ai découvert mon id 'genderfluid'' que dernièrement et pourtant, je savais toutes ses choses depuis longtemps. Des journées , je me sens plus masculin et le lendemain, plus féminin. J'Admire les femmes depuis longtemps et j'étais surtout attiré par des femmes plus androgynes. Mon ancienne coloc était lesbienne, mais elle avait tellement un beau style fluide que j'étais attiré par elle. Respectant son orientation sexuelle, je me demandais pourquoi j'étais attiré par des ces gens née femme, mais qui avait ce côté mix des 2 genres. Je m'étais demandé si j'étais pas homosexuelle vu que j'avais plus de facilité à m'entendre avec les femmes, mais j'ai jamais été attiré sexuellement par les hommes. C'est tout simplement un match Tinder avec une femme transgenre qui m'a conduit à lire là-dessus. Je réalisais finalement que je l'étais, que je mettais enfin des mots sur un sujet que je connaissais depuis. Des journée, je me lève, je me sent gars , mais plus tard dans la journée, je me sens femme. C'Est la raison que j'Ai toujours été féministe et un journée, je me disais pro-féministe.Je portais la barbe depuis 10 mois mais je réalisais que j'Aimais pas ça me voir avec. Je la portais car je trouvais ça moins lourd que de me raser car j'étais en dépression et aussi, que c'était la mode présentement pour réaliser que j'étais pas bien avec. Je me suis rasé, car des jours, je me sens bien sans et d'autre , une barbe de 2-3 jours me plait. Je porte souvent des vêtements amples et longs , des foulards, le lendemain, j'ai un look ''boys',. Une journée je mets mont-shirt sans manche et je me sens bien. Et comme toi,depuis cette découverte, j'ai l'impression de renaître. J'ai pas encore fait mon coming-out à mes parents car je sens que ça va être long à expliquer. Je l'Ai fait à des amies de filles et elles s'en doutaient depuis longtemps. La femme que je fréquente présentement est bisexuelle et queer, on se sent un échange de genre quand on fait l'Amour. Dans ma sexualité, y'a des soirs, j'avais envie d'être homme, de pénétrer et que ça soit plus bestiale. Mais des, soirs, j'avais envie de caresses, d'échanges . Je me travestie pas, je m'habille androgine. Pas tjrs évident dans mon cas car j'Ai quand même beaucoup de trait masculin que j'Aime pas. Bonne nouvelle existence.

      • Mercredi 28 Décembre 2016 à 11:05

        Mon cher*

        Merci pour ton témoignage :)

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