• Qu'est-ce que le sexe et le genre ?

    Cet article a été entièrement édité le 31 août 2016

     

    [Avertissement : utilisation d’un langage faisant référence au sexe]

     

    Bonjour tout le monde ! 

    Dans un premier temps, nous allons nous attaquer grâce à une série d’articles à un certain nombre de concepts de base. Il est essentiel de bien comprendre toutes ces notions. Cependant, si cela vous semble un peu difficile au début, ne vous en faites pas ! Ca viendra avec le temps. Plus on parle de ces sujets, plus on se familiarise avec. J

    Dans cet article, je vais expliquer ce qu’est le sexe et le genre. C’est parti !

     

     

    1.    Le sexe

     

    Lorsqu’on parle de sexe, on peut faire référence à trois choses : un rapport sexuel et mais n’est pas le sens qui nous préoccupe aujourd’hui, les organes génitaux au sens retreint, et enfin l’état d’être mâle ou femelle au sens large. Le sens restreint (organes génitaux) est plutôt un abus de langage et c’est le sens large qui nous intéresse donc.

    La notion sexe réunit les éléments suivants : les organes génitaux (caractères sexuels primaires), les caractères sexuels secondaires (barbe, poitrine, voix…), les chromosomes sexuels (X et Y) et les hormones (testostérone, œstrogènes…). Mais en pratique, très peu de gens connaissent leurs chromosomes ou leurs taux hormonaux, voire leurs organes génitaux internes. A la naissance on assigne à l’enfant un sexe en se basant sur ses organes génitaux apparents (vulve ou pénis). Si un bébé nait avec un pénis, on l’assigne au « sexe masculin » ; si le bébé nait avec une vulve, on l’assigne au « sexe féminin ». On suppose alors qu’un bébé avec un pénis est conforme à l’idée qu’on se fait d’un mâle (comme le fait de posséder des chromosomes XY par exemple) et qu’un bébé avec une vulve est conforme à l’idée qu’on se fait d’une femelle (comme le fait de posséder des chromosomes XX).  

    Cependant 1 personne sur 50 ne rentre pas dans cette norme mâle/femelle (source), que ce soit au niveau de ses chromosomes, ses taux hormonaux et/ou ses organes génitaux. On dit que la personne est intersexe. Par exemple, certaines personnes ont des chromosomes XY mais une vulve. Il arrive aussi qu’un enfant naisse avec des organes génitaux dits « ambigus » ; en France et dans plein d'autres pays, on pratique alors une opération chirurgicale non-consentie pour des raisons purement esthétiques afin de « normaliser » le sexe et pouvoir assigner un des deux sexes. Cette pratique laisse un profond traumatisme à ces personnes et a été condamnée comme une violation des droits humains par l’ONU (témoignage à lire).

    A présent que nous sommes tous-tes à la même page et que vous connaissez l’existence des personnes intersexes, je vais pouvoir corriger ma définition de sexe : c’est l’état d’être femelle, intersexe ou mâle. Mais les limites femelle-intersexe et intersexe-mâle sont floues et la vérité, c’est que le sexe chez l’être humain n’est pas constitué de catégories bien délimitées comme on voudrait le croire. Ce n’est pas une donnée binaire : les caractéristiques attribuées au sexe existent le long d’un continuum. La classification en mâle et femelle est donc sociale et légale. On aura l’occasion de s’étendre sur le sujet du sexe bien plus en détail à l’occasion d’un autre article, ne vous en faites pas si ce n’est pas encore très clair pour vous.

      

    Retenez pour l’instant que :

    -             les personnes intersexes existent ;

    -             les caractéristiques sexuelles sont en réalité un continuum ;

    -            une classification en catégories délimitées telles que mâle et femelle ne reflète donc pas la réalité ;

    -             une telle classification est en fait légale et sociale.

     

     

    2.    L’identité de genre

     

    De cette classification sociale en catégories de sexes résulte l’exitence de groupes sociaux. On élève alors chaque enfant en accord avec son assignation de sexe à la naissance : les bébés possédant un pénis sont élevés en tant que garçons et les bébés possédants des vulves sont elevés en tant que filles. Pour les premier-e-s, on utilisera l’acronyme AGAN (assigné-e garçon à la naissance) et pour les second-e-s AFAN (assigné-e fille à la naissance). Vous verrez sûrement aussi les acronymes en anglais AMAB (assigned male at birth) et AFAB (assigned female at birth).

    Ces enfants se construisent alors – indépendamment de leur volonté - une identité correspondant au sentiment d’appartenance à tel ou tel groupe. On appelle cela l’identité de genre. Femme et homme sont donc des genres. Le genre est une conscience de soi en tant qu’être social, une identité intrinsèque. Il n’est pas déterminé par les organes génitaux, les hormones ou les chromosomes. On ne nait pas homme ou femme, on le devient au cours de notre vie. Certains enfants expriment leur identité de genre dès qu’ils savent parler, pour d’autres cela viendra plus tard, chacun-e son rythme. Il est important de noter qu’on ne choisit pas son genre puisque cette construction identitaire ne peut être influencée par la volonté.

     

     

    3.    Le système de genre binaire

     

    Dans notre société, vous aurez compris que l’assignation d’un sexe/genre à la naissance est très rigide et on s’attend à ce qu’un enfant ayant un pénis devienne systématiquement un garçon et qu’un enfant ayant une vulve devienne systématiquement une fille. On finit par associer automatiquement pénis => garçon et vulve => fille et associer une apparence physique donnée à un genre donné, alors que le genre ne se définit pas par l'apparence.

    Le fait est que cette association n'est pas automatique pour tout le monde. En effet, certaines personnes assignées garçons à la naissance sont en fait des femmes. Certaines personnes assignées filles à la naissance sont en fait des hommes. Il y a également des personnes, de toutes assignations, qui se sentent appartenir à la fois aux genres homme et femme ou aucun de ces deux genres. Pourtant, l’existence de ces personnes n’est pas reconnue légalement. Seuls les genres homme et femme sont reconnus, on dit donc que notre système de genre est binaire (binaire est un mot qui caractérise quelque chose fait de deux élements – homme et femme ici). Les personnes non-conformes à cette norme binaire sont par conséquentes dites non-binaires (vous avez également peut-être lu le terme genderqueer).

    Il est à noter que le système de genre binaire n’est pas universel : d’autres cultures ont eu et ont encore des systèmes de genres différents. Les peuples natifs américains reconnaissaient 3 à 5 genres avant la colonisation et utilisent maintenant le terme « Two-spirit » pour englober les genres ni homme ni femme (article à lire).   

     

     

    4.    Les genres non-binaires

     

    Approfondissons à propos de ces personnes dont le genre n’est ni femme ni homme (ou les deux à la fois). Il faut déjà comprendre que le genre existe sur un spectre dont homme et femme seraient les pôles. Ainsi, il est possible d’avoir un genre partiellement féminin, partiellement masculin, neutre, etc. Il existe également des genres qui sont totalement en dehors de ce spectre et donc en dehors de tout concept de féminité ou masculinité. Par exemple, certaines personnes n’ont pas de genre (elles peuvent alors s’identifier avec le terme agenre).

    Qu'est-ce que le sexe et le genre ?

     

    Je vais faire une analogie pour que vous compreniez mieux : si la notion de genre correspondait à la notion de couleur, disons que femme est le rouge et homme le bleu. Il existe aussi plein d’autres couleurs. On peut être rouge clair (partiellement femme), bleu clair (partiellement homme), violet (un mélange de homme et femme), blanc (neutre), noir (aucun genre), jaune (un genre en dehors des concepts de féminité et masculinité, c’est-à-dire ne contenant ni rouge ni bleu), etc.  

    Il est fort possible que vous voyiez le genre représenté comme le spectre femme-homme dont j’ai parlé et dont le schéma est juste au dessus. Pour ma part, je trouve que cela exclut beaucoup de genres. Je propose donc une représentation en utilisant les 3 couleurs primaires (rouge, bleu, jaune), le blanc et le noir pour que ça soit plus complet.

     

    Qu'est-ce que le sexe et le genre ?

     

     

    Tout ce que je viens de dire est extrêmement simplifié mais si vous n’êtes pas du tout sensibilisé.es à ces notions, je préfère y aller petit à petit (et ça fait déjà beaucoup de notions mine de rien !) J’ai consacré un article entier sur la diversité des genres non binaires, que vous pourrez lire ensuite dans la rubrique « concepts de bases ». J Si vous avez toujours pensé qu’il n’existait que deux genres et qu’aujourd’hui vous arrivez déjà à comprendre qu’il y a des gens qui ne s’identifient ni en tant que femme, ni en tant qu’homme, alors c’est déjà un grand pas.

     

     

    5.    Cisgenre et transgenre

     

    Il est maintenant temps d’introduire un peu de vocabulaire : les mots cisgenre et transgenre. Une personne dont le genre correspond totalement et uniquement à celui qui lui a été attribué à la naissance est cisgenre (une personne AFAN qui s’identifie en tant que femme et une personne AGAN qui s’identifie en tant qu’homme). Environ 98% de la population est cisgenre.

    Une personne qui n’est pas exclusivement du genre assigné à la naissance est transgenre :

    -       une femme tansgenre est une femme qui a été assignée garçon à la naissance

    -       un homme transgenre est un homme qui a été assigné fille à la naissance

    -     une personne (transgenre) non binaire : une personne, quelque soit son assignation, qui n’est ni femme ni homme - ou plus précisémment, ni exclusivement femme, ni exclusivement homme (par exemple, une personne qui est à la fois homme et femme est aussi non-binaire). A noter que toutes les personnes non-binaires n’utilisent pas le terme transgenre pour elles-mêmes.

     

    Etre transgenre n'est PAS une maladie mentale puisque le genre n'est pas lié à l'apparence physique mais c'est une identité. Il ne s'agit donc pas de personnes qui "veulent être une fille/garçon" (elles le sont déjà), ni de personnes "nées dans le mauvais corps" comme on l'entend trop souvent. Les personnes transgenres peuvent cependant ressentir un malêtre lié au fait que la société associe systématiquement l'apparence au genre et avoir par conséquent besoin de modifier leur apparence (mais ce n'est pas le cas de toutes les personnes transgenres).

    Les termes cisgenres et transgenres peuvent s’abréger respectivement en cis et trans. On évite aujourd’hui d’utiliser le terme transsexuel en raison de son passé psychiatrisant et de l’ambiguité de sa formation (sexuel désignant habituellement une orientation sexuelle, c'est à dire les personnes qui nous attirent sexuellement, ce qui n’a rien à voir avec l’identité de genre !)

     

    Retenez que :

    -       Le genre est différent des organes génitaux, hormones ou chromosomes. Le genre est une conscience de soi et n’est pas physique. On peut avoir n’importe quel genre avec n’importe quelle apparence.

    -       Dans notre société, il existe deux genres légaux (homme et femme) qui sont assignés en fonction des organes génitaux apparents à la naissance : on dit que notre système de genre est binaire.

    -       Il existe de nombreux genres qui ne sont ni hommes, ni femmes : comme ce sont des genres qui ne se conforment pas au système binaire, ils sont dits non-binaire. Non-binaire est un terme parapluie qui rassemble toutes les identités de genres qui ne sont ni exclusivement femme ni exclusivement homme.

    -       Une personne transgenre est une personne dont le genre n’est pas exclusivement celui assigné à la naissance, au contraire d’une personne cisgenre.

    -           Etre transgenre n'est PAS une maladie mentale.

     

     Sources ayant servi à l'élaboration de l'article : 

    Lane : Le sexe et le genre sont en fait la même chose (mais ne partez pas si vite) https://furiegelatine.wordpress.com/2016/03/08/le-sexe-et-le-genre-sont-en-fait-la-meme- chose-mais-ne-partez-pas-si-vite/

    Curtis Hinkle : articles sur l’intersexualité http://asso.orfeo.free.fr/lesarticlesinter/articles-par-curtis-hinkle.pdf

    Paradoxa : le sexe est-il une construction sociale ? https://www.youtube.com/watch?v=hJvrvWKytC4

    Riley J. Dennis : science doesn’t support sex binary https://www.youtube.com/watch?v=88YOO1BNA1w

    Zinnia Jones :
    Stop calling trans women males : https://www.youtube.com/watch?v=kY7MZOB-024

    Chromosomes cis expectation vs trans reality : https://www.youtube.com/watch?v=0frx7wsWibQ

    Sex isn’t chromosomes/sex itself : http://www.newstatesman.com/future-proof/2015/02/sex-isn-t-chromosomes-story- century-misconceptions-about-x-y 

    Ashley Mardell, everything gender : https://www.youtube.com/watch?v=81-FEauK9II&list=PLjIGlYSe6iDxaIAsFhQ7eLoYlo35JNAKy&index=2

    Ashley Wydle :

    Playslist gender ressources : https://www.youtube.com/watch?v=_pAoaObhAX0&list=PLFS4s3pfLP1z_UsiYaR-AKE_QLc5pr82-

    Playlist gender tag : https://www.youtube.com/watch?v=7MgIkDOoG-s&list=PLFS4s3pfLP1xEfB_1Rsi52EwbOdR3hCK2

     

     

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  • Commentaires

    1
    Krissounette
    Mercredi 16 Mars 2016 à 17:21

     

    "En France, si en enfant nait " → En France, si un enfant naît

     

    "Lorsqu’on fait de la biologie, on utilise les termes mâle et femelle. Cependant, je pense qu’on est assez d’accord pour dire que ces mots sont plutôt laids lorsqu’on parle de l’espèce humaine dans le langage courant !"

    NON ! (mais bon, c'est le cas de la plupart des personnes.)



    "Le fait que la plupart des femmes sont « femelles » et la plupart des hommes sont « mâles » est dû à la façon d’assigner un genre à la naissance. En effet, le genre assigné à la naissance est fonction du sexe dans notre société ! C’est pour cette raison que l’on confond systématiquement les deux et que l’on observe des tas d’abus de langage comme « les organes génitaux féminins ». Non, les corps n’ont pas de genre et les organes génitaux n’ont rien de féminin ou de masculin ! A présent, vous comprenez qu’il peut exister des hommes avec des vagins et des femmes avec des pénis, n’est-ce pas ?"

    Magnifiquement bien tourné.



    "Au lieu d’utiliser « mâle » et « femelle », je vais donc utiliser « amab » et « afab »."

    Beau moyen de contourner le problème de ses mots. Mais, la tournure de la phrase laisse entendre que ce sont des synonymes, alors que ce n'est pas le cas. La plupart du temps les mâle sont assignés garçon à la naissance, les femelles filles. Mais des exceptions existent (dont les intersexes). Je suggère de formuler plus dans l'idée qu'il est plus pertinent, dans ce texte comme la plupart du temps, de parler de l'assignation à la naissance que du sexe.

    D'autre part : on n'est pas vraiment assigné femme ou homme, mais plutôt, respectivement, fille ou garçon. Et pourquoi en english ???? Pourquoi pas afan et agan plutôt ?

     

    Je ne comprends pas bien ton schéma (version simplifiée) du spectre des genres. Qu'est-ce que "(trans)féminin-e" et "(trans)masculin-e" ? Le placer là, ne risque-t-il pas d’entraîner la confusion avec la transidentité abordée juste après ?

    Ce que je ne comprends vraiment pas, c'est la position des trans. Une trans est intermédiaire entre femme et neutre de genre ? Les trans seraient moins femme ou homme que les cis ? La suite infirme cette interprétation. Mais du coup, je ne comprends rien à ce graphique.



    "Une personne dont le genre ne correspond pas à celui attribué à la naissance est transgenre :"

    J'aurais plutôt dit : "Une personne qui n'est pas d'un genre correspondant à celui attribué à la naissance est transgenre". (moins la négation pour cisgenre)

    Pourquoi cette nuance de formulation ? : parce qu'en mettant le négatif avant le genre, on inclut la possibilité que la personne soit d'aucun genre. Sinon, il faudrait écrire "Une personne dont le (non)genre ne correspond..." C'est assez lourd, me semble-t-il.

      • Mercredi 16 Mars 2016 à 17:39

        Merci pour tes ajouts très pertinents ! Je ferai effectivement quelques corrections :) Alors pour le graphique, je me réfère au spectre des genres où l'on trouve certains genres non-binaires tels que les genres féminins, masculins avec différentes intensités et le neutre. J'ai ajouté le trans car certaines personnes non-binaires vont l'utiliser : par exemple une personne afab dont le genre est partiellement masculin pourra s'identifier au terme transmasculin-e s'iel le souhaite. Je me rends compte que c'est effectivement pas super clair sans explications supplémentaires… :S 

      • Vendredi 18 Mars 2016 à 19:29

        J'ai remplacé l'image par une image plus claire !

    2
    Kris(sounette)
    Samedi 19 Mars 2016 à 18:48

    Effectivement, je trouve ça bien plus clair.

      • Samedi 19 Mars 2016 à 18:53

        :D

    3
    Spangle
    Jeudi 9 Juin 2016 à 16:58

    Cool, les cis autour de moi vont avoir encore plus d'outils pour devenir de meilleur's allié's.

    Voici quelques autres mots, créés par parler des organes génitaux indépendamment du genre : "chatous", "bitous" et "altous". Cela désigne uniquement la morphologie des organes génitaux, il ne faut surtout pas les utiliser en-dehors de ce contexte concret. "les chatous peuvent très bien faire pipi debout" mais "les bitous hommes sont fatigants avec leur virilisme".

    Et sinon à côté de iel, j'utilise l'apostrophe pour ne pas être genré' de façon binaire par le langage. Ça me permet d'affirmer ma non-binarité sans trop me battre avec mon clavier, et surtout avec la cisnormativité quand j'ai pas l'énergie pour ça (les gens les plus obtus' se contentent de croire que c'est une faute de frappe... et évitent curieusement de la relever).

    Bisoucoeurs !

      • Jeudi 9 Juin 2016 à 18:51

        Je suis heureux que les ressources ici te permettent de former des allié-e-s ;)

        Et je dirais même plus "les hommes cis sont fatigants avec leur virilisme" :p 

        Bisoucoeurs à toi !

    4
    Kris
    Mercredi 31 Août 2016 à 15:20

    "un rapport sexuel et mais n’est pas le sens qui nous préoccupe aujourd’hui, les organes génitaux au sens retreint"

    En fait les organes génitaux impliqués dans la sexualité (pas un utérus par exemple). Les 2 premiers sens touchent à la sexualité alors que le 3" à la sexuation. On a l'impression avec "restreint" vs "large" que les 2 et 3 sont proches, alors que le 3 me semble le plus à part.

     

    5
    Kris
    Mercredi 31 Août 2016 à 15:24

    "A la naissance". Je te recommande d'écrire plutôt "À" (idem pour les autres accents, comme sur le E).

     

      • Jeudi 1er Septembre 2016 à 17:49

        Oui mais c'est chiant à taper xD

    6
    Kris
    Vendredi 2 Septembre 2016 à 14:49

    Sur logiciel de texte, en général quand tu tape une minuscule en début de phrase, ça la passe directement en majuscule en gardant l'accent. C'est plus chiant pour écrire dans une boite mails, un forum, ou par exemple un commentaire ici.

    7
    Martin
    Mercredi 15 Février 2017 à 02:44

    Très bon article ! J'ai appris énormément de choses, merci beaucoup ^^

    Cependant, j'ai une question : lorsque j'ai recherché dans de nombreux dictionnaires la définition de "homme", ça dit : adulte de sexe masculin. Et je n'ai même pas trouvé de mots comme cisgenre. Donc je ne sais pas trop si je dois considérer cet article comme "exact". Par exemple durant un examen, il serait incorrect d'intégrer ces mots-là ?

      • Jeudi 16 Février 2017 à 09:19

        Merci :) 

        Il y a en effet beaucoup de mots qui ne sont pas dans le dictionnaire. Raison simple : le dictionnaire est fait par des gens qui font partie du groupe dominant. Restreindre le langage des personnes opprimées fait partie intégrante de l'oppression car ça les empêche de s'exprimer sur leurs vécus.

        Il ne serait pas nécessairement incorrect d'inclure des mots comme "cisgenre" dans un examen car si tu dois traiter ce sujet correctement, tu auras besoin de vocabulaire, ce qu'il est impossible de faire si on utilise uniquement le langage académique restreint par le groupe dominant. Ce que je conseille de faire, c'est de donner les définitions au début pour que la personne qui te lira soit sûre de te comprendre. Il y a toujours la possibilité d'avoir un-e correcteur-ice transphobe ou hyper à cheval sur le dictionnaire qui refusera l'emploi de ces mots, mais bon je considère que cette personne aurait tord. De plus, même sans parler de transidentité, des néologismes sont inventés tous les jours. La langue est un outil de communication qui évolue constamment, ça n'est pas figé.

        Le dictionnaire décrit homme comme sexe masculin dans un sens bien évidemment transphobe puisque le dictionnaire n'est pas inclusif. Ceci dit, si on sort de ce cadre transphobe où "sexe masculin = personne avec pénis", un homme (même trans) est bien une personne de sexe masculin car le sexe est également un outil de catégorisation sociale plus que biologique. Pour cela, je te renvoie à l'article suivant : https://furiegelatine.wordpress.com/2016/03/08/le-sexe-et-le-genre-sont-en-fait-la-meme-chose-mais-ne-partez-pas-si-vite/ 

    8
    Boiiiiiiiiiiii
    Mercredi 14 Juin 2017 à 19:32

    Bonjour, j'essaye désespérément de comprendre le mouvement transgenre, qui est très présent au Etats Unis. Donc pour un fois que je tombe sur un blog français j'en profite pour poser mes questions.

    Si j'ai bien compris on fait déjà la séparation entre sexe et genre qui sont deux chose différentes, mais c'est la que je ne comprends pas, pcq la seule chose qui nous différencie entre humain outre les origines ethniques ou physique (genre petit ou long nez etc...) c'est notre sexe qui est soit homme, femme et une troisième catégorie que je ne saurais nommé qui comprendrais les hermaphrodites et les transsexuels entre homme et femme.

    Alors du coup pourquoi ont rapproche ça au genre? Pourquoi le genre n'est pas tout simplement la personnalité de l'individu, c'est quoi être une femme transgenre? Pour une femme, la seule différence que je vois avec les hommes c'est le sexe. J'aimerais vraiment qu'on m'explique j'essaye de comprendre, ne voyez pas d'hostilité, mais j'ai l'impression qu'on essaye de changer comment le système marche mais tout ça sans faire de débat.

    Je vous remercie d'avance, si quelqu'un accepte de me répondre pour rendre tout ça plus clair :)

      • Questionnement
        Jeudi 9 Novembre 2017 à 01:08

        Je me suis posé la même question.

        Au final le mot "genre" n'est jamais défini et on ne sait même plus de quoi on parle.

      • Samedi 11 Novembre 2017 à 17:22

        Salut, 

        le genre est psycho-social, c'est une notion culturelle. Il y a des différences sociologiques entre les différents genres. On ne parle donc pas de biologie quand on parle de genre !

    9
    Lundi 1er Janvier à 18:13

    Donc si j'ai bien compris, le fait d'être transgenre est une identité de genre ? Ou ça a un autre nom ?

      • Mercredi 3 Janvier à 10:12

        Transgenre n'est pas une identité de genre en soi, puisque cela signifie ne pas être du genre assigné à la naissance. Le genre d'une femme transgenre est femme. Le genre d'un homme transgenre est homme. Le genre d'une personne transgenre non-binaire est non-binaire. Transgenre décrit plutôt un rapport au genre assigné qu'une identité de genre en soi.

    10
    POK
    Jeudi 8 Février à 11:47

    Je suis en train de lire cet article et j'avoue ne pas être tout à fait d'accord avec tout ce qui y est dit, j'aurais quelques questions du coup, d'abord sur le genre, comment le définissez vous ? 


    J'ai l'impression en lisant ce qu'il y a ici que le genre se réduit uniquement à l'identité, qu'il est uniquement psycho-social ou culturel donc que techniquement n'importe qui peut être de n'importe quel genre, réfutant ainsi tout lien entre biologie et genre. 

     

    Or il faut quand même être un minimum honnête, vous avez dit que 98% des gens sont cisgenres, c'est à dire que le genre auquel ces personnes s'identifient correspond à leur genre attribué à la naissance, qui lui même est déterminé par ce qu'on considère comme leur sexe biologique ( je précise ce qu'on considère puisqu'on ne fait pas de test ADN ). Comment réfuter tout lien biologique donc, alors qu'il existe un lien statistique aussi flagrant ? Peut-on vraiment affirmer que c'est uniquement une affaire culturelle et sociale ? 

     

    Je ne sais plus exactement qui avait fait ça, mais il me semble que des féministes avaient essayé d'élever leurs enfants en leur imposant de jouer avec des jouets correspondant au genre opposé à celui attribué à la naissance à leurs enfants, et ces mêmes femmes ont arrêtés parce que leurs enfants au final ne voulaient pas y jouer, et voulaient quand même jouer avec les jouets attribués à leur genre. Bref si je retrouve la source je n'hésiterai pas à la reposter ici.

     

    Et quand on observe la nature autour de nous, on peut y voir des comportements liés au sexe de l'animal, chez les manchots, les mâles qui restent couver les oeufs en attendant que les femelles aillent chercher de la nourriture pour nourrir leur petit manchot à son éclosion etc... Il y a des comportements dans la nature qui sont associés au sexe, je trouve assez risqué de dire que chez l'homme le genre est une construction uniquement sociale. 


    Personnellement je pense que le genre est à la foi social et biologique. Que biologiquement une personne est prédisposée à s'identifier à tel ou tel genre, et que la société ensuite a étendu le genre à un rôle social. Parce que le genre ne se limite pas à l'identité, il définit aussi le rôle d'un individu dans la société, et dans la cellule familiale également. Ça n'exclue pas que des gens soient biologiquement prédisposé à être transgenre ou genderqueer pour être plus générique. Du coup est-ce vraiment pertinent de limiter le genre à une identité ? 

     

    Il me semble que quand l'enfant grandit, il prend conscience de son genre quand il prend conscience de la notion de genre tout court. Et même ça j'aurais du mal à l'expliquer avec ce mot genre, parce que cette prise de conscience ce fait avec le sexe. L'enfant qui prend conscience qu'il a un appareil génital mâle va s'identifier en général comme mâle et va donc adopter le comportement que son environnement définit comme celui d'un mâle. Pour avoir discuté avec quelques transgenres, certains semblent avoir toujours pensés qu'ils étaient réellement des filles et que leur sexe changerait ( désolé si la formulation est transphobe, je remet pas en cause qu'une femme trans soit une femme au même titre qu'une femme cis, je parle simplement d'apparence ici et j'ai pas forcément le vocable le plus adapté ). Évidement ce n'est pas le cas de tous les trans, la transidentité est une expérience que chacun vit différemment. Cependant il me semble que ce point fait sens, sans pour autant remettre en question la légitimité des personnes transcendes et leur combat.

     

    J'aimerais aussi revenir sur la notion de maladie. Et pour ça je vais avoir besoin de rappeler certains points essentiels qui permettent de définir la maladie. Déjà la maladie c'est un rapport entre l'individu et la société, la maladie c'est la reconnaissance par la société d'un trouble chez l'individu, mettant l'individu dans un rôle de malade que toutes les sociétés à travers l'histoire, vont essayer de guérir. Donc définir la maladie c'est définir le rapport d'un individu avec la société. L'obésité au XVème siècle était signe de bonne santé par exemple, on disait de quelqu'un qu'il était bien portant par exemple. Aujourd'hui l'obésité est une maladie. Donc la maladie n'est pas une définition immuable et elle vient à changer au cours du temps, l'homosexualité n'est plus une maladie par exemple. Cependant aujourd'hui le consensus médical considère toujours la dysphorie de genre comme une maladie. Pour faire simple, on considère qu'une personne qui ne s'identifie pas à son genre assigné à la naissance est une personne malade. 

     

    Effectivement vu comme ça, on se dit que cette définition est assez vétuste, et qu'il faudrait la revoir et la mettre à jour. Mais il faut avancer qu'on essaie un minimum de définir la maladie. Bon pour ça je vais devoir me baser sur les travaux de Georges Canguilhem, philosophe français qui a révolutionné la philosophie médicale et la notion de maladie. Canguilhem va faire une thèse pendant ses études : Le Normal et le Pathologique. Et ce que dit Canguilhem est simple : d'abord il introduit deux notions de la normalité : le normal peut être descriptif, et à ce moment là, la norme est une norme statistique, une moyenne donc. Et le normal peut être prescriptif : c'est ce qui est considéré comme juste pour l'individu, et la norme devient une valeur propre à chaque individu. Canguilhem va donc critiquer les médecins de son époque en disant qu'ils confondent souvent ces deux définitions, et que c'est bien sur le normal prescriptif qu'il faut se baser pour soigner un patient : le faire rentrer dans la norme descriptive alors que ça l'éloigne de sa norme prescriptive ce serait au final rendre le patient plus malade qu'il ne l'est déjà. Mais il ne s'arrête pas là, Canguilhem définit la maladie comme une entrave à la liberté de l'individu, pour lui la santé c'est la capacité de l'individu à se créer des normes : c'est ce qu'il appelle la normativité. Il définit aussi la normalité comme l'adaptation d'une individu à un milieu social figé. Il faut que l'individu s'adapte avec son milieu et dès lors qu'il n'y arrive plus, il devient malade. Et ça vaut pour toutes les maladies actuelle : dès lors qu'on a une grippe on a un peu plus de mal à travailler, dès lors qu'on a une dépression idem, et j'ai envie de dire, dès lors que notre identité de genre ne colle pas avec notre genre assigné, on a bien souvent du mal à vivre normalement, à s'adapter à son milieu, à vivre selon nos normes de vie tout en s'appropriant les normes sociales et en contribuant à les transformer.

     

    Donc je ne dirais pas que tous les trans sont malades. Bien au contraire, je dirais que seuls les trans qui souffrent à cause de leur incapacité à concilier leur norme de vie et la norme sociale sont malades. Et il faut bien les soigner, pour beaucoup d'entre eux, le soin c'est la transition, c'est leur moyen de concilier les deux normes, et de vivre normalement. Donc il est faut de dire que ce n'est pas une maladie, la définition de la dysphorie de genre est fausse, c'est certain, une définition plus appropriée n'engloberait que les personnes qui n'arrivent pas à concilier leur identité de genre avec l'idée de genre que se fait la société, et donc les personnes qui pour aller mieux changent de nom, d'identité, d'apparence etc... Ça ne concerne donc pas tous les trans, ça n'est pas pathologique pour tous les trans puisque certains peuvent très bien ne pas s'identifier à leur genre assigné à la naissance mais concilier leur norme de vie et la norme sociale sans mal-être et sans aide médicale. Voilà en quoi je réfute le fait de dire que ce n'est pas une maladie. Ce n'est pas une maladie pour tous les trans mais ça reste une maladie pour beaucoup d'entre eux. 

     

    Enfin pour ce qui est des genre non-binaire, ma vision de la société m'empêche vraiment de les prendre au sérieux, comme je l'ai dit le genre ne se résume pas à l'identité et si c'est une construction sociale, elle se base sur le sexe de l'individu et définit son rôle dans la société, que ce soit une bonne ou une mauvaise chose, donc sexe et genre sont quand même liés même si ils ne sont pas destiné à être cadenassés ensemble et que tout le monde doit pouvoir remplir le rôle social que l'on se sent de remplir. Ce n'est pas simplement une identité, or quand je vois votre article sur les xenogenres, j'ai l'impression qu'on réduit le genre à l'identité, au "moi je" et qu'il y a un grand vide derrière : quand je vois le "cani genre" ou un truc dans le genre ou la personne s'identifie aux chiens j'ai du mal à comprendre son intégration en société ni même le rôle social auquel la personne s'identifie. 

      • Jeudi 8 Février à 17:53

        Il y a peut-être un lien biologique (mais plus complexe que "vagin = fille" et "pénis = garçon"), cela je ne le réfute pas. Mais le lien statistique (98% des gens cisgenres) peut parfaitement s'expliquer par un phénomène majoritairement sociale, ie l'assignation de genre et le système de genre binaire. C'est à dire que si on te dit que t'es tel genre et qu'on te traite comme tel, tu as plus de chance de te construire socialement et psychologiquement comme ça (je simplifie pour faire passer mon idée mais cela consiste évidemment en des interactions sociales bien plus complexes). 

        La transidentité en soi n'est ni une maladie, ni un trouble, il y a des études sur le sujet donc je te laisse chercher.

        La non-binarité existe, on la documente dans différentes cultures et à différentes époques. Les choses sont rarement binaires que ce soit en sociologique, psychologie ou biologie et penser le contraire c'est manquer de perspective. 

        C'est sûrement pas la peine d'essayer de comprendre les xénogenres avant d'avoir les bases.

    11
    Kris
    Samedi 10 Février à 17:47

    Le comportement animal en fonction du sexe n'est pas un genre. Quand on parle du genre, on parle justement du fait d'être femme, homme ou autre. Du coup, oui c'est uniquement une identité, ça ne se mesure pas. Une personne peut être femme et avoir un comportement jugé dans la norme en vigueur comme masculins. Seule la personne peut définir son genre, en fonction de son propre ressenti. Sans assignation sociale, les autres espèces ne peuvent avoir de genre.

    Après, que le genre se construise en partie par des causes biologiques, je ne sais pas. Je n'ai jamais trouvé d'éléments convaincants dans ce sens. Ce qui n'exclut pas la possibilité. Mais ça ne change rien : il ne faut pas confondre ce qu'est le genre avec ses causes. Certaines maladies psy (je ne dis pas ça en rapport au fait d'être trans !) ont des origines biologiques (bipolarité par ex), d'autres des causes principalement sociales/éducatives (borderline par ex), d'autres directement psy (ou inconnues)... mais toutes sont des maladies psy. Ne pas confondre la nature du phénomène avec la nature de ses causes.

    Les travaux de Georges Canguilhem : ben c'est son idée. Mais je trouve plus judicieux de s'en tenir à l'idée qu'une maladie est ce qui cause un trouble à un individu pour une cause interne à cet individu (et dans des cas rare qui cause un tort notoire à d'autres, mais c'est un peu l'exception). Le fait qu'on juge un phénomène comme une maladie à une époque, et pas une autre, montre que la vision qu'on en a a changé, pas que le statut de maladie a changé. Quand le trouble d'une personne est dû par exemple à une discrimination (raciste, validiste...), ce n'est pas une maladie. Quand le trouble vient de la personne, si. Si la personne est différente d'une norme, mais n'en souffre pas, il n'y a pas de maladie. Après, ça reste parfois difficile de trouver la limite, même en pleine objectivité. C'est particulièrement le cas avec la dysphorie de genre.

    Si tu dis que toutes les personnes trans ne sont pas malades, alors la transidentité ne peut pas être une maladie. Les personnes trans que malades (ou jugées telles) ne sont pas malades d'êtres trans, puisque d'autres personnes trans ne sont pas malades. Les non malades ne sont pas des sortes de "porteuses sains", elles manifestent le fait d'être trans, ce n'est pas une sorte de virus inactif chez ces personnes. Donc si des personnes trans sont malades, ce n'est pas de transidentité !

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