• Conseils contre la dysphorie

     

    Avertissement : chaque individu étant différent, ces conseils peuvent s’avérer inefficaces pour certaines personnes, notamment celles dont la dysphorie est sévère car je m’appuie sur mon expérience. Je pense que cet article sera plus utile aux personnes ayant une dysphorie légère à modérée et/ou fluctuant dans le temps.

     

    La dysphorie de genre n’est jamais une partie de plaisir (euphémisme). Souvent, transitionner va être le moyen le plus efficace de réduire cette dysphorie. La transition passe par divers éléments optionnels qui dépendront de chaque individu et peuvent concerner : les pronoms, le prénom, les vêtements, la coupe de cheveux, le maquillage, le port d’un binder, le port de prothèses, l’épilation, la prise d’hormones, les chirurgies, etc.

    Cependant, il n’est pas toujours possible de transitionner dans l’immédiat ou tout court. Il y a également certaines personnes qui ne souhaitent pas transitionner pour diverses raisons malgré la présence de dysphorie. C’est pourquoi, quelques conseils pratiques pour réduire la dysphorie autant que possible ou mieux vivre avec sans avoir recours à des éléments de transition peuvent être bien utiles. D’ailleurs, ces conseils peuvent tout simplement compléter des éléments de transition sans pour autant s’y substituer.

    Ici, je ne parlerai donc pas de binder, d’hormones, de maquillage ou autre, qui sont en général les premières choses auxquelles on pense quand on parle de réduire la dysphorie.

     

    1.    Connaître le contexte dans lequel la dysphorie se manifeste

     

    Il n’est pas rare que la dysphorie ne soit pas constante mais fluctue en intensité dans le temps. Il se peut que ces fluctuations soient totalement aléatoires mais il est plus probable que certains facteurs déclenchent ou aggravent la dysphorie et les identifier est donc un bon moyen de prévenir ou soulager la dysphorie. Par exemple, je sais que ma dysphorie se manifeste beaucoup plus dans les cas suivants :

    -       lorsque je suis fatigué car ma tolérance au mégenrage diminue et j’ai moins d’énergie pour « lutter » contre la dysphorie ;

    -       lorsque ma santé mentale n’est pas terrible (stress, anxiété, dépression), à cause d’autre chose que la dysphorie en elle-même, mais l’aggravent par réaction en chaîne ;

    -       lorsque je suis dans ma semaine avant les règles car je suis fatigué, irrité et déprimé à cause du syndrome prémenstruel ;

    -       lorsque je suis dans un environnement particulièrement cissexiste car l’association entre mon apparence et mon assignation est trop forte et cela aggrave donc la dysphorie ;

    -       durant l’été, lorsque l’on doit plus montrer son corps, et notamment à la plage.

     

    Evidemment, tout n’est pas contrôlable à 100% : je ne peux pas arrêter d’être anxieux en claquant des doigts pour que cela soulage ma dysphorie par ricochet. Je ne peux me forcer à dormir en cas d’insomnie. Je ne peux pas ordonner à mon cycle menstruel de ne pas avoir lieu ! Mais il y a des choses que je peux quand même essayer de prévenir de mon mieux (tenter de bien dormir, de m’entourer de gens pas cissexistes, aller vivre au pôle nord pour éviter la plage – non, ça c’est une blague par contre.) Et lorsqu’il y a des choses que je ne peux pas éviter, avoir identifié ce qui a aggravé la dysphorie me permet quand même de mieux le vivre, car je sais que ce n’est pas état permanent et cela me laisse la perspective d’aller mieux. Par exemple, si je me tape une crise de dysphorie alors que je suis en plein syndrome prémenstruel, je me rappelle que ça ira mieux quand celui-ci sera terminé, et ça m’aide à traverser cette épreuve.

     

    2.    Se comparer aux personnes cis du genre « opposé » qui ont des traits similaires

     

    Ca ne marche pas pour tout, mais pour beaucoup de choses vous pourrez trouver des personnes cis du genre « opposé » à votre assignation qui ont les mêmes traits que ceux qui vous rendent dysphorique et ça peut aider beaucoup. Ca marche même si vous êtes non-binaires (en tout cas ça marche pour moi) pour plusieurs raisons : cela permet d’une part de détacher l’idée que tel trait est associé à tel genre (c’est pas parce qu’on le sait de façon théorique que notre cerveau n’a pas conservé ce réflexe et qu’il faut pas lui donner un petit coup de pouce pour dépasser ce conditionnement cissexiste) ; cela permet d’autre part de se réconforter en se disant que quelqu’un qui n’est PAS de notre genre assigné a aussi ce trait même s’il n’est pas du même genre que nous (on se concentre alors sur ce que l’on a en commun : par exemples, si vous êtes non-binaire afab, un mec cis a en commun avec vous de ne pas être une fille).

    Prenons un exemple concret : je suis petit. Je suis petit par rapport aux hommes moyens mais aussi par rapport aux femmes moyennes. Etre petit est en général associé aux femmes car les femmes sont en moyenne plus petites que les hommes. Les hommes petits sont en général moins bien considérés, et on se moque des femmes qui sortent avec des hommes plus petits. Du coup, ce n’est pas très agréable d’être petit et trans afab dans ce contexte. Mais assez réconfortant de savoir qu’il y a des mecs cis aussi petits que moi.

    Autres exemples : il y a des mecs cis imberbes, des mecs cis ayant une voix aigue, des femmes cis ayant une voix grave, des femmes cis grandes, etc.

     

    3.    Consommer des médias trans divers

     

    Consommer des médias trans vous permettra de vous sentir moins seul-e mais aussi de vous familiariser à la diversité des corps trans qui sont encore peu représentés dans la société. Et cela peut avoir un réel impact positif sur votre perception de vous-mêmes.

    Quand je parle de diversité des corps trans, je parle de suivre des gens ayant une morphologie/apparence différente mais aussi des parcours de transition très variés. Suivez ce mec trans qui n’est pas sous T, cette personne non-binaire aux cheveux longs, cette meuf trans au style butch, etc. Ce sont des personnes qui sont en général moins visibles sur les médias cis qui privilégient des gens ayant un cis-passing qu’ils jugent « acceptable » selon leurs standards cissexistes.

     

    Pistes de médias à suivre :

    L’instagram « All trans bodies » est un bon début. Le projet a été créé par Ryan Cassata, un homme trans, qui en avait marre que seul un type de corps soit représenté.

    https://www.instagram.com/alltransbodies/

    Suivre la chaîne YouTube de Ryan Cassata est d’ailleurs aussi une bonne idée. Il défend beaucoup le droit des hommes trans à ne pas prendre de T notamment.  

     

     

    4.    Quand la dysphorie est installée, prenez soin de vous

     

    Il n’est pas toujours possible de prendre soin de soi pour diverses raisons, surtout dans un contexte professionnel où on ne peut pas forcément partir plus tôt pour aller se blottir au fond de la couette par exemple. Dans la mesure du possible, quand la dysphorie s’est installée, il vaut mieux ne pas dépasser ses limites et accomplir ce dont on sent capable, ce dont on a envie. J’imagine que pour certaines personnes, prendre soin de soi pour diminuer la dysphorie peut passer par le fait de sortir s’amuser entre ami-e-s ou ce genre de choses, mais d’après mon expérience il est plus courant d’avoir envie de rester au lit. Ne culpabilisez pas, on ne peut pas toujours être au top et productif-ves (même si le capitalisme essaye de nous faire croire le contraire). Alors pourquoi pas enfiler un pyjama de licorne tout doux, s’affaler sur une pile de coussins moelleux et regarder sa série préférée avec un thé bien chaud ? – Ou tout autre combinaison de trucs qui vont font du bien !

     

    Bon voilà, c’était mes petites astuces, il en existe sûrement plein d’autres. Et puis bien sûr, comme je disais en début d’article, il y a les méthodes plus (enfiler un binder, etc.) Courage et rappelez-vous que vous êtes légitimes et belleaux <3

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  • Commentaires

    1
    Hitomi
    Dimanche 4 Février à 17:43

    Merci, Il faudrait davantage d'articles de ce genre, car on a parfois du mal à trouver ses propres astuces anti-dysphorie.

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