• Nous avons le pouvoir de construire

    Un jour quelqu’un a dit : « C’est bien de déconstruire mais il faut aussi construire. » C’est ce genre de phrase qui moi me fait cogiter assez pour finir par en écrire un article, parce que c’était vraiment une remarque très pertinente de la part de cette personne. Alors, de quoi s’agit-il ?

    Souvent, dans les communautés militantes, on parle de déconstruction. Cela signifie déconstruire les principes normatifs et oppressifs qui nous ont conditionné-e-s pour être plus inclusifves et plus safe. L’objectif de la déconstruction est évidemment d’atteindre un moment où le système d’oppression finira par être démantelé complètement et ne plus exister. Pour déconstruire, il faut remettre en question les normes sociales et cela s’accompagne également de beaucoup de pédagogie auprès des gens. Par exemple, dire « le genre n’est pas binaire » et expliquer pourquoi, c’est de la déconstruction, car on déconstruit l’idée que le genre est binaire que tout le monde a intériorisée.

    Maintenant que l’on sait ce qu’est la déconstruction, ça serait bien de se poser les questions suivantes : c’est quoi la construction ? Pourquoi et comment construire ?   

     

    Le mieux, c’est de commencer avec un exemple. Il y a une personne poly qui expliquait que lorsqu’on sort de la norme mono, on est en perte de repères et on a plus de modèles, on doit par conséquent en créer. C’est exactement ça. Lorsqu’on a une norme oppressive de laquelle le système ne veut pas qu’on s’écarte, il n’existe qu’un seul modèle correspondant à cette norme. Pour réussir à exister en dehors de cette norme et vivre son identité authentiquement, on est obligé de construire de nouveaux modèles. Attention, nouveaux modèles ne veut pas dire nouvelles normes. Un modèle n’est pas forcément érigé comme une norme. Un modèle, ça peut simplement être une nouvelle façon de faire que l’on est libre de suivre ou non, selon nos besoins personnels. Eclater une norme oppressive cela veut dire créer une diversité de modèles en dehors de cette norme. Cela veut dire que les individus qui en ont besoin peuvent participer à cette construction hors normes et créer quelque chose qui leur conviennent à euxe. Une infinité de nouvelles possibilités afin que chacun-e puisse s’épanouir hors du carcan oppressif.

     

    Voici quelques exemples de construction possible (liste non-exhaustive) :

     

    ü  Les nouveaux modèles de relations en dehors de la norme hétéro-cisdy-mono :

     

    Dans la communauté LGBTQIAP+ nous avons toustes en commun le fait que le modèle de relation normatif est une relation romantico-sexuelle-monogame entre une femme cis dyadique et un homme cis dyadique. Nous allons donc faire fleurir tout un tas de relations différentes de cette norme.

    Pour continuer sur l’exemple du polyamour, voici un article qui recense quelques modèles alternatifs à la mononorme (et si vous comprenez pas l’anglais, y’a des petits dessins) et ici un organigramme des relations poly dans la BD KIMCHI CUDDLES.

    Un autre exemple, c’est le cas des personnes du spectre aromantique qui construisent des modèles en dehors de la matrice amatonormative et qui ont défini notamment les relations quasi-platoniques.

     

    ü  Le nouveau vocabulaire :

     

    Toute communauté opprimée à son jargon, ce qui est d’ailleurs souvent un motif de reproche de la part du groupe dominant. Sauf que lorsque l’on vit dans un monde où le vocabulaire existe uniquement pour parler de la norme oppressive, on doit construire un vocabulaire qui nous permet de nommer et exprimer nos expériences.

    Par exemple, la communauté non-binaire définit du vocabulaire pour décrire la diversité des genres : fluide, demi-fille, neutrois, agenre, neurogenre, etc. Il y a également un chantier titanesque, c’est celui de construire un neutre et un inclusif en français !

      

    ü  La création de ressources : blogs, pages Facebook, chaînes YouTubes…

     

    ü  La création de contenu inclusif fait par des personnes concernées : dessin, musique, vidéos…

     

    ü  Et…

     

    Il y a mille et une façons de construire, de se libérer du carcan normatif et s’épanouir à travers de nouvelles possibilités. Ne vous limitez pas aux ressources existantes. Si vous vivez quelque chose dont personne n’a jamais parlé et qui n’a pas de nom, vous êtes légitimes à en parler et à le nommer. Vous n’avez pas trouvé de nom pour votre genre ? Vous êtes légitimes à en créer un !

    Vous êtes légitimes à vous redéfinir en dehors du cadre normatif, à vous découvrir et redécouvrir, à vous explorer vous-même et sans concession. Vous êtes légitimes à reprendre le pouvoir sur votre identité. Vous êtes légitimes à construire.

     

    - UESG

     

    Partager via Gmail

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :