• Les erreurs d'utilisation du terme non-binaire

     

    La non-binarité est encore un mystère pour pas mal de monde, y compris des hommes et des femmes trans, et je vois beaucoup d'erreurs quant à l'utilisation du terme non-binaire. Les erreurs que j’ai le plus souvent vues sont le fait d’inclure dans la non-binarité :

    -       Les personnes cis dont l'expression de genre n'est pas conforme aux attentes liées à leur genre : par exemple un homme cis donc l’expression de genre est féminine ou une femme cis dont l’expression de genre est masculine.

    -       Les hommes trans et femmes trans dont l'expression de genre n'est pas conforme aux attentes liées à leur genre : par exemple, une femme trans dont l’expression de genre est masculine ou un homme trans dont l’expression de genre est féminine.

    -       Les hommes trans et femmes trans qui ne transitionnel pas : par exemple, un homme trans avec une vulve et une femme trans avec un pénis (edit) sont parfois étiqueté-e-s par d'autres comme non-binaires. (Clarification : la transition ne se limite pas aux opérations génitales bien sûr, ma position sur le sujet est assez claire dans le reste du blog mais cette formulation peut sembler un peu confuse).

    -       Toutes les personnes trans ; 

    -       Toutes les personnes intersexes. 

     

    Tout cela n'est pas correct par rapport à la signification de non-binaire.

    En effet, non-binaire à une définition précise. Ce terme a été définit comme le fait de n'être ni exclusivement homme ni exclusivement femme.

    Evidemment, une personne ni homme ni femme (agenre, neutre, maverique, etc.) est non-binaire. Une personne dont le genre comprend femme/homme mais pas exclusivement est aussi non-binaire. Exclusivement signifie « complètement, uniquement et tout le temps ». Si je fais un dessin avec un cercle qui représente le genre homme, une personne qui est exclusivement un homme est tout le temps dans le cercle, complètement dans le cercle, et uniquement dans le cercle. Par souci de clarté, j’appellerait cela être « 100% homme » (resp. 100% femme). Au contraire, une personne qui n'est pas exclusivement un homme (et qui pourrait donc être qualifiée de non binaire) peut :

    -       être complètement dans le cercle mais aussi ailleurs, comme par exemple s'identifier à la fois homme et femme (bigenre).

    -       être complètement dans le cercle mais pas tout le temps, comme par exemple avoir une identité qui fluctue entre homme, neutre et femme (fluide)

    -       être partiellement dans le cercle et partiellement ailleurs. Par exemple être demi-garçon, c’est être partiellement homme et partiellement autre chose (neutre par exemple).

     

     Attention : dans le pdf, y'a une coquille, un moment il y a écrit homme et en fait c'est femme, désolé 8)

    ----

    Aparté sur l’expression « homme non-binaire » (resp. « femme non-binaire »).

     

    Cela peut signifier plusieurs choses.

    -       Généralement, c’est une alternative à demi-garçon (resp. demi-fille) et cela signifie être en partie garçon et en partie un genre non-binaire.

    -       Cela peut aussi vouloir dire être sur le spectre masculin (resp. sur le spectre féminin) du genre mais pas 100% homme (resp. pas 100% femme). « Homme non-binaire » peut donc être une alternative à « transmasculin » pour les personnes afab (resp. transféminine pour les personnes amab). – « Transmasculin » se réfère aux personnes afab, mais une personne amab peut aussi utiliser le terme « homme non-binaire ».

    -       Cela peut aussi vouloir dire être fluide ou avoir plusieurs genres mais que le genre principal est homme (resp. femme).

     

    Dans tous les cas, un homme non-binaire n’est pas 100% homme (resp. pas 100% femme).

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    Dans le cas de la non-binarité, on parle bien de genre, et non pas d'expression de genre (look, apparence, goûts) ni d'organes génitaux/chromosomes/hormones. Le terme non-binaire se réfère spécifiquement au genre et pas à l'expression de genre. C'est comme ça que ce mot est définit. Une personne non-binaire peut avoir n’importe quelle expression de genre et n’importe quels organes génitaux/chromosomes/hormones.

     

    Si vous dites que vous êtes non-binaire uniquement parce que vous ne vous conformez pas aux stéréotypes de genre alors que vous vous identifiez pleinement comme homme ou femme alors vous vous trompez dans l'utilisation  du terme non-binaire, car ce n'est pas ce que ça veut dire !  Effectivement, lorsqu’on n’est pas conforme aux attentes genrées, on est hors normes par rapport au système binaire cissexiste. Mais encore une fois, ce n'est pas ce que signifie le terme non-binaire qui vise spécifiquement l'identité de genre. Le terme que vous cherchez est plutôt « non conforme [dans l’expression de genre »  mais il existe aussi d’autres termes à votre disposition (voir liste).

     

    Une femme trans a beau ne pas être conforme au système binaire cissexiste, elle reste une femme (100%). Idem, un homme trans est un homme. Leur genre n'est pas non-binaire. Dire qu'iels sont non-binaires juste parce qu'iels sont trans, c'est nier leur identité de femme et d'homme (ou encore une fois, ne pas avoir compris ce que veut dire non-binaire). Si vous voulez dire « je suis un homme trans mais pas conforme aux stéréotypes » alors que vous vous identifiez 100% homme, ne dites pas « je suis un homme trans non-binaire » car ce n'est pas ça que ça veut dire. Ce que veut dire « je suis un homme trans non-binaire » c'est « je ne suis pas 100% un homme » comme expliqué dans l’aparté ci-dessus. (Evidemment, il peut y avoir des maladresses de formulation, ou des personnes en questionnement, mais ce n'est pas ce dont je parle ici. Je parle bien du fait de ne pas comprendre/connaître la définition de non-binaire et donc d'utiliser le mot pour dire autre chose).

     

    Conclusion :

     

    Reprenons depuis le début. Qui n’est pas non-binaire et quel terme devrait-on utiliser à la place ?

    -       Les personnes cis dont l'expression de genre n'est pas conforme aux attentes liées à leur genre : le terme adéquat aurait été « personne cis non-conforme [dans l’expression de genre] ». On peut aussi utiliser le terme de « travesti » parfois qui signifie se vêtir avec les habits traditionnellement attribué à l’autre genre binaire.

    -       Les hommes trans et femmes trans dont l'expression de genre n'est pas conforme aux attentes liées à leur genre : on peut alors parler de « personne trans non-conforme [dans l’expression de genre] ».

    -       Les hommes trans et femmes trans qui ne transitionnent pas : un homme trans est un homme et une femme trans est une femme et ce indépendamment de leur physique.

    -      Toutes les personnes trans : s’il est vrai qu’elles sortent de la norme du système binaire cissexiste rien qu’en étant trans, ce n’est pas ce que signifie non-binaire comme on l’a vu tout au long de cet article. Ainsi, le terme non-binaire ne s’applique qu’à certaines personnes trans. D’autres personnes trans sont des hommes ou des femmes.

    -       Les personnes intersexes : elles sortent du système binaire de sexe mais le terme non-binaire se réfère au genre et pas au corps. Les personnes intersexes peuvent être des femmes, des hommes, ou non-binaires. Notez qu'il existe également des identités de genre spécifiques au fait d'être intersexe et certaines personnes identifient spécifiquement leur genre comme étant intersexe (amalgagenre), que l'on peut inclure ou pas dans le parapluie des identités non-binaires selon ce que la personne préfère.

     

    ---

    Notez également qu'on s'est placé dans un cadre occidental depuis le début de l'article pour définir le terme non-binaire.

    Cependant, les notions de femme et d'homme sont culturelles et peuvent changer selon les cultures et il peut aussi y avoir des genres autre que homme et femme spécifiques de certaines cultures. On peut aussi avoir un genre en lien avec le fait d'être racisé-e. Vous pouvez consulter des genres en dehors de la binarité occidentale ici.

    ---

     

    Il est donc offensant pour tout le monde de se réapproprier le terme non-binaire en en faisant mauvaise utilisation :

    -    C’est offensant d’abord pour les personnes non-binaires dont vous réduisez le genre à une expression de genre ou aux organes génitaux comme si les genres non-binaires n’existaient pas en soi, n’avaient pas de réalité propre en dehors de ça ;

    -      C’est offensant pour les femmes et hommes trans car en les étiquetant non-binaires vous dites qu'iels ne sont pas vraiment des femmes et des hommes.

    -       C’est offensant pour les personnes intersexes car en les étiquetant non-binaires vous leur refusez l'identification homme/femme si c’est leur genre.

    -     C’est offensant pour les personnes cis non conformes dans l’expression de genre car en les étiquetant non-binaires vous dites que ce ne sont pas vraiment des femmes et des hommes.

     

    Bref, étiqueter une personne non-binaire en se basant sur l’expression de genre ou sur le corps cela signifie d’une part que vous oblitérez une fois de plus la réalité des genres non-binaires en tant que tels. Cela signifie d’autre part que vous niez l’auto-identification des individus et qu’« une femme/un homme qui sort des stéréotypes ou n’a pas le physique attendu ne peut pas vraiment être une femme/un homme ». Au final ça perpétue la binarité plus qu’autre chose.

     

    A retenir :

    -       La non-binarité n'est pas une question d'expression de genre ou d'organes génitaux. C'est un groupe d'identité de genre ni exclusivement homme ni exclusivement femme.

    Être non binaire c'est différent de ne pas être conforme aux attentes du système binaire cissexiste en matière d'expression de genre ou d'organes génitaux.

     

    -       La non-binarité ne comprend pas toute forme de transidentité. La non binarité n'est qu'une forme de transidentité parmi d’autres.  

    Ainsi, il existe aussi les hommes trans et les femmes trans qui sont respectivement des hommes et des femmes.

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  • Commentaires

    1
    Kris
    Lundi 30 Janvier à 14:43

    Excellent article ! Merci UESG (je peux t'appeler "Unique" ?)

     

    Juste 2 trucs :

     

    >>> "Les erreurs que j’ai le plus souvent vues sont le fait d’inclure dans la non-binarité :

     

    (...)

     

    -       Toutes les personnes trans ; 

     

    -       Les personnes intersexes. "

     

    à l'instar de trans ce serait plutôt "toutes les personnes intersexes". Puisqu'on peut être intersexe et non-binaire. Il y a proportionnellement bien + de non-binarité parmi les personnes intersexes que diadiques. Il ne faut pas confondre les notions d'intersexuation et de non-binarité. Mais elles ne s'excluent pas non plus. Toutes les personnes intersexes ne sont pas non-binaires, mais certaines (et + qu'ailleurs) le sont.

     

    >>> Dans le pdf : "Une personne dont le genre est exclusivement femme - i.e. un homme." LOL

     

      • Lundi 30 Janvier à 17:14

        Ouuups grosse coquille dans le pdf en effet x) J'espère que tout le monde aura compris :p Je corrigerai ça.

        Oui je sous-entendais toutes les personnes intersexes bien sûr, je vais rajouter ça pour clarifier. :)

        "je peux t'appeler "Unique" ?" comme tu veux 8)

    2
    pikou
    Mercredi 1er Février à 13:38

    coucou, je m'interroge quand même sur un truc !
    au final, qu'est-ce que c'est, l'identité de genre ? est-ce que tu pourrais en donner une définition ?

      • Mercredi 1er Février à 15:11
      • pikou
        Mercredi 1er Février à 17:01

        pas vraiment, enfin plutôt ça me semble un peu entrer en contradiction avec ce que tu dis dans cet article ici.
        par exemple, si le genre est purement une construction sociale, comment est-ce que tu arrives à faire la distinction entre une personne non-conforme de genre et une personne non-binaire ? dans les deux cas il y a une non-correspondance au modèle imposé, non ?

      • Mercredi 1er Février à 20:29

        Une personne non-conforme peut aussi être non-binaire, ça dépend de quelle façon tu prends la définition (cf : http://uniqueensongenre.eklablog.fr/genderqueer-non-conforme-dans-le-genre-et-autres-termes-a127077292)

        Sinon c'est l'auto-définition qui distingue les deux, comment la personne s'identifie. On ne peut savoir le genre d'autrui sans sa propre auto-définition de toute façon.

        Dans les deux cas, il y a effectivement une non conformité au modèle imposé, mais dans un cas il peut uniquement s'agir de l'expression de genre et pas comment la personne identifie son genre.

        Exemple : une femme qui a une expression de genre masculine mais s'identifie comme une femme / se reconnaît comme une femme / décrit son genre comme étant femme / etc. n'est *pas* non-binaire. Inversement, une personne peut être afab, avoir une expression de genre typiquement associée aux femmes mais ne pas s'identifier comme une femme / ne pas se reconnaître dans ce groupe / ne décrit pas son genre comme étant celui d'une femme (bref, n'est pas une femme, mais parfois une autre formulation aide à comprendre.)

    3
    ouin
    Mercredi 1er Février à 15:02

    cryarferf

      • Mercredi 1er Février à 15:11

        ?

    4
    Echalotte
    Mercredi 1er Février à 17:48

    " Les hommes trans et femmes trans qui ne transitionnent pas : par exemple, un homme trans avec une vulve et une femme trans avec un pénis."

    Estimes tu que la transition pour les femmes et les hommes trans passe uniquement par la chirurgie génitale ? Cette citation a de quoi faire jaser.

      • Mercredi 1er Février à 20:23

        Sinon c'est bien de lire la phrase en entier : *par exemple*.

        J'ai mis cet exemple parce que c'est ce que j'ai entendu plein de fois "une femme avec un pénis est non-binaire" : non.

        Je ne considère pas que la transition passe forcément et uniquement par la chirurgie génitale, mes positions sur le sujet sont assez claires (en tout cas dans le reste du blog). 

      • Echalotte
        Jeudi 2 Février à 01:21

        C'est vrai qu'on rencontre parfois l'affirmation "une femme avec un pénis est non-binaire".

        En revanche c'est toi qui affirme ici qu'une femme avec un pénis n'a pas transitionné. C'est une affirmation qui me semble inédite. Certaines personnes trans estiment parfois que la chirurgie génitale est nécessaire pour terminer la transition. Beaucoup de personnes cis fantasment sur la transition et la chirurgie mais ces personnes ignorent le mot "non-binaire".

    5
    Paradox
    Jeudi 2 Février à 09:07

    Oui ben c'est transmédicaliste... C'est bien la peine de traiter les trans qui parlent de la nécessité d'une transition (qu'elle soit sociale, physique...) pour se dire trans de tous les noms, de truscums, de transmédicalistes... Si on limite la transition aux opérations...

    C'était bien la peine d'aller basher des trans, de les bullys et de l'exclure de différents groupes militants sur Facebook et ailleurs...

      • Jeudi 2 Février à 09:50

        Pas compris : exclure qui ? Qui a bully qui ? x)

    6
    Jeudi 2 Février à 09:44

    Lol, faut se calmer, j'ai jamais pensé ni dit que la transition se limitait à ça et si vous suiviez mon blog vous sauriez mes positions à ce sujet ! Peut-être que la formulation n'était pas claire, c'est une autre histoire, mais pas la peine de me traiter de truscum, c'est loin d'être le cas x)

      • Echalotte
        Jeudi 2 Février à 14:16

        Houla ça part en sucette cette histoire !

        Paradox ne t'accuse pas d'être truscum, iel t'accuse de faire partie d'une frange de la population NB qui a parfois montré (sur des groupes FB ou ailleurs) une réticence face à la nécessité pour certain-es de la transition physique, et également de faire partie des personnes NB qui rejettent les trans matérialistes en les insultant de truscum. Deux groupes de personnes NB dont je ne sais pas s'il sont confondus, mais c'est peut-être ce qu'estime Paradox, ainsi que d'autres personnes trans, qui en raison des deux phénomènes que je viens de citer ont pu devenir très méfiantes à l'égard de personnes non-binaires en général.

        Pour ma part je maintiens que formulé ainsi : "les hommes trans qui ne transitionnent pas : par exemple, les hommes trans avec une vulve", tu impliques (involontairement je n'en doute pas) que la transition nécessite une opération génitale.


        Nous conviendrons que c'est une opinion transmédicaliste, or les trans matérialistes se font sans cesse injustement qualifier de transmédicalistes en définissant la transidentité par la transition, alors même que leur conception de la transition n'implique pas nécessairement d'actes médicaux (changer de pronoms peut caractériser une transition par exemple).


        Te voir tenir (involontairement) des propos transmédicalistes est donc une ironie assez forte pour expliquer l'énervement de Paradox.
        (Cela s'explique aussi par l'amertume que provoque chez les trans matérialistes la popularité de ton blog, estimant que tu racontes n'importe quoi et que cela nuis aux luttes trans)

        J'espère que j'ai été assez claire dans cette difficile explication.

      • Jeudi 2 Février à 16:18

        "une réticence face à la nécessité pour certain-es de la transition physique" Non, je n'ai jamais tenu cette position personnellement. Chacun-e fait ce qu'iel veut de son corps.

        "c'est une opinion transmédicaliste" Non, je me suis juste mal exprimé et ce n'était pas ce que j'avais en tête. Me signaler cela de cette façon aurait été suffisant car au vu du reste de mon blog il est ultra clair que je ne pense pas que la transition se résume aux opérations génitales. ^^

        " les trans matérialistes se font sans cesse injustement qualifier de transmédicalistes en définissant la transidentité par la transition, alors même que leur conception de la transition n'implique pas nécessairement d'actes médicaux" j'ai suffisamment expliqué pourquoi je pense que c'est du gatekeeping que de vouloir absolument utiliser la transition pour définir la transidentité donc je ne vais pas encore le refaire. Par ailleurs, ce n'est pas le seul argument de ce groupe de personnes qui, je pense, est problématique... 

        Encore une fois, désolé pour les maladresses de formulations qui peuvent avoir eu lieu lors de cet article, quand j'aurais le temps je repasserai probablement pour corriger de façon plus correcte/claire certaines phrases. :)

         

         

    7
    oxy
    Mardi 4 Avril à 07:44

    Moi,je suis non binaire et je veux une transition hormonale

    8
    Garcin
    Samedi 2 Septembre à 08:30

    Je viens un peu sur le tard dans la discussion émettre cette remarque, dont j'espère que vous ne vous formaliserez pas.

    Comment s'y retrouver dans cette nébuleuse qui, au fond, est affaire d'initiéEs ? A quoi bon établir des catégories, sous-catégories, arborescences ? En quoi cela peut-il améliorer la vie quotidienne des intéresséEs ? Et fournir à tous(tes) les autres, entourage, celles et ceux qui se sentent concernéEs, alliéEs, etc... des repères fiables ? 

    Je suis un gars de la vieille génération (on appelle ça un senior, en novlangue) à qui sa "part féminine affirmée" a valu et vaut de connaître des difficultés dans ses rapports aux autres, en particulier aux femmes (je suis hétérosexuel). Définir ce qu'est cette part féminine serait subjectif, reviendrait à prétendre définir aussi subjectivement ce qu'est la féminité -il faudrait s'entendre sur quel plan-, ce qui renverrait à prétendre définir toujours aussi subjectivement le masculin, établir par là un comparatif et... allègrement tourner en rond dans un maelstrom de mots.

    Cette nébuleuse, elle ne m'aide pas à me repérer. Encore moins à me définir dans ce que j'ai toujours ressenti être au fond de moi, dans ma véracité, avec quoi je suis bien forcé de composer, non par démission mais pour des questions de génération et de contexte. Ressenti à quoi je ne juge pas nécessaire d'assigner une terminologie. Je suis qui je suis, je le vis mal, je le vis mieux, c'est selon les évènements que je traverse. C'est intérieur et c'est extérieur, ça ne saurait se résumer à des questions de pilosité et de textiles. Il y a un mal-être natif, dont l'épicentre se situe en haut de mes cuisses. En parler à quelqu'un, dans mon cas, n'a rien résolu. La plupart des femmes que j'ai connues, bisexuelles y compris, ont rejeté ce que certaines d'entre elles situaient comme une ambivalence. OK pour ambivalence. Me voilà étiqueté, et je suis seul avec ça... 

    Les mots, les définitions, ne font pas l'économie du vécu. Je suis heureux que les nouvelles générations posent, et se posent les questions de l'identité de genre au regard de l'orientation sexuelle. Mais je ne sais pas si prétendre catégoriser comme vous le faites dans cet article ce qui tient somme toute à des cas particuliers, je ne sais pas si l'emploi de ce jargon qui demain sera dépassé par un autre, puis encore par un autre, est de nature à pouvoir aider dans leur quotidien, l'expression de leur identité, leur épanouissement, celles et ceux qui en auraient besoin.

    9
    Pete
    Jeudi 5 Octobre à 20:41

    Salut salut 

    Je viens un peu sur le tard, mais j'ai quelques trucs à dire par rapport à cet article.. je pense bien évidemment que l'on ne peut pas étiqueter les un-e-s et que chacun-e- doit nommer ou pas  son identité de genre seul-e-.. Seulement j'ai un problème avec la façon dont est définie la non-binarité dans cet article et dans beaucoup d'autres articles d'ailleurs. À savoir que, on considère trop souvent la non-binarité comme une identité de genre. Mais en tant que personne s'identifiant non binaire, j'ai énormément de mal avec la notion de genre elle même et c'est d'ailleurs pour cela que je m'identifie non-binaire (en plus du fait que je ne me reconnais ni chez les "hommes", ni chez les "femmes", cis ou trans). Je comprends que beaucoup (la majorité) de gens se reconnaissent dans le système genré, mais je n'y crois pas. Évidemment cela est directement lié à mon expérience, à ma perception et il m'est difficile de l'expliquer et de le faire comprendre à d'autres.

    Je crois à la neutralité absolue et à la perméabilité entre toutes les identités, et je considère le genre comme une construction sociale qui tend à disparaître. En disant ça je ne dis pas qu'une personne trans n'a pas légitimité à transitionner. Je souligne qu'en réalité je me projette dans un système non genré où transitionner ne serait pas réellement une "transition" mais une "adaptation" ou un "mouvement" de l'identité (enfin un problème pour personne quoi, qui ne modifierai pas la perception qu'on a des autres qui serait en fait neutre). À savoir qu'il n'y a pas des hommes(trans ou cis), des femmes(trans ou cis) etc. mais des humains à mes yeux et que je crois que dans plusieurs décennies chacun-e- sera ce qu'iel est en dehors des considérations de genre.

    (En relisant je me rend compte que ma vision est très liée à une perception féministe et militante, c'est le cas)

    Je ne sais pas si je suis clair, désolé si je suis maladroit, je ne veux offenser personne et remettre en cause la légitimité de personne. Je ne demande qu'à être contredit. 

    Ps : j'ai énormément de mal à comprendre cette amertume entre les NB et les personnes trans, je veux dire je n'ai aucun pb avec aucune identité de genre (même si je ne reconnais pas ce système genré, je comprends que d'autres si sentent à l'aise) et je me suis déjà senti rejeté par des personnes trans.. Je pense que tout ceci est très pas beau, que la méchanceté c'est pas bien et que (soyons sérieux) entre LGBTIAQP+ on devrait se soutenir (je dis ça aussi pour les personnes NB qui apparemment ont eu des comportements déplacés)   

     

      • Jeudi 5 Octobre à 21:56

        Oui le genre est un construit social mais ça ne veut pas dire qu'il n'existe pas, le genre existe, car les construits sociaux existent. Ce n'est pas parce que toi tu ne le comprends pas ou que tu n'as pas de genre que les autres n'en n'ont pas, je pense que tu le sais. Non-binaire est bel et bien une identité de genre ni 100% homme ni 100% femme, ou l'absence d'identité de genre pour les personnes qui sont agenres (ou un autre terme similaire). Puisque du coup l'absence d'identité de genre ça rentre bien dans "ni 100% homme ni 100% femme" donc dans "non-binaire", techniquement la non-binarité est une identité de genre pour certains et une absence d'identité de genre pour d'autres. Après globalement j'en parle comme une identité de genre parce que on peut considérer que "agenre" ou "absence de genre" est une IDENTITE de genre (une identité qui se rapporte au genre), paradoxalement.

        Le genre est un système profond et vieux, cette notion ne disparaitra pas en une nuit ni même en un siècle. Ca n'a pas de sens de se dire qu'on va tout déconstruire paf! et puis c'est bon. Le genre existe et existera encore un moment, alors il faut qu'on fasse au mieux pour les personnes qui vivent dans ce monde. En soi, ce n'est pas tant avoir un genre le problème, mais la hiérarchie entre les genres et le cissexisme. 

        Je n'ai aucune amertume envers les personnes trans, je suis une personne trans. Ce sont les personnes trans enbypbobes qui me posent problème.

        Bon du coup je ne sais pas trop si je réponds bien à ton commentaire, je ne suis pas sûr de savoir où tu voulais en venir de base ^^ En fait, l'idée de l'article c'est surtout d'expliquer qu'être non-binaire n'est pas réductible à l'expression de genre (vêtements, maquillage, gout...) contrairement à ce que certaines personnes pensent - donc après la discussion sur la terminologie "identité de genre" n'est presque plus dans le sujet de cet article.

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