• Concepts de bases

  • Cet article a été entièrement édité le 31 août 2016

     

    [Avertissement : utilisation d’un langage faisant référence au sexe]

     

    Bonjour tout le monde ! 

    Dans un premier temps, nous allons nous attaquer grâce à une série d’articles à un certain nombre de concepts de base. Il est essentiel de bien comprendre toutes ces notions. Cependant, si cela vous semble un peu difficile au début, ne vous en faites pas ! Ca viendra avec le temps. Plus on parle de ces sujets, plus on se familiarise avec. J

    Dans cet article, je vais expliquer ce qu’est le sexe et le genre. C’est parti !

     

     

    1.    Le sexe

     

    Lorsqu’on parle de sexe, on peut faire référence à trois choses : un rapport sexuel et mais n’est pas le sens qui nous préoccupe aujourd’hui, les organes génitaux au sens retreint, et enfin l’état d’être mâle ou femelle au sens large. Le sens restreint (organes génitaux) est plutôt un abus de langage et c’est le sens large qui nous intéresse donc.

    La notion sexe réunit les éléments suivants : les organes génitaux (caractères sexuels primaires), les caractères sexuels secondaires (barbe, poitrine, voix…), les chromosomes sexuels (X et Y) et les hormones (testostérone, œstrogènes…). Mais en pratique, très peu de gens connaissent leurs chromosomes ou leurs taux hormonaux, voire leurs organes génitaux internes. A la naissance on assigne à l’enfant un sexe en se basant sur ses organes génitaux apparents (vulve ou pénis). Si un bébé nait avec un pénis, on l’assigne au « sexe masculin » ; si le bébé nait avec une vulve, on l’assigne au « sexe féminin ». On suppose alors qu’un bébé avec un pénis est conforme à l’idée qu’on se fait d’un mâle (comme le fait de posséder des chromosomes XY par exemple) et qu’un bébé avec une vulve est conforme à l’idée qu’on se fait d’une femelle (comme le fait de posséder des chromosomes XX).  

    Cependant 1 personne sur 50 ne rentre pas dans cette norme mâle/femelle (source), que ce soit au niveau de ses chromosomes, ses taux hormonaux et/ou ses organes génitaux. On dit que la personne est intersexe. Par exemple, certaines personnes ont des chromosomes XY mais une vulve. Il arrive aussi qu’un enfant naisse avec des organes génitaux dits « ambigus » ; en France et dans plein d'autres pays, on pratique alors une opération chirurgicale non-consentie pour des raisons purement esthétiques afin de « normaliser » le sexe et pouvoir assigner un des deux sexes. Cette pratique laisse un profond traumatisme à ces personnes et a été condamnée comme une violation des droits humains par l’ONU (témoignage à lire).

    A présent que nous sommes tous-tes à la même page et que vous connaissez l’existence des personnes intersexes, je vais pouvoir corriger ma définition de sexe : c’est l’état d’être femelle, intersexe ou mâle. Mais les limites femelle-intersexe et intersexe-mâle sont floues et la vérité, c’est que le sexe chez l’être humain n’est pas constitué de catégories bien délimitées comme on voudrait le croire. Ce n’est pas une donnée binaire : les caractéristiques attribuées au sexe existent le long d’un continuum. La classification en mâle et femelle est donc sociale et légale. On aura l’occasion de s’étendre sur le sujet du sexe bien plus en détail à l’occasion d’un autre article, ne vous en faites pas si ce n’est pas encore très clair pour vous.

      

    Retenez pour l’instant que :

    -             les personnes intersexes existent ;

    -             les caractéristiques sexuelles sont en réalité un continuum ;

    -            une classification en catégories délimitées telles que mâle et femelle ne reflète donc pas la réalité ;

    -             une telle classification est en fait légale et sociale.

     

     

    2.    L’identité de genre

     

    De cette classification sociale en catégories de sexes résulte l’exitence de groupes sociaux. On élève alors chaque enfant en accord avec son assignation de sexe à la naissance : les bébés possédant un pénis sont élevés en tant que garçons et les bébés possédants des vulves sont elevés en tant que filles. Pour les premier-e-s, on utilisera l’acronyme AGAN (assigné-e garçon à la naissance) et pour les second-e-s AFAN (assigné-e fille à la naissance). Vous verrez sûrement aussi les acronymes en anglais AMAB (assigned male at birth) et AFAB (assigned female at birth).

    Ces enfants se construisent alors – indépendamment de leur volonté - une identité correspondant au sentiment d’appartenance à tel ou tel groupe. On appelle cela l’identité de genre. Femme et homme sont donc des genres. Le genre est une conscience de soi en tant qu’être social, une identité intrinsèque. Il n’est pas déterminé par les organes génitaux, les hormones ou les chromosomes. On ne nait pas homme ou femme, on le devient au cours de notre vie. Certains enfants expriment leur identité de genre dès qu’ils savent parler, pour d’autres cela viendra plus tard, chacun-e son rythme. Il est important de noter qu’on ne choisit pas son genre puisque cette construction identitaire ne peut être influencée par la volonté.

     

     

    3.    Le système de genre binaire

     

    Dans notre société, vous aurez compris que l’assignation d’un sexe/genre à la naissance est très rigide et on s’attend à ce qu’un enfant ayant un pénis devienne systématiquement un garçon et qu’un enfant ayant une vulve devienne systématiquement une fille. On finit par associer automatiquement pénis => garçon et vulve => fille et associer une apparence physique donnée à un genre donné, alors que le genre ne se définit pas par l'apparence.

    Le fait est que cette association n'est pas automatique pour tout le monde. En effet, certaines personnes assignées garçons à la naissance sont en fait des femmes. Certaines personnes assignées filles à la naissance sont en fait des hommes. Il y a également des personnes, de toutes assignations, qui se sentent appartenir à la fois aux genres homme et femme ou aucun de ces deux genres. Pourtant, l’existence de ces personnes n’est pas reconnue légalement. Seuls les genres homme et femme sont reconnus, on dit donc que notre système de genre est binaire (binaire est un mot qui caractérise quelque chose fait de deux élements – homme et femme ici). Les personnes non-conformes à cette norme binaire sont par conséquentes dites non-binaires (vous avez également peut-être lu le terme genderqueer).

    Il est à noter que le système de genre binaire n’est pas universel : d’autres cultures ont eu et ont encore des systèmes de genres différents. Les peuples natifs américains reconnaissaient 3 à 5 genres avant la colonisation et utilisent maintenant le terme « Two-spirit » pour englober les genres ni homme ni femme (article à lire).   

     

     

    4.    Les genres non-binaires

     

    Approfondissons à propos de ces personnes dont le genre n’est ni femme ni homme (ou les deux à la fois). Il faut déjà comprendre que le genre existe sur un spectre dont homme et femme seraient les pôles. Ainsi, il est possible d’avoir un genre partiellement féminin, partiellement masculin, neutre, etc. Il existe également des genres qui sont totalement en dehors de ce spectre et donc en dehors de tout concept de féminité ou masculinité. Par exemple, certaines personnes n’ont pas de genre (elles peuvent alors s’identifier avec le terme agenre).

    Qu'est-ce que le sexe et le genre ?

     

    Je vais faire une analogie pour que vous compreniez mieux : si la notion de genre correspondait à la notion de couleur, disons que femme est le rouge et homme le bleu. Il existe aussi plein d’autres couleurs. On peut être rouge clair (partiellement femme), bleu clair (partiellement homme), violet (un mélange de homme et femme), blanc (neutre), noir (aucun genre), jaune (un genre en dehors des concepts de féminité et masculinité, c’est-à-dire ne contenant ni rouge ni bleu), etc.  

    Il est fort possible que vous voyiez le genre représenté comme le spectre femme-homme dont j’ai parlé et dont le schéma est juste au dessus. Pour ma part, je trouve que cela exclut beaucoup de genres. Je propose donc une représentation en utilisant les 3 couleurs primaires (rouge, bleu, jaune), le blanc et le noir pour que ça soit plus complet.

     

    Qu'est-ce que le sexe et le genre ?

     

     

    Tout ce que je viens de dire est extrêmement simplifié mais si vous n’êtes pas du tout sensibilisé.es à ces notions, je préfère y aller petit à petit (et ça fait déjà beaucoup de notions mine de rien !) J’ai consacré un article entier sur la diversité des genres non binaires, que vous pourrez lire ensuite dans la rubrique « concepts de bases ». J Si vous avez toujours pensé qu’il n’existait que deux genres et qu’aujourd’hui vous arrivez déjà à comprendre qu’il y a des gens qui ne s’identifient ni en tant que femme, ni en tant qu’homme, alors c’est déjà un grand pas.

     

     

    5.    Cisgenre et transgenre

     

    Il est maintenant temps d’introduire un peu de vocabulaire : les mots cisgenre et transgenre. Une personne dont le genre correspond totalement et uniquement à celui qui lui a été attribué à la naissance est cisgenre (une personne AFAN qui s’identifie en tant que femme et une personne AGAN qui s’identifie en tant qu’homme). Environ 98% de la population est cisgenre.

    Une personne qui n’est pas exclusivement du genre assigné à la naissance est transgenre :

    -       une femme tansgenre est une femme qui a été assignée garçon à la naissance

    -       un homme transgenre est un homme qui a été assigné fille à la naissance

    -     une personne (transgenre) non binaire : une personne, quelque soit son assignation, qui n’est ni femme ni homme - ou plus précisémment, ni exclusivement femme, ni exclusivement homme (par exemple, une personne qui est à la fois homme et femme est aussi non-binaire). A noter que toutes les personnes non-binaires n’utilisent pas le terme transgenre pour elles-mêmes.

     

    Etre transgenre n'est PAS une maladie mentale puisque le genre n'est pas lié à l'apparence physique mais c'est une identité. Il ne s'agit donc pas de personnes qui "veulent être une fille/garçon" (elles le sont déjà), ni de personnes "nées dans le mauvais corps" comme on l'entend trop souvent. Les personnes transgenres peuvent cependant ressentir un malêtre lié au fait que la société associe systématiquement l'apparence au genre et avoir par conséquent besoin de modifier leur apparence (mais ce n'est pas le cas de toutes les personnes transgenres).

    Les termes cisgenres et transgenres peuvent s’abréger respectivement en cis et trans. On évite aujourd’hui d’utiliser le terme transsexuel en raison de son passé psychiatrisant et de l’ambiguité de sa formation (sexuel désignant habituellement une orientation sexuelle, c'est à dire les personnes qui nous attirent sexuellement, ce qui n’a rien à voir avec l’identité de genre !)

     

    Retenez que :

    -       Le genre est différent des organes génitaux, hormones ou chromosomes. Le genre est une conscience de soi et n’est pas physique. On peut avoir n’importe quel genre avec n’importe quelle apparence.

    -       Dans notre société, il existe deux genres légaux (homme et femme) qui sont assignés en fonction des organes génitaux apparents à la naissance : on dit que notre système de genre est binaire.

    -       Il existe de nombreux genres qui ne sont ni hommes, ni femmes : comme ce sont des genres qui ne se conforment pas au système binaire, ils sont dits non-binaire. Non-binaire est un terme parapluie qui rassemble toutes les identités de genres qui ne sont ni exclusivement femme ni exclusivement homme.

    -       Une personne transgenre est une personne dont le genre n’est pas exclusivement celui assigné à la naissance, au contraire d’une personne cisgenre.

    -           Etre transgenre n'est PAS une maladie mentale.

     

     Sources ayant servi à l'élaboration de l'article : 

    Lane : Le sexe et le genre sont en fait la même chose (mais ne partez pas si vite) https://furiegelatine.wordpress.com/2016/03/08/le-sexe-et-le-genre-sont-en-fait-la-meme- chose-mais-ne-partez-pas-si-vite/

    Curtis Hinkle : articles sur l’intersexualité http://asso.orfeo.free.fr/lesarticlesinter/articles-par-curtis-hinkle.pdf

    Paradoxa : le sexe est-il une construction sociale ? https://www.youtube.com/watch?v=hJvrvWKytC4

    Riley J. Dennis : science doesn’t support sex binary https://www.youtube.com/watch?v=88YOO1BNA1w

    Zinnia Jones :
    Stop calling trans women males : https://www.youtube.com/watch?v=kY7MZOB-024

    Chromosomes cis expectation vs trans reality : https://www.youtube.com/watch?v=0frx7wsWibQ

    Sex isn’t chromosomes/sex itself : http://www.newstatesman.com/future-proof/2015/02/sex-isn-t-chromosomes-story- century-misconceptions-about-x-y 

    Ashley Mardell, everything gender : https://www.youtube.com/watch?v=81-FEauK9II&list=PLjIGlYSe6iDxaIAsFhQ7eLoYlo35JNAKy&index=2

    Ashley Wydle :

    Playslist gender ressources : https://www.youtube.com/watch?v=_pAoaObhAX0&list=PLFS4s3pfLP1z_UsiYaR-AKE_QLc5pr82-

    Playlist gender tag : https://www.youtube.com/watch?v=7MgIkDOoG-s&list=PLFS4s3pfLP1xEfB_1Rsi52EwbOdR3hCK2

     

     

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    14 commentaires
  • Article qui sera probablement remanié un de ces quatre car je n'en suis plus très content (j'aurais pu trouver mieux pour certaines formulations pourries, genre "essence" ><) mais je le laisse en ligne en attentant.      

     

    Bonjour/bonsoir :)

     

              Alors on s’attaque aujourd’hui à un sujet assez délicat puisque source de confusions pour certains comme j’ai pu le constater. Pour une définition du genre, reportez-vous à l’article 1 ou au glossaire. Quant à l’expression de genre, il s’agit de la manière dont une personne s’exprime à travers son look, ses vêtements, sa coupe de cheveux, son maquillage, ses manières, ses goûts, son comportement, etc. Le fait est que l’expression de genre n’est pas forcément « corrélée » avec le genre d’une personne. Parfois ils « correspondent » dans le sens où l’expression de genre d’une personne est en « accord » avec les rôles de genre (cf. glossaire), c’est à dire les attentes tacites de la société (par exemple une fille féminine ou un garçon masculin). Cependant, il n’y a pas de relation de dépendance entre le genre et l’expression de genre. Je trouve personnellement que le terme expression de genre est assez mal choisi et apporte de la confusion. Expression tout court aurait très bien suffit.

                Il y a un cas, notamment, où les gens sont généralement confus : lorsque l’on a deux personnes ayant une expression de genre apparemment similaire à leurs yeux mais pourtant des genres différents. Prenons pour exemple fictif une femme masculine et un homme trans n’ayant pas effectué de transition physique, ces deux personnes ayant un look vestimentaire similaire (uniquement dans mon exemple, je précise, car ce n’est pas toujours le cas). Et bien, je me suis déjà retrouvé.e dans la situation où j’ai dû expliquer à quelqu’un la différence entre ces deux personnes. On m’a demandé pourquoi la femme masculine n’était pas un homme trans et pourquoi l’homme trans n’était pas une femme masculine. Ceci souligne une confusion entre genre et expression de genre dans l’inconscient collectif qui a intériorisé un certain nombre de stéréotypes comme résultat de la normativité selon laquelle le genre et l’expression de genre devraient « correspondre ».

             Ne pas comprendre la différence entre une femme masculine et un homme trans montre que la notion même de genre est confuse. Mais bonne nouvelle : nous sommes là pour apprendre ! ;) Donc : l’idée selon laquelle l’expression de genre reflète forcément le genre d’une personne donne au genre une tournure très « en surface », selon moi. Le genre est une identité intrinsèque complexe à définir. On ne le voit pas, on le sent. L’expression de genre quant à elle, se voit, est « en surface ». Dans la perception que j’ai des choses, l’expression de genre et le genre sont aussi différents qu’un gâteau et un traité philosophique. L’expression de genre est très « concrète », comme le gâteau, alors que le genre reste beaucoup plus fondamental et abstrait. De plus, si l’on peut changer dans une certaine mesure son expression de genre en troquant une robe pour un pantalon par exemple, on ne peut pas changer de genre comme de chemise. Bien sûr les goûts entrent en ligne de compte et porter un pantalon peut déplaire mais dans l’absolu, c’est réalisable, alors que changer de genre volontairement, ça n’est pas vraiment possible ; on peut se forcer à être dans un pantalon mais pas à être un genre que l’on n’est pas. J’ai conscience toutefois qu’on ne change pas de goûts comme ça non plus, mais j’essaye de m’appuyer sur des exemples clairs pour faire comprendre la différence entre les deux concepts. Pour nuancer un peu mes propos, disons que de manière générale, on pourrait changer volontairement certains aspects de l’expression de genre. D’ailleurs, il est assez intéressant de noter que même durant la phase où je m’efforçais d'être le plus féminin.e possible et où je pensais être au "top de ma féminité", les gens ne me trouvaient pas vraiment féminine (l’échec total quoi… ^^)

               Bref, parlons peu, parlons bien : en termes simples, le genre est comme l’essence alors que l’expression de genre, c’est la manière dont une personne s’exprime, tout simplement.

     

                Dans tout cela, entrent en ligne de compte les rôles de genre c’est à dire les attentes de la société et les stéréotypes correspondant à un genre. Il peut être très traumatisant pour certains hommes trans d’être obligés de porter une robe à cause de la signification sociale de cet habit. Une personne amab a de manière générale énormément de mal à porter une robe sans être « mal vu.e », parce que l’on « genre les habits ». Moi même, j’aurai beaucoup de mal à paraître en robe aujourd’hui, par peur d’être associé.e automatiquement à une femme. Il est à noter qu’une personne afab portant des habits dits "masculins" est largement plus accepté.e par la société qu’une personne amab portant des habits dits "féminins" – mais on reviendra sur la question de la misogynie et la transmysoginie une autre fois.

               Cependant, de manière objective, les habits n’ont pas de genre : une robe est une robe, ce n’est qu’un bout de tissu. Le fait que seules les femmes portent des robes est une construction totalement sociale. D’ailleurs, les hommes portaient bien des toges à l’époque, ce qui montre bien que ce n’est qu’une question de codes sociaux à un moment donné, dans une culture donnée. C’est le contexte qui « genre » les habits (et autres : n’oublions pas le maquillage par exemple, qui lui aussi est exclusivement « féminin » par construction sociale).

               

               Pour finir, voici quelques stéréotypes liés à l’expression de genre qu’il est temps de démanteler :

     

    • Toutes les filles n’aiment pas le rose et tous les garçons n’aiment pas les voitures (un peu évident celui-là tout de même ^^).
    • Les femmes ne sont pas toutes féminines et les hommes ne sont pas tous masculins ; c’est donc vrai aussi pour les femmes trans et les hommes trans puisque ce sont des femmes et des hommes.
    • Les femmes masculines ne « veulent pas être des hommes », puisqu’elles s’identifient comme des femmes (les termes « tomboy » et « garçon manqué » font référence à des expressions de genre et non des genres) ; idem pour les hommes féminins.  
    • Les personnes non binaires n’ont pas toutes les cheveux courts et un look androgyne.

     

    Et rappelons enfin que l'orientation sexuelle et/ou romantique n'a pas a priori de lien non plus avec l'expression de genre :

    • Les lesbiennes ne sont pas toutes masculines
    • Les gays ne sont pas tous efféminés.

     

           Cette liste est sûrement incomplète et si vous pensez à d’autres stéréotypes, vous pouvez les ajouter en commentaire ! Vous pouvez également vous abonnez à la newsletter dans le menu latéral et partager l’article !

           Bonne journée/soirée :)

     

           UESG

     

    Documentation sur le sujet :

    Planche de la BD en ligne "Assignée garçon"

    "It's ok to be feminine" (Chase Ross)

    "I'm not masculine enough" (Ty Turner)

    "The Gender Axis of Evil" (Zinnia Jones)

    "Everything gender" (Ashley Mardell)

    "You don't have to look gay" (Lesbian answers)

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    1 commentaire
  • [Les schémas employés sont des représentations subjectives à but pédagogique et ne sont pas censés représenter la vérité objective et irréfutable (existe-t-elle seulement ?). Les couleurs employées n’ont pas de signification particulière.]

     

    Bonjour/bonsoir !

    Nous attaquons un sujet ô combien complexe ! D’ailleurs, ce n’est même pas un éventail dont il s’agit, mais au moins d’un univers tellement il existe de diversité ! Et c’est génial, n’est-ce pas ? Alors, je vais quand même essayer d’organiser tout ça, histoire qu’on ne s’emmêle pas trop les pinceaux ! Mon but est de lister et d’expliquer les grandes catégories de genres non binaires. La liste ne sera pas exhaustive, évidemment, étant donnée la diversité infinie qu’il existe, mais cela vous donnera une bonne vue panoramique. Je préviens que ça va être assez théorique dans le but d’être le plus complet possible.

    Si j’oublie quelque chose, n’hésitez pas à le signaler ! ^^

     

    I – Le spectre des genres : les genres non binaires qui peuvent s’expliquer en faisant appel aux concepts de masculinité et de féminité

     

    Note : j’utiliserai le terme « spectre des genres » comme définit dans le glossaire.

     

    En terme de représentation visuelle et conceptuelle, je pense qu’il y a (au moins) deux modèles possibles : le modèle des axes indépendants et le modèles des axes non-indépendants.

     

    1. Le modèle des axes indépendants

    Comme un dessin vaut mieux qu’un long discours, je vous laisse découvrir mon petit schéma dont vous aviez déjà eu une version simplifiée dans le premier article :

    L'éventail des identités de genre non-binaires

     Sur ce schéma, les axes masculins et féminins sont indépendants. On observe sur le schéma qu’il existe différents « niveaux », différentes « intensité » de masculinité et féminité. Il est possible (ou pas) d’utiliser des pourcentages pour communiquer son expérience.

     

    a. Genres féminins : ce sont des genres se trouvant sur la partie féminine du spectre (sur l’axe féminin).

    • 100% féminin = femme
    • On peut y accoler le préfixe trans (sauf si une personne est assignée femme et que son genre est aussi femme bien évidemment car dans ce cas, elle est cis).

     

    Représentons le genre par un nuage : 

    L'éventail des identités de genre non-binaires

    b. Genres masculins : ce sont des genres se trouvant sur la partie masculine du spectre (sur l’axe masculin).

    • 100% masculin = homme
    • De même on peut y accoler le préfixe trans (sauf si une personne est assignée homme et que sont genre est aussi homme car dans ce cas, elle est cis).

     

    L'éventail des identités de genre non-binaires

     c. De plus, on trouve au point de rencontre du 0 des axes le neutre du spectre : il s’agit d’un genre neutre qui se trouve à mi chemin entre homme et femme, tout en présentant des niveaux nuls de masculinité et de féminité = 0% féminin.e + 0% masculin.e (c’est un terme que j’utilise pour moi, je ne crois pas l’avoir vu défini ainsi ailleurs).

     

    2. Le modèle des axes non-indépendants

    On considère que les deux axes ne sont plus indépendants et que les niveaux de masculinité changent en même temps que les niveaux de féminité. C’est à dire qu’un point sur le spectre n’est plus uniquement féminin ou masculin mais présente un mélange de masculinité et de féminité.

    L'éventail des identités de genre non-binaires

     

    3. Les combinaisons de masculinité et féminité

    Il est également possible d’avoir un genre qui se définit grâce à une combinaison des axes féminin et masculin. Selon le modèle utilisé, on a :

     

    a. Les combinaisons complémentaires (modèle des axes non-indépendants) :

    Le terme androgyne peut-être utilisé. Cela signifie avoir un genre qui présente un mélange de masculinité et de féminité. On peut se sentir à 40% homme et à 60% femme, par exemple : la somme des deux vaut 100%.

     

    L'éventail des identités de genre non-binaires

     b. Les combinaisons non-complémentaires (modèle des axes indépendants) :

    On peut se sentir 60% homme et 80% femme par exemple : la somme des deux vaut plus ou moins que 100% (en fait, on fait des maths ici XD parce que genre au carré… ouais nan, faudrait pas trop s’emporter quand même).

    Le terme bigenre peut-être utilisé : cela signifie avoir à la fois deux genres (par exemple : homme + femme, neutre + homme, féminin.e + neutre, etc.).

    Le genre peut alors se représenter deux nuages.

    L'éventail des identités de genre non-binaires

    Bon, vous aurez sûrement compris que le coup des pourcentages c’est juste pour faire comprendre, ça reste approximatif, c’est difficile dans la réalité de dire « je suis 61,2% homme ! ». Si t’as lu jusque là, fait une phrase avec le mot « collier de pates » (oui bon ça en fait 3) dans les commentaires :) (Quoi ? Faut bien rigoler un peu !)

     

     4. Les combinaisons particulières

     

    a. Etre demigenre (demiboy/demigirl/demi-[insérez un terme]) :

    • demiboy (demi-garçon) : s’identifier partiellement à un garçon et partiellement à un autre genre (neutre par exemple, mais ce peut-être n’importe quel autre genre, y compris ceux de la partie II).
    • demigirl (demi-fille) : s’identifier partiellement à une fille et partiellement à un autre genre (neutre par exemple, mais ce peut-être n’importe quel autre genre, y compris ceux de la partie II).
    • demigenre (généralisation) : s’identifier partiellement à un genre donné et partiellement à un autre genre (ce peut-être n’importe quel autre genre, y compris ceux de la partie II) Exemples : demineutre, demitransmasculin.e, etc.

    L'éventail des identités de genre non-binaires

    b. Homme non binaire / femme non binaire : peuvent être utilisés comme des variantes nuancées ou des synonymes de demiboy et demigirl.

     

     c. Nanogenre (nanoboy/nanogirl/nano-[insérez un terme]) :

    • nanogirl : s’identifier en petite partie à une fille et en grande partie à un autre genre (ce peut-être n’importe quel autre genre, y compris ceux de la partie II).
    • nanoboy : s’identifier en petite partie à un garçon et en grande partie à un autre genre (ce peut-être n’importe quel autre genre, y compris ceux de la partie II).
    • nanogenre (généralisation) : s’identifier en petite partie à un genre et en grande partie à un autre genre (ce peut-être n’importe quel autre genre, y compris ceux de la partie II).

     

     d. Etre genderfluid sur le spectre (genre-fluide) : avoir un genre qui est fluide le long du spectre, ou entre plusieurs genres du spectre, au cours du temps ou selon les situations. Genderfluid n’est pas exclusif à la fluidité entre femme et homme, on peut-être genderfluid entre n’importe quelle combinaison de genres binaires et/ou non binaires.

    L'éventail des identités de genre non-binaires

    II – L’univers des genres : les genres ne pouvant se définir en faisant appel aux concepts de masculinité et de féminité

     

    • Agenre : désigne une absence de genre ; pour certaines personnes, c’est un synonyme de neutre, pour d’autre non. Personnellement, je ne ressens pas neutre et agenre de la même manière donc je ne les emploierai pas comme synonymes.

     

    • Neutrois/Neutre hors du spectre : des genres neutres indépendants en dehors de tout concept de masculinité et féminité.

     

    • Aporagenres : « […] signifie un genre séparé de homme, femme, et de tout ce qui est entre, tout en ayant un sentiment de genre puissant et spécifique. […] Aporagenre est une identité non binaire et c’est un terme parapluie. » [Défintion traduite de : http://aporagender.tumblr.com/aporagender]

     

    Si l’on reformule, il s’agit de genres indépendants se définissant en dehors de tout concepts de masculinité et féminité (c’est à dire hors du spectre).

     

    Notez que aporagenre est une alternative à aliagenre qui semble poser des problèmes d’appropriation culturelle : http://nonbinary.org/wiki/Aporagender

     

    • Maverique : « Maverique est un genre caractérisé par une autonomie et une conviction intime se rapportant à une conscience de soi entièrement indépendante de l’homme/masculin, la femme/féminin ou quoique ce soit qui dérive de ces deux concepts, tout en n’étant ni sans genre ni de genre neutre. »

    [Définition traduite de : http://maveriques.tumblr.com/maverique]

     

    Si l’on reformule, maverique est également un genre qui se définit en dehors du spectre et les personnes ayant ce genre possèdent une forte conviction se rapportant à leur genre.

    Maverique peut être compris comme une sous-catégorie d’aporagenre selon les contextes.

     

    • Xénogenres : Il s’agit de genres complexes se définissant en dehors des concepts de masculinité et de féminité ; dans le but de combler un vide lexical ne permettant pas de décrire leurs expériences, les personnes concernées ont recours à des métaphores et analogies impliquant d’autres moyens de classification (nature, animaux, espace, temps, choses, chiffres, sentiments, sensations, couleurs…) 

     

    C’est un terme parapluie réunissant une multitude de genres. N’hésitez pas à vous reportez à la rubrique consacrée aux xénogenres pour en savoir plus.

     

    Exemples de xénogenre :

    astergenre : un genre brillant, céleste et rayonnant

     frostgenre : un genre qui est froid et très neigeux (mot inventé par asperdemigirl)

     abimegenre : un genre qui est très profond et infini

     [Définitions traduites de http://nonbinary.org/wiki/Xenogender]

     

    III – Le ballet des combinaisons : un monde de diversité

     

    Il existe tout un tas de combinaisons. En gros, toutes les possibilités peuvent exister. Avoir à la fois un genre se trouvant sur le spectre et hors du spectre n’est pas du tout incompatible ! L’être humain est divers et complexe, son genre l’est aussi.

     

    • Genderfluid : fluide entre plusieurs genres non-binaires et/ou binaires

     

    L'éventail des identités de genre non-binaires

     

    • Demigenre : s’identifier partiellement à un genre et partiellement à n’importe quel autre genre (demiboy, demigirl, demi-neutre, demi-agenre, etc.)
    • Idem avec nanogenre
    • Bigenre : posséder deux genres à la fois (homme et femme, homme et neutrois, neutrois et agenre, neutrois et xénogenre, etc.)

    L'éventail des identités de genre non-binaires

    • Trigenre : posséder trois genres à la fois
    • Polygenre : posséder plusieurs genres ou posséder beaucoup de genres selon les usages

    L'éventail des identités de genre non-binaires

     

    • Pangenreune identité faite d’une multiplicité de genres dont le nombre tend vers l’infini (inclut SEULEMENT les genres de la culture de la personne concernée car elle ne peut pas s’identifier avec les genres en dehors de sa culture).  
    • ...

     

    Bon entre nous, dans la réalité, tout n’est pas noir ou blanc, il y aussi le gris ! Vous aurez aussi remarqué que certains termes se recoupent voire signifient la même chose. Choisissez l’étiquette que vous préférez. Les petites cases, c’est bien pour comprendre mais en vrai, on en fait un peu ce qu’on veut :) Après tout, c’est NOTRE identité !

     

    IV - Récapitulatif

     

    Allez, on se fait un petit tableau récap' (tous.tes en coeur : "trop cooool" :p) :

    L'éventail des identités de genre non-binaires

    J’espère que vous y voyez un peu plus clair après cet article !

    Il y a constamment de nouvelles étiquettes de genres qui sont inventées pour palier aux manques de notre langue pour décrire les expériences vécues par les personnes non binaires. Il se peut que je ne sois pas au courant de certains nouveaux termes. N’hésitez pas à me le signaler.

     

    Sur ce, bonne journée/soirée :)

    UESG

     

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  •  

    [Note : gay est ici parfois utilisé au sens large comme homo ; j’ai tendance à le faire car en anglais, ils l’utilisent aussi au sens large.]

    [cishet = cisgenre + hétérosexuel + hétéroromantique].

     

    Hello !

     

    Pour continuer ma série sur « les différences entre », voici un article dont le but est d’expliquer les différences entre orientations et genre. Si ça peut paraître évident pour certain.es, l’expérience prouve que c’est loin d’être acquis pour tout le monde. Encore beaucoup de gens pensent que dans un couple homo, il y en a un qui fait l’homme et l’autre la femme ou font des yeux ronds quand on leur dit qu’on peut être trans et gay à la fois.

     

    Je rappelle brièvement les définitions (n'hésitez pas à vous reportez aux articles qui détaillent tout ça ici et ici) :

    -     genre : identité intrinsèque, conscience de soi en tant qu’être social.

    -     orientation sexuelle et/ou romantique : se définit par les personnes vers qui on est attiré sexuellement et/ou romantiquement (il faut bien dissocier les deux).

     

    Basiquement, l’orientation consiste à savoir vers qui on est attiré alors que le genre consiste à savoir qui on est en tant qu’être social, ce sont donc deux choses complètement différentes.

     

    C’est le moment de démystifier tout ça !

     

    1.    Mythe : « Dans un couple homo y’en a toujours un qui fait la femme et l’autre l’homme »

     

    J’avoue que celui-là me fera toujours rire tellement ça me paraît absurde. Ce mythe est un parfait exemple de l’hétéronormativité dans laquelle il prend racine. Les cishet (pas tous mais certain.es) semblent ne pas comprendre réellement comment fonctionne un couple homo ou qu’on puisse tout simplement être en couple non-hétéro. Penser que dans un couple lesbien, l’une des deux « fait l’homme » semble les rassurer, car cela rapporte le schéma du couple homo à une vision hétéro.

    Ben… désolé, mais un couple homo sort du schéma hétéronormatif et ce sont bien deux personnes du même genre qui sont impliquées. C’est même tout le principe, j’ai envie de dire ! ^^

    Au passage, si l’une des deux personnes du couple homo a une expression de genre qui n’est pas traditionnellement associée à son genre, ça ne veut pas dire que le couple suit un schéma hétéro car je rappelle que l’expression de genre n’est pas la même chose que le genre ! Par exemple, si vous avez un coupe d’hommes gays cis, ce n’est pas parce que l’un des deux est efféminé qu’il « veut être une femme » ou que le couple à un schéma de fonctionnement hétéro avec l’un qui « fait la femme et l’autre l’homme ». Ne vous servez pas des expressions de genre pour invalider le genre de quelqu’un ou son orientation ou ramener sa vie de couple à un schéma hétéro.

     

    2.    Mythe : « Les personnes trans sont justes extra gay »

     

    Il y a encore des gens qui pensent que les personnes trans sont juste des gens « tellement gays » qu’iels sont « passé.es de l’autre côté » ce qui n’a, aucun sens, bien évidemment.

    Déjà ce mythe passe complètement à côté de la non-binarité, comme vous pouvez le constater, ce qui est donc un premier argument pour l’invalider. Ensuite, cette idée prend largement racine dans l’hétérocisnormativité. L’hétérocisnormativité est concrètement un monde normatif où tout est confondu : le sexe, le genre, l’orientation sexuelle et romantique et l’expression de genre car tout le monde est présupposé cis hétéro avec une expression de genre « traditionnelle/normative/qui correspond à son genre ». Donc si une personne « change de sexe » (transitionne), on se dit que ça doit être parce qu’elle veut pouvoir être avec les personnes de son sexe assigné et ainsi reproduire un schéma purement hétéro.  

     

    Bien sûr c’est complètement faux !

     

    Les personnes cis gays, sont CIS justement ! Leur genre correspond au genre assigné à la naissance. Une femme cis lesbienne n’est pas « une sorte d’homme trans », son genre n’est pas plus masculin que celui d’une femme cis hétéro et que celui d’une femme trans aussi d’ailleurs.

    Quant aux personnes trans, elles ont tout simplement un genre qui ne correspond pas à celui assigné à la naissance, ce qui n’a pas de rapport avec le fait de savoir vers qui iels sont attiré.es.   

     

    3.    Mythe : « on ne peut pas être trans et gay »

     

    Comme je le disais, avoir un certain genre n’a pas de rapport avec nos attirances envers d’autre personnes. Donc, les personnes trans, comme le reste de la population, peuvent avoir toutes sortes d’orientations sexuelles et romantiques. On peut être un homme trans gay, une femme trans lesbienne, et sans oublier la large éventail d’orientations qu’il existe : on peut être trans et bi, trans et asexuel.le et homoromantique, trans et pan, etc.

     

    Alors répondons maintenant à la question « pourquoi traverser tout ça si c’est juste pour être gay ? » qui semble tant tarauder certain.es cishet. Cette question sous-entend que ça reviendrait au même de vivre dans son genre assigné et d’être dans un schéma hétéro. Sachez qu’il s’agit avant tout de vivre dans son vrai genre. Le but n’est pas de suivre un schéma hétéro ou non, le but c’est d’être soi-même ! Vivre socialement dans un genre qui n’est pas le sien est concrètement insupportable pour la plupart d’entre nous. Ca déclenche très souvent de la dysphorie de genre. Donc traverser tout ça, ce n’est pas « pour être gay », c’est pour vivre socialement notre vrai genre, pour soulager toute cette dysphorie sociale insupportable et être nous mêmes tout simplement. Et il se trouve juste que certain.es d’entre nous sont aussi attiré.es par les personnes du même genre qu’iels. Etre trans et gay n’est pas incompatible.   

     

    Bonne journée/soirée :)

    UESG

     

     

    Documentation sur le sujet : 

    http://transwhat.org/debunked/ 

    Gay PDA (The Real Alex Bertie) - Un couple d’hommes trans gays 

    Lesbian myths buster : lesbians want to be man (the Internet Lesbian) (un peu maladroit quand elle parle vite fait des personnes trans mais le reste est bien) 

    History of lesbianism in 60 seconds (Hannah Witton) 

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  • Chèr.es allié.es (et les autres aussi d’ailleurs !),

    nous savons que tout ce vocabulaire est compliqué pour vous. Aussi, je vais essayer de vous faciliter un peu la tâche en listant ici les termes et expression à éviter, voire à bannir !

    Si tu penses que d’autres termes devraient être ajoutés à cette liste, laisse-moi un commentaire J

     

    1.    1.  "Transsexuel.le / transsexualisme / transsexualité"

     

    Pourquoi préférer transgenre (ou trans) à transsexuel-le et transidentité à transsexualisme ?

    -  Transsexuel n’est pas inclusif : comme son étymologie l’indique, ce terme se réfère littéralement à un « changement de sexe » (trans = « de l’autre côté » + sexuel). Or toutes les personnes trans ne prennent pas d'hormones ou ne font pas d'opération génitale. Donc employer le mot transsexuel pour désigner l’ensemble de la communauté trans oublie la diversité des parcours alors que le mot transgenre (ou trans tout simplement) est plus inclusif. De plus, cela perpétue la confusion que genre = parties génitales.

    -  C’est un terme largement médicalisé et pathologisant de par son histoire (le terme "transsexualisme" désignait une maladie mentale).  

    -  Le suffixe "sexuel" rappelle les orientations sexuelles (comme dans homosexuel par exemple) et entretient donc la confusion entre genre et orientation.

    -   C’est un terme qui met en avant la dimension corporelle et sexuelle de la transition physique avant l'identification des personnes ce qui peut être déshumanisant ou objectifiant.

     

    Si une personne trans s’identifie à ce mot, alors il n’y a pas de problème car elle a ses raisons et c’est son droit le plus strict que de s’y identifier, mais évitez de l’utiliser pour quelqu’un qui ne l’a pas explicitement utilisé pour parler d’iel même. De même, si vous parlez en général, préférez trans ou transgenre. Transgender a déjà largement été adopté dans le monde anglophone mais en France, je vois malheureusement encore trop d’articles et de documentaires utiliser « transsexuel-le ».

    Evitez aussi de séparer la communauté trans avec d'un côté les "personnes transgenres" (pour dire "non-opérées") et les "personnes transsexuelles" (pour dire "opérées") : en effet, on évite de classer les personnes selon leurs organes génitaux, c'est tout le contraire des revendications de la lutte contre la transphobie. Savoir ce qu'a une personne dans le pantalon ne sont les affaires de personne. 

     

    2.    2. "Femme biologique / homme biologique"

     

    Il n’y a rien de biologique dans le fait d’être un homme, une femme, ou n’importe quel autre genre puisque le genre est une construction identitaire !

    Si vous voulez parler de quelqu’un qui a été assigné femme à la naissance, utilisez l’acronyme AFAB ; si vous voulez parler de quelqu’un qui a été assigné homme à la naissance, utilisez l’acronyme AMAB. Si vous voulez parler de quelqu’un qui s’identifie au genre assigné à la naissance, utiliser le mot cisgenre ou cis (femme cis / homme cis).

     

    3.   3.  "Vraie femme / vrai homme"

     

    Toute personne qui s’identifie à une femme (resp. homme) est une vraie femme (resp. vrai homme) puisqu’être une femme (resp. homme) est une identité de genre et ce n’est pas lié au physique. « Vrai femme/homme » implique explicitement que les personnes cis ont un genre plus légitime que les personnes trans, ce qui est clairement faux et cissexiste.

     

    4.   4.  "Genre physique"

     

    Le genre n’a rien de physique puisque c’est un ressenti lié à une construction identitaire. Il ne faut pas confondre apparence physique, genre, et expression de genre.

     

    5.    5.  "Genre opposé"

     

    Puisqu’il existe une multitude de genres non-binaires sur le spectre des genres et en dehors de ce spectre, faire référence au genre opposé n’a aucun sens. Préférez nommer simplement le genre auquel vous faites référence ou bien utilisez une formulation différente du style « un autre genre / d’autres genres ».

    Cette expression entretien aussi l'idée que femmes et hommes sont fondamentalement opposé-e-s, ce qui n'est pas vraiment souhaitable.

     

    6.    6.  "C’est une femme née dans un corps d’homme / C’est un homme né dans un corps de femme"

     

    Les corps n’ont pas de genre. Encore une fois, ne confondez pas apparence physique et genre. Préférez la formulation suivante « C’est une femme qui a été assignée homme à la naissance » / « C’est un homme qui a été assigné femme à la naissance. »

     

    7.    7.  "Elle/il/iel est né.e/piégé.e dans le mauvais corps"

     

    Certaines personnes peuvent le ressentir comme ça, effectivement, mais aujourd’hui il y a beaucoup de personnes trans qui ne sont pas d’accord avec cette façon de voir les transidentités car elles ne le ressentent pas du tout de cette manière (y compris moi).

    Voici une planche de la BD Assignée garçon à ce propos.

    Dans cette vidéo Stef Sanjati dit « C’est mon corps de fille et quand j’aurai des seins, ce sera toujours mon corps de fille. Ce ne sera pas un corps différent. Je ne change pas de corps. Je ne suis pas piégée, je suis plus libre que je ne l’ai jamais été. » 

     

    8.   8.  "Iel est né.e femme/homme"

     

    Même raisons que pour la 6 et 7.

    L’expression correcte est : « Iel a été assigné.e femme/homme à la naissance ».

     

    9.   9.  "Elle/il transitionne pour devenir un homme/une femme"

     

    Non. Cette personne était déjà son genre avant la transition. On ne « devient » pas une femme ou un homme en transitionnant grâce à un coup de baguette magique, on l’était avant. Remplacer simplement cette phrase par : « iel transitionne ». Point.

     

    La confusion vient peut-être des acronymes FTM/MTF (female to male et male to female) qui semblent insinuer que l’on passe de femme à homme et de homme à femme. Cela veut juste dire qu’on a été assigné.es un certain genre à la naissance dans lequel les gens nous reconnaissaient et qu’on transitionne (ou allons transitionner) socialement et/ou physiquement afin de vivre dans notre vrai genre.

     

    Ce que vous cherchez peut-être aussi à dire, c’est que cette personne va changer d’état civil. Dites alors tout simplement qu’iel va changer d’état civil (appelons un chat un chat J )

     

    10.  "Changer de genre"

     

    A moins que vous fassiez spécifiquement référence à quelqu’un dont le genre est fluide ou quelqu’un dont le genre a évolué avec le temps, ceci n’a pas vraiment de sens. Par « changer de genre », vous faites sûrement référence à la transition, qui ne consiste pas à changer de genre, mais à être reconnu-e socialement dans son genre. On était son genre avant la transition. 

     

    11. "Il/elle veut devenir un homme/une femme"

      

    Cette phrase est problématique pour les mêmes raisons que les précédentes. On ne « veut » pas devenir un genre, on l’est déjà, avant une quelconque transition. On ne choisit pas son genre d'ailleurs. 

      

    12. "Asexué.e"

     

    Ne confondez pas asexué et asexuel.le.

    Asexué est un terme en biologie qui désigne une espèce dont la reproduction n’est pas sexuée (reproduction par parthénogénèse par exemple) alors qu’asexuel est une orientation sexuelle.

    Ne confondez pas non plus asexué et agenre (qui désigne une personne qui n’a pas de genre). 

     

    13.     "Homme de naissance"

     

    Remplacez par homme cisgenre (qui s'identifie au genre assigné à la naissance). Homme de naissance c'est un peu moyen comme expression. Ca semble sous entendre que l'un est plus légitime que l'autre, parce que "de naissance".

     

    En plus, l'identité de genre est une identité qui se construit (attention, sans avoir un quelconque contrôle dessus néanmoins) alors de naissance peut vite devenir très relatif.

     

    14.     "Mâle de naissance"

     

    Premièrement je dirais que parler des gens en termes de mâle/femelle ramène en fait les personnes trans à leur assignation ce qui est juste une manière déguisée d'être cissexiste. Deuxièmement, les catégories mâle/femelle sont aussi des construits sociaux (on reviendra dessus). 

     

    15.     "Sexe masculin / sexe féminin"

     

    Masculin et féminin renvoient à des genres, et pas à des caractéristiques sexuelles. Cette expression est donc cissexiste. Un vagin est un vagin, ça n’a rien de féminin.

     

    16.     "Identité sexuelle"

     

    à la place d’identité de genre. Maintient la confusion entre apparence physique, orientation sexuelle et genre.

     

    17.     "Cissexuel"

     

    à la place de cisgenre. Même raison que la 16.

     

    18.     "Transformation" / "métamorphose"

     

    On est pas des loups garous qui se transforment à la pleine lune, on transitionne pour vivre dans notre vrai genre. J'arrête pas d'entendre cette erreur, même de la part de psychiatres soi-disant spécialisés sur le sujet sur des plateaux télé...

    De même, on ne dit pas "métamorphose" (on est pas des cafards de Kafka xD).

    Le terme correct est : transition.

     

    19. "Changer de sexe"

     

    On parle de chirurgie de réassignation sexuelle plus exactement (ou on en parle pas parce qu'iel a dans le pantalon ne sont pas tes ognons !) Le terme changer de sexe est problématique car cela fait passer la chirurgie de réassignation sexuelle comme une étape ultime obligatoire. De plus, un homme trans a toujours eu un corps d'homme, juste qu'on lui avait assigné le mauvais genre à cause du cissexisme. Donc cette expression renforce la cisnormativité. C'est d'ailleurs souvent une expression employée pour faire du sensationnalisme autour la transition des personnes trans.

     

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