• Le coin des allié'e's

  • [Avertissement : dysphorie, cissexisme, traitements hormonaux/chirurgie évoqués, questions qui fâchent]

    [Note : iel est un pronom neutre]

     

    Bonjour, bonsoir à toi allié.e venu.e de la planète cisgenre ! :) 

    Aujourd’hui, je vais te donner des conseils pour être un.e allié.e efficace pour la communauté trans et non binaire. 

    Petit sommaire :

    1. Respecter nos identités
    2. Accepter qu'il n'est pas possible de comprendre pleinement l’expérience de la transidentité lorsqu'on ne la vit pas
    3. Apprendre à déconstruire les construits sociaux hétérocisnormatifs
    4. S'éduquer activement
    5. Ne pas essayer de comparer son expérience à la nôtre
    6. Ecouter et si on dit que quelque chose est blessant, arrêter
    7. Ne pas dire aux personnes trans qui elles sont censées être ou ce qu’elles devraient ressentir
    8. Ne pas donner son avis lors d’une conversation concernant uniquement les personnes trans
    9. Ne pas faire de généralités : toutes les personnes trans sont différentes
    10. Ecouter les personnes trans avant les prétendus "experts" cisgenres
    11. Ne pas déplacarder une personne trans
    12. Combattre la transphobie et le cissexisme dans la société

     

    Entrons donc dans le vif du sujet !

     

    1. Respecter nos identités

     

    Je pense que la première chose fondamentale pour être un.e allié.e, c’est le respect. C’est même quelque chose qui devrait être naturel pour tout le monde, mais j’ai peur que ce soit une utopie pour aujourd’hui… Bref, il est évident en tout cas que nous attentons qu’un.e allié.e respecte nos identités et n'invalide pas nos expériences, et ce même s’il ne les comprend pas. Il faut aussi penser à utiliser les pronoms et accords des personnes trans. 

     

     2. Accepter qu'il n'est pas possible de comprendre pleinement l’expérience de la transidentité lorsqu'on ne la vit pas

     

    A moins de le vivre, il y a certaines choses qu'il n'est pas possible de comprendre pleinement. Cela peut être frustrant, je le conçois. Mais accepter cela permet d'aller plus loin de le processus d’alliance (allyship).

     

    Laisse-moi utiliser une image. Imagine que notre cerveau soit comme un programme avec des lignes de code informatique. Si une ligne bug, l’ordinateur ne peut pas exécuter les lignes suivantes et le programme plante. Heureusement, le cerveau fonctionne différemment. On peut admettre cette ligne qu'on ne comprend pas et essayer de comprendre la suite. Et peut-être qu’en étant allé.es plus loin dans le processus, on sera en mesure de revenir à cette ligne qu'on ne comprenait pas et la comprendre mieux ! Le processus n’a pas à être linéaire, il peut être fait d’allers retours entre les concepts.

     

    Et s’il y a quelque chose que tu ne comprends jamais, ce n’est pas grave et c’est même normal car tu ne vis pas nos vies. Il suffit que de reconnaitre et accepter nos expériences.

     

    3. Apprendre à déconstruire les construits sociaux hétérocisnormatifs

     

    Une des raisons pour lesquelles il peut être extrêmement difficile de comprendre certaines de nos expériences est le fait que nous avons tous.tes été élevé.es dans une société très normative à tout points de vue (hétérocisnormative pour le cas qui nous intéresse dans cet article). Les nouveaux concepts que tu vas assimiler en tant qu’allié.e ne vont pas te paraître naturels voire aller à l’encontre de ce que tu as toujours cru naturel, normal et acquis. Il faut donc apprendre à déconstruire petit à petit les principes hétérocisnormatifs pour permettre à ton esprit d’envisager toutes les possibilités du genre (et même des orientations sexuelles et romantique).

     

    Cela ne va pas se faire en un jour. Moi même, j’apprends tous les jours à démanteler le cissexime que la société m’a inculqué. Il y a des formes de cissexisme ordinaire dont on ne se rend même pas compte et qu’il faut activement combattre, comme par exemple le fait de demander aux futurs parents si le bébé est une fille ou un garçon. Ca semble totalement innocent à première vue, n’est-ce pas ? Mais comment pourrait-on savoir le genre du bébé à l’avance ?

    Pas facile d’aller à l’encontre du cissexisme dans lequel nous avons tous.tes baigné.es depuis que nous sommes bébés… Mais pas impossible !

     

     4. S'éduquer activement

     

    Donc pour être un.e allié.e efficace, s'éduquer activement est essentiel car être correctement sensibilisé.e te permettra de mieux comprendre les problématiques et de savoir comment agir. Des ressources sont disponibles sur internet. Il vrai qu’elles sont moins disponibles en français qu’en anglais, à ta décharge. Mais tu peux demander à tes ami.es transgenres et non-binaires s’iels ont des liens de blog à te donner, iels en connaissent sûrement quelques uns qui te seront utiles et je suis sûr qu’iels seront heureuxes de pouvoir les partager avec toi ! Mais n’oublie pas que tu peux chercher aussi par toi-même. Les personnes trans n’ont pas toujours le temps ou l’énergie de répondre à des questions et de plus, il y a parfois des questions trop personnelles que l'on ne peut pas poser. (Mais Google est ton ami ;) )

     

    PS : peut-être qu’une personne transgenre sera d’accord pour répondre à des questions personnelles, mais pas tout.es ! Dans le doute, abstient-toi !

    Petit listing non exhautif de questions déplacées que l'on ne devrait PAS poser :

    • ne pas demander ce qu’on a entre les jambes : nos organes génitaux ne regardent personne et ça n’a pas d’importance pour tes interactions sociales avec nous ; on ne poserait jamais cette question à une personne cis, signe que ceci est totalement déplacé.
    • ne pas poser de questions à propos de « la chirurgie » : déjà, il y a beaucoup de type de chirurgies possibles, et pas une seule ; ensuite, cela ne regarde personne pour les mêmes raisons que précédemment.
    • ne pas demander le prénom de naissance : c’est irrespectueux, cela peut faire ressurgir de mauvais souvenirs et puis ce prénom n’a plus d’importance car si nous avons changé de prénom, c’est que le précédent ne convenait pas.
    • ne pas demander à quoi « on ressemblait avant » ou à voir de photos d’ « avant » : cela peut-être très blessant.

     

    5. Ne pas essayer de comparer ton expérience à la nôtre

     

    Le point 5 est à mon sens très important. D'après mon expérience, les allié.es que je connais ont tendance à comparer leurs propres expériences avec les nôtres. D’une part, ce n’est pas pertinent car ce sont deux expériences différentes incomparables et d’autre part, c’est très blessant car cela minimise l’expérience de la personne trans, voire l’invalide.

     

    Un exemple concret : alors que je raconte la souffrance que j’ai traversée durant l’adolescence à cause de ma dysphorie sociale, mon interlocuteur me répond « Moi aussi quand j’étais ado, j’étais timide. Je crois que tout les ados ont leurs galères ». Cette personne ne pensait pas à mal, je crois même qu’il essayait de me rassurer dans une certaine mesure, mais son propos était très blessant et je l’ai mal pris. D’une part, cela impliquait qu’il savait ce que j’avais vécu car « lui aussi » était timide. D’autre part, cela minimise mon expérience puisque la dysphorie sociale ne serait que de la timidité. De plus, mon expérience en tant que personne transgenre est totalement invalidée par la deuxième phrase. Sans oublier que le ton qui se veut rassurant semble signifier que cette personne sait mieux que moi ce que j’ai traversé. Merci mais je n’ai pas besoin que tu me « rassures », je te donne des faits dont je connais très bien les tenants et les aboutissants.

    Je donne cet exemple précis car j’ai dû faire face à cette erreur de la part d’un.e allié.e plus d’une fois. En général, iels ne comprennent pas ma réaction. Une fois, il y a en a même un qui s’est franchement vexé « Ah bon, alors je ne peux pas parler de mes sentiments ? La conversation va dans les deux sens hein » a-t-il dit avec un ton énervé. Euh… Bon, là, j'avoue, j'ai perdu mon sang froid (ça arrive) : « Non. Quand je parle de MA dysphorie, sachant que je ne peux en parler à presque personne d’autre et que je la subi à peu près dans tout les aspects de ma vie à cause de l’oppression sociale, non il n’y a pas de place pour que tu ramènes la conversation à TES sentiments. Genre, merci de me laisser dix minutes dans ma journée pour exprimer ce que je ressens avec une personne de confiance sans avoir besoin de me jeter à la face tes sentiments venant d’une sphère de privilèges cis et hétéro qui en plus invalide totalement mon expérience. »

     

    6. Ecouter et si on dit que quelque chose est blessant, arrêter

     

    Alors bon, c'est vrai que j'ai perdu mon sang froid sur le moment mais c’était hyper blessant pour moi, d’autant plus que la personne ne reconnaissait pas son erreur et se plaçait finalement en victime (« ah bon, alors je ne peux pas parler de mes sentiments ? »).

    Quand une personne trans dit que quelque chose est blessant, ne pas argumenter, juste arrêter, et prendre note pour ne plus faire cette erreur. Iel sait mieux si c’est blessant ou non... Il ne faut pas que se vexer, ce n’est pas parce que tu viens de dire quelque chose de blessant sans t’en rendre compte que tu es quelqu’un de mauvais ! :)

    Nous savons que les allié.es sont amené.es à faire des erreurs. Nous attendons juste qu’iels les reconnaissent et n’invalident pas le fait que ce soit blessant.

     

    7. Ne pas dire aux personnes trans qui elles sont censées être ou ce qu’elles devraient ressentir

     

    Dans le même genre d’idée, ne pas dire aux personnes trans ce qu’elles doivent ressentir, ou comment elles devraient se battre pour leurs identités, ou quoique ce soit dans le même style. Iels savent qui iels sont mieux que quiconque.

     

    8. Ne pas donner son avis lors d’une conversation concernant uniquement les personnes trans

     

    Il est important de ne pas parler à la place des personnes trans et ne pas se positionner comme si ton avis était plus important que le leur. De manière général, si une discussion a lieu au sein de la communauté, à moins que cette discussion ne concerne directement les allié.es, iels n'ont pas à y prendre part.

     

    Exemple à ne pas suivre :

    Admettons que le débat au sein de la communauté trans concerne l’accessibilité des traitements hormonaux et qu’un.e allié.e, qui n’a pas très bien compris son rôle d’allié.e, dise ceci :

    « Je pense que les traitements hormonaux ne devraient pas être présentés comme la solution miracle ». C’est une intervention assez irrespectueuse de la part d’un.e allié.e car il ne peut pas vraiment avoir d’avis sur la question n’étant pas à la place des personnes transgenres. Les personnes transgenres sont à même de décider sur cette question.

     

    9. Ne pas faire de généralités : toutes les personnes trans sont différentes

     

    De même, ce n’est pas parce qu’une personne trans à cet avis sur la question, que toutes les personnes transgenres ont le même avis. Donc ne l’utilise pas comme une généralité.

    « Mon ami.e trans pense que les traitements hormonaux ne devraient pas être présentés comme la solution miracle » : Ce n’est pas parce que ton ami.e le pense que tous.tes le pensent et que c’est une vérité au sein de la communauté trans.

    De même, les parcours des personnes trans sont tous différents et chacun.e vit sa transidentité comme iel l’entend donc n’invalide pas les expériences de quelqu’un en te basant sur l’experience de quelqu’un d’autre.

     

    10. Ecouter les personnes trans avant les prétendus « experts » cis

     

    Les personnes transgenres savent qui elles sont et ce dont elles ont besoin. Les « experts » cis peuvent lire tout ce qu’ils veulent sur la question, rencontrer autant de personnes trans qu’ils veulent, ils ne sauront jamais ce que nous vivons complètement. De même, nous ne sommes pas des bébés qui ont besoin qu’un expert cis nous dise quoi faire. Nous pensons par nous-mêmes et savons très bien ce qu’il nous faut.

     

    11. Ne pas déplacarder pas une personne trans

     

    Cela me paraît être du bon sens car premièrement « outer » quelqu’un est extrêmement irrespectueux et deuxième cela pourrait mettre sa vie en danger ! S’iel ne s’oute pas, c’est pour une raison. Il faut respecter cela.

     

    12. Combattre la transphobie et le cissexisme dans la société

     

    Là est ton véritable rôle d’allié.e ! :)

    • si une personne fait preuve de transphobie, le lui dire, car les personnes trans ne peuvent pas toujours s’outer ou se sentir en sécurité pour lui expliquer
    • changer ses comportements cisnormatifs pour être plus inclusif (ne pas dire : « on y va les filles », si une personne non binaire est là, mais dire plutôt « on y va les gens » est un exemple parmi tant d’autres).
    • faire remarquer aux autres leurs comportements cissexistes
    • sensibiliser les autres personnes cigenres dès que tu en as l’occasion (mais attention, ne parle que des sujets que tu connais bien, sinon tu pourrais véhiculer de fausses idées) : une bonne idée peut-être de rediriger les personnes qui veulent en savoir plus vers des blogs ou vidéos de personnes transgenres, il n’y a rien de mieux que de désinvisibiliser les personnes trans et amplifier leurs voix (et en plus, tu ne pourras pas véhiculer de fausses idées). De façon générale, ne parle pas à la place des personnes trans en véhiculant tes idées à toi, relaye simplement leurs paroles. Informe les personnes cisgenres non sensibilisées et donne leur les clés et les ressources nécessaires pour s’intéresser au sujet. Les personnes sont si peu informées qu’il en faudra peu pour faire un grand pas en avant (rien que les définitions de sexe vs genre, trans, cis et non-binaire devraient être une révolution pour la plupart).

     

    Conclusion : Nous ne sommes pas confus, ni perdus ; nous savons qui nous sommes et ce qu'il nous faut donc tu peux faire confiance aux personnes trans pour connaître leurs besoins, pas aux prétendus experts cisgenres en la matière. ;) Nos identités valent autant que celles des personnes cis.

     

    Merci pour ton soutien en tant qu’allié.e, paix, amour et licornes :)

    UESG

     

    Documentation sur le sujet :

    How to be a trans ally (Ashley Mardell & Jackson Bird) : Voyez comme Ashley ne fait que permettre à Jackson de s’exprimer en posant des questions mais ne parle pas à sa place, elle est un bon exemple d’alliée 

    How to be a trans ally (Lane for OutOfThisBinary) : Une personne non-binaire qui parle sur le sujet

    How to NOT be an ally (Kat blaque) : Un exemple de mauvaise alliée (la vidéo commence vraiment à 1min15)

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  • (Avertissement : mention de cissexisme, transphobie, dysphorie, suicide, meurtre) 

     

    Bonjour, bonsoir !

    Cet article m’a été inspiré par la planche de la BD Assignée Garçon de Sophie Labelle (je conseille d'aller la lire avant de continuer). Je souhaitais en effet développer le sujet, qui me paraît intéressant. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui s’approprie une identité trans ou non-binaire sans l’être mais l’existence de cette planche soulève la question. Est-ce que, par choix politique, dans une volonté de déconstruire le concept du genre et l’oppression binaire, on peut s’identifier au terme agenre, neutrois, ou un autre terme NB/trans ? La réponse est évidemment NON. Mais tachons de développer un peu. Je vais continuer sur l’exemple d’agenre, mais ce que je vais dire est valable aussi pour le reste des identités NB/trans, bien sûr.

     

    1.    Agenre est une réelle identité, au delà de sa portée politique

     

    On ne choisit pas son genre, premièrement. C’est une identité qui se construit sans que l’on ait un contrôle dessus. On ne peut pas dire du jour au lendemain, « tiens, je deviendrais bien agenre moi, où est la baguette magique du genre ? » Non, ça ne marche juste pas comme ça.  

    Agenre est une identité de genre, une vraie identité, que les gens ressentent dans leur cœur. Les gens choisissent cette étiquette car elle traduit un ressenti profond. Cette étiquette a certes une portée politique dans le cadre de la lutte pour la tolérance et l’égalité, mais c’est avant toute chose une identité !

    Donc, quelque soit l’identité trans ou non-binaire, si ce n’est pas ce que vous ressentez au fond de vous, n’utilisez pas cette étiquette.

     

    2.    Etre agenre, cela signifie souffrir des discriminations, du cissexisme, d’invisibilisation de son identité, de transphobie, voire de dysphorie de genre.

     

    On ne choisit pas d’être agenre pour être en contradiction avec le système de genre binaire, ou un.e défenseureuse de la cause trans/NB, et encore moins pour être un.e rebelle, un.e original.e. On s’en passerait bien de tous les problèmes qui viennent avec le fait de ne pas être cis dans cette société. Parce que c’est loin d’être facile tous les jours. Le cissexisme est partout, tout le temps, sans arrêt. Agenre (et les autres genres NB) est une identité invisible, inconnue. On peut même être confronté.es à des cas de transphobie, à de la violence. Et avec nos identités trans peut survenir de la dysphorie de genre, c’est une sorte de dépression du fait de ne pas pouvoir vivre dans son vrai genre. Le taux de suicide dans la communauté trans est particulièrement élevé. Il y a même des personnes trans qui se font assassiner. Alors, non, s’approprier nos identités alors que vous n’en vivez pas les difficultés, les épreuves, les discriminations quotidiennes, ça n’est pas correct pour nous.

     

    3.    Etre une femme ou un homme n’est pas le problème

     

    Les identités de genre femme et homme ne sont pas la source du problème. Ce sont des identités tout aussi valides que les autres et il n’y a aucun problème à s’identifier en tant que femme ou homme. La source du problème, c’est l’assignation forcée à la naissance, les entraves à l’auto-détermination, le non-accès au changement d’état civil libre et gratuit, le manque de reconnaissance, et j’en passe. Le problème c’est le cissexisme et la transphobie. Le problème c’est les mentalités. Pas les femmes et les hommes.

    Et j’ajoute que penser que être femme ou homme est le problème entraîne l’invalidation des femmes trans et hommes trans, comme le soulève si bien Stéphie dans la BD.

     

    4.    Nous ne voulons pas éradiquer le genre, nous voulons que nos genres soient reconnus.

     

    Quand je dis « nous » je ne peux pas parler pas au nom de toute la communauté trans, m’enfin... Nous sommes beaucoup à être attaché.es à nos identités, d'après les conversations que j'ai eu avec d'autres personnes trans/NB, et je le suis moi aussi. Nous ne voulons pas virer toute notion de genre, la pulvériser et l’envoyer dans le néant des oubliettes du vide intergalactique ; juste être libres de s’autodéterminer, être reconnu.es et accepté.es pour ce que nous sommes.

     

    Conclusion :

    Si vous ne ressentez pas tel genre, n’utilisez pas cette étiquette qui par conséquent ne vous appartient pas.

    Si vous voulez soutenir la cause trans et non-binaire, soyez plutôt un.e allié.e ! Et ça, ce serait vraiment chouette. J

    Je finirai par vous mettre le lien d'une autre planche de la BD : ici, qui conclut parfaitement cet article. ;)  

     

    Bonne journée/soirée

    UESG

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    5 commentaires
  • [Avertissement : transphobie, mégenrage]

     

     

    v Qu’est-ce que « mégenrer » ?

    v Pourquoi c’est violent de mégenrer une personne trans ?

    v Pourquoi c’est transphobe de mégenrer une personne trans volontairement ?

    v Pourquoi c’est violent de mégenrer une personne trans involontairement ?

    v Que faire si votre ami-e est mégenré-e ?

     

    v Qu’est-ce que « mégenrer » ?

     

    Mégenrer signifie littéralement « mal genrer ». On dit que l’on mégenre quelqu’un dans les cas suivants :

    -       lorsque l’on emploie les mauvais pronoms (exemple : il à la place de elle, lui à la place de elle, elle à la place de iel, etc.)

    -       lorsque l’on emploie les mauvais accords (exemple : heureuse à la place de heureux…)

    -       lorsque l’on emploie les mauvais titres de civilité (exemple : madame/mademoiselle à la place de monsieur, etc.)

    -       lorsque l’on emploie toute sorte de mots genrés inadéquats : fille/femme, garçon/homme, frère, sœur, fille, fils, mari…

    -       lorsque l’on groupe une personne avec des personnes qui ne sont pas de son genre ; je m’explique : si par exemple on dit « vous les filles » alors qu’il y a une personne non-binaire dans le lot, la personne non-binaire vient de se faire violemment mégenrer en étant groupé-e avec les filles alors qu’iel n’est pas une fille. 

    -       Peut parfois impliquer le fait d’employer le prénom de naissance (on peut aussi appeler ça « deadnamer » ou employer le morinom)

     

    Dans la pratique, n’importe qui peut être mégenré-e, que ce soit une personne cis ou trans. Il m’est arrivé de dire « les filles » par inadvertance en oubliant qu’il y avait un mec cis dans le lot, par exemple (je me suis excusé). Seulement, mégenrer une personne cis ou une personne trans n’a pas du tout les mêmes implications.

     

    v Pourquoi c’est violent de mégenrer une personne trans ?

     

    Mégenrer une personne cis peut être désagréable pour cette personne, elle pourra être vexée, offusquée, énervée, etc. On ne nie pas cela.

    La différence se situe dans le fait que les personnes trans ont été mégenrées en permanence depuis leur naissance, parfois pendant 15, 20, 40 ans ou plus avant de pouvoir commencer à changer la façon dont les gens parlent d’elle. Les personnes trans ont dû vivre à temps plein dans un genre qui n’est pas le leur. Le fait d’être mégenrées les renvoie à un genre qui leur a été assigné à la naissance qui ne leur correspond pas ; elles doivent se battre tous les jours pour que leur genre soit respecté.

    La personne cis qui se fait mégenrer n’est pas renvoyée à un genre auquel elle a été assignée, à un genre dans lequel elle a dû vivre pendant des années et qui n’est pas le sien.

     

    Mégenrer une personne trans c’est donc violent. Cela peut avoir des conséquences néfastes comme déclencher des crises d’angoisses, de la dysphorie, etc.    

     

    v Pourquoi c’est transphobe de mégenrer une personne trans volontairement ?

     

    Mégenrer une personne trans volontairement est d’autant plus violent que c’est très transphobe. En effet, vous décidez de ne pas respecter le genre de cette personne de manière consciente et assumée. Vous savez que vous lui faites du mal mais vous vous en carrez.

     

    Si vous appelez une personne non-binaire « madame » et qu’elle vous dit qu’il ne faut pas employer ce terme et que vous lui répondez « oh mais t’as pas d’humour… madame » c’est super violent. Y’a pas d’humour là-dedans, c’est juste oppressif et transphobe. Vous avez continué à blesser cette personne de manière volontaire et en plus vous trouvez ça drôle. C’est carrément indécent. L’argument de l’humour sert juste à vous déresponsabiliser de votre acte. Vous n’en comprenez peut-être pas toutes les implications mais quand une personne trans vous dit de ne pas utiliser tel terme, il n’y a pas à discuter.  

     

    v Pourquoi c’est violent de mégenrer une personne trans involontairement ?

     

    Souvent, une personne trans est mégenrée par son entourage par inadvertance. En effet, changer sa façon de parler est un processus qui peut prendre un peu de temps car c’est une question d’habitude. Mais cela ne vous dispense pas de faire de véritables efforts pour essayer. Dire « c’est trop dur, je vais pas y arriver » est une façon de vous déresponsabiliser et de ne pas vraiment essayer. Nous savons que notre entourage est amené à nous mégenrer par manque d’habitude sans mauvaises intentions et nous ne vous en voulons pas pour ça. Ce qui nous fâche, c’est si vous n’essayez pas vraiment.  

     

    Si vous vous trompez, il y a deux étapes à suivre :

    1.           Excusez-vous rapidement (pas la peine de nous faire une tirade) : un simple « pardon » est amplement suffisant.

    2.           Corrigez-vous : reprenez votre phrase en la tournant bien

     

    Exemple : Parlant d’une personne non-binaire dont le pronom est iel.

    Vous : « Elle aime le gâteau au chocolat. »

    Iel : « C’est iel. »

    Vous : « Pardon. Iel aime le gâteau au chocolat. »

     

    Easy n'est-ce pas ?

     

    Ce qu’il ne faut pas faire si vous vous trompez :

    -       Vous offusquer d’être corrigé-e-s

    -       Vous offusquer qu’on vous demande de vous excuser

    -       Vous défendre en disant que c’est vraiment trop dur… alors que ce qui est vraiment trop dur c’est se faire mégenrer

    -       Commencer à argumenter de quelque forme que ce soit

     

    Sachez que même si vous nous mégenrez involontairement, l’impact est présent. L’équation est simple : un mégenrage = une micro-agression.

    Imaginons deux secondes que nous sommes à un repas de famille ou entre ami-e-s. Bidule mégenre Truc une première fois. Voilà ce qu’il va se passer : Truc sait que ce n’est pas volontaire alors iel encaisse la micro-agression, puise dans son énergie et corrige Bidule. Personne ne se rend compte que la crise d’angoisse est proche car ça commence par une petite micro-agression. Ca arrive une deuxième fois. Puis une troisième fois. Et une petite micro-agression + une petite micro-agression + une petite micro-agression ça fait ? - Trois petites micro-agressions. - Non ! La dysphorie. (Référence au Visiteur du futur). Bref, ça y est, la crise d’angoisse est déclenchée.

    Ce qu’il faut en retenir c’est que mégenrer même non-volontairement a un impact néfaste sur la personne trans. Au bout de la quatrième fois que vous me mégenrez en une heure et que je puise dans mes forces pour vous corriger, les bonnes intentions ne comptent plus tellement car l’impact est bien présent. Et le fait est que je me sens très mal.

     

    v Que faire si votre ami-e est mégenré-e ?

     

    Si vous êtes une personne cis et que votre ami-e (copin-e, froeur, …) se fait mégenrer, premièrement, montrez l’exemple. Cela rappellera aux autres comment il faut parler de votre ami-e désormais et leur montrera également que c’est possible d’y arriver puisque vous-même y parvenez.

    Il peut également être très soulageant pour iel que vous corrigiez les gens à sa place. Cependant, il faut qu’iel ait donné son accord au préalable ! Vous pouvez aller lae trouver et lui demander « est-ce que ça te soulagerait que je corrige les gens à ta place lorsqu’ils te mégenrent ? » par exemple.

     

    Conclusion :

    -       mégenrer une personne trans est violent et peut déclencher des crises d’angoisses

    -       on vous demande de faire des véritables efforts pour ne pas vous tromper

    -       n’argumentez pas si vous vous êtes trompé-e-s, excusez-vous et corrigez-vous tout simplement

     

    Et souvenez vous :

    Employer iel n’est pas si difficile. Faites des efforts au début et ça deviendra rapidement naturel.

    Mégenrer est violent

    Vous pouvez aussi consulter ces planches de BD : iciici, ici, ici.

    UESG

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  • Bonjour/bonsoir !

    Mégenrer une personne trans est violent (cf. cet article). Voici donc quelques règles de base pour réussir à bien genrer une personne trans. C’est également valable pour le prénom.

     

    1.    1. Parlez de la personne en utilisant son vrai genre

     

    Une règle très très simple et même logique qu’il vous sera très facile d’appliquer est : il faut parler d’une personne trans en utilisant son vrai genre, pas celui qui lui a été assigné. Ainsi, si une personne est assignée femme à la naissance et que son genre est homme, il faudra se référer à lui comme à un homme. Un homme trans est un homme. Une femme trans est une femme. Une personne trans non-binaire est non-binaire. Easy n’est-ce pas ?

     

    2.   2. Bien genrer quelqu’un n’est pas optionnel

     

    Vous n’avez pas le droit de donner une opinion sur la façon dont quelqu’un souhaite être genré. De même vous n’avez pas de droits spéciaux qui vous autorisent à déroger à la règle (sauf si la personne concernée vous l'a dit explicitement). Vous devez faire des efforts, comme les autres, pour bien genrer la personne. Vous devez aussi penser à parler correctement de la personne à l’écrit comme à l’oral.

     

    3.    3. Utilisez le bon genre même en l’absence de la personne

     

    Ca me paraît plutôt évident. Personne ne change subitement les pronoms d’une personne cis lorsqu’elle a le dos tourné donc pourquoi le ferait-on avec une personne trans ? C’est une marque d’irrespect que de mégenrer une personne trans en son absence.

     

    4.    4. Utilisez le bon genre même quand vous parlez au passé

     

    Il n’est pas plus acceptable de mégenrer une personne lorsque vous parlez d’elle au passé (avant son coming-out).

    Une personne trans ne change pas de genre suite à son coming-out. Elle était déjà son genre avant.

     

    5.    5. Utilisez le bon genre même quand vous pensez à la personne

     

    Oui, même quand vous pensez à cette personne, vous devez bien la genrer. Il n’y aura pas de "police du mégenrage" pour vous corriger si vous vous trompez (si ce n’est vous-même) mais c’est une marque de respect que de s’efforcer à bien genrer la personne même sans sa tête. De plus, cela est un très bon exercice pour vous habituer aux nouveaux pronoms/accords/prénom.  

     

    Bref, utilisez le bon genre en toutes circonstances !

    (sauf exception : cf. point 6)

     

    6.    6. N’outez pas quelqu’un : ceci est une règle d’or !

     

    Ce point-ci est un peu plus compliqué. En effet, il se peut qu’une personne utilise des pronoms différents selon les personnes avec qui elle communique car elle n’est peut-être pas out pour tout le monde (par exemple, je ne suis pas out auprès de ma famille et j’y utilise encore le féminin bien que ça me fasse crisser les oreilles). Demandez-lui dans quels cas vous devez utiliser d’autres pronoms. Ce jonglage peut être assez compliqué mais vous règlerez les détails avec la personne concernée. Chacun fonctionne différemment et je ne peux aller plus dans les détails sur ce point-ci.

     

    J'espère que ce petit guide vous aura aidé à y voir clair !

    Bonne journée/soirée,

    UESG

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    [Avertissement : transphobie]

     

    Chères personnes cis,

     

    bien genrer une personne trans peut demander des efforts car il faut changer ses habitudes langagières et son schéma de pensée cisnormatif. Mais c’est un effort nécessaire que vous devez fournir pour participer au bien être d’une autre personne et respecter son identité.

    Nous savons que vous serez amené-e-s à faire des erreurs. Mais il est primordial de fournir un véritable effort. Il en va même de votre responsabilité de créer un environnement safe et trans-friendly. Car, oui, la transphobie tue. Je souhaite souligner que la transphobie n’a pas toujours la forme qu’on pense : elle peut passer inaperçu à vos yeux ou n’être qu’une « « blague » » toxique mais tout cela participe au maintien des idées nocives qui causent l’exclusion des personnes trans et la violence à leur encontre.

    De plus, j’insiste de nouveau sur le fait que mégenrer, c’est violent. Si vous vous trompez, la meilleure réaction à avoir est la suivante : s’excuser rapidement et se corriger. Exemple : « Elle… pardon : iel veut du pain. »

    Les réactions à ne pas avoir en revanche sont les suivantes :

     

    1.    1. Essayer de nous faire croire qu’on a mal entendu

     

    Ca peut arriver de mal entendre mais c’est plutôt le contraire : en tant que personnes trans qui sommes très souvent mégenrées, je crois qu’on est obligé-e-s de faire plus attention que les autres à la manière dont les mots sont accordés/employés. Nous n’avons pas le privilège de ne pas avoir besoin d’y prêter attention. A force j’ai une sorte de super-radar à mégenrage. Alors faudrait pas nous prendre pour des billes non plus. Admettre son erreur, dire pardon et se corriger est une bien meilleure solution que de fuir sa responsabilité.

     

    2.    2. S’inventer des excuses fumeuses

     

    Si vous avez mégenré quelqu’un, c’est juste un fait. Inventer des excuses n’est vraiment pas la bonne solution, c’est encore une fois un moyen de fuir sa responsabilité. Vous vous enfoncez si je puis dire.

    Encore une fois, si vous vous corrigez avec un rapide « pardon/désolé-e », on en fera pas une affaire d’Etat. Nous savons que changer ses habitudes langagières peut prendre du temps, surtout si vous êtes proches de la personne.

     

    3.    3. « C’est trop dur pour moi. »

     

    Les moyens de fuir ses responsabilités semblent infinis lorsqu’il s’agit de mégenrage… Ceci n’est qu’une excuse de plus pour ne pas vraiment essayer. En plus, la phrase tend à renverser le rapport de force et la personne qui mégenre se met en position de victime, parce que c’est « trop dur pour elle ». Oui, ça peut demander des efforts pour changer ses habitudes, c’est vrai. Mais ce qui est vraiment dur, c’est d’être mégenré-e.

     

    1.    4. « Tu es trop sensible. » / « Prend sur toi. » / « N’en fais pas tout un plat. »

            

             Cf. l'article : mégenrer c'est violent. Et il est encore plus violent de minimiser la peine d'une personne qui se fait mégenrer.

    cf

    4.    5. « Tu ne peux pas m’obliger. »

     

    C’est sûr que je ne peux obliger personne à me respecter, par contre je peux virer les gens toxiques de ma vie ! Je ne peux pas me permettre de garder dans ma vie des personnes dont les propos sont violents à mon encontre et me déclenchent des crises de panique.

     

    5.    6. Avoir l’air offensé d’être corrigé-e

     

    Je crois qu’à ce stade, je devrais citer la BD Assignée Garçon qui nous dit : « Quand le privilège est une habitude, l’égalité ressemble à de l’oppression. » (cf. ici pour voir la planche).

    Quand le privilège est une habitude, cela signifie que :

    -       - votre genre est reconnu par la société, évident pour tout le monde, jamais remis en question

    -       - les autres personnes respectent vos pronoms et nom d’usages car cela leur paraît naturel

    -       - la façon dont vous genrez les autres va de soi car vous vous appuyez sur un schéma cisnormatif

    -      - le fonctionnement cisnormatif de la société n’est jamais, ou très peu, remis en question dans votre vie quotidienne (puisque la majorité des personnes est cis)

     

    Bref lorsque le privilège est une habitude, on a l’impression que le monde tourne autour de soi. Changer son mode de fonctionnement cisnormatif pour respecter l’identité d’une personne trans c’est sortir de votre zone de confort privilégié.

    Alors, si vous vous sentez offensé-e-s d’être corrigé-e-s, c’est que vous n’êtes pas encore assez déconstruit-e-s : vérifiez vos privilèges, prenez en conscience.

     

    6.    7. Avoir l’air exaspéré d’être corrigé-e

     

    Les mêmes remarques que pour le point 6. s’appliquent ici. A cela je rajouterai qu’avoir l’air exaspéré-e transmet à la personne que vous venez de mégenrer le message suivant : « tu es un poids pour moi ». Les personnes trans doivent déjà fournir des efforts phénoménaux en permanence pour s’adapter à un monde cisnormatif. Lorsque nous vous demandons de faire l’effort de bien nous genrer et que vous êtes exaspéré-e-s de devoir vous adapter un peu à nous et pas l’inverse, c’est incroyablement violent comme réaction. Le groupe privilégié a les moyens de se rendre plus inclusif ; au lieu de ça, il demande au groupe opprimé de se conformer aux standards dominants.

     

    7.    8. « T’as pas d’humour ! »

     

    C’est l’argument ultime : c’est la phrase type qui permet de se déresponsabiliser de tout. En effet, quelque soit la réaction de la personne trans, la personne qui dit « t’as pas d’humour » aura toujours l’air d’avoir raison :

    -       - soit la personne trans approuve (en silence ou verbalement car cela peut être vraiment épuisant de se battre contre des moulins à vent)

    -       - soit la personne trans proteste et ce sera donc la preuve qu’elle n’a pas d’humour puisqu’elle est fâchée (logique non ? # sarcasme)

     

    « On peut rire de tout. » : non, on ne peut pas rire de tout. Si cela blesse quelqu’un, on ne peut pas en rire. Sachez que ce type d’humour n’est qu'une forme d’oppression de plus.

     

    Je ne pourrais jamais insister assez sur le fait que mégenrer, c’est violent. A présent, vous pouvez aller lire l'article qui vous donnera quelques conseils pour réussir à bien genrer une personne trans.

    Sur ce, j’espère que cela aura éclaircit certains points.  

    - UESG

     

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