• Les polyamoureuxes font-iels partie de la communauté LGBTQIAP+/MOGAI ?

    On définit en général la polyamorie ou le polyamour comme étant la possibilité de relations non-exclusives éthiques et consensuelles i.e. relationner avec plusieurs personnes à la fois, c’est à dire que toustes les partenaires doivent être au courant et consentant-e-s. Tromper un-e partenaire n’est donc pas de la polyamorie car ça n’est pas éthique ni consensuel. Au contraire, le monoamour est un terme décrit une relation exclusive (relationner avec une seule personne à la fois).

     

    Le terme polyamorie est un terme parapluie rassemblant une multitude de relations différentes. Les relations concernées peuvent être sexuelles et/ou romantiques et/ou quasi-platoniques et/ou platoniques etc. On peut donc être asexuel-le, aromantique et polyamoureuxe. Il y a autant de formes de polyamour que de personnes polyamoureuses. Quelques exemples de polyamour :

     

    -       Les relations polyfidèles : un groupe de personnes entretien des relations les unes avec les autres mais pas en dehors du groupe. Par exemple un trouple (comme un couple mais avec trois personnes).

    -       Une personne entretien des relations avec plusieurs personnes qui n’entretiennent pas elles-mêmes des relations entre elles (par exemple, un V : A entretien une relation avec B qui entretien une relation avec C).

    -       L’anarchie relationnelle : rejette la hiérarchisation entre les partenaires et les types de relations

    -       ...

     

    J’ai lu des débats houleux au sujet des polyamoureuxes. Font-iels partie de la communauté ITOo ? Sont-iels oppressé-e-s ? Est-ce que la « polyphobie » ça existe vraiment ?

     

     

    1.    Mononormativité, invisibilisation de la polyamorie et polyphobie

     

    Ce n’est pas un scoop que LE modèle de relation dans notre société est une relation hétéro romantico-sexuelle et monoamoureuse. Le mariage lui-même est une institution absolument monogame. Cette norme mono est profondément enracinée dans nos crânes, on nous la fait bouffer dès le berceau. Dès notre plus jeune âge, on nous fait rêver avec l’histoire du prince charmant et de sa princesse en détresse, on nous vend le coup de foudre, on nous rebat les oreilles de l’âme sœur… On nous fait croire qu’un jour on trouvera LA bonne personne. On nous demande si on a UN-E copaine (pas des, UN-E). Bref, on nous rabâche la mononorme sans arrêt. Histoires pour enfant : mono. Romans d’amour : mono ! Comédie romantique : mono !! Film dont les personnages sont non-humains : mono !!! Mono, mono, mono partout !!!! Et la cerise sur le gâteau, c’est l’arc narratif bien trop célèbre du triangle amoureux. Aaaah, le triangle amoureux. L’âme torturée de l’héro-ïne fera vibrer les spectateurices pendant 8 saisons jusqu’à l’happy end où iel fera le BON choix. On aura même des communautés de fan qui « ship » un couple plutôt que l’autre. Les Delena face aux Stelena (comprendra qui comprendra). Si le triangle amoureux a autant de succès, ce n’est pas un hasard. Le triangle amoureux consacre la mononormativité. « Regardez, vous devez en choisir un-e, il n’y a pas d’autres issues possibles. Sinon, vous êtes une mauvaise personne, vous faites souffrir les autres. » D’ailleurs, voyez comme la mononormativité est entremêlée avec l’amatonormativité (norme dans laquelle les relations romantiques sont considérées comme supérieures aux autres et qui mène à l’arophobie i.e. l’oppression contre les personnes aromantiques).

     

    Les polyamoureuxes font-iels partie de la communauté LGBTQIAP+/ITOo ?

     

    Une série/film : *a un triangle amoureux*

    Moi : *en chantant* POLYAMORIE POLYAMORIE POLYAMORIE POLYAMORIE

     

    On nous vend l’idée que l’amour romantique est une ressource limitée, que si on aime une autre personne alors forcément on aime plus la première ou la première n’était pas « assez », etc. Bref, l’instauration de cette mononorme s’accompagne de l’oppression des personnes ne s’y conformant pas :

     

    ð Les relations polyamoureuses sont totalement invisibilisées et effacées de manière systémique au profit d’une mononorme. Ce type de mécanisme est toujours synonyme d’oppression.

     

    ð Les personnes polyamoureuses sont rendues anormales, leurs identités sont niées et on essaye de les forcer à se conformer à la mononorme : « tu dois choisir, tu fais souffrir les gens, tu profites des autres, t’as un problème, tu trouveras la bonne personne un jour tu verras, tu peux pas aimer plusieurs personnes à la fois, si tu couches avec plusieurs personnes t’es une pute », et j’en passe. Les personnes poly en viennent parfois à croire que c’est vrai et s’en veulent à elles-mêmes d’être qui elles sont, ce qui est synonyme d’oppression interiorisée ; c’est un phénomène qui s’observe dans le cas de toutes les oppressions. A tel point qu’elles essayent parfois pendant des années de se conformer à des relations mono dans lesquelles elles sont malheureuses (tout comme on peut être homo et essayer de se conformer à une relation hétéro dans laquelle on est malheureuxe).

     

    ð Quand on est poly, on doit faire un coming-out et même expliquer ce que ça veut dire, sinon les autres te collent l’étiquette mono par défaut puisque c’est la norme. Quand on doit faire un coming-out, c’est déjà mauvais signe, ça indique qu’on vit une oppression. Ne pas avoir à faire de coming-out, est en effet un privilège.

     

     

    ð Les coming-out poly ne se passent pas toujours bien, certaines personnes ont de mauvaises réactions. Il est difficile ou impossible d’arriver à une réunion familiale ou entre ami-e-s en leur présentant plusieurs personnes. Certain-e-s poly ne peuvent même pas en parler à leurs parents et doivent cacher leurs relations. Etre forcé•e de rester dans le placard, ça aussi c’est mauvais signe et indique qu’il y a une oppression en jeu.

     

    ð 

     

    On a déjà BEAUCOUP d’éléments indiquant que les personnes poly vivent une oppression systémique, qu’on appellera la polyphobie. Pour ne rien arranger, les poly n’ont pas les mêmes droits que les autres, ce qui ne fait que confirmer ce qu’on savait déjà : la polyphobie existe et est une vraie oppression systémique.

     

     

    2.    Les polyfamilles n’ont pas accès aux mêmes droits

     

    a)    L’accès au mariage

     

    Les poly n’ont pas le même accès au mariage. En effet, on ne peut légalement être marié•e qu’à une seule personne. A cela, certaines personnes ont objecté que les poly peuvent se marier à une personne donc ne subissent pas d’oppression par rapport à ça. Seulement, les homos aussi pouvaient se marier à une personne du « sexe opposé », pourtant la loi les discriminait tout de même vis-à-vis du mariage étant donné qu’un mariage hétéro ne convenait pas à leur orientation. C’est là toute la nuance entre équité et égalité. L’égalité c’est tout le monde à la même enseigne même si cela discrimine certain-e-s, alors que l’équité c’est permettre à tout le monde d’être dans une situation qui lui convienne et donc ne discriminer personne. C’est la même chose pour les poly. Si un mariage mono conviendra à une personne mono, ce n’est pas nécessairement le cas quand on est poly. Si on a deux conjoint-e-s par exemple, le fait que seul-e l’un-e des deux puisse être reconnu légalement est inéquitable.

    Dans le même style, seul-e les salaires de deux personnes sont pris en compte dans le dossier pour avoir un appartement, ce qui discrimine les poly qui vivent à plus de deux et dont l’ensemble des salaires aurait été suffisant pour avoir l’appartement (cf. image ci-dessous).

    Sans compter qu’on ne peut même pas inscrire sur Facebook qu’on a plusieurs relations…

     

     

    Les polyamoureuxes font-iels partie de la communauté LGBTQIAP+/ITOo ?

    Dans la 1ère image, on suppose que tout le monde va bénéficier du même support. Iels sont traité-e-s également.

    Dans la 2e image, on donne aux individus des supports différents pour qu’iels aient un accès égal au match. Iels sont traité-e-s équitablement.

    Dans la 3e image, toustes les 3 peuvent voir le match sans support ni aménagement car la cause de l’inéquité a été traitée. La barrière systémique a été enlevée.

    Traduction depuis l'anglais, source où j'ai trouvé l'image : ici

     

     

    b)   La polyparentalité

     

    Légalement, on ne peut pas avoir plus de deux parents ce qui discrimine largement les polyfamilles. Si l’enfant est élevé•e par trois parents par exemple, légalement iel n’a que deux parents. En conséquence de quoi, li troisième parent ne peut pas être responsable de san enfant. Iel ne pourra même pas signer le carnet de correspondance ou l’autorisation de sortie au musée avec l’école. Et encore, ce n’est qu’un exemple mais il y en a des milliards d’autres.

     

    Les polyamoureuxes font-iels partie de la communauté LGBTQIAP+/ITOo ?

    La bannière polyamoureuse à la Marche des Fiertés 2016 :

    "Ma famille c'est tous mes parents. Polyfamilles.fr, l'asso des familles composées"

     

    On accuse aussi les polyfamilles d’être un mauvais exemple pour les enfants, que ça va les déséquilibrer parce que ça dénature la cellule familiale… ça a des relents de la manif pour tous sur l’homoparentalité tiens.

    Vous pouvez lire ici le témoignage d’une personne qui a grandit dans une polyfamille et qui a un jour reçu les services sociaux car a été dénoncée pour maltraitance : Elevé par des parents polyamoureux

     

    Les polyamoureuxes font-iels partie de la communauté LGBTQIAP+/ITOo ?

    Traduction depuis l'anglais, source : http://everydayfeminism.com/2015/09/non-monogamy-options/

      

     

    3.    Etre polyamoureuxe n’est pas un choix, c’est une orientation relationnelle

     

    J’entends souvent qu’être poly est un choix.

     

    Premièrement, je crois qu’il y a une constante confusion entre la « mise en pratique » du polyamour (c’est à dire le fait de s’engager effectivement dans des relations non-exclusives éthiques et consensuelles) et le fait d’être polyamoureuxe. Si les poly ont eu besoin de s’engager dans ce type de relations alors même qu’elles ne sont pas la norme (cf. point 1), ce n’était pas pour s’amuser ou se donner un style, vous pensez bien. Personne ne choisi d’être oppressé-e, en général c’est pas une « activité » trop « sympathique » voyez... Ce sont des personnes qui ne sont pas adaptées à des relations monoamoureuses. Elles n’ont pas choisi d’être polyamoureuses. C’est en tout cas ce qu’expliquent la grande majorité des polyamoureuxes. S’il y a effectivement le choix de s’engager dans les faits dans des relations polyamoureuses, le besoin sous-jacent lui n’a pas été choisi. On peut être poly et choisir d’être dans une relation monoamoureuse.

     

    Finalement, c’est comme avec toute orientation. On peut être lesbienne et relationner avec des hommes. On peut être lesbienne et ne relationner avec personne. On peut être lesbienne et relationner avec des femmes. L’orientation décrit nos attirances, pas nos actes ni nos pratiques. C’est pour cela que dans le cas du polyamour, on parle d’orientation relationnelle. Il y a les orientations sexuelles qui décrivent nos attirances sexuelles, les orientations romantiques qui décrivent nos attirances romantiques et les orientations relationnelles qui décrivent si on est exclusifves ou non. Il y a des personnes adaptées aux relations monoamoureuses, des personnes adaptées aux relations polyamoureuses et probablement des personnes adaptées aussi bien aux unes qu’aux autres.

     

    Dans cette vidéo (non sous-titrée en français malheureusement), Jenna fait son coming-out poly.

    "Ma plus grosse peur est de ne pas être prise au sérieux. C'est pour moi 10 fois plus dur que de sortir du placard en tant que gay. (...) Je ne suis pas encore fière de qui je suis et je voudrais y arriver. (...) J'ai juste peur mais ça me fait vraiment du bien de le dire et d'en parler."

    Elle explique qu’elle a eu beaucoup de mal à accepter qu'elle est poly et elle finit même par pleurer. Elle explique comment sa façon naturelle de fonctionner et de penser ses relations ne se conforme pas à la norme mono. Ce n’est clairement pas un choix pour elle, mais une orientation relationnelle !

      

    Certaines personnes pensent qu’en déconstruisant la mononormativité, tout le monde deviendrait poly. S’il est vrai que beaucoup de normes sur l’amour et la jalousie sont internalisées depuis l’enfance et sont une barrière au polyamour, je ne pense pas que TOUT le monde soit « au fond polyamoureuxe », même après avoir déconstruit ces normes. L’humain est un être complexe et l’humanité comporte une grande diversité des profils. Il me paraît naturel que tout le monde ne relationne pas de la même façon. C’est exactement pareil que pour l’hétéronormativité : ce n’est pas en la déconstruisant que tout le monde va devenir pan d’un coup de baguette magique (c’te blague !) D’ailleurs, ça n’a pas d’intérêt en soi, tout le monde est différent et ce n’est pas la différence le problème, mais la façon dont la société la traite ; la différence est au contraire une source de richesse.

     

    Etre poly n’est donc pas un choix pour la plupart des gens ! Il y a quand même des personnes poly qui décrivent cela comme un choix, mais peut être qu’elles sont en fait autant adaptées aux relations mono qu’aux relations poly. Et encore, elles n’ont pas choisi d’être adaptées aux deux. Est-ce qu’une personne bi ou pan choisi son orientation ? Non. Sincèrement, je ne pense pas qu’une personne fondamentalement mono puisse faire le choix d’être poly dans la pratique ou alors elle ne tiendra pas très longtemps dans ce type de relations.* Puis il y a quand même quelques  "faux poly" - car ont des pratiques non éthiques et non consensuelles.

     

     

    * Note : je parle de personnes mono qui tenteraient d'avoir plusieurs relations et non pas de personnes mono dites polyacceptantes c'est à dire qui ont une relation avec un-e partenaire poly ayant ellui-même plusieurs relations (ce 2e cas peut très bien fonctionner).  

     

    Conclusion

     

    Il est évident que l’on observe la présence d’une mononorme et que la communauté poly fait face à une oppression systémique : la polyphobie. De plus, être poly est une orientation relationnelle donc on a une orientation opprimée. Les polyamoureuxes font donc partie de la communauté MOGAI (ou LGBTQIAP+, peu importe quel nom vous lui donnez). Arrêtez de les exclure !

       

     

    Partager via Gmail

  • Commentaires

    1
    Kris
    Mardi 16 Août 2016 à 16:13

    Beaucoup de chose à (re)dire :

     

    "Au contraire, le monoamour est un terme [qui] décrit une relation exclusive "

    "On peut donc être asexuel-le, aromantique et polyamoureuxe." Euh NON : aro et amoureuxe ça ne marche pas. C'est là que le qualificatif "polyamoureus*" ne tient pas la route, justement !

    Je te suggère polyaimant* (ma préférence). D'autres possibilités : polyrelationnell* / poly-intime...

    "une groupes de personne" Si tu tu t'amuse à mélanger les genre grammaticaux, pourquoi pas ? Mais ça ne m'a pas l'air fait exprès. Et mélange aussi des nombres.

    C'est ça "polyfidèles" ? Encore une étymologie foireuse.

    Euh, stp évite de parler de triangle : dichotomie entre ce qu'on entend habituellement par là (mais qui en fait est un V pas un triangle!) et ce que ça désigne logiquement : trouple notamment.

    "J’ai lu des débats houleux au sujet des polyamoureuxes. Font-iels partie de la communauté ITOo ? Sont-iels oppressé-e-s ? Est-ce que la « polyphobie » ça existe vraiment ?"

    Ah merde. Je ne savais pas. Quand j'ai lu la question du titre, je me suis dit : Chouette je voulais justement en discuter... sans penser que c'était un sujet épineux et houleux.

    Triangle RE : J'en parlais tantôt (j'écoute, lis trop de québécois ?) à propos des exemples poly : celui qui n'est pas nommé. Mais comme ça revient – et pas qu'un peu – au chapitre 1 je vais expliquer. Imaginons, comme c'est le sujet du paragraphe, un cas classique d'histoire "d'amour" : Roberto est tiraillé entre son "amour" pour Ilna et pour Ahiko. Prenons donc 3 points et relions d'un trait (bon faudrait des flèches éventuellement à double sens, mais pour l'exemple retirons cet aspect) les points quand les personnage sont amoureusement relié*s. Dans un cas classique (cis-het entre autres), R est lié à I et à A. Mais I et A ne sont pas liées (ce qui ne serait pas très cis-het. Or, sans ce lien, ce n'est pas un triangle mais un V (R en pointe). Alors la plupart parle de triangle, donc la plupart comprendrons. Mais pas tout le monde. De personnes visuelles, tatillonnes, autistes (de ce que j'en comprends)... comme moi (je cumule +/- les 3 caractéristiques) en lisant triangle, penseront........ ben triangle réel et non V, comme dans un trouple.

    Sur la mononormativité, liée notamment à l'amatonormativité, perso, j'insisterais sur l'idée que ça fait partie de l'assignation de genre (qui assigne + qu'un genre, mais aussi l'apparence qu'on y associe, les rôles familiaux et sociaux, les modes relationnelles, affectifs et sexuels (hétéro/mono/amato-normativités). Tout ça est lié par le système genre, tout ça est assigné en bloc comme un tout indivisible. Donc pour moi, oui ça devrait être associé/faire partie de la cause ITOM... quoi que pourquoi pas aussi la discrimination des femmes vis-à-vis des hommes dans ce cas ? Probablement parce que cette même cause (système genre et assignation) ne se manifeste pas de même dans les conséquence. La discrimination envers les femmes et le résultat de la catégorisation binaire, avec une catégorie infériorisée par rapport à l'autre, donc discriminée, opprimée. Mais les personnes de cette catégorie (assimilées féminin) ne sont pas marginalisées ni stigmatisées pour leur non conformité à l'assignation (elles peuvent l'être mais par ailleurs, ça ne fait pas partie de la discrimination M vs F). Or les philosophies relationnelles non conformes à l'assignation sont marginalisées, invisibilisées et opprimées dans une même mécanique que les non conformités de genre, d'apparence, d'attirances...

    "On nous vend l’idée que l’amour est une ressource limitée" L'amour avec des énormes guillemets ! L'amour romantique en fait. On ne nous dit pas que l'amour pour ses enfants ou des amis est limité.

    "que si on aime une autre personne" → Que si on est amoureus* d'une autre personne. Etc.

    "Les personnes polyamoureuses sont rendues anormales" Soit on interprète qu'elles sont qualifiées "anormales". Soit qu'on les exclut factuellement de la norme. Les 2 interprétations fonctionnent, mais bon que les lectric*s ne comprennent pas la même chose d'un même texte, c'est n'est pas l'idéal pour ce genre de sujet.

    "Les personnes poly (...) s’en veulent à elles-mêmes (...) ce qui est synonyme d’oppression internalisée" Intériorisée ???

    "dont l’ensemble des salaires aurait été suffisant pour avoir l’appartement (cf. image ci-dessous). "

    Soit ce n'est pas la bonne image, soit pas le bon endroit pour l'image ou/et le "cf".



    Sur le choix, je ne suis pas d'accord avec toi. Enfin ! Oui parce que bon être tout le temps du même avis ça commençait à bien faire (j'en arrivais à me demander si on ne m'avais pas cloné*)... mais ce que tu écris me laisse à réfléchir, en particulier la comparaison avec le fait d'être bi ou pan. On ne choisit pas de l'être, mais n'est-pas de l'ordre du choix ce qui a permit de découvrir, libérer son orientation ? L'autre truc, c'est que j'ai vraiment du mal à imaginer qu'on puisse être spontanément exclusiv* dans ses attirances sans construction sociale. Quoi que de toute façon se poser la question de sans construction/éducation/culture n'a pas de sens. Bref, je réserve mon jugement et les commentaires que j'avais écris, pour quand j'y verrai plus clair.

      • Mardi 16 Août 2016 à 18:41

        Alors, sur le terme "amoureuxe", je crois qu'on a déjà eu ce débat et on était déjà pas d'accord ahah une personne aromantique peut aimer/être amoureuxe platoniquement, quasi-platoniquement etc. donc le terme polyamoureuxe ne me pose pas de souci à ce niveau là, mais tu peux utiliser le terme polyamoriste ou juste poly ou polyplatonnique ou polyaimant* etc. si ça te sied mieux. C'est à toi de voir.

        Oui, des "amours romantiques" se sont perdus un peu dans l'article et je vais les rajouter, tu as entièrement raison !

        Pour ce qui est des femmes et du féminisme, ça arrive dans un projet article, donc je ne réponds pas de suite à ce sujet ^^

        Internalisée est une mauvaise traduction de l'anglais je pense, je vais modifier (internalized oppression).

        Bonne remarque sur le V dans l'exemple de relation poly, c'est une erreur. Par contre dans l'exemple de l'arc narratif, tout le monde appelle ça un triangle même si c'est un V donc je garde le terme majoritaire. 

    2
    Mercredi 17 Août 2016 à 01:22
    Loup

    C'est marrant je suis allé à une réunion de polyamoureux et j'ai eu l'impression d'être exclu et que certaines personnes parlé comme dans cet article avec pleins d'acronymes qui m’empêchaient de les comprendre... Je suis pourtant quelqu'un de très ouvert et curieux et j'adore apprendre.

    C'est drole comme n'importe quel communauté qui se créer rejette ceux qui ne lui appartiennent pas.

    Cela me fait penser que dans un monde poly et bien il y a de la monophobie.
    A méditer le jour où la norme sera à la polygamie et polyamoureux généralisé ;)

    En attendant je souhaite bien entendu l'ouverture d'esprit pour toutes et tous ;)

      • Mercredi 17 Août 2016 à 17:13

        La monophobie n'existe pas car les mono sont le groupe dominant, les oppressions inversées n'existent pas de manière générale :) Si tu veux en savoir plus à ce sujet, voici un article https://trolldejardin.wordpress.com/2016/08/17/la-monophobie-nexiste-pas/

    3
    Mira
    Mercredi 17 Août 2016 à 13:09

    Premièrement, merci beaucoup pour cet article qui, je trouve, développe très bien le propos.

    Si je peux me permettre d'ajouter une mini correction, c'est qu'il est possible de se mettre en couple avec plusieurs personnes sur Facebook (des tutos sont disponibles sur internet, mais uniquement en anglais je crois). C'est encore moins évident que d'entrer un genre trans ou ses pronoms préférés, mais c'est possible.

    Et j'avais aussi une question par rapport au terme ITOo. C'est important d'avoir un terme comme celui-ci qui soit plus court et inclusif que tout un tas de lettres, mais je sais que certaines personnes non-binaires ne s'identifient pas au terme trans (même si elles le sont par définition), donc est-ce que ce terme les exclue ?

      • Mercredi 17 Août 2016 à 13:23

        Merci pour les précisions, j'avais vu passer il y a quelques mois une pétition pour demander de rajouter des options poly sur fb, ça a peut être fait bouger les choses depuis !

        Alors en théorie le terme trans fonctionne comme un terme parapluie qui inclut toutes les personnes ne s'identifiant pas au genre assigné (donc non binaires inclu-e-s). Ensuite, il y a des spécificités culturelles dans lesquelles les distinctions cis/trans ne sont pas pertinentes ou certaines identités telles que Two-Spirit ne rentrent ni dans non-binaire ni dans trans qui sont des termes uniquement occidentaux. ITOo n'est sûrement pas parfait non plus, c'était un essai/une proposition, mais ça se discute c'est sûr. :)

      • Vendredi 19 Août 2016 à 00:19

        Du coup j'ai fait un edit sur le terme pour le rendre plus inclusif ;)

    4
    Kris
    Mardi 23 Août 2016 à 12:14

     

    J'admets que pour certaines personnes ça peut être vécu comme une tendance "naturelle", pas comme un choix. OK pour le témoignage dans ce sens. Mais je peux témoigner qu'être poly résulte chez moi d'un choix.

    "Etre poly n’est donc pas un choix pour la plupart des gens !"

    D'où tu tire que "pour la plupart" ce n'est pas un choix ?

    "Il y a quand même des personnes poly qui décrivent cela comme un choix, mais peut être qu’elles sont en fait autant adaptées aux relations mono qu’aux relations poly." Pas moi !

      • Mardi 23 Août 2016 à 12:20

        Si c'est un choix pour toi mais que tu n'es pas adapté* aux relations mono, en quoi c'est un choix ? Je ne comprend pas bien :S

        La plupart vient de mon expérience personnelle dans laquelle je n'ai quasiment que croisé des gens pour qui ce n'est pas un choix mais ce n'est effectivement pas une étude statistique (sinon j'aurais mis des chiffres avec plaisir :p)

      • Mardi 23 Août 2016 à 12:20

        Ah bah attend je suis en train de lire ton autre com :p

    5
    Kris
    Mardi 23 Août 2016 à 12:19

     

    Quand on dit, par exemple d'un genre construit ou d'une attirance romantique/sexuelle, que ce n'est pas un choix, c'est pour exprimer que c'est déterminé*, indépendamment de la volonté de la personne (comme des autres d'ailleurs). On ne peut pas changer cela. Éventuellement ça peut évoluer, mais on n'y peut rien. Tout cela s'oppose aux idées, valeurs, philosophies qui sont développées par la personne. Pas vraiment choisies : ce n'est pas le bon mot. Mais pas déterminées à l'insu de la personne, comme l'est son (non)genre construit ou ses attirances.

     

    Or pour moi, être poly, c'est une philosophie, des valeurs développées consciemment, c'est de l'ordre des idées et non déterminé et inéluctable. On ne choisit pas d'être opprimé*, ça n'empêche qu'on s'engage parfois dans des idées, valeurs, mouvements, qui n'ont rien de très amusant*s à vivre, "par conviction" / par éthique. On développe une philosophie et éventuellement on la suit. C'est par philosophie qu'on en arrive à se dire que c'est juste et logique d'être poly. Les valeurs poly proprement dîtes peuvent être le résultat d'une philosophie plus générale. On peut ainsi être poly sans y avoir réfléchi profondément – et surtout directement – mais ça reste une philosophie. Et oui, on peut souffrir d'idées pour lesquelles la société marginalise et opprime. On peut être dans le placard, faire un coming-out ou/et être outé* au sujet d'une philosophie marginalisée et opprimée. Difficile dans ces conditions de percevoir cela comme un choix. Encore une fois, ce n'est pas le bon mot. Mais c'est clairement – pour moi – de l'ordre des idées que la personne est libre de développer, et non quelque-chose de déterminée et inchangeable.

     

    Et puis, """"si on pouvait choisir"""", choisirait-on d'être mono parce que plus facile à vivre ? J'aimerais bien avoir la réponse de la personne qui témoigne dans la vidéo en lien. Mais moi, clairement, choisir d'être mono est inconcevable, parce que je trouve l'exclusivité insensée et nuisible. Ce n'est pas une tendance à laquelle je ne peux rien, c'est que ma philosophie me conduit à trouver bien le polyamour et trouver mal l'exclusivité (et la possessivité, la jalousie...).

     

    MAIS, ça peut être très problématique de dire qu'être poly est "un choix", alors qu'on arrête pas d'utiliser cet argument du "ce n'est pas un choix" contre la transphobie et encore plus contre l'homophobie (au sens large : incluant biphobie, panphobie, acephobie, arophobie...). Ça risque de devenir compliqué de parler de ses sujets avec des personnes intolérantes ou/et ignorantes. Mais parler faux, n'est pas la solution. Et puis, si le polyamour est une philosophie, peut-on encore parler d'orientation ? On parle bien entre autre d'orientation politique. Le mot "orientation" convient d'ailleurs bien pour les différentes philosophies ou idéologies. "Orientation" ne précise pas que c'est déterminé ou consciemment développé. Mais en parler dans ce dernier sens pour poly alors que ça évoque quelque-chose de déterminée pour les autres orientations opprimées, n'est peut-être pas le plus clair (?).

     

      • Mardi 23 Août 2016 à 12:26

        Oula je ne suis pas du tout d'accord avec toi quand tu dis " Ce n'est pas une tendance à laquelle je ne peux rien, c'est que ma philosophie me conduit à trouver bien le polyamour et trouver mal l'exclusivité (et la possessivité, la jalousie...)." J'ai l'impression d'entendre certain-e-s poly qui pensent qu'en déconstruisant la norme tout le monde deviendrait poly. :/ Le monoamour peut aussi être éthique et consensuel tu sais :)

        "Mais moi, clairement, choisir d'être mono est inconcevable, parce que je trouve l'exclusivité insensée et nuisible." Es-tu sur* que c'est ce qu'on appelle "un choix" alors que l'exclusivité semble pour toi insensée (mais pas à d'autres et encore une fois, ni l'exclusivité ni la non-exclusivité est meilleure tant que les deux sont éthiques et consensuels) ? 

    6
    Kris
    Mardi 23 Août 2016 à 13:31

     

    " Oula je ne suis pas du tout d'accord avec toi quand tu dis " Ce n'est pas une tendance à laquelle je ne peux rien, c'est que ma philosophie me conduit à trouver bien le polyamour et trouver mal l'exclusivité (et la possessivité, la jalousie...)." J'ai l'impression d'entendre certain-e-s poly qui pensent qu'en déconstruisant la norme tout le monde deviendrait poly. :/ Le monoamour peut aussi être éthique et consensuel tu sais :) "

     

    Je ne comprends pas comment ça te fait penser à ces idées que tout le monde serait poly "par nature", sans le formatage de la norme. Au contraire, je dis qu'être poly (ou mono) n'a rien de "naturel". C'est comme une autre orientation philosophique. Et encore, on pourrait penser qu'être pacifiste ou l'inverse est une tendance spontanée, etc. Mais je vois plus l'orientation poly à l'instar d'une orientation politique : clairement on ne naît pas avec.

     

    Le monoamour peut être consensuel. Oui mais c'est la pratique qui est consensuel pas l'orientation. On peut consentir à l'exclusivité sans être mono. Et idem pour poly. Même si c'est plutôt condamné dans ce cas, me semble-t-il. En gros entre une personne mono et une poly, le consentement mutuel éthique serait mono. C'est un autre sujet, mais l'important c'est de noter qu'une relation peut être entre une personne mono et une poly. Ce qui est alors consentie c'est la pratique, pas les orientations qui restent différentes.

     

    Quant à l'étique, ben à chaque personne la sienne. Pour moi, les circonstances au mieux peuvent être éthiques, mais pas l'exclusivité puisque ce n'est pas ma philosophie. Évidemment pour d'autres l'exclusivité est éthique, c'est leur éthique. De même que pour moi, le patronat ou l'exploitation animale ne sont pas éthiques. Uls le sont pour d'autres. On peut être mono en suivant son éthique personnelle. Mais la mienne est incompatible avec la valeur de l'exclusivité. Pour être clair, pour moi, l'exclusivité en amour est immorale, contraire à MON éthique.

     



     

    " "Mais moi, clairement, choisir d'être mono est inconcevable, parce que je trouve l'exclusivité insensée et nuisible." Es-tu sur* que c'est ce qu'on appelle "un choix" alors que l'exclusivité semble pour toi insensée (mais pas à d'autres et encore une fois, ni l'exclusivité ni la non-exclusivité est meilleure tant que les deux sont éthiques et consensuels) ?  "

     



     

    Je suis sur* que ce n'est pas ce qu'on qualifie de "pas un choix". On va souvent opposer ce qui est déterminé donc "pas un choix" des actes, pratiques que sont des choix. Pour ce qui est de l'ordre des idées, des opinions, etc., on n'en parle pas en terme de choix. Mon but n'est pas de dire qu'être poly est un choix, c'est de faire comprendre que ça n'entre pas dans la catégorie des "pas un choix". Les valeurs personnelles sont issues d'un processus volontaire et conscient. Est-ce qu'on les choisit ? On ne pose généralement pas la question en terme de choix. Ce serait un sujet de café philo. Mais ce qui nous intéresse ici est de savoir si on peut en changer. Enfin, est-ce vraiment la question ? Généralement c'est bien ce qui est mis en avant. On cherche à savoir si on peut rendre cis une personne trans (ou l'inverse), rendre hétéro une personne homo, etc. Est-ce qu'une personne personne peut choisir son propre genre, ses attirances ? Et clairement : Non arrêtez de vouloir nous soigner/corriger. Mais les idées c'est tout autre chose. On peut notamment essayer de convertir d'autres aux siennes. Et les idées ça peut évoluer, par la réflexion personnelle, comme par les apports extérieurs. Et le poly/monoamour fait pour moi clairement (depuis que j'y ai réfléchi) partie du domaine des idées. On peut se dire que c'est bien ou mal le polyamour. C'est une moral, pas une attirance ou autre tendance spontanée et inéluctable. Après si on veut dire qu'on ne choisit pas de penser ça, je veux bien MAIS à condition que ce soit le cas pour les idées en générale. On ne choisit pas d'avoir telle ou telle éthique, c'est ce que la raison ou/et la sensibilité nous fait voir comme juste, sensée, bien.

     

    7
    Kris
    Mardi 23 Août 2016 à 13:36

     

    Oubli :

    Dans tous les cas, l'orientation poly/mono n'est pas semblable aux autres orientations opprimées de "ITOo". Beaucoup de choses en commun, énormément même, je dirais. Mais les autres orientations sont déterminées et inéluctables, comme imposées à la personne sans que personne n'y puisse rien. L'orientation poly/mono, elle, est du même ordre que les orientations politiques. Dire "ce n'est pas un choix", sous-entend qu'on n'y peut rien. Or, SI !

     

     

      • Mardi 23 Août 2016 à 13:42

        Non, pour beaucoup de gens, ce n'est pas un choix, c'est plus naturel pour euxe d'être poly et sous-entendre que c'est seulement de l'ordre philosophique ou de l'idée politique implique qu'on peut les changer, or ce n'est pas le cas. Bref, on ne va pas tomber d'accord donc je pense que ça sert à rien de continuer à débattre. 

      • Kris
        Mardi 23 Août 2016 à 19:19

        Sur savoir si un choix ou pas, je n'insiste pas plus (j'ai exposé ma réflexion).

        Mais je vois dans cette histoire un risque justement que ça ferme le débat. Des idées ça se discutent, pas des choses sur lesquelles on n'a pas prise (à quoi bon ?). Et même la pratique est pas trop questionable, à partir du moment où on dit que "c'est pas un choix d'être poly". Et ça me dérange beaucoup, justement parce que c'est lié à ma philosophie. Mais je suppose que les personnes qui ne le voient pas comme ça, ne voient pas non plus l'intérêt de questionner ces idées (enfin qui ne sont pas des idées pour elles).

        Je voulais aussi revenir sur le sujet de base. Choix ou pas, être poly reste une orientation opprimée parce que non conforme à l'assignation de "genre" (l'assignation sexiste ). Donc pas besoin de l'argument du "pas un choix" pour inclure poly parmi ITOo (que je ne prononcerai pas pas igloo : pourquoi faire un sigle francophone si c'est pour le prononcer d'une façon qui ne sonne pas du tout francophone ?).

    8
    Kris
    Mardi 23 Août 2016 à 13:38

    Ce qui n'excuse en rien l'oppression ! Ce qui n'exclut en rien le polyamour de la problématique ITOM !

     

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :