• (Avertissement : ici je ne discute que du fait de s'identifier ou non et n'aborde pas le sujet des critères éventuels requis aux yeux du corps médical en vue d'une transition.)

     

    Bonjour/bonsoir :)

     

    Et si on traitait un sujet un peu cool aujourd’hui ? Je me sens d’humeur à apporter une touche de légèreté aux concepts compliqués qu’on a vu précédemment. La question du jour est donc : selon quels critères puis-je m’identifier à tel ou tel genre ? Franchement, une seule phrase à dire – roulement de tambour… :

     

    Le seul critère pour s’identifier à un genre est

    de s’y identifier !

     

    Arc-en-ciel et licornes, paix et amour :3

     

    Non, non, ce n’est pas une blague… Je suis on ne peut plus sérieuxe. Personne n’a encore eu l’idée saugrenue de se pointer avec une liste de critères à remplir, et heureusement ! Il n’y a pas de règles. Alors oui bien sûr, la société cisnormative nous dira le contraire. Et si on… s’en contre-foutait ?! ;) (comme je disais dans l'avertissement, pour obtenir des hormones par contre, c'est une autre histoire).

     

    Que l’on soit bien clair : un nom de genre auquel on s’identifie n’est qu’une étiquette, ce n’est qu’un mot que l’on choisit pour exprimer son ressenti. On choisit certes ce mot parce que sa définition semble nous correspondre le mieux mais la réalité du genre, elle est en toi. Pas dans l’étiquette. Je veux dire, conceptuellement et objectivement, c’est quoi être une femme, être un homme, être agenre, etc. ? Je suis sûrë qu’il y a autant de réponses que de personnes car une réponse ne peut pas être objective ni universelle. Tout le monde vit son genre différemment car chaque être humain est unique. Objectivement, les étiquettes ne sont qu’un moyen de rassembler les gens sous une dénomination commune proche de leur ressenti mais il n’y aucunement un code du genre avec les règles à suivre pour réussir à rentrer dans telle ou telle catégorie avec un passe VIP. ^^ Ca n’existe juste pas, les choses ne marchent pas comme ça. Personne ne sait ce que ça signifie vraiment être le genre X parce qu’il n’y a pas de « vraiment » ! Chaque personne vit son expérience.

     

    Tu es ton propre genre. Tout le monde est son propre genre. L’étiquette n’est qu’un moyen de communiquer ton ressenti et de rassembler ceux qui ont un ressenti proche. Alors, si tu trouves qu’une étiquette de genre te correspond, tu as tous les droits de t’y identifier ! Il n’y a que toi qui puisse décider de ton genre, tu es lae seul.e maître.sse à bord de ton âme, personne ne peut te dire qui tu es ! Et si quelqu’un a le culot de te dire qui tu es censé.e être, qu’est-ce que tu dis de lui mettre ton majeur devant la face ? (Bon, fait peut-être pas ça en vrai parce que c’est pas bien O:) ).

     

    Sur ce, bonne journée/soirée ! ^^

    UESG

     

    Documentation sur le sujet :

    Playlist "what does it mean to be a man" de la chaîne YouTube FTMtranstastic

    Planche de la BD en ligne "Assignée Garçon"

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    2 commentaires
  • Foire aux questions

    Comme d’habitude, je vais utiliser trans comme un terme parapluie englobant aussi les identités non-binaires.

     

    • Puis-je être trans si je ne le savais pas étant enfant ?

    Bien sûr ! Il y a beaucoup de personne transgenres qui ne l’ont découvert que bien plus tard, durant leur vie d’adulte. Dans une société où on nous conditionne pour être le genre assigné à la naissance, il n’y a rien d’étonnant dans le fait de ne pas prendre conscience de sa transidentité jeune. Donc si tu ne le savais pas étant enfant, cela n’invalide pas du tout ta transidentité !

     

    • Puis-je être trans si je n’éprouve pas de dysphorie de genre ?

    Certain.es pensent que la dysphorie est une expérience majeure de la transidentité mais d’autres personnes transgenres pensent que ce n’est pas nécessairement le cas. Personnellement, je pense qu’il n’y a que toi qui puisses savoir qui tu es et si tu es trans et que tu ne ressens pas de dysphorie, alors tant mieux !

     

    • Puis-je être trans si je ne souhaite pas effectuer de transition physique et/ou sociale ?

    Oui bien sûr, chacun suit son propre parcours et il n’y a pas une seule façon de vivre sa transidentité. Chacun transitionne – ou non - à sa manière. Il faut que tu fasses ce qui te met à l’aise TOI.

     

    • Puis-je être trans si je souhaite conserver mes pronoms et mon prénom de naissance ?

    Oui, il y a un certain nombre de personnes trans qui conservent leur pronom et prénom de naissance pour diverses raisons possibles. On peut d’ailleurs tout simplement être à l’aise comme ça ! De plus, si les prénoms sont genrés par le contexte social, ils sont objectivement non genrés, comme les habits.

     

    • Puis-je être trans si j’ai une expression de genre typiquement féminine/masculine ?

    Oui pour deux raisons : premièrement, car l’expression de genre et le genre ne sont pas directement reliés ; ainsi, être une personne afab très féminin.e et être non binaire, par exemple, n’est pas incompatible. Deuxièmement, « féminin/masculin » correspond en réalité à ce que la société perçoit comme étant féminin ou masculin.

     

    • Puis-je être trans si je veux garder mes cheveux longs ?

    Oui, pour les mêmes raisons que précédemment.

     

    • Puis-je être trans si je suis gay/lesbienne ?

    Oui car l’orientation sexuelle et romantique ne dépend pas du genre ; ce sont deux choses différentes. On peut tout à fait être, par exemple, un homme trans et être gay.

     

    • Puis-je être non binaire si je ne suis pas intersexe ?

    Oui car le sexe et le genre ne sont pas la même chose. Inversement une personne intersexe n’est pas forcément non binaire.

     

    • Puis-je être trans si je m’identifie partiellement/parfois à mon genre assigné à la naissance ?

    Oui, il est possible de s’identifier partiellement ou seulement à certains moments avec son genre assigné à la naissance. On peut avoir cela notamment avec les identités de genre non binaires suivantes (cf. glossaire pour les définitions) :

               - demiboy/demigirl

               - bigenre

               - genderfluid

               - …

     

    Si vous avez des questions auxquelles je n’ai pas pensé, posez-les dans les commentaires ! ;)

    Souvenez-vous qu’il ne s’agit que de mon avis et que je ne cherche à offenser personne. J’ai tendance à être quelqu’un de très inclusif et à considérer qu’on peut être trans dès qu’on ne s’identifie pas complètement à son genre assigné à la naissance. Et je ne suis pas seul à penser ça ! Je n’aime pas exclure des gens sous prétexte qu’iels ne sont « pas assez trans » ; je trouve que toute personne s’identifiant au terme trans est assez trans !

     

    Sur ce, bonne journée/soirée :)

    UESG

     

    Documentation sur le sujet :

    "It's ok to be feminine" (Chase Ross)

    "Trans enough (revisited)" + vidéos associées (cf. barre d'infos) (Chase Ross)

    "I'm not "trans enough"" (Ryan Cassata)

    "I'm not masculine enough" (Ty Turner)

    "Complicated intersex feels" (Lane S)

    "Thoughts on gender euphoria" (Lane for OutOfThisBinary)

    "Trans guys can be gay?" (Girlfriends TV) - attention, je ne recommande pas forcément cette chaîne car il y a eu une polémique sur ses vidéos sur le sujet et il y a effectivement certaines vidéos qui font un peu grincer des dents mais celle-ci je la trouve encore pas trop mal !

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    3 commentaires
  • [Désolé, je dis des gros mots :3 C’est cool les gros mots O :) ]

     

    Bonjour, bonsoir,

     

    Aujourd’hui, je vais parler des étiquettes. Vous savez, ce mot qu’on choisit pour décrire notre identité : gay, bi, trans, agenre, etc.

     

     

    On va se défouler une bonne fois pour toute. Allez, tous en cœur : aaah ! Ce besoin de tout catégoriser ! Comme si nous ne pouvions pas être tout simplement des humains aimant (ou pas) d’autres humains ! Il faut absolument nous catégoriser encore et encore par notre genre, notre orientation sexuelle, notre orientation romantique, la longueur de notre petit doigt de pied divisée par le diamètre au carré de notre gros doigt de pied… Ah, ça, non en fait ^^

    Bon au delà de la catégorisation par les doigts de pieds, les étiquettes, c’est quand même très limité et enfermant comme concept. C’est un mot, un seul mot, statique et figé. Comment un seul petit mot pourrait-il rendre compte de la complexité ou de la fluidité de nos identités ? Et puis, l’étiquette nous colle franchement à la peau comme un tatouage de malabar au milieu de la tronche. Encore pire si c’est un.e petit.e malin.e qui a trouvé intelligent de l’y coller sans vous demander la permission. Oui parce que les gens font tout le temps ça, mettre les étiquettes qui les arrangent sur les autres. Et l’étiquette (soupir) vient avec son lot d’emmerdes. Quand on choisit une étiquette, les clichés frappent assez rapidement à la porte. Bonjour… Ah, vous venez avec vos casseroles bruyantes que je vais devoir m’attacher aux pieds pour le restant de mes jours ?

    Par ailleurs, les étiquettes c’est compliqué et obscur pour les gens non sensibilisés et cela peut rendre la communication difficile et créer une barrière supplémentaire. Et puis, si l’on ramène les genres non-binaires dans l’équation, ça commence sérieusement à être le bordel… Je suis transgenre non-binaire xénogenre-fluid pansexuel et panromantique ! - Oui… Mais encore ? – Ben, j’aime bien le gruyère aussi. (Cette situation est impossible).

    Au fait, comment dit-on : « je suis une personne non binaire qui aime les femmes » ? Je n’ai encore jamais vu de mot pour ça. Pour y palier, certain.es afab utilisent quand même le mot lesbienne. Et ce choix est tout à fait valide. Les étiquettes sont faites pour être appropriées et redéfinies avec des nuances car de toute façon une étiquette « n’est pas nous » mais n’est qu’un mot pour nous décrire au mieux ; elle ne pourra jamais coller à 100%.

     

    Une étiquette est faite pour servir un but ; nous définissons notre étiquette, ce n’est pas elle qui nous définit. Eh, dis donc moi, t’étais pas contre les étiquettes à la base ? Ben, thèse, anti-thèse, synthèse, c’est ça la bââââse…

     

    Après ce très sympathique aparté de moi à moi, je reprend : le but d’utiliser une étiquette peut-être multiple. En effet, elle peut servir à :

     

    • s’identifier: s’identifier aux autres membres de la communauté pour réfléchir ensemble, se soutenir, partager des expériences.
    • communiquer: communiquer ce qu’on ressent aux autres en posant un mot sur ses sentiments.
    • joindre les forces : permettre de sensibiliser les gens à une cause, militer, revendiquer des droits en utilisant un vocabulaire commun.
    • donner une existence dans la sphère sociale : faire exister son identité en lui faisant correspondre un mot ; l’identité préexiste à l’étiquette mais puisque l’étiquette permet de parler de cette identité, elle lui donne une existence dans la sphère sociale. Certaines identités de genre et orientations semblent avoir émergé seulement très récemment mais les personnes ayant cette identité existaient déjà ; seulement, il n’y avait pas de mot pour décrire cette identité, rassembler ces personnes et les faire exister dans la sphère sociale.

     

    Bref, vous comprenez que les étiquettes sont censées nous être utiles, et ne sont pas là pour nous enfermer mais pour nous offrir plus de liberté. Encore faut-il savoir comment les utiliser. Petit guide (dis, dis, c’est la synthèse ? :p) :

     

    • S’identifier à un terme est un choix personnel : s’il y a une étiquette que tu « ne sens pas », qui ne te plaît pas, il n’y a aucune obligation à s’y identifier, même si la définition semble te correspondre a priori. Il faut « le sentir », que le choix de l’étiquette te procure une certaine satisfaction, un certain confort par rapport à toi-même (pas forcément par rapport aux autres car tu n’es pas obligé de révéler cette étiquette, le tout c’est de se sentir en accord avec soi-même).
    • Il est possible de t’identifier à un terme en apportant les nuances nécessaires à la définition: par exemple, s’identifier en tant que lesbienne même si tu es non binaire. D’ailleurs, n’hésite pas à expliquer aux gens ce que tu entends par le terme que tu utilises même si cela peut te paraître ou leur paraître évident. Parfois, il vaut mieux prendre le temps de bien expliquer pour ensuite repartir sur des bases neuves et solides que de se ramasser tout les clichés ^^
    • Ton expérience est unique ; aussi, il est possible d’utiliser une combinaison d’étiquettes pour s’ajuster au mieux à ton identité : si par exemple tu t’identifie au terme demi-girl mais que tu sens qu’il faut y rajouter le terme genderfluid pour vraiment décrire ton expérience, alors n’hésite pas à utiliser les deux termes conjointement !
    • Tu as le droit de changer d’étiquette si celle que tu avais choisie ne te convient plus (soit parce que ton identité a évolué, soit parce que l’étiquette en elle-même ne te convient plus pour x raisons) ! Tu n’as pas signé un contrat à vie avec telle ou telle étiquette.
    • Tu as le droit d’inventer une étiquette si aucune ne te correspond
    • Tu as le droit de ne pas choisir d’étiquette: après tout, si tu ne ressens pas le besoin de te décrire avec un mot, personne ne t’y oblige. Ne pas choisir d’étiquette peut-être aussi un moyen de s’opposer à la catégorisation systématique des être humains par leur genre et leur orientation.
    • Tu as le droit de choisir une étiquette pour toi mais de ne pas la révéler aux autres par souci pratique, par discrétion ou pour tout autre raison : par exemple, je dis souvent que je suis neutre car c’est ce qui me semble le plus simple à communiquer et le plus proche de mon expérience si je ne devais utiliser qu’un seul mot. En réalité, je m’identifie à tout un tas de termes mais cela me prendrait l’après-midi entier à les expliquer… 

     

    Après ce magnifique traité de philosophie cet article n’hésite pas à partager tes étiquettes et le sens que tu leur donnes en commentaire (que tu sois cis ou trans et/ou non binaire) ! :)

     

    Bonne journée/soirée !

    UESG

     

    Documentation sur le sujet :

    Trop de vocabulaire LGBT+ ? (Princ(ess)e)

    Playlist "labels" de OutOfThisBinary

     

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    9 commentaires
  • [Avertissement : dysphorie, cissexisme, traitements hormonaux/chirurgie évoqués, questions qui fâchent]

    [Note : iel est un pronom neutre]

     

    Bonjour, bonsoir à toi allié.e venu.e de la planète cisgenre ! :) 

    Aujourd’hui, je vais te donner des conseils pour être un.e allié.e efficace pour la communauté trans et non binaire. 

    Petit sommaire :

    1. Respecter nos identités
    2. Accepter qu'il n'est pas possible de comprendre pleinement l’expérience de la transidentité lorsqu'on ne la vit pas
    3. Apprendre à déconstruire les construits sociaux hétérocisnormatifs
    4. S'éduquer activement
    5. Ne pas essayer de comparer son expérience à la nôtre
    6. Ecouter et si on dit que quelque chose est blessant, arrêter
    7. Ne pas dire aux personnes trans qui elles sont censées être ou ce qu’elles devraient ressentir
    8. Ne pas donner son avis lors d’une conversation concernant uniquement les personnes trans
    9. Ne pas faire de généralités : toutes les personnes trans sont différentes
    10. Ecouter les personnes trans avant les prétendus "experts" cisgenres
    11. Ne pas déplacarder une personne trans
    12. Combattre la transphobie et le cissexisme dans la société

     

    Entrons donc dans le vif du sujet !

     

    1. Respecter nos identités

     

    Je pense que la première chose fondamentale pour être un.e allié.e, c’est le respect. C’est même quelque chose qui devrait être naturel pour tout le monde, mais j’ai peur que ce soit une utopie pour aujourd’hui… Bref, il est évident en tout cas que nous attentons qu’un.e allié.e respecte nos identités et n'invalide pas nos expériences, et ce même s’il ne les comprend pas. Il faut aussi penser à utiliser les pronoms et accords des personnes trans. 

     

     2. Accepter qu'il n'est pas possible de comprendre pleinement l’expérience de la transidentité lorsqu'on ne la vit pas

     

    A moins de le vivre, il y a certaines choses qu'il n'est pas possible de comprendre pleinement. Cela peut être frustrant, je le conçois. Mais accepter cela permet d'aller plus loin de le processus d’alliance (allyship).

     

    Laisse-moi utiliser une image. Imagine que notre cerveau soit comme un programme avec des lignes de code informatique. Si une ligne bug, l’ordinateur ne peut pas exécuter les lignes suivantes et le programme plante. Heureusement, le cerveau fonctionne différemment. On peut admettre cette ligne qu'on ne comprend pas et essayer de comprendre la suite. Et peut-être qu’en étant allé.es plus loin dans le processus, on sera en mesure de revenir à cette ligne qu'on ne comprenait pas et la comprendre mieux ! Le processus n’a pas à être linéaire, il peut être fait d’allers retours entre les concepts.

     

    Et s’il y a quelque chose que tu ne comprends jamais, ce n’est pas grave et c’est même normal car tu ne vis pas nos vies. Il suffit que de reconnaitre et accepter nos expériences.

     

    3. Apprendre à déconstruire les construits sociaux hétérocisnormatifs

     

    Une des raisons pour lesquelles il peut être extrêmement difficile de comprendre certaines de nos expériences est le fait que nous avons tous.tes été élevé.es dans une société très normative à tout points de vue (hétérocisnormative pour le cas qui nous intéresse dans cet article). Les nouveaux concepts que tu vas assimiler en tant qu’allié.e ne vont pas te paraître naturels voire aller à l’encontre de ce que tu as toujours cru naturel, normal et acquis. Il faut donc apprendre à déconstruire petit à petit les principes hétérocisnormatifs pour permettre à ton esprit d’envisager toutes les possibilités du genre (et même des orientations sexuelles et romantique).

     

    Cela ne va pas se faire en un jour. Moi même, j’apprends tous les jours à démanteler le cissexime que la société m’a inculqué. Il y a des formes de cissexisme ordinaire dont on ne se rend même pas compte et qu’il faut activement combattre, comme par exemple le fait de demander aux futurs parents si le bébé est une fille ou un garçon. Ca semble totalement innocent à première vue, n’est-ce pas ? Mais comment pourrait-on savoir le genre du bébé à l’avance ?

    Pas facile d’aller à l’encontre du cissexisme dans lequel nous avons tous.tes baigné.es depuis que nous sommes bébés… Mais pas impossible !

     

     4. S'éduquer activement

     

    Donc pour être un.e allié.e efficace, s'éduquer activement est essentiel car être correctement sensibilisé.e te permettra de mieux comprendre les problématiques et de savoir comment agir. Des ressources sont disponibles sur internet. Il vrai qu’elles sont moins disponibles en français qu’en anglais, à ta décharge. Mais tu peux demander à tes ami.es transgenres et non-binaires s’iels ont des liens de blog à te donner, iels en connaissent sûrement quelques uns qui te seront utiles et je suis sûr qu’iels seront heureuxes de pouvoir les partager avec toi ! Mais n’oublie pas que tu peux chercher aussi par toi-même. Les personnes trans n’ont pas toujours le temps ou l’énergie de répondre à des questions et de plus, il y a parfois des questions trop personnelles que l'on ne peut pas poser. (Mais Google est ton ami ;) )

     

    PS : peut-être qu’une personne transgenre sera d’accord pour répondre à des questions personnelles, mais pas tout.es ! Dans le doute, abstient-toi !

    Petit listing non exhautif de questions déplacées que l'on ne devrait PAS poser :

    • ne pas demander ce qu’on a entre les jambes : nos organes génitaux ne regardent personne et ça n’a pas d’importance pour tes interactions sociales avec nous ; on ne poserait jamais cette question à une personne cis, signe que ceci est totalement déplacé.
    • ne pas poser de questions à propos de « la chirurgie » : déjà, il y a beaucoup de type de chirurgies possibles, et pas une seule ; ensuite, cela ne regarde personne pour les mêmes raisons que précédemment.
    • ne pas demander le prénom de naissance : c’est irrespectueux, cela peut faire ressurgir de mauvais souvenirs et puis ce prénom n’a plus d’importance car si nous avons changé de prénom, c’est que le précédent ne convenait pas.
    • ne pas demander à quoi « on ressemblait avant » ou à voir de photos d’ « avant » : cela peut-être très blessant.

     

    5. Ne pas essayer de comparer ton expérience à la nôtre

     

    Le point 5 est à mon sens très important. D'après mon expérience, les allié.es que je connais ont tendance à comparer leurs propres expériences avec les nôtres. D’une part, ce n’est pas pertinent car ce sont deux expériences différentes incomparables et d’autre part, c’est très blessant car cela minimise l’expérience de la personne trans, voire l’invalide.

     

    Un exemple concret : alors que je raconte la souffrance que j’ai traversée durant l’adolescence à cause de ma dysphorie sociale, mon interlocuteur me répond « Moi aussi quand j’étais ado, j’étais timide. Je crois que tout les ados ont leurs galères ». Cette personne ne pensait pas à mal, je crois même qu’il essayait de me rassurer dans une certaine mesure, mais son propos était très blessant et je l’ai mal pris. D’une part, cela impliquait qu’il savait ce que j’avais vécu car « lui aussi » était timide. D’autre part, cela minimise mon expérience puisque la dysphorie sociale ne serait que de la timidité. De plus, mon expérience en tant que personne transgenre est totalement invalidée par la deuxième phrase. Sans oublier que le ton qui se veut rassurant semble signifier que cette personne sait mieux que moi ce que j’ai traversé. Merci mais je n’ai pas besoin que tu me « rassures », je te donne des faits dont je connais très bien les tenants et les aboutissants.

    Je donne cet exemple précis car j’ai dû faire face à cette erreur de la part d’un.e allié.e plus d’une fois. En général, iels ne comprennent pas ma réaction. Une fois, il y a en a même un qui s’est franchement vexé « Ah bon, alors je ne peux pas parler de mes sentiments ? La conversation va dans les deux sens hein » a-t-il dit avec un ton énervé. Euh… Bon, là, j'avoue, j'ai perdu mon sang froid (ça arrive) : « Non. Quand je parle de MA dysphorie, sachant que je ne peux en parler à presque personne d’autre et que je la subi à peu près dans tout les aspects de ma vie à cause de l’oppression sociale, non il n’y a pas de place pour que tu ramènes la conversation à TES sentiments. Genre, merci de me laisser dix minutes dans ma journée pour exprimer ce que je ressens avec une personne de confiance sans avoir besoin de me jeter à la face tes sentiments venant d’une sphère de privilèges cis et hétéro qui en plus invalide totalement mon expérience. »

     

    6. Ecouter et si on dit que quelque chose est blessant, arrêter

     

    Alors bon, c'est vrai que j'ai perdu mon sang froid sur le moment mais c’était hyper blessant pour moi, d’autant plus que la personne ne reconnaissait pas son erreur et se plaçait finalement en victime (« ah bon, alors je ne peux pas parler de mes sentiments ? »).

    Quand une personne trans dit que quelque chose est blessant, ne pas argumenter, juste arrêter, et prendre note pour ne plus faire cette erreur. Iel sait mieux si c’est blessant ou non... Il ne faut pas que se vexer, ce n’est pas parce que tu viens de dire quelque chose de blessant sans t’en rendre compte que tu es quelqu’un de mauvais ! :)

    Nous savons que les allié.es sont amené.es à faire des erreurs. Nous attendons juste qu’iels les reconnaissent et n’invalident pas le fait que ce soit blessant.

     

    7. Ne pas dire aux personnes trans qui elles sont censées être ou ce qu’elles devraient ressentir

     

    Dans le même genre d’idée, ne pas dire aux personnes trans ce qu’elles doivent ressentir, ou comment elles devraient se battre pour leurs identités, ou quoique ce soit dans le même style. Iels savent qui iels sont mieux que quiconque.

     

    8. Ne pas donner son avis lors d’une conversation concernant uniquement les personnes trans

     

    Il est important de ne pas parler à la place des personnes trans et ne pas se positionner comme si ton avis était plus important que le leur. De manière général, si une discussion a lieu au sein de la communauté, à moins que cette discussion ne concerne directement les allié.es, iels n'ont pas à y prendre part.

     

    Exemple à ne pas suivre :

    Admettons que le débat au sein de la communauté trans concerne l’accessibilité des traitements hormonaux et qu’un.e allié.e, qui n’a pas très bien compris son rôle d’allié.e, dise ceci :

    « Je pense que les traitements hormonaux ne devraient pas être présentés comme la solution miracle ». C’est une intervention assez irrespectueuse de la part d’un.e allié.e car il ne peut pas vraiment avoir d’avis sur la question n’étant pas à la place des personnes transgenres. Les personnes transgenres sont à même de décider sur cette question.

     

    9. Ne pas faire de généralités : toutes les personnes trans sont différentes

     

    De même, ce n’est pas parce qu’une personne trans à cet avis sur la question, que toutes les personnes transgenres ont le même avis. Donc ne l’utilise pas comme une généralité.

    « Mon ami.e trans pense que les traitements hormonaux ne devraient pas être présentés comme la solution miracle » : Ce n’est pas parce que ton ami.e le pense que tous.tes le pensent et que c’est une vérité au sein de la communauté trans.

    De même, les parcours des personnes trans sont tous différents et chacun.e vit sa transidentité comme iel l’entend donc n’invalide pas les expériences de quelqu’un en te basant sur l’experience de quelqu’un d’autre.

     

    10. Ecouter les personnes trans avant les prétendus « experts » cis

     

    Les personnes transgenres savent qui elles sont et ce dont elles ont besoin. Les « experts » cis peuvent lire tout ce qu’ils veulent sur la question, rencontrer autant de personnes trans qu’ils veulent, ils ne sauront jamais ce que nous vivons complètement. De même, nous ne sommes pas des bébés qui ont besoin qu’un expert cis nous dise quoi faire. Nous pensons par nous-mêmes et savons très bien ce qu’il nous faut.

     

    11. Ne pas déplacarder pas une personne trans

     

    Cela me paraît être du bon sens car premièrement « outer » quelqu’un est extrêmement irrespectueux et deuxième cela pourrait mettre sa vie en danger ! S’iel ne s’oute pas, c’est pour une raison. Il faut respecter cela.

     

    12. Combattre la transphobie et le cissexisme dans la société

     

    Là est ton véritable rôle d’allié.e ! :)

    • si une personne fait preuve de transphobie, le lui dire, car les personnes trans ne peuvent pas toujours s’outer ou se sentir en sécurité pour lui expliquer
    • changer ses comportements cisnormatifs pour être plus inclusif (ne pas dire : « on y va les filles », si une personne non binaire est là, mais dire plutôt « on y va les gens » est un exemple parmi tant d’autres).
    • faire remarquer aux autres leurs comportements cissexistes
    • sensibiliser les autres personnes cigenres dès que tu en as l’occasion (mais attention, ne parle que des sujets que tu connais bien, sinon tu pourrais véhiculer de fausses idées) : une bonne idée peut-être de rediriger les personnes qui veulent en savoir plus vers des blogs ou vidéos de personnes transgenres, il n’y a rien de mieux que de désinvisibiliser les personnes trans et amplifier leurs voix (et en plus, tu ne pourras pas véhiculer de fausses idées). De façon générale, ne parle pas à la place des personnes trans en véhiculant tes idées à toi, relaye simplement leurs paroles. Informe les personnes cisgenres non sensibilisées et donne leur les clés et les ressources nécessaires pour s’intéresser au sujet. Les personnes sont si peu informées qu’il en faudra peu pour faire un grand pas en avant (rien que les définitions de sexe vs genre, trans, cis et non-binaire devraient être une révolution pour la plupart).

     

    Conclusion : Nous ne sommes pas confus, ni perdus ; nous savons qui nous sommes et ce qu'il nous faut donc tu peux faire confiance aux personnes trans pour connaître leurs besoins, pas aux prétendus experts cisgenres en la matière. ;) Nos identités valent autant que celles des personnes cis.

     

    Merci pour ton soutien en tant qu’allié.e, paix, amour et licornes :)

    UESG

     

    Documentation sur le sujet :

    How to be a trans ally (Ashley Mardell & Jackson Bird) : Voyez comme Ashley ne fait que permettre à Jackson de s’exprimer en posant des questions mais ne parle pas à sa place, elle est un bon exemple d’alliée 

    How to be a trans ally (Lane for OutOfThisBinary) : Une personne non-binaire qui parle sur le sujet

    How to NOT be an ally (Kat blaque) : Un exemple de mauvaise alliée (la vidéo commence vraiment à 1min15)

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  • [Avertissement : je parle brièvement de la « galère mensuelle » et j'utilise une fois le mot dysphorie mais ne m'étale pas sur le sujet]

    [Note - je prends quelques pincettes pour éviter que cet article soit mal compris :

    c'est un article qui se base sur MON ressenti personnel, si vous vous y retrouvez tant mieux, mais sinon, sachez que vous avez totalement le droit de ne pas ressentir la même chose, et de ne trouver aucun points positifs à votre expérience.

    De plus, cet article n'est pas fait pour nier les difficultés, bien réelles de la réalité trans. Ne l'utilisez pas pour invalider les souffrances des personnes trans, moi y compris ! Ce que j'essaye de dire, c'est que c'est pas parce que j'ai réfléchi et trouvé quelques points positifs que ça efface tous les aspects super durs à vivre. J'avais juste envie d'écrire cet article comme une sorte d'auto-remonte moral.]

     

    Bonjour, bonsoir J

     

    J’étais assez triste et puis j’ai regardé cette vidéo : Good things about being trans/Nonbinary (Gavin Gender)

     

    Concrètement, il s’agit d’une petite liste des points positifs à être trans/non binaire. Ca m’a redonné le sourire et de la fierté alors j’ai décidé de faire ma propre liste ! C'est parti !

     

    ü  Avoir une perspective unique sur le monde

    -       - Un sens exacerbé de mon propre genre et de ce qu’est le genre en général

    -       - Une meilleure appréhension de l’être humain dans sa diversité

    -       - Une meilleure compréhension des mécanismes sociaux hétérocisnormatifs pour mieux les combattre

    -       - Etre genderfluid : expérimenter une palette de genres

     

    ü  Etre un.e meilleur.e allié.e pour les autres

    -       - Plus de tolérance envers les autres et les choses que je ne comprends pas (quoique ça devrait être un acquis pour tout le monde, on peut toujours rêver ! ^^)

    -       - Plus d’ouverture d’esprit

    -      - Avoir une meilleure compréhension du genre dans lequel j'ai été socialisé.e : par exemple, j’ai été socialisé.e comme une femme, je comprend donc bien les femmes ; je comprends leurs façons d’être et leur problèmes, cela me permet d’être un.e meilleur.e féministe que si je n’avais pas été socialisé.e avec elles

     

    ü  Avoir énormément de courage

    -       - Le voyage de la transidentité demande énormément d’introspection : j’ai visité même les recoins de moi-même

    -       - Le voyage de la transidentité demande énormément de courage et de bravoure : la force est en moi ! (Vous entendez la musique de Star Wars ? Moi oui ! Ecoutez bien ;) )

    -       - Etre une femme et avoir ses règles, c’est déjà la merde ; alors être trans et avoir ses règles : je suis un warrior !

     

    ü  Expérimenter l’euphorie de genre :

    En gros, c’est le contraire de la dysphorie de genre ; par exemple, lorsque l’on met un vêtement dans lequel on se sent bien et qu’on voit une personne qui nous plait vachement dans la glace, qu’on se dit « c’est ça ! ». Concrètement, chez moi, c’est un peu comme si David Guetta faisait une soirée dans ma tête. ^^

     

    ü  Faire partie d’une révolution transgenre :

    Nous gagnons en visibilité chaque jour et les gens sont de mieux en mieux éduqués et de plus en plus tolérants. Alors, continuons à militer !  

     

    Bonne soirée/journée !

    UESG

     

    Documentation complémentaire sur le sujet :

    Chase Ross - Positive Side of being trans ??

    (Avertissement pour la vidéo : "si j'avais été cis")

    « Let’s say I was born cis and I was a guy. (…) I don’t know if I were raised diferently what would happen. All these things would have not existed if I wasn’t trans. It’s not a curse that I’m trans, for me personally, don't get mad at me, it's about me. (…) Being able to deal with something so hard has made me who I am today. It’s not a curse to be trans and I’m very grateful for the experiences that I have had. They have made me a better person. »

    «  Disons que sois né cis et que je sois un mec. (…) Je ne sais pas ce qui serait arrivé si j’avais été élevé différemment. Toutes ces choses n’auraient pas existé si je n’avais pas été trans. Ce n’est pas une malédiction d’être trans, pour moi, personnellement ; ne vous fâchez pas, c'est à propos de moi uniquement (…) Etre capable de traverser quelque chose d’aussi dur a fait que je suis moi aujourd’hui. Ce n’est pas une malédiction d’être trans et je suis très reconnaissant pour les expériences que j’ai eu. Elles ont fait de moi une personne meilleure. »

     

    Fin de la vidéo de Jo sur Out of this binary (Vidéo sur les TERFs à la base)

    « The power of the trans movement and the beauty of being trans people together and having whatever genders we have is that it takes whatever division and gender oppression that was existing in the 2 gender-system and it like… pfouit… blows it up I guess… because now, like… we have power over our gender, which mean we have power over our entire lives [] and that means oppression for everybody will be getting better, is getting better because there is more options that 1 or 2 and that is because trans people exist. [] Trans people are liberating everybody. [] The beautiful part we have to play in the gender movement, in finding a way beyond gender oppression. » - Jo

    Traduction française : « Le pouvoir du mouvement trans et la beauté d’être des personnes trans tous ensemble et d’avoir tout les genres que nous avons réside dans le fait de… pfouit… faire voler en éclat la division et l’oppression du genre qui existait dans le système de genre binaire. Parce que maintenant, nous avons le pouvoir sur notre genre ce qui signifie que que nous avons le contrôle de nos vies entières et cela signifie aussi que l’oppression va s’améliorer pour tout le monde, et s’améliore déjà. Parce qu’il y a plus d’options que 1 ou 2 et cela c’est parce que les personnes trans existent. Les personnes trans libèrent tout le monde. Nous avons un rôle magnifique à jouer dans le mouvement du genre et la quête au delà de l’oppression du genre. » - Jo

     

    J’ai trouvé ce discours tellement beau <3 

     

    Lessons I've learned during transition - FTM (Benton)

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