• Questionner son genre

    Lien vers le groupe facebook Non-binaire

     

    Note : certains articles ne sont pas encore disponibles

    1. Comment j’ai su que j’étais non-binaire : une découverte par hasard ?
    2. Les signes dans ma vie avant la découverte de mon identité non-binaire
    3. Faire le deuil de l’identité assignée à la naissance
    4. Conseils aux personnes en questionnement
    5. Selon quels critères puis-je m’identifier à tel ou tel genre ?
    6. Puis-je être trans (dont non-binaire) si… ?

     

    Note : il est possible que le plan soit modifié

  • (Avertissement : ici je ne discute que du fait de s'identifier ou non et n'aborde pas le sujet des critères éventuels requis aux yeux du corps médical en vue d'une transition.)

     

    Bonjour/bonsoir :)

     

    Et si on traitait un sujet un peu cool aujourd’hui ? Je me sens d’humeur à apporter une touche de légèreté aux concepts compliqués qu’on a vu précédemment. La question du jour est donc : selon quels critères puis-je m’identifier à tel ou tel genre ? Franchement, une seule phrase à dire – roulement de tambour… :

     

    Le seul critère pour s’identifier à un genre est

    de s’y identifier !

     

    Arc-en-ciel et licornes, paix et amour :3

     

    Non, non, ce n’est pas une blague… Je suis on ne peut plus sérieuxe. Personne n’a encore eu l’idée saugrenue de se pointer avec une liste de critères à remplir, et heureusement ! Il n’y a pas de règles. Alors oui bien sûr, la société cisnormative nous dira le contraire. Et si on… s’en contre-foutait ?! ;) (comme je disais dans l'avertissement, pour obtenir des hormones par contre, c'est une autre histoire).

     

    Que l’on soit bien clair : un nom de genre auquel on s’identifie n’est qu’une étiquette, ce n’est qu’un mot que l’on choisit pour exprimer son ressenti. On choisit certes ce mot parce que sa définition semble nous correspondre le mieux mais la réalité du genre, elle est en toi. Pas dans l’étiquette. Je veux dire, conceptuellement et objectivement, c’est quoi être une femme, être un homme, être agenre, etc. ? Je suis sûrë qu’il y a autant de réponses que de personnes car une réponse ne peut pas être objective ni universelle. Tout le monde vit son genre différemment car chaque être humain est unique. Objectivement, les étiquettes ne sont qu’un moyen de rassembler les gens sous une dénomination commune proche de leur ressenti mais il n’y aucunement un code du genre avec les règles à suivre pour réussir à rentrer dans telle ou telle catégorie avec un passe VIP. ^^ Ca n’existe juste pas, les choses ne marchent pas comme ça. Personne ne sait ce que ça signifie vraiment être le genre X parce qu’il n’y a pas de « vraiment » ! Chaque personne vit son expérience.

     

    Tu es ton propre genre. Tout le monde est son propre genre. L’étiquette n’est qu’un moyen de communiquer ton ressenti et de rassembler ceux qui ont un ressenti proche. Alors, si tu trouves qu’une étiquette de genre te correspond, tu as tous les droits de t’y identifier ! Il n’y a que toi qui puisse décider de ton genre, tu es lae seul.e maître.sse à bord de ton âme, personne ne peut te dire qui tu es ! Et si quelqu’un a le culot de te dire qui tu es censé.e être, qu’est-ce que tu dis de lui mettre ton majeur devant la face ? (Bon, fait peut-être pas ça en vrai parce que c’est pas bien O:) ).

     

    Sur ce, bonne journée/soirée ! ^^

    UESG

     

    Documentation sur le sujet :

    Playlist "what does it mean to be a man" de la chaîne YouTube FTMtranstastic

    Planche de la BD en ligne "Assignée Garçon"

    Partager via Gmail

    2 commentaires
  • Foire aux questions

    Comme d’habitude, je vais utiliser trans comme un terme parapluie englobant aussi les identités non-binaires.

     

    • Puis-je être trans si je ne le savais pas étant enfant ?

    Bien sûr ! Il y a beaucoup de personne transgenres qui ne l’ont découvert que bien plus tard, durant leur vie d’adulte. Dans une société où on nous conditionne pour être le genre assigné à la naissance, il n’y a rien d’étonnant dans le fait de ne pas prendre conscience de sa transidentité jeune. Donc si tu ne le savais pas étant enfant, cela n’invalide pas du tout ta transidentité !

     

    • Puis-je être trans si je n’éprouve pas de dysphorie de genre ?

    Certain.es pensent que la dysphorie est une expérience majeure de la transidentité mais d’autres personnes transgenres pensent que ce n’est pas nécessairement le cas. Personnellement, je pense qu’il n’y a que toi qui puisses savoir qui tu es et si tu es trans et que tu ne ressens pas de dysphorie, alors tant mieux !

     

    • Puis-je être trans si je ne souhaite pas effectuer de transition physique et/ou sociale ?

    Oui bien sûr, chacun suit son propre parcours et il n’y a pas une seule façon de vivre sa transidentité. Chacun transitionne – ou non - à sa manière. Il faut que tu fasses ce qui te met à l’aise TOI.

     

    • Puis-je être trans si je souhaite conserver mes pronoms et mon prénom de naissance ?

    Oui, il y a un certain nombre de personnes trans qui conservent leur pronom et prénom de naissance pour diverses raisons possibles. On peut d’ailleurs tout simplement être à l’aise comme ça ! De plus, si les prénoms sont genrés par le contexte social, ils sont objectivement non genrés, comme les habits.

     

    • Puis-je être trans si j’ai une expression de genre typiquement féminine/masculine ?

    Oui pour deux raisons : premièrement, car l’expression de genre et le genre ne sont pas directement reliés ; ainsi, être une personne afab très féminin.e et être non binaire, par exemple, n’est pas incompatible. Deuxièmement, « féminin/masculin » correspond en réalité à ce que la société perçoit comme étant féminin ou masculin.

     

    • Puis-je être trans si je veux garder mes cheveux longs ?

    Oui, pour les mêmes raisons que précédemment.

     

    • Puis-je être trans si je suis gay/lesbienne ?

    Oui car l’orientation sexuelle et romantique ne dépend pas du genre ; ce sont deux choses différentes. On peut tout à fait être, par exemple, un homme trans et être gay.

     

    • Puis-je être non binaire si je ne suis pas intersexe ?

    Oui car le sexe et le genre ne sont pas la même chose. Inversement une personne intersexe n’est pas forcément non binaire.

     

    • Puis-je être trans si je m’identifie partiellement/parfois à mon genre assigné à la naissance ?

    Oui, il est possible de s’identifier partiellement ou seulement à certains moments avec son genre assigné à la naissance. On peut avoir cela notamment avec les identités de genre non binaires suivantes (cf. glossaire pour les définitions) :

               - demiboy/demigirl

               - bigenre

               - genderfluid

               - …

     

    Si vous avez des questions auxquelles je n’ai pas pensé, posez-les dans les commentaires ! ;)

    Souvenez-vous qu’il ne s’agit que de mon avis et que je ne cherche à offenser personne. J’ai tendance à être quelqu’un de très inclusif et à considérer qu’on peut être trans dès qu’on ne s’identifie pas complètement à son genre assigné à la naissance. Et je ne suis pas seul à penser ça ! Je n’aime pas exclure des gens sous prétexte qu’iels ne sont « pas assez trans » ; je trouve que toute personne s’identifiant au terme trans est assez trans !

     

    Sur ce, bonne journée/soirée :)

    UESG

     

    Documentation sur le sujet :

    "It's ok to be feminine" (Chase Ross)

    "Trans enough (revisited)" + vidéos associées (cf. barre d'infos) (Chase Ross)

    "I'm not "trans enough"" (Ryan Cassata)

    "I'm not masculine enough" (Ty Turner)

    "Complicated intersex feels" (Lane S)

    "Thoughts on gender euphoria" (Lane for OutOfThisBinary)

    "Trans guys can be gay?" (Girlfriends TV) - attention, je ne recommande pas forcément cette chaîne car il y a eu une polémique sur ses vidéos sur le sujet et il y a effectivement certaines vidéos qui font un peu grincer des dents mais celle-ci je la trouve encore pas trop mal !

    Partager via Gmail

    3 commentaires
  • Bonjour/bonsoir tout le monde !

    J'écris mon histoire en espérant éclairer d'autres personnes… Bonne lecture.

     

               1.    Un poids invisible

     

    Mon chemin dans la vie s’est toujours frayé dans la douleur. J’avançais avec un poids inconnu sur les épaules. J’essayais de trouver toutes sortes d’explications à mon mal-être. Je luttais pour devenir une personne « normale ». Pour m’autoconditionner. Jusqu’au point où je suis à peu près arrivé à avoir l’air de cette personne que la société voulait que je sois. Puis, j’ai rencontré mon copain actuel et beaucoup de questions existentielles se sont endormies (comprendre : elles ont reculé pour mieux me revenir en pleine tronche plus tard).

      

               2.    Le questionnement de mon orientation : un rôle clé dans la découverte de ma non-binarité

     

    J’avais tout de même cette petite voix au fond de moi qui me disait « tu n’es pas hétéro, t’es bi, arrête de te mentir ». Et puis, il a fallu que je parte en stage à l’étranger pendant deux mois. Deux mois pour me concentrer sur moi sans le bruit de fond social, familial et amoureux qui m’embrouillait le cerveau. Au fond de moi, je savais qu’il fallait à tout prix que j’éclaircisse cette histoire de bisexualité qui me trottait dans la tête depuis… toujours ! Je savais déjà la réponse mais j’avais besoin de me faire mon propre coming-out à moi-même je crois. Alors je me suis renseigné à fond sur internet, YouTube, etc. Et puis je suis tombé sur une vidéo qui expliquait la différence entre bisexualité et pansexualité. Les genres non-binaires n’étaient pas mentionnés tels quels mais la personne disait « les genres, et pas que deux ». Ca m’a intrigué mais mes recherches sont vites tombées à l’eau car en français, si on ne sait pas quels mots clés taper, il est difficile de trouver des ressources. A ce moment là, je n’imaginais même pas ce que pouvaient être les « autres genres » et que je puisse être non-binaire.

    Bref, les jours sont passés, et parallèlement, je continuais d’être en questionnement sur mon orientation sexuelle et romantique (je reviendrai sur ce sujet dans la rubrique orientation). Je prenais donc le temps de plus m’écouter, de laisser mes sentiments fleurir au lieu de les étouffer, de les tuer dans l’œuf comme à mon habitude. Et je me suis surpris à avoir des pensées spontanées qui me paraissaient totalement absurdes. « Mais, moi des fois, je suis un garçon ». Il s’en suivait un grand « ta gueule, tu dis n’importe quoi, on est pas « des fois » un garçon, on l’est ou on l’est pas, ce que tu dis n’a aucun sens ! »

     

              3.    Une seconde de révélation

     

    Et puis, j’ai entrepris de nouvelles recherches, en anglais cette fois, toujours innocemment, sans suspecter la moindre transidentité ou non-binarité chez moi (résultat évident du manque d’éducation sur le sujet et du refoulement de mes sentiments…) Il devait être environ minuit ou une heure du matin quand je suis tombé sur une page en anglais avec des définitions basiques du style genderfluid, demiboy, demigirl, neutrois, agender. En lisant la définition de genderfluid, j’ai spontanément pensé « c’est donc ça, ça existe, j’ai le droit de me sentir comme ça, et je ne suis pas seul… » en même temps que tout mon corps se relâchait d’une tension que je ne soupçonnais même pas en moi. Le soulagement était tel que j’étais presqu’en larmes et je tremblais. Je ne comprenais pas cette réaction disproportionnée alors que trente secondes plutôt, je ne soupçonnais aucunement pouvoir être trans. Je me suis dit « C’est ça, c’est sûr, cette réaction spontanée n’est pas anodine. C’est la preuve. »

     

             4.    L’euphorie et la libération

     

    J’ai passé les jours suivants dans une euphorie de genre étrange. C’était comme si des petits bonhommes non-binaires faisaient une méga soirée dans mon cerveau. Je n’avais aucun doute. C’était l’évidence même. J’étais non-binaire depuis toujours, il me fallait juste le mot. Il a suffit d’une définition pour terminer le puzzle, pour ouvrir la porte, pour libérer l’oiseau de sa cage, pour ouvrir les yeux sur moi-même. Je n’ai pas eu de période de questionnement concernant mon genre. C’est le chemin vers la pansexualité qui a été déterminant dans mon chemin vers la non-binarité car le questionnement autour de mon orientation a ouvert d’autres portes en moi. Sur le coup, j’ai eu l’impression d’avoir découvert ma non-binarité par hasard. Mais je ne crois pas qu’il y ait eu un quelconque hasard dans cette découverte. C’est mon subconscient qui m’a fait entreprendre des recherches sur le genre, qui a fait que j’y suis retourné plusieurs jours après alors que je n’avais pas obtenu de réponses avec ma première recherche. Mon questionnement avait déjà fait son bout de chemin, inconsciemment.

     

               5.   Le retour à la réalité sociale

     

    Après ces semaines d’euphories, sans grande pression sociale puisque j’étais alors à l’étranger, loin de tout, il a fallu que je me confronte à la dure réalité sociale. J’ai compris qu’un coming out impliquait de longues explications. J’ai compris que je ne pourrais plus jamais entendre « elle ». J’ai compris que la forme de mon torse ne serait jamais vue comme autre chose qu’un attribut féminin. J’ai compris que j’avais du pain sur la planche pour faire accepter et reconnaître mon identité, mais aussi pour vivre en paix avec mon genre et mon corps.

     

              6.   Et maintenant ?

     

    Et maintenant… Le chemin identitaire ne s’arrête pas là. Je continue de m’émerveiller devant mon genre, d’en apprendre toujours plus sur moi-même et sur les enjeux trans et LGBTQ+. Mon cerveau a fait en quelque sorte une grande mise à jour du système d’exploitation.

    Et maintenant… J’apprends à vivre avec ma non-binarité. J’apprends à vivre avec moi-même. Je renais.

    Et maintenant, j’écris ce blog pour que les enfants de demain n’aient pas à porter le poids qui m’a écrasé pendant 21 ans.

     

    - UESG

    Partager via Gmail

    4 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique