• Les expressions à éviter voire à bannir !

    Chèr.es allié.es (et les autres aussi d’ailleurs !),

    nous savons que tout ce vocabulaire est compliqué pour vous. Aussi, je vais essayer de vous faciliter un peu la tâche en listant ici les termes et expression à éviter, voire à bannir !

    Si tu penses que d’autres termes devraient être ajoutés à cette liste, laisse-moi un commentaire J

     

    1.    1.  "Transsexuel.le / transsexualisme / transsexualité"

     

    Pourquoi préférer transgenre (ou trans) à transsexuel-le et transidentité à transsexualisme ?

    -  Transsexuel n’est pas inclusif : comme son étymologie l’indique, ce terme se réfère littéralement à un « changement de sexe » (trans = « de l’autre côté » + sexuel). Or toutes les personnes trans ne prennent pas d'hormones ou ne font pas d'opération génitale. Donc employer le mot transsexuel pour désigner l’ensemble de la communauté trans oublie la diversité des parcours alors que le mot transgenre (ou trans tout simplement) est plus inclusif. De plus, cela perpétue la confusion que genre = parties génitales.

    -  C’est un terme largement médicalisé et pathologisant de par son histoire (le terme "transsexualisme" désignait une maladie mentale).  

    -  Le suffixe "sexuel" rappelle les orientations sexuelles (comme dans homosexuel par exemple) et entretient donc la confusion entre genre et orientation.

    -   C’est un terme qui met en avant la dimension corporelle et sexuelle de la transition physique avant l'identification des personnes ce qui peut être déshumanisant ou objectifiant.

     

    Si une personne trans s’identifie à ce mot, alors il n’y a pas de problème car elle a ses raisons et c’est son droit le plus strict que de s’y identifier, mais évitez de l’utiliser pour quelqu’un qui ne l’a pas explicitement utilisé pour parler d’iel même. De même, si vous parlez en général, préférez trans ou transgenre. Transgender a déjà largement été adopté dans le monde anglophone mais en France, je vois malheureusement encore trop d’articles et de documentaires utiliser « transsexuel-le ».

    Evitez aussi de séparer la communauté trans avec d'un côté les "personnes transgenres" (pour dire "non-opérées") et les "personnes transsexuelles" (pour dire "opérées") : en effet, on évite de classer les personnes selon leurs organes génitaux, c'est tout le contraire des revendications de la lutte contre la transphobie. Savoir ce qu'a une personne dans le pantalon ne sont les affaires de personne. 

     

    2.    2. "Femme biologique / homme biologique"

     

    Il n’y a rien de biologique dans le fait d’être un homme, une femme, ou n’importe quel autre genre puisque le genre est une construction identitaire !

    Si vous voulez parler de quelqu’un qui a été assigné femme à la naissance, utilisez l’acronyme AFAB ; si vous voulez parler de quelqu’un qui a été assigné homme à la naissance, utilisez l’acronyme AMAB. Si vous voulez parler de quelqu’un qui s’identifie au genre assigné à la naissance, utiliser le mot cisgenre ou cis (femme cis / homme cis).

     

    3.   3.  "Vraie femme / vrai homme"

     

    Toute personne qui s’identifie à une femme (resp. homme) est une vraie femme (resp. vrai homme) puisqu’être une femme (resp. homme) est une identité de genre et ce n’est pas lié au physique. « Vrai femme/homme » implique explicitement que les personnes cis ont un genre plus légitime que les personnes trans, ce qui est clairement faux et cissexiste.

     

    4.   4.  "Genre physique"

     

    Le genre n’a rien de physique puisque c’est un ressenti lié à une construction identitaire. Il ne faut pas confondre apparence physique, genre, et expression de genre.

     

    5.    5.  "Genre opposé"

     

    Puisqu’il existe une multitude de genres non-binaires sur le spectre des genres et en dehors de ce spectre, faire référence au genre opposé n’a aucun sens. Préférez nommer simplement le genre auquel vous faites référence ou bien utilisez une formulation différente du style « un autre genre / d’autres genres ».

    Cette expression entretien aussi l'idée que femmes et hommes sont fondamentalement opposé-e-s, ce qui n'est pas vraiment souhaitable.

     

    6.    6.  "C’est une femme née dans un corps d’homme / C’est un homme né dans un corps de femme"

     

    Les corps n’ont pas de genre. Encore une fois, ne confondez pas apparence physique et genre. Préférez la formulation suivante « C’est une femme qui a été assignée homme à la naissance » / « C’est un homme qui a été assigné femme à la naissance. »

     

    7.    7.  "Elle/il/iel est né.e/piégé.e dans le mauvais corps"

     

    Certaines personnes peuvent le ressentir comme ça, effectivement, mais aujourd’hui il y a beaucoup de personnes trans qui ne sont pas d’accord avec cette façon de voir les transidentités car elles ne le ressentent pas du tout de cette manière (y compris moi).

    Voici une planche de la BD Assignée garçon à ce propos.

    Dans cette vidéo Stef Sanjati dit « C’est mon corps de fille et quand j’aurai des seins, ce sera toujours mon corps de fille. Ce ne sera pas un corps différent. Je ne change pas de corps. Je ne suis pas piégée, je suis plus libre que je ne l’ai jamais été. » 

     

    8.   8.  "Iel est né.e femme/homme"

     

    Même raisons que pour la 6 et 7.

    L’expression correcte est : « Iel a été assigné.e femme/homme à la naissance ».

     

    9.   9.  "Elle/il transitionne pour devenir un homme/une femme"

     

    Non. Cette personne était déjà son genre avant la transition. On ne « devient » pas une femme ou un homme en transitionnant grâce à un coup de baguette magique, on l’était avant. Remplacer simplement cette phrase par : « iel transitionne ». Point.

     

    La confusion vient peut-être des acronymes FTM/MTF (female to male et male to female) qui semblent insinuer que l’on passe de femme à homme et de homme à femme. Cela veut juste dire qu’on a été assigné.es un certain genre à la naissance dans lequel les gens nous reconnaissaient et qu’on transitionne (ou allons transitionner) socialement et/ou physiquement afin de vivre dans notre vrai genre.

     

    Ce que vous cherchez peut-être aussi à dire, c’est que cette personne va changer d’état civil. Dites alors tout simplement qu’iel va changer d’état civil (appelons un chat un chat J )

     

    10.  "Changer de genre"

     

    A moins que vous fassiez spécifiquement référence à quelqu’un dont le genre est fluide ou quelqu’un dont le genre a évolué avec le temps, ceci n’a pas vraiment de sens. Par « changer de genre », vous faites sûrement référence à la transition, qui ne consiste pas à changer de genre, mais à être reconnu-e socialement dans son genre. On était son genre avant la transition. 

     

    11. "Il/elle veut devenir un homme/une femme"

      

    Cette phrase est problématique pour les mêmes raisons que les précédentes. On ne « veut » pas devenir un genre, on l’est déjà, avant une quelconque transition. On ne choisit pas son genre d'ailleurs. 

      

    12. "Asexué.e"

     

    Ne confondez pas asexué et asexuel.le.

    Asexué est un terme en biologie qui désigne une espèce dont la reproduction n’est pas sexuée (reproduction par parthénogénèse par exemple) alors qu’asexuel est une orientation sexuelle.

    Ne confondez pas non plus asexué et agenre (qui désigne une personne qui n’a pas de genre). 

     

    13.     "Homme de naissance"

     

    Remplacez par homme cisgenre (qui s'identifie au genre assigné à la naissance). Homme de naissance c'est un peu moyen comme expression. Ca semble sous entendre que l'un est plus légitime que l'autre, parce que "de naissance".

     

    En plus, l'identité de genre est une identité qui se construit (attention, sans avoir un quelconque contrôle dessus néanmoins) alors de naissance peut vite devenir très relatif.

     

    14.     "Mâle de naissance"

     

    Premièrement je dirais que parler des gens en termes de mâle/femelle ramène en fait les personnes trans à leur assignation ce qui est juste une manière déguisée d'être cissexiste. Deuxièmement, les catégories mâle/femelle sont aussi des construits sociaux (on reviendra dessus). 

     

    15.     "Sexe masculin / sexe féminin"

     

    Masculin et féminin renvoient à des genres, et pas à des caractéristiques sexuelles. Cette expression est donc cissexiste. Un vagin est un vagin, ça n’a rien de féminin.

     

    16.     "Identité sexuelle"

     

    à la place d’identité de genre. Maintient la confusion entre apparence physique, orientation sexuelle et genre.

     

    17.     "Cissexuel"

     

    à la place de cisgenre. Même raison que la 16.

     

    18.     "Transformation" / "métamorphose"

     

    On est pas des loups garous qui se transforment à la pleine lune, on transitionne pour vivre dans notre vrai genre. J'arrête pas d'entendre cette erreur, même de la part de psychiatres soi-disant spécialisés sur le sujet sur des plateaux télé...

    De même, on ne dit pas "métamorphose" (on est pas des cafards de Kafka xD).

    Le terme correct est : transition.

     

    19. "Changer de sexe"

     

    On parle de chirurgie de réassignation sexuelle plus exactement (ou on en parle pas parce qu'iel a dans le pantalon ne sont pas tes ognons !) Le terme changer de sexe est problématique car cela fait passer la chirurgie de réassignation sexuelle comme une étape ultime obligatoire. De plus, un homme trans a toujours eu un corps d'homme, juste qu'on lui avait assigné le mauvais genre à cause du cissexisme. Donc cette expression renforce la cisnormativité. C'est d'ailleurs souvent une expression employée pour faire du sensationnalisme autour la transition des personnes trans.

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 29 Février 2016 à 11:39

    Merci pour ce récapitulatif bien utile. Je me rends compte que même en étant sensibilisé-e à la question, il nous arrive de faire des bourdes. Or, les mots ont leur importance ;)

     

    Bonne continuation !

      • Lundi 29 Février 2016 à 20:23

        Merci à toi :) Bonne continuation !

    2
    Krissounette
    Mercredi 16 Mars 2016 à 17:14

    Transsexuel :Certes, transgenre de manière générique, et par défaut. Mais, on peut spécifiquement parler des transexes (ou transexué-es, mais on a pris l'habitude de dite transgenre, intersexe, etc. et non les terminaisons en ué-e. Gros avantage : -genre et -sexe sont épicène!). 1 TS est une personne (transgenre) qui change de sexuation ou le veut. Le problème, c'est que la définition de TS varie énormément selon les trans. Du moins, c'était le cas quand j'étais sur les forum trans il y a quelques années. À savoir que pour certains (dont moi) le simple projet de changer sa sexuation suffit à être TS. C'est à dire qu'on s'approprie un sexe différent de celui de naissance ou assigné à la naissance (là aussi variable, selon les interprétations des intersexes surtout, ici) ? Pour d'autres, 1 TS doit au moins prendre des hormones. Pour encore d'autres c'est la chirurgie génitale qui fait la transsexuation. Mais même pour la transsexuation : les mots encore trop habituels de transsexuel-le, transsexualité, sont à bannir. Parce que leur construction est ambiguë. Elle semble plus se rapporte à la sexualité qu'à la sexuation. Étymologiquement, un TS serait au-delà de la sexualité. Ce qui ne veut absolument rien dire. Insidieusement, ça fait passer l'idée que la TS c'est une sexualité, probablement une orientation. Donc ne pas généraliser la TS à tous TG. Mais, même si on veut parler spécifiquement de TS quand cela se justifie, il faut dire Transsexuation et transsexes.

    2. « Femme biologique / homme biologique » Autre façon d'expliquer le problème (ce n'est pas de moi, je l'ai vu plusieurs fois) : Les femmes ou hommes qui ne sont pas "biologiques", ils sont quoi ? Robotiques ?

    3.  « Vraie femme / vrai homme » D'autre part, l'idée de "vrai" comme de "pure" devrait susciter une forte méfiante. Ça pue l'idéologie de type fasciste.

    Sexe féminin / sexe masculin : Tu en parles sur une autre page, mais pas ici. Un sexe féminin, c'est une vulve ou un pénis avec une jupe ? Et avec une cravate si masculin ?

    Aussi hermaphrodite à la place d'intersexe (parfois aussi androgyne utilisé à tort pour les IS).

      • Jeudi 17 Mars 2016 à 22:35

        Je n'ai jamais vu le terme transexué-e/transexes utilisé récemment dans la communauté trans. Je n'aime pas tellement séparer ainsi les personnes ayant transitionné des autres, je trouve que ça renforce la cisnormativité.

    3
    Kris(sounette)
    Samedi 19 Mars 2016 à 18:46

    Comme je l'ai dit, ça fait quelques années (5, 6 ?) que je n'étais plus dans les forum et assos trans (ou LGBTI+). Donc peut-être qu'on n'y parle plus de TS. Et c'est probablement mieux comme ça. Surtout que selon certains être TS excluait d'être TG : l'un ou exclusif l'autre. Alors que d'après les définitions courantes les TS devraient faire partie de TG. ça faisait un peu sous-TS, voire "fraux", pour les TG. Donc vraiment, tant mieux si l'idée de TS n'est plus utilisée.

    4
    Ellena
    Dimanche 5 Juin 2016 à 20:17

    les orientations sexuels (comme homosexuel) se base sur le genre ou l'assignation à la naissance?

      • Lundi 6 Juin 2016 à 18:16

        Elles se basent sur le genre de la personne. Se baser sur l'assignation de naissance serait transphobe et puis ça n'aurait pas beaucoup de sens :)

    5
    Kris
    Mercredi 8 Juin 2016 à 15:15

    Sauf que "homosexeuel-le" n'est pas un orientation secxel, ni un attirance amoureux ou/et sexuel, c'est une rapport de genre. L'attirance ou "orientation" d'1 gay, c'est androphile, par exemple (comme pour le plupart des femmes). On est attirée par... orientée vers... idépendamment de san propre identité de genre.

     

      • Mercredi 8 Juin 2016 à 23:11

        Je vois bien où tu veux en venir mais ça se réfère quand même à une orientation sexuelle (être attiré-e sexuellement par les personnes du même genre). D'ailleurs toutes les orientations sexuelles ou presque sont définies dans un rapport de genre.

    6
    Kris
    Mercredi 8 Juin 2016 à 23:45

    Oui, certes, on peut appeler une rapport de genre "orientation". Mais la grosse problème c'est l'idée même de regarder cette rapport de genre. Les attirances dominants sont gynophile et androphile. Et s'en rendre compte change complètement les choses. Mais justement regarder plutôt la rapport de genre, c'est pour stigmatiser le minorité, ce qui sort du norme. Et puis je suis un personne non-binaire. comment pourrais-je être homo ou hétéro ? (bon je suis anamoureuse et pansexuel, ce qui cour-circuite le question, mais bon si j'étais androphile ou gynophile) : ça ne veut toute simplement rien dire de comparer san propre genre avec ciel pour qui on est attirée, si une ou/et l'autre est non-binaire.

    Regarder la rapport de genre, c'est prendre le question de façon complètement biaisé. Je ne dis pas que lesbien ou gay ne veulent rien dire. Un personne lesbien est un femme gynophile comme "attiré par des personnes de san propre genre". Par contre parler d'homosexualité (sans parler de la fait que sexualise le chose alors qu'on parle plus d'attirance amoureux que sexuel) ou d'hétérosexualité me semble un grave erreur, une truc complètement tordue, qu'on ne voit telle à cause de l'habitude.

      • Jeudi 9 Juin 2016 à 18:47

        Anamoureuse ? :) Alors là où conserver le rapport de genre dans la définition des orientations est extrêmement important c'est pour la lutte politique. Par exemple, un mec hétéro est gynéphile et aussi une meuf lesbienne sauf que la meuf lesbienne est opprimée pour ça alors que pas le mec hétéro et donc le mot lesbienne est important politiquement. Tu me suis ? :) Si tu supprimes les rapports de genre dans les orientations, ça fait un peu le même phénomène que les gens qui disent "mais on est toustes humain-e-s" et invisibilisent les opprimé-e-s :( Dans l'absolu tu as raison, mais politiquement il est important de conserver ces mots.

    7
    Kris
    Vendredi 10 Juin 2016 à 00:12

    Je suis bien d'accord que les mots lesbienne et gay sont importantes. Mais je ne vois pas l'intérêt de s'attacher à la rapport de genre, au contraire.

    Et puis non, je ne reconnais pas l'homophobie comme un discrimination commun aux LG(BP) et étranger aux autres aspect de la sexisme. le lesbophobie comme le gayphobie sont liés aux assignations genrés, notamment les rôles et stéréotypes sociales et familiales, donc inséparables de la reste de la sexisme. Et surtout pas plus liés entre iels qu'envers le transphobie ou le travphobie (particulièrement lié ce dernière au gayphobie mais beaucoup moins au lesbophobie).

    8
    Martin
    Mercredi 15 Février à 03:53

    Si dans un couple, deux personnes dotées de pénis sont d'un genre différent, par exemple homme et femme, ces personnes sont-elles gay ou hétéros ?

    9
    Martin
    Jeudi 16 Février à 17:18

    Donc le cliché du gay efféminé avec un homme viril est en fait hétéro ? Ironique ^^

      • Vendredi 17 Février à 09:27

        Les hétéro aiment bien appliquer un schéma hétéronormatif sur une relation gay ("qui fait la femme/l'homme?"), iels ont du mal à comprendre des relations sortant de ce cadre ^^

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