• Histoire des communautés asexuelle et aromantique

     

    On entend souvent toutes sortes de critiques envers les communautés asexuelle et aromantique (comprendre : accusations a-phobes*). « Les ace/aro ne peuvent pas utiliser le terme queer ! » ; « Les ace/aro ne font pas partie du mouvement LGBT+ ! » Etc.

    Pourtant, une étude de la véritable histoire de ces communautés permet de mieux replacer les choses dans leur contexte politique !

    Je me doute que cet article n’est pas exhaustif car le sujet est vaste. J’ai dû synthétiser un peu quand même. Je fais de mon mieux !

     

    *A-phobie = terme parfois utilisé réunissant l’acephobie et l’arophobie (car ces deux oppressions ont souvent des choses en commun même si elles ont ensuite certaines spécificités).

     

    La lecture de mon article sur le modèle d’attirances séparées MAS (orientation romantique et orientation sexuelle) est conseillé avant de se plonger dans celui-ci mais pas nécessairement indispensable :

    http://uniqueensongenre.eklablog.fr/controverses-autour-du-modele-d-attirances-separees-sexuelle-romantiqu-a128281802

     

     

    1.    Les notions d’asexualité et d’aromantisme en sexologie

     

    Dans notre compréhension moderne de la sexualité, on raisonne en terme de personnes envers lesquelles on est attiré-e ou non. L’origine de cette façon de conceptualiser la sexualité se place au milieu du 19e siècle. En effet, on observe à cette période un basculement entre la pensée religieuse (où l’homosexualité est un pêché que n’importe qui peut commettre) et la pensée scientifique/médicale (où l’homosexualité est une caractéristique individuelle). On observe donc en parallèle un changement dans le langage avec le développement d’un vocabulaire en concordance avec cette nouvelle façon de pensée : les mots homosexuel et hétérosexuel s’introduisent. L’activisme LGBT+ va alors prendre forme.

     

    Magnus Hirschfeld, un sexologue Allemand qui défendait les minorités sexuelles mentionne la notion d’asexualité dans ouvrage en 1896 en soulignant qu’il existe des humains sans désir sexuel. C’est probablement le plus ancien usage du terme asexuel.

     

    En 1922, un travesti nommé Ralph Werther publie un livre (« The Female-Impersonators ») dans lequel il écrit à propos de différentes formes de sexualité chez les hommes. Il emploie le terme « anaphrodite » pour désigner des hommes qui, comme les hommes gays, ne sont pas attirés par les femmes mais qui ne sont pas non plus attirés par d’autres humains en général. Il dit « les anaphrodites ne sont pas soumis à de l’adoration pour aucun type d’humain. » Il semble décrire les anaphrodites comme étant repoussés par le sexe (asexuels sex-repulsed). Aujourd’hui, on parlerait d’asexuels aromantiques. Il ajoute qu’il ne faut pas confondre les anaphrodites avec les hommes qui sont attirés par la beauté des femmes mais désirent à peine des relations platoniques. On qualifierait probablement ces derniers d’aromantiques hétérosexuels de nos jours. Cependant, le terme « platonique » peut avoir un sens différent que celui qu’on connaît aujourd’hui et il pourrait aussi s’agir d’asexuels aromantiques éprouvant une forme d’attirance esthétique et/ou non repoussés par le sexe.

     

    L’échelle de Kinsey est créée en 1948 par le docteur Alfred Kinsey. C’est une échelle qui mesure l’orientation de 0 à 6, avec 6 = exclusivement homosexuel / 3 = bisexuel / 0 = exclusivement hétérosexuel. Kinsey décrit également un « groupe X » pour les personnes n’ayant « aucun contact ou aucune réactions socio-sexuelles ». Ce groupe fait donc référence aux personnes asexuelles et/ou aromantiques. Lors de mes recherches, j’ai vu que ce groupe était surtout interprété comme faisant référence aux personnes asexuelles mais le modèle d’attirances séparées n’étant pas encore utilisé à cette époque, il est difficile de séparer les aromantiques des asexuel-les dans ces modèles et les deux vont souvent de paire. La mention « socio » appuie cette idée car elle pourrait désigner une forme d’interaction romantique, à mon humble avis. [Je n’aime pas cette échelle pour un certain nombre de raisons autre que son aspect évidemment binaire mais ça c’est pour une autre histoire.]

    Histoire des communautés asexuelle et aromantique

    https://infosclaires.files.wordpress.com/2014/05/capture.jpg

     

    De façon générale, j’ai remarqué que les personnes aromantiques étaient généralement invisibilisées dans l’histoire asexuelle alors que comme je le disais, on ne peut pas trop les séparer à mon sens. Le terme « asexuel » pouvait clairement contenir une dimension aromantique avant l’utilisation du modèle d’attirances séparées (MAS) !

     

    Les premières mentions consistantes du terme « asexuel-le » pour les personnes qui ne ressentent pas de désir sexuel apparaissent à la fin des années 70/début des années 80.

     

    En 1979, Michael Storm tente de palier à certains problèmes de l’échelle de Kinsey en faisant un modèle en 2 dimensions. Celui-ci permet d’inclure l’asexualité/l’aromantisme dans un spectre de niveau d’attirance plutôt que d’en faire un groupe X totalement à part comme si c’était une anomalie inclassable. L’asexualité et l’aromantisme sont alors pris en compte comme des orientations au même titre que l’homosexualité, l’hétérosexualité et la bisexualité.

    Ce modèle est critiqué car il ne prend pas en compte les personnes variorientées (dont l’orientation sexuelle et romantiques sont différentes) et les personnes asexuelles sont forcément aromantiques et inversement dans cette représentation. Il exclut aussi les genres non-binaires.

     

    Histoire des communautés asexuelle et aromantique

     

    http://wiki.asexuality.org/Storms%27_model

     

    En 1983, un papier sur la santé mentale et sa relation aux orientations classe les orientations de la manière suivante : homosexuel, hétérosexuel, bisexuel, asexuel.

     

    A partir de 1977, l’absence de désir sexuel est pathologisé et il est toujours listé dans le DSM (la « bible » en psychiatrie qui donne une classification des troubles mentaux) comme « hypoactive sexual desire disorder » (trouble de désir sexuel hypoactif). Cela a été traité de façon régulière par des médicaments et des thérapies. Depuis 2013, une révision a néanmoins eu lieu suite au militantisme de la communauté asexuelle. Pour être diagnostiqué avec ce trouble, il faut que cela cause une détresse et les personnes s’identifiant explicitement comme asexuelles peuvent « échapper » à ce diagnostique. L’asexualité consiste donc en une « exception » à ce trouble. Sauf qu’en pratique l’asexualité est encore tellement invisible que des gens en détresse peuvent aller consulter sans savoir qu’ils peuvent s’identifier ace…

     

    2.    Asexualité, aromantisme et histoire du mouvement LGBT+

     

    Il y a de multiples preuves que les personnes des spectres asexuels et aromantiques étaient présentes dès le début du mouvement LGBT+ et incluses dans différents groupes de ce mouvement car elles identifiaient leurs expériences comme étant différentes de celles des personnes hétéro (straight).

     

    ·      Les aro/ace et la communauté gay/queer

     

    Historiquement, les gens ont été insultés de queer ou autres insultes pour deux raisons : ne pas rentrer dans les normes de genres (personnes qu’on appellerait aujourd’hui trans et non-conformes dans le genre) et ne pas avoir de relation hétéro (ce qui inclut toute personne non-hétéro et donc les ace/aro). Comme les aro/ace n’étaient pas attiré-e-s par le « sexe opposéTM », les gens les ont tout d’abord groupé-e-s avec les gays et iels subissaient aussi de l’homophobie.

     

    Dans les années 1920/30, certaines femmes queer étaient attaquées doublement sous l’angle du lesbianisme et de l’asexualité/aromantisme. Par exemple, dans Women’s history on peut lire « (…) la peur des vieilles filles [spinsters] et des lesbiennes affectait les femmes enseignantes en grande Bretagne dans l’entre deux guerres. Un rapport de 1935 dans un journal sur l’éducation a exprimé cette menace en ces termes extrêmes : ‘Les femmes qui ont la responsabilité d’enseigner à ces filles sont pour beaucoup d’entre elles aigries, sans désir sexuel [sexless] ou des homosexuelles garçon manqué qui essayent de faire rentrer les filles dans leurs propres modèles.’ » C’est une accusation récurrente envers la communauté LGBT+ : « les personnes non-hétéros et non-cis sont mauvaises et vont corrompre les enfants, blabla ». Les ‘vieilles filles’ [spinsters] et lesbiennes souffraient de diverses violences à leur encontre à cette époque.

     

    Les hommes qui n’avaient pas de relations sexuelles étaient aussi la cible d’insultes queer car d’une part ils brisaient les normes de genres qui disent que les hommes sont censés vouloir du sexe tout le temps et d’autre part, ils étaient assimilés aux hommes gays pour ne pas vouloir avoir de relations sexuelles avec les femmes. De la même façon, les femmes aromantiques brisaient les normes de genres et étaient assimilées aux lesbiennes pour ne pas vouloir de relation romantique avec un homme.

     

    Les hétéros ne faisaient pas vraiment de différences entre les différentes orientations non-hétéros et attaquaient toustes celleux dont la vie n’était pas hétéro-centrée.

     

    ·      Les aro/ace et la communauté bi

     

    Après ces débuts du mouvement LGBT+ où les ace/aro étaient groupé-e-s avec les lesbiennes/gays, iels ont été groupé-e-s avec les bi. Un rapport de 1995 par Paula Rust nommé « Bisexuality and the challenge of lesbian politics » rapporte que :

    « Selon cette définition [de la bisexualité], les gens peuvent être – ou sont – bisexuels sans avoir jamais vécu une attirance envers un sexe ou l’autre et sans avoir jamais eu de relations sexuelles avec un sexe ou l’autre. » [Notez que la formulation ‘un sexe ou l’autre’ est binaire].

     

    Dans ce post, une femme trans bi répond à quelqu’un qui dit que les aro/ace ne font pas historiquement partie de la communauté LGBT+ :

    « En tant que femme trans bi qui était [à l’époque] et qui a vu les aroaces faire effectivement partie de la communauté bi et faire le travail et gérer l’oppression, puis-je te demander gentiment d’arrêter de prétendre que tu connais l’histoire ? (…) La communauté bi rejetait activement toute autre définition que « pas gay, pas hétéro » dans le milieu des années 90, parce que toutes les autres définitions proposées excluait certains de ses membres. Tu continues de rejeter certains membres de ta communauté en insistant sur la nécessité d’être attiré-e par le même genre que soi-même [pour en faire partie] (ce qui est, pour ta gouverne, plutôt transphobe). »

    https://autismserenity.tumblr.com/post/141845758876/wetwareproblem-autismserenity-tantomiles

     

    Un autre post sur ce même Tumblr vaut le coup d’être traduit :

    https://autismserenity.tumblr.com/post/132022820421/cease-and-de-cis-atomicbubblegum

    « Le truc est que, la façon dont ils sont construits [les modèles d’orientations] n’est pas constante. Même en grandissant, je les ai vu changer.

    (…)

    Quand j’étais enfant, hétérosexuel/homosexuel/bisexuel étaient explicitement pas spécifiquement à propos du sexe. ‘Ce n’est pas à propos du sexe !’ était un cri de guerre. On le soulignait souvent car les gens essayaient sans cesse de dire qu’on ne pouvait pas être gay et vierge en même temps. Ou – et c’est important : qu’on ne pouvait pas être queer et ne pas être intéressé-e par le sexe. Même si ce n’est pas exactement la même chose qu’affirmer explicitement l’asexualité, c’était une façon de rendre l’asexualité intelligible auprès de la compréhension générale de la sexualité.

    Il y avait beaucoup de rhétorique qui soulignait ce point. En particulier, le fait que le suffixe ‘–sexuel’ de homo/bi était en fait une forme d’hétérocentrisme dans laquelle les hétéros essayaient d’effacer la capacité des queer à être attiré romantiquement*.

    (…)

    Ce que je veux dire c’est que dans les modèles avec lesquels j’ai grandi, à la fois les personnes aro et ace pouvaient s’identifier pas juste bi mais bisexuelles.

    (…)

    Et vient la partie vraiment importante : la capacité d’articuler les expériences vécues et dans le cas des minorités sexuelles/romantiques, de s’organiser et de se mobiliser sous ce modèle. Donc voilà la question à un million de dollars : à l’époque où les aro et ace (ou aroace) étaient encore moins compréhensibles pour le grand public – ou même pour la communauté queer en générale – que maintenant, où étaient les ace et aro bi ? Où s’organisaient-iels pour gérer le monosexisme ? Où iels exprimaient leurs frustrations à propos de l’exclusion des LG ? Où parlaient-iels ouvertement de leurs attirances ? Avec qui se battaient-iels main dans la main ?

    Les bisexuel-les.

    Iels étaient avec les bisexuel-les. 

    Iels étaient bisexuel-les. »

     

    [*Note personnelle : l’attirance romantique existe donc dans un schéma hétérosexiste où le fait de la ressentir permet d’accéder à une forme de privilège qui était niée aux personnes non-hétéro à l’époque – les hétéros faisaient en sorte que la romance ne puisse exister de façon légitime qu’entre un homme et une femme. En conclusion : les personnes aromantiques subissent aussi l’hétérosexisme et l’arophobie est une réalité parce que ne pas ressentir d’attirance romantique équivaut à être déshumanisé et oppressé. Mais on y reviendra.]

     

    3.    Les aro/ace et la naissance de la communauté asexuelle

     

    La communauté asexuelle a émergé indépendamment de la communauté bi à l’heure d’internet car il était plus facile d’échanger entre ace et de trouver des informations. La première communauté asexuelle en ligne était probablement la section de commentaires d’un article appelé « ma vie en tant qu’humain amibe » (« my life as a human amoeba ») par Zoe O’Reilly (1997).

     

    Histoire des communautés asexuelle et aromantique

    Le drapeau asexuel 

     

    En 2000, un groupe Yahoo structuré comme une liste de mail nommé « Haven for the Human Amoeba » s’organise.

     

    En 2001, David Jay créé AVEN (asexual visibility and educational network) considéré aujourd’hui comme une des sources principales sur l’asexualité et maintenant aussi sur l’aromantisme. De nouvelles définitions sous le spectre ace naissent et la définition d’asexuel-le en elle-même évolue pour inclure les personnes ayant une libido mais pas d’attirance sexuelle par exemple.

     

    Histoire des communautés asexuelle et aromantique

    http://www.asexuality.org

     

    4.    Naissance du MAS, des orientations romantiques et du terme aromantique dans la communauté asexuelle

     

    Partie issue de cet article :

    http://uniqueensongenre.eklablog.fr/controverses-autour-du-modele-d-attirances-separees-sexuelle-romantiqu-a128281802

      

    Source principale de cette partie :

    http://historicallyace.tumblr.com/post/152267147477/what-kind-of-attraction-a-history-of-the-split

     

    En 1879, un certain Karl Heinrich Ulrichs remarque qu’il existe des personnes variorientées. Il utilise le terme « disjonctives ». Mais son modèle n’est très populaire et est rapidement oublié.

     

    Dans les années 1960, la psychologue Dorothy Tennov parle de « limerance » pour décrire ce qu’on appellerait aujourd’hui un crush ou de l’attirance romantique. Il ne s’agit pas réellement d’un modèle d’attirances séparées car cela va plus ou moins de paire avec l’attirance sexuelle mais c’est intéressant car le terme « non-limerant » sera utilisé comme un précurseur de la notion d’aromantisme.

     

    En 1989, un article sur l’homosexualité fait usage du terme « orientation affectionnelle ». L’origine du terme est probablement antérieure à ce papier mais c’est l’usage le plus vieux que l’auteur-e de historicallyace.tumblr.com ait trouvé. Le premier modèle d’attirances séparées digne de ce nom utilisait donc le terme d’orientation affectionnelle, ce que l’on appellerait nous aujourd’hui l’orientation romantique.

    [Référence : Wells, J. W. (1989). Teaching about gay lesbian sexual and affectional orientation using explicit films to reduce homophobia. Journal of Humanistic Education and Development, 28, 18- 31.]

     

    Le MAS tel qu’on le connaît aujourd’hui a pris forme dans la communauté asexuelle. Des discussion ont d’abord eu lieu dans la liste mail « Haven for the Human Amoeba » datant de 2001. On y parle d’hétéro-asexuel, d’homo-asexuel, etc.

     

    On trouve également un post sur AVEN avec un sondage où les options sont les suivantes :

     

    Histoire des communautés asexuelle et aromantique

     

    http://www.asexuality.org/en/topic/873-faq-orientation/

     

    Ici, « asexual-asexual » veut bien sûr dire « aromantique asexuel-le » !

     

    Sur le même forum, ce post datant de juin 2005 semble être le premier à parler de MAS et d’orientation romantique telle qu’on les connaît vraiment aujourd’hui : http://www.asexuality.org/en/topic/9433-relationship-definitions/

    On peut y lire notamment « homoasexuel romantique » même si aujourd’hui on dirait plutôt « homoromantique asexuel ». C’est aussi le post qui semble marquer la naissance du mot « aromantique » !

     

    En 2007, le MAS était alors couramment utilisé dans les communautés asexuelles et aromantiques.

     

    Histoire des communautés asexuelle et aromantique

    Le drapeau aromantique

      

    En bref ? Le MAS moderne a émergé dans la communauté asexuelle ainsi que la notion d’aromantisme. Les communautés asexuelle et aromantique sont très liées de part leur histoire et des axes d’oppressions similaires mais existent également de façon indépendante car on peut être aromantique sans être asexuel-le et inversement.

     

    5.    Que retenir de cette histoire des communautés asexuelle et aromantique ?

     

    ·      Les ace/aro font-iels intrinsèquement partie du mouvement LGBT+ ?

    Oui, iels étaient historiquement présent-e-s même si ne portaient pas encore leur nom. Iels étaient notamment très lié-e-s à la communauté bi.

     

    ·      Les ace/aro peuvent-iels utiliser le mot queer ? Oui, iels étaient aussi visé-e-s par ces insultes et subissent l’hétérosexisme ainsi que l’ace/arophobie.

     

    ·    Les ace hétéroromantiques et aro hétérosexuels sont-iels « straight » (hétéro) ? Non, car l’asexualité et l’aromantisme sont intrinsèquement queer et les personnes hétéros sont hétérosexuelles ET hétéroromantiques. Pour plus de détails sur le modèle d’attirances séparées, voir : http://uniqueensongenre.eklablog.fr/controverses-autour-du-modele-d-attirances-separees-sexuelle-romantiqu-a128281802

     

    ·      L’acephobie et l’arophobie existent-elles ? Oui. On pourra éventuellement détailler cela dans un prochain article.  

     

    Histoire des communautés asexuelle et aromantique

     

    Une version possible du drapeau aroace

     

     

    Sources :

    http://wiki.asexuality.org/Asexual_history#cite_note-1

    https://acinghistory.wordpress.com/2015/03/24/what-is-asexual-history-part-two-the-19th-and-20th-century-2/ 

    https://www.reddit.com/r/AskHistorians/comments/3k7bz9/when_was_asexuality_considered_a_thing_and_were/

    https://www.reddit.com/r/asexuality/comments/3z9ysb/anaphrodite/?utm_content=title&utm_medium=front&utm_source=reddit&utm_name=asexuality 

    http://wiki.asexuality.org/Kinsey_scale 

    http://wiki.asexuality.org/Storms%27_model

    https://en.wikipedia.org/wiki/Hypoactive_sexual_desire_disorder#History 

    http://www.huffingtonpost.com/2013/06/18/asexual-disorder_n_3361472.html?1371562287

    http://theasexualityblog.tumblr.com/post/148745974859/the-aphobia-masterpost

    http://livebloggingmydescentintomadness.tumblr.com/post/144319046999/bad-arguments-against-allowing-a-spec-to-identify

    http://historicallyace.tumblr.com/post/146262756292/where-were-you-when-a-history-of-asexual 

    https://books.google.fr/books?id=l-yOAgAAQBAJ&pg=PA176&lpg=PA176&dq=dr+williams+sexless+or+homosexual+hoydens+spinsters&source=bl&ots=0AZGG2WLPJ&sig=VkM9VYFUDwHcC6ghRVXV_L-8v8A&hl=en&sa=X&ei=hUCKVfnWGJHgoATS7qfACg&redir_esc=y#v=onepage&q=dr%20williams%20sexless%20or%20homosexual%20hoydens%20spinsters&f=false

    http://livebloggingmydescentintomadness.tumblr.com/post/141464869185/airagorncharda-autismserenity-fornaxed 

    http://livebloggingmydescentintomadness.tumblr.com/post/144682267473/the-acesaros-were-part-of-the-bi-community-until

     

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  • Commentaires

    1
    A-Boo
    Mardi 7 Février à 16:16

    Merci beaucoup pour cet article très instructif et très intéressant :)

    2
    John Smith
    Lundi 27 Février à 09:51

    Parler d'A-phobie me paraît encore assez limite de mon point de vue A-A. Certes, au plus nous serons visibles, au plus cela nous pend au nez, mais rien de comparable avec ce qu'ont pu subir trans et homo. On est très loin de la médicalisation, on est loin de subir des brimades dans la rue pour ne pas avoir d'attirance. On reste quand même très cloisonné sur le net au niveau des remarques que l'on peut effectivement d'A-phobes, si l'on considère le sens "mépris" du mot "phobie" qui s'apparente quand même plus à de la peur ou de la terreur qu'autre chose.

     

    Dans l'ensemble, les articles sont très bien :-)

      • Mardi 28 Février à 09:26

        Merci :) Je pense qu'on peut tout de même parler d'a-phobie (ou d'acephobie ou arophobie), il y a des éléments d'oppressions, et l'asexualité a été médicalisée (avec le hypoactive sexual desire disorder justement). Je pense qu'on peut parler d'a-phobie tout en reconnaissant le fait que certains groupes LGBTQIAP+ sont dans des situations bien plus précaires que celle des aroace et que leurs droits humains sont urgents (notamment les personnes intersexes et transgenres). Le mot a-phobie, à mon sens, n'existe pas pour faire "un concours d'oppression", ou dire "qu'on est opprimé pareil ou pire". C'est juste une reconnaissance de l'existence d'une norme oppressive et de l'aliénation spécifique au fait d'être aro et/ou ace (et "spécifique" ne veut pas dire "pire", juste que ça a des caractéristiques propres au fait d'être aro et/ou ace). J'aimerais bien écrire dans le futur un article en détaillant tout ça justement, c'est un sujet intéressant. Ca pose la question même de "à partir de quand peut-on parler d'oppression et qu'est-ce qui définit une oppression systémique?" finalement. 

      • John Smith
        Mardi 28 Février à 14:40

        Cela peut être très intéressant en effet.

        Car en y regardant bien, s'il y a effectivement des pressions, donc souvent une oppression ("faire pression sur"), on peut constater que le modèle dominant oppresse systématiquement de nombreuses autres catégories : les libéraux, les anarchistes, les punks, les communistes (en gros, tout l'attirail des philosophies politiques qui contestent le pouvoir étatique). Pour autant, on n'y retrouve pas forcément ces notions que l'on retrouve avec sexisme, le racisme, le validisme, l'âgisme,... alors même qu'il s'agit des philosophies politiques qui ont initié cette critique.

        N'étant personnellement pas motivé pour produire une telle chose, je suis fortement intéressé.

         

        Maintenant, je saisis aussi que je n'ai pas développé mon propos, ce qui n'invalide en rien le tien, loin de là, très loin. J'ai placé le punk plus haut volontairement car comme l'enfant, la femme, la personne non-blanche, le couple homo ou même la personne trans, on les reconnaît dans la rue et c'est dans la rue, dans la société physique, que j'entends ce type d'oppressions. Pour autant, je ne minimise pas l'impact sur le net, ou chez le médecin, ou dans n'importe quel espace plus privé (la femme et l'enfant étant globalement pas tellement en sécurité dans la sphère domestique).

        Je précise que j'ai effectivement une capacité à reconnaître une personne trans (et dans mon entourage, je ne suis pas le seul, l'habitude de fréquenter probablement), y compris une personne qui a effectué sa transition. Il y a des caractéristiques physiques qui ne trompent pas dans les différences entre les deux sexes. .

        Et pour arrêter là la description, sinon je risque d'être long, j'ai du mal à voir comment dans la rue, et même dans la société, à quel moment je suis oppressé en tant que A-A => on ne me pousse pas au sexe, on ne me pousse pas à la relation romantique. Si on m'interroge parfois sur ces sujets, je ne vois pas de pression équivoque. Et sur les témoignages que je peux lire, c'est souvent les femmes qui subissent cette pression équivoque (ou des hommes que l'on qualifie d'homo). J'y vois donc plus facilement de la misogynie et du sexisme (et du coup, de l'homophobie) que de l'A-phobie à strictement parler. Du coup, et pour terminer, me vient cette question : l'A-phobie n'est-elle pas une composante du sexisme et de l'hétéronormativité, donc de la misogynie et de l'homophobie ?

         

        Je comprendrai que la discussion n'aille pas plus loin, j'ai bien assez profité de l'espace de ton blog ;-)

      • Mardi 28 Février à 19:10

        Il y a en effet matière à réfléchir et cela mérite un article à proprement parler et je veux aussi prendre le temps de faire des recherches etc. Du coup garde un oeil sur la blog ou la page Facebook pour continuer la discussion quand j'aurais écrit quelque chose de plus consistant :)

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