• Quelle(s) protection(s) pour les règles quand on est trans ?

     

    CW : article qui contiendra des détails menstruels et anatomiques, pas toujours glamours et susceptibles de mettre mal à l’aise les personnes dysphoriques.

     

    Trop long ; pas le temps de lire : les sous-vêtements périodiques et la cup c’est bien, si vous avez envie d’essayer, ça peut aider avec la dysphorie et c’est plus discret que les protections plus classiques. Les serviettes et tampons jetables, je trouve ça nul et que ça aide pas des masses la dysphorie. Mais chacun-e est différent-e bien sûr, c’est que mon expérience.  

     

    Le rapport aux règles et/ou aux protections hygiéniques peut être plus compliqué quand on est trans en raison de la dysphorie liée directement aux règles/à l’anatomie des organes génitaux et/ou de la dysphorie liée au cissexisme – le fait que les règles et les protections associées soient considérées comme quelque chose de féminin.

     

    Aussi, j’aimerais passer en revue dans cet article les différentes protections existantes et leurs avantages et désavantages en général, mais également en prenant en compte les besoins spécifiques des personnes trans réglées. Je ne parlerai que des types de protections que j’ai moi-même testé donc certains peuvent ne pas figurer dans cette liste. Gardez également bien en tête que chaque personne est différente et donc vos préférences pour l’une ou l’autre des protections peut varier des miennes en fonction de vos besoins personnels.   

     

     

    1.    Les serviettes jetables

     

    Avec les tampons jetables, les serviettes jetables forment les protections hygiéniques pour les règles les plus classiques et que vous devez certainement connaître. C’est ce qu’on voit dans les pubs à la télé et qui se vend par paquets dans n’importe quel supermarché. En gros, c’est une bande de coton blanc qui se colle sur le fond de la culotte et absorbe les menstruations. Ca dure 4 à 6 heures dans mes souvenirs selon le flux que j’avais, puis on la jette et on en met une neuve. C’est ce que j’ai porté exclusivement de mes premières règles (11 ans) jusqu’à 18 ans environ car je n’aimais pas les tampons et ne connaissait pas d’alternatives. A partir de 18 ans, j’ai commencé à utiliser des tampons en alternance avec les serviettes jetables puis j’ai définitivement arrêter à la fois les tampons et les serviettes jetables à l’âge de 21 ans – raison : je les supportais absolument plus et j’ai trouvé de meilleures alternatives (dont on parlera tout à l’heure).

     

    Pour en revenir spécifiquement aux serviettes jetables, personnellement, je les exècre au plus haut point. Déjà, c’est pas du tout confortable, on a truc épais dans la culotte avec effet macération dans son propre sang (désolé pour les détails). Pour couronner le tout, je trouve que c’était hyper irritant pour moi et à la fin je les supportais plus du tout, c’était une véritable horreur. Enfin, leur utilisation ne correspondait pas du tout à mes valeurs, puisqu’elles ne sont ni bonnes pour la santé (elles sont bourrées de produits chimiques) ni écologiques (puisque jetables).

     

    Pour ce qui est des aspects spécifiques au fait d’être trans, devoir aller les acheter alors qu’elles sont au rayon « féminin » et passer en caisse avec, ça peut être hyper malaisant, et surtout pas du tout discret si vous cherchez à ne pas vous outer. C’est aussi un type de protection qu’il faut souvent changer aux toilettes publiques, or les toilettes des hommes ne comportent pas de poubelles. A cela on peut ajouter le côté zéro discrétion de l’opération puisqu’en général la serviette qui se décolle de la culotte et la manipulation des emballages qui vont avec, ça fait du bruit. On peut également noter que la serviette se fixe mal sur des boxer et des calçons.

    Je veux bien leur céder quelques avantages : comme ça se jette, on n’a pas à faire de lessive, ça se trouve facilement partout pour dépanner et c’est une protection externe (contrairement au tampon qui s’insère dans le vagin) donc cela peut aider pour la dysphorie si les protections internes vous pose problème.

     

    En résumé :

     

    Avantages :

    *Protection externe (si on ne peut pas porter de protection interne pour cause de dysphorie, vaginisme, etc.)

    *Pas de lessive à faire

    *Se trouve partout facilement

     

    Désavantages :

    *Prix cumulé cher (puisqu’il faut en acheter tous les mois)

    *Non écologique

    *Mauvais pour la santé

    *Peu confortable 

    *Peu discret (achat et changement aux toilettes) 

    *Dysphorie liée à l’étiquetage féminin, le manque de discrétion, etc.

    *Se fixe mal sur des boxer et des calçons

    *Ne se porte pas à la piscine ou à la mer 

    *Impossibilité d’avoir des relations sexuelles impliquant cette partie du corps si vous ne voulez pas être confronté à du sang puisque la protection est externe 

     

    2.    Les tampons jetables

     

    Les tampons jetables sont un rouleau de coton qui s’insère dans le vagin et absorbe les menstruations. Une ficelle rattachée au tampon pend au dehors du vagin et on tire dessus pour récupérer le tampon usagé et le jeter. C’est un peu la version interne des serviettes jetables ; ils ont donc beaucoup de désagrément en commun – l’achat et le changement qui manquent de discrétion, le côté mauvais pour la santé, pas écologique et pas économique. Pendant la période où j’en ai porté, j’ai personnellement trouvé que cela m’asséchait et m’irritait le vagin. En effet, en plus d’absorber les menstruations, le tampon absorbe les autres fluides naturels du vagin qui le protègent et le lubrifient, c’est donc pas top. Les avantages du fait que ce soit une protection interne (c’est à dire qu’on a pas de sang sur soi, on peut aller à la piscine etc.) sont vites perdus à mon sens : j’avais souvent des fuites même quand il n’était pas plein car ça coulait sur le côté ou sinon il était rapidement plein (max 4 heures de port pour moi) ; la ficelle pendouille hors du vagin donc c’est pas vraiment hygiénique puisque les saletés extérieures remontent par la ficelle dans le vagin (miam à la piscine notamment).    

     

    En résumé :

     

    Avantages :

    *Protection interne (on ne se salit pas autant)

    *Pas de lessive à faire

    *Se trouve partout facilement

     

    Désavantages :

    *Prix cumulé cher (puisqu’il faut en acheter tous les mois)

    *Non écologique

    *Mauvais pour la santé 

    *Peu discret (achat et changement aux toilettes)

    *Dysphorie liée à l’étiquetage féminin, le manque de discrétion, etc.

    *Ficelle qui pendouille peu hygiénique 

    *Assèche le vagin

    *Fuites courantes

    *Impossibilité d’avoir une pénétration vaginale (puisque protection interne)

      

    3.    Les serviettes lavables

     

    Quelle(s) protection(s) pour les règles quand on est trans ?

    Différentes tailles de serviettes lavable (à gauche, taille protège slip).

     

    Les serviettes lavables sont composées d’une bande de tissu (les miennes sont en coton bio de la marque lunapad – je me souviens plus si l’emballage était discret quand je les ai reçues par la poste honnêtement, il me semble que si) qui se met dans la culotte et absorbe les menstruations. Comme on ne peut pas la coller sur la culotte contrairement aux serviettes jetables, on rabat les ailettes sur le revers de la culotte et on les maintient avec le bouton pression prévu à cet effet. Une fois usagée, on la lave puis on la fait sécher et on peut la réutiliser. Pour la laver, il suffit d’abord de la passer sous l’eau froide en l’essorant régulièrement – l’eau ressort rouge au début puis s’éclaircit au fur et à mesure et il faut le faire jusqu’à ce que l’eau sorte claire – puis une fois cela fait, mettre de la lessive, frotter et rincer. J’aime bien les passer en machine après le lavage main parce qu’elles ressortent plus douces mais c’est pas un passage obligé.  

     

    Il existe plusieurs tailles de serviette lavables (tout comme pour les jetables) et certaines disposent de petits élastiques (cf. photo) qui permettent d’y caler un rajout de tissu qui rendra la serviette plus épaisse. C’est pratique pour les nuits de « grandes eaux » ou bien au court de la journée, quand le rajout est plein, on l’enlève et en dessous on a une serviette propre (donc une même serviette dure plus longtemps, l’intérêt premier c’est que les rajouts coutent moins cher qu’une serviette entière, sont moins chiant à laver et sèchent plus vite). Personnellement, j’aime pas sentir les élastiques (je suis hypersensible sensoriel), donc j’ai pris l’habitude de les rabattre au revers de la serviette pour pas les sentir. La nuit je cale le rajout entre la serviette et la culotte (donc au revers de la serviette grâce aux élastiques). Ca me permet d’avoir une serviette plus épaisse au cas où et de toute façon je vais pas retirer le rajout en plein milieu de la nuit donc je m’en fous qu’il soit au dessus ou au dessous. Le jour je porte rarement des serviettes lavables de toute façon donc je n’ai pas eu besoin d’utiliser les rajouts dans ces cas-là.

     

    Quelle(s) protection(s) pour les règles quand on est trans ?

    Le rajout et la serviette lavable (avec les élastiques pour tenir le rajout)

     

    Après une bonne nuit complète (environ 10 heures) à mon flux le plus abondant, j’ai trouvé qu’on était au sec dans ces serviettes et qu’il n’y avait pas d’odeur désagréable (contrairement aux serviettes classiques). En fait, j’étais plutôt surpris parce qu’avec les serviettes jetables, j’avais souvent la sensation d’être mouillé et collant (genre effet couche bonjour), et c’est pas du tout le cas avec les serviettes lavables. Par contre, on sent quand même une épaisseur dans la culotte, donc c’est pas un confort optimal (genre j’irais pas faire une randonnée avec ça). Je ne les utiliserais pas en protection principale mais c’est une bonne protection d’appoint, pour la nuit ou les urgences (pas toujours évident de mettre une cup dans des toilettes publiques, parfois avoir une serviette en tissu sous le coude est bien pratique). Ces serviettes m’ont bien dépanné en cas de fuite de la protection interne (cup) d’ailleurs. Ca arrive très très rarement que ma cup soit pleine avant la fin de la journée (et donc commence à fuir), mais quand ça arrive et qu’il me reste peu de temps avant d’arriver chez moi et que j’ai pas de toilettes bien propres à ma disposition, je glisse tout simplement une serviette (taille protège slip) dans ma culotte et je m’occupe de tout ça tranquillement une fois à la maison.  

     

    Si vous avez utilisé une serviette durant la journée et que vous allez la changer dans les toilettes publiques, les désavantages de la serviette jetable disparaissent : il n’y a pas de bruit car rien à décoller, pas d’emballages plastiques et on doit rien jeter donc pas de soucis si pas de poubelle. Par contre, il faut plier la serviette usagée puis la ranger dans une pochette dans son sac. Et comme la serviette jetable, ça se fixe mal sur les boxers et calçons. Du coup, je trouve que quand on est trans c’est bien mieux que les serviettes jetables mais pas optimal non plus, surtout si ça vous pose problème de nettoyer du sang. Je trouve que la lessive et le temps de séchage est un peu contraignant aussi – ça prend pas des masses de temps à nettoyer non plus, mais j’ai pas le temps de la faire le matin avant d’aller travailler pour ma part, ce qui fait que la serviette n’aura pas le temps de sécher propre pour le soir.

     

    En résumé :

     

    Avantages :

    *Protection externe (si on ne peut pas porter de protection interne pour cause de dysphorie, vaginisme, etc.)

    *Economique (puisque réutilisable) 

    *Ecologique (puisque réutilisable) 

    *Pas de produits chimiques mauvais pour la santé

    *Discret puisque pas besoin d’en racheter tout le temps

    *Discret à changer aux toilettes publiques (pas d’emballages ni de déchets)

     

    Désavantages :

    *Confort pas optimal (ok pour la nuit, pas top pour le sport) 

    *Il faut se trimballer la serviette sale si on l’a changée hors de chez soi

    *Se fixe mal sur des boxer et des calçons 

    *Ne se porte pas à la piscine ou à la mer 

    *Impossibilité d’avoir des relations sexuelles impliquant cette partie du corps si vous ne voulez pas être confronté à du sang puisque la protection est externe 

    *Lavage et temps de séchage

     

    Oh et avant que je termine ce paragraphe, si c’est trop cher à acheter, vous pouvez coudre vos propres serviettes ! En tapant « tutorial reusable pads » comme recherche, vous trouverez plein de tutoriels différents. Je dirais donc que pour les petits budgets, il me semble que c’est un avantage vraiment non négligeable.

     

    4.    Les sous-vêtements périodiques (ou culottes de règles en moins classe, parce que je suis rarement classe dans la vraie vie)

     

    Quelle(s) protection(s) pour les règles quand on est trans ?

    En anglais ça s’appelle des « period underwear » si vous avez besoin de chercher. En gros, il s’agit tout bonnement d’une culotte (ou d’un boxer) qui est faite dans un tissu absorbant. Donc on ne met que ça et c’est bon, pas besoin d’autre protection.

    Il existe différents modèles adaptés à différents flux. Les miennes sont de la marque Thinx, et sur le site l’équivalent en tampons est indiqué pour vous donner une idée. Je les ai acheté chez Thinx parce que d’abord j’en ai entendu du bien, mais aussi et surtout parce que j’ai trouvé la marque inclusive : iels avaient fait une pub avec un homme transgenre donc ça c’était vraiment génial et ils ont un modèle qu’ils appellent « neutre dans le genre » (c’est un boxer) – alors honnêtement moi je supporte pas les boxer (vive l’hypersensiblité) par contre leurs culottes étant des modèles tout simples noir ou beige, je les trouve pas particulièrement « genrées » non plus donc ça m’a pas posé de souci de prendre les culottes (mais savoir qu’iels ont pensé à avoir un modèle neutre est vraiment cool, pour la dysphorie et puis juste le fait de savoir qu’on pense un peu à nous quoi). Lorsque j’ai reçu le paquet, l’emballage était aussi pas mal inclusif (il y avait des dessins de bas du corps qui portaient différents modèles, et y’avait des personnes grosses, minces, des poilues, épilées, une personne en fauteuil, etc. D’ailleurs, iels ont aussi pas mal de modèles racisé-e-s sur le site.) Quand vous le recevez, c’est pas écrit dessus que c’est pour les règles, on peut penser que c’est juste des sous-vêtements normaux, donc je dirais que c’est plutôt discret si on connaît pas la marque.

     

    J’ai en tout 6 culottes, de 4 modèles différents, que j’avais commandé en 2 fois à un an d’intervalle (parce que ça coute la peau du cul quand même en un seul achat, même si avec le temps ça s’amortit). Sur le site, iels proposent des packs personnalisés de 3, 4 ou 5 culottes et le prix est dégressif selon le nombre de culottes dans le pack donc j’avais acheté ça en 2 x 1 pack de 3 du coup. Donc j’ai :

     

    -       3 hipphuggers qui contiennent 2 tampons et demi,

    -       2 brief (qui sont en coton et qui sont sorties après mais sinon j’aurais acheté que ça dès le premier coup), qui contiennent 2 tampons,

    -       1 sport qui contient 1 tampon,

    -       1 cheek qui contient 1 tampon et demi.

     

    Tous mes modèles sont noirs, et avec ce nombre de culotte j’arrive à faire tout un cycle en ne portant que ça le jour et en portant des serviettes lavables la nuit. Ca tient bien, je trouve que les modèles les plus épais contiennent beaucoup de menstruations. Je les ai utilisé au boulot où je n’ai la possibilité de me changer que sur le temps du midi, et ça a bien tenu jusque là c’est à dire entre 7h30 et 13h (oui j’ai changé de culotte aux toilettes, ça se fait tranquille). Il n’y a pas d’odeurs désagréables et on est au sec, sauf au moment où ça coule quoi, mais une fois que c’est absorbé (et comme ça ne coule pas en continu), on est au sec. C’est très confortable, même celles qui ne sont pas en coton (alors que normalement je ne supporte pas d’autres matières  - vive l’hypersensibilité encore une fois). Par contre le tissu synthétique tient plus chaud que mes culottes en coton habituelles – mais je m’en accommode bien.

     

    La brief est la plus confortable, j’aurais même envie de la porter hors-règles lol. La hipphuger est confortable aussi, rien à redire. La sport, je la trouve confortable mais j’ai tendance à la trouver légèrement trop échancrée à mon gout, néanmoins je suis monté au Stromboli avec sans problèmes donc voyez, c’est du détail. La cheek je l’ai trouvé vraiment trop échancrée quand je l’avais enfilé la première fois, mais au cours de la journée je n’ai pas eu à m’en plaindre (genre j’y pensais plus du tout) du coup j’en conclus qu’elle était plus confortable que d’apparence.

     

    Le fait d’avoir juste à mettre une culotte et c’est tout, c’est absolument génial – notamment pour la dysphorie, ça peut vraiment aider à mon avis - en fait. La cup est une bonne solution mais en ce moment j’ai la flemme de la mettre et je trouve que les culottes sont top en protection principale aussi. Le seul truc contraignant, c’est qu’il faut encore une fois les laver et les faire sécher. Ca sèche rapidement quand il fait une bonne température, par contre en hiver ça peut mettre plus de temps (faut les mettre près du radiateur sinon lol).

     

    Par contre ATTENTION, il faut les laver à la main à l’eau froide en essorant le sang avant toute chose jusqu’à ce que l’eau soit claire, et surtout si vous les passez en machine ensuite : lavage à froid, pas d’adoucissant, pas de séchoir, sinon vous risquez d’abimer la couche de tissu imperméable.

     

    En résumé :

     

    Avantages :

    *Protection externe (si on ne peut pas porter de protection interne pour cause de dysphorie, vaginisme, etc.)

    *Economique (puisque réutilisable) MAIS chère d’un seule coup

    *Ecologique (puisque réutilisable)

    *Pas de produits chimiques mauvais pour la santé

    *Discret puisque pas besoin d’en racheter tout le temps

    *Confort optimal (ok pour la nuit, ok pour la journée, ok pour le sport)

    *Existe des modèles neutres

    *On met que ça et rien d’autre donc aide avec la dysphorie

     

    Désavantages :

    *Ne se porte pas à la piscine ou à la mer 

    *Impossibilité d’avoir des relations sexuelles impliquant cette partie du corps si vous ne voulez pas être confronté à du sang puisque la protection est externe 

    *Lavage et temps de séchage (je trouve néanmoins que tous les avantages de cette protection contrebalancent laaaargement ce petit désagrément).

     

    5.    La coupe menstruelle (ou cup)

     

    Quelle(s) protection(s) pour les règles quand on est trans ?

     

    La coupe menstruelle, ou cup de son petit nom, c’était ma protection number 1 depuis 2 ans. C’est une petite coupe en silicone (cf. photo) qui s’insère dans le vagin et recueille le sang. Une fois pleine, on la vide, on la rince, on la remet et on peut la réutiliser pendant 10 ans ! La mienne est de la marque Fleurcup, elle m’a couté 10 euros en promo (15 euros de son prix normal, il me semble qu’elle reste la cup la moins cher sur internet). J’en ai acheté 2 d’un coup, et les frais de ports étaient de 5 euros, donc en tout 25 euros pour plus de 10 ans, imaginez à quel point c’est économique. Sur le site Fleurcup, vous pouvez consulter la notice d’utilisation pour bien faire tout comme il faut (il faut la stériliser au début du cycle dans de l’eau bouillante).

     

    Quelle(s) protection(s) pour les règles quand on est trans ? 

    C'est beau quand même

     

    [Si vous voulez plus de détails sur mon utilisation de la cup et des conseils, lisez le paragraphe suivant, sinon sautez jusqu’aux prochains crochets en rouge. Attention, des détails anatomiques et menstruels seront mentionnés.] 

    Personnellement, je la stérilise dans l’eau bouillante au début de mes règles avant de l’insérer. je prends donc la casserole à pâtes (oui oui, aucun souci, mais si ça vous dégoute vous pouvez avoir une casserole consacrée uniquement à votre cup), et exactement comme pour faire cuire des pâtes, je mets de l’eau à bouillir, quand ça bout j’y met la cup et je la laisse bouillir pendant 5 minutes. Ensuite, je me lave bien les mains au savon, je rince la cup sous l’eau froide (ne vous insérez pas une cup bouillante dans le vagin s’il vous plait – astuce : vider une partie de l’eau bouillante (sans vider la cup avec hein) et mettre de l’eau froide dans la casserole évite également de s’ébouillanter les doigts) puis je la plie en forme de C et je l’insère (la position accroupie est la plus simple pour moi, mais certain-e-s le fond debout en mettant un pied sur un tabouret, ou assis-e sur les toilettes apparemment).

     

    Elle se déploie dans le vagin, je vérifie en faisant le tour avec mon doigt qu’elle est 1. bien dépliée 2. que le col de l’utérus est bien au dessus (sinon ça sert à rien, c’est comme verser une bouteille à côté du verre). Puis je presse dessus et contracte un coup les muscles du vagin, ça chasse le surplus d’air (sinon vous avez des risques de fuites) – cf. ça s’appelle la méthode Marisette. Ensuite je la fais tourner sur elle-même, c’est juste une vérification supplémentaire et c’est bon (tout ça prend pas beaucoup de temps, c’est rapide à faire).

     

    Alors, quand vous recevez la cup neuve, elle comporte une longue tige, que vous devez couper (ou pas) de façon à ce qu’elle ne dépasse pas de votre vagin quand la cup est bien positionnée (en effet, on a pas toustes la même taille de vagin). Il y a des crans sur la tige et vous pouvez faire des essais en coupant au fur et à mesure jusqu’à ce que soit à la bonne taille. La tige ne sert qu’à vous aider à récupérer la cup dans le vagin après usage en fait. Moi je l’ai coupée entièrement (vous êtes trop heureuxes de le savoir je pense) donc sur la photo y’a plus de tige. Alors, coupez pas au dessus du dernier cran sinon vous allez couper le fond de la cup lol.

     

    Bref, une fois bien mise, la cup peut se garder maximum 12 heures (ensuite ça dépend de votre flux). Pour la retirer, on cherche le fond en se guidant avec la tige (à moins que votre vagin soit aussi petit que le mien, vous n’aurez pas à la chercher bien loin), on pince le fond (on tire pas sur la tige en principe !) et on la tire doucement vers le bas en détendant les muscles du vagin.

     

    Si on n’arrive pas à l’attraper, faut pas paniquer, faut détendre les muscles du vagin, pousser dessus un peu si besoin, elle va descendre. Alors là, faut faire preuve d’un maximum d’habilité pour l’opération suivante surtout si elle est pleine à ras-bord. Faut la sortir et la maintenir droite jusqu’à la destination où vous la viderez (douche, toilettes, lavabo ; moi je la vide généralement dans le lavabo). Ca m’est arrivé une fois, j’étais mal réveillé et j’ai été un peu brute, la salle de bain c’est devenu une scène de crime XD. Bon c’est pas dramatique, mais j’avais l’air malin tiens.

     

    Bref quand tout se passe bien, je la rince sous l’eau froide, en nettoyant bien tout, y compris les trous. Je ne la lave jamais au savon, mais vous pouvez éventuellement la laver avec du savon sans parfum pH neutre.

     

    Quand j’ai fini de l’utiliser après mes règles, je la stérilise de nouveau et je la range dans sa pochette.  

    [Fin détails cup.] 

     

    La cup, je peux la garder toute la journée, et la vider le matin et le soir chez moi, donc c’est hyper pratique. J’ai pas à penser à mes règles durant toute la journée (bon à part les crampes). Elle ne fuit jamais si elle est bien positionnée. Je pense que ça peut aider vachement avec la dysphorie. J’ai même entendu des mecs trans dire qu’ils pensaient qu’utiliser une protection interne serait mauvais pour leur dysphorie (y mettre les doigts tout ça) mais que finalement la cup ça a été tout le contraire, elle a diminué leur dysphorie, puisqu’on a pas à y penser de toute la journée.

     

    Avantages :

    *Protection interne (on ne se salit pas, on y pense pas, etc.)

    *Economique (puisque réutilisable)

    *Ecologique (puisque réutilisable) 

    *Pas de produits chimiques mauvais pour la santé

    *Discret puisque pas besoin d’en racheter tout le temps

    *Discret puisqu’a priori ne se change pas aux toilettes publiques

    *Confort hyper optimal

    *On n’a pas à y penser de toute la journée, donc aide avec la dysphorie

    *Se porte à la piscine ou à la mer

    *Rien ne dépasse du vagin, donc idéal pour avoir des relations sexuelles n’impliquant pas de pénétration vaginale

    *Espace de stockage réduit (prend très peu de place)

     

    Désavantages :

    *Pas top si on doit la changer hors de chez soi dans les toilettes publiques (mais certains toilettes disposent d’un lavabo dans le toilette même, ou sinon vous pouvez juste la vider, l’essuyer avec du papier et vous la rincerez plus tard chez vous. Il y a aussi la possibilité d’emporter une petite bouteille d’eau avec vous. Le tout c’est d’avoir du savon pour pouvoir se laver les mains avant et après). 

    *Stérilisation pas super pratique en vacances si pas de plaques/micro-onde sous la main, mais vous pouvez la stériliser avant votre départ, la ranger de sa pochette à l’abri et la mettre ensuite sans la re-stériliser.

    *Impossibilité de pénétration vaginale lors des rapports sexuels.

    *Des fois on a la flemme de se mettre les doigts dans le vagin. C’est un peu comme le fait que des fois j’ai la flemme de mettre mes lentilles XD

     

    Pour les trucs que j’ai pas testé, je sais qu’il existe des tampons en tissu réutilisable, mais quand j’avais vu cette vidéo à ce sujet, ça m’a pas convaincu du tout, autant utiliser la cup je trouve. Le seul avantage, c’est que comme les serviettes lavables, vous pouvez acheter le tissu et vous le fabriquer.

    Il existe aussi l’éponge naturelle, mais je crois que c’est pas vegan. 

    Pour finir, il existe le flux instinctif libre, je vous mets le lien d’un article rédigé par une personne non-binaire à ce sujet. Le principe c’est que le sang ne s’écoule pas en continu en fait durant les règles, donc il suffit d’apprendre à sentir quand ça va couler et aller se vider aux toilettes. Ca ne me semble pas super praticable dans toutes les situations quand même mais ça peut être intéressant quand on est chez soi ou en complément d’une protection externe (j’ai plus ou moins testouillé cette combinaison avec les culottes de règles d’ailleurs, mais je suis pas au point lol). Enfin bon, pour moi c’est carrément impossible au boulot, puisque j’ai pas accès à des toilettes jusqu’à midi certains jours.

     

    Bon, je crois que j’ai fait le tour. J’espère que ça vous a donné quelques clés pour mieux choisir une protection qui vous convienne.   

     

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  • Commentaires

    1
    Deen
    Mardi 28 Novembre à 01:07

    Je trouve cet article très intéressant, j'aurais juste un petit truc à redire, dans les passages sur la serviette jetable, la serviette réutilisable et la culotte de règles tu cites dans les points négatifs "impossibilité d'avoir des relations sexuelles sans être confronté.e au sang puisque impossibilité d'être nu.e" (en gros, j'ai la flemme de remonter jusqu'à la citation exacte, j'avoue x) ). Je trouve que cette phrase implique qu'il faille nécessairement être nu.e pour avoir des relations sexuelles, or ce n'est pas le cas, on peut très bien faire ça en caleçon (ou en pantalon, etc.) si on veut (surtout si on souhaite pas forcément être pénétré.e). Je comprends ce que tu veux dire, mais peut-être qu'il serait plus pertinent de dire "impossibilité d'être nu.e sans être confronté.e au sang" ou quelque chose comme ça :)

      • Mardi 28 Novembre à 19:45

        Oui tu as raison, je voulais dire impossible en utilisant cette partie de son corps comme tu le précises bien.

    2
    Leo
    Mardi 28 Novembre à 20:17

    Ton article est très intéressant, merci !
    Pour les sous-vêtements, ce qui me bloque c'est que des nano-particules (d'argent) seraient utilisées, et qu'on n'a pas forcément le recul nécessaire sur l'impact que ça peut avoir sur le corps. J'attends d'en savoir plus, ou en tout cas d'avoir plus de transparence de la part des marques, avant de me lancer, ceci dit c'est la solution qui m'attire le plus !

      • Mardi 28 Novembre à 21:38

        J'avoue que j'étais pas au courant pour les nano particules. 

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