• Suis-je le seul à défendre les xénogenres ?

    Suis-je le seul à défendre les xénogenres et plus largement l'existence des genres en dehors du spectre masculin-féminin ? Voici une collection de posts que j'ai trouvé sur le net et qui fournissent un éclairage supplémentaire sur ces questions. Je traduis en français bien évidemment pour ceuxe qui ne parlent pas anglais, pardonnez mes quelques fautes si jamais ;) Il est possible que j'édite ce post à l'avenir si je trouve quelque chose d'intéressant à rajouter :)

     

    *Xénogenres/Neurogenres et "queerité"

    "Je n'aime pas ce mépris des autres personnes queer à propos des étiquettes spécifiques aux personnes neuroatypiques (NA) (NDT : neurogenres) et ce mépris des xénogenres. Ce sont deux choses différentes parfois mais ces problématiques se croisent donc je vais y répondre dans le même post.

    Les identités queer spécifiques aux NA sont intersectionnelles et holistiques. Les personnes NA queer existent et nous ne sommes pas séparés de nous-mêmes. Je n'utilise pas ces étiquettes identitaires car je trouve d'autres étiquettes qui me conviennent mieux à moi, mais ces étiquettes sont destinées à être utiles et pour certain-e-s NA queer ces étiquettes sont nécessaires. Avoir une étiquette spécifique d'une intersection ne devrait pas être stigmatisé.

    Je pense que les identités xénogenres sont super et purin de queer (NDT : "queer as fuck"). Je remarque les genres non-binaires les plus validés (quand ils sont validés) sont ceux décrit en relation avec la binarité : être à la fois homme et femme, être entre homme et femme, ou même être ni homme ni femme, ou masculin-e, ou féminin-e, ou neutre. Je pense que neutre/aucun est validé parce que cela peut être compris en référence à homme/masculin ou femme/féminin. Si une identité fluide peut être liée à féminin/masculin/neutre elle est plus susceptible d'être validée. Donc je dis, pourquoi les gens NB devraient être basés sur leur relation à la binarité ? Et voici le truc avec les xénogenres : ils ne le sont pas. Et je pense que c'est quelque chose de très queer et puissant à ce propos. Je pense que les identités xénogenres queerisent le concept du genre, et qu'est-ce qu'il y a de mieux pour être genderqueer ? (à votre façon bien sûr).

    Mettons cela ensemble : les identités spécifiques au NA peuvent aussi être conceptualisées comme des genres en dehors de la binarité. Les identités xénogenres peuvent aussi être intersectionnelles, généralement en relation avec la religion ou la spiritualité d'une personne, entre autre. Ces identités sont valides. C'est identités ne devraient pas être stigmatisées, en particulier par d'autres personnes queer."

    Suis-je le seul à défendre les xénogenres ?

    source : http://octopodesinmybutt.tumblr.com 

      

    *Au sujet de la décridibilisation de la communauté trans par les xénogenres    

    -- 

    Définition du genre discuté dans le post :  genre-sorcier-e (witchgender) = "un genre qui est proche ou lié à la sorcellerie et la magie. Un genre qui a un sentiment de pouvoir et de vieille magie."

     

    Note : Comme je sais qu'il va y avoir des questions là dessus je précise que ça soit effectivement possible ou pas de faire de la magie n'est pas la question je pense, l'important c'est le ressenti de la personne, elle se définit par rapport à ces croyances magiques, c'est la façon dont son identité s'est construite par rapport à son vécu et son système de croyances, c'est ce qui compte. En gros, quand la personne pense à la magie en laquelle elle croit, elle ressent la même chose que quand elle pense à son genre et elle a pas d'autre mot pour expliquer son genre. Donc au final, l'existence ou non de la magie POUR TOI n'est pas important, c'est pour elle que ça compte, c'est la manière dont elle se vit/se perçoit elle-même.   

    --   

     

    Question d'un-e visiteurice du blog :  

    "Mais imagine ça : les gens n'utilisaient pas genre-sorcier-e parce que c'est pas un genre. Ca dit littéralement que t'es un-e sorcier-e, mais vous en avez fait un genre???? Vous embarrassez tellement de gens avec ça. Svp, arrêtez, c'est pas nécessaire et complique tant de choses, et ça donne de la matière aux arguments des anti-justicier-e sociaux partout."

     

    Réponse de li modérateurice du blog :  

    "Ok, j'ai une question pour toi.  

    Je suis bien conscient-e que je contrarie les anti-justicier-e sociaux avec ce blog. Genre, tu penses pas que je supprime des tas de messages de ces gens tous les jours ? Je suis profondément et douloureusement conscient-e de combien les gens haïssent ce blog. 

    Ma question est : pourquoi tu mènes leurs batailles ? 

    Tu penses que si tu peux te débarrasser des "mauvaises" personnes MOGAI, cela fera qu'iels t'accepteront ? Parce que ce n'est pas comme ça que ça marche. Ce n'est jamais comme ça que ça a marché. Iels s'en prennent à des étiquettes nouvelles, apparemment moins valides, parce que ce sont des cibles faciles, mais les transphobes seront transphobes que genre-sorcier-e soit un post sur ce blog ou pas. Iels vont s'en prendre juste à n'importe quelle identité qui est la plus vulnérable et ainsi de suite. 

    C'est pourquoi je lève juste les yeux au ciel quand je lis ce type d'argument qui revient sans cesse : "(insérer nouveau sujet lié au genre ici) est ce pourquoi les gens nous détestent !" Les gens qui réalisent qui iels sont et définissent de nouveaux termes pour être confortables avec elleux même et dans leurs peaux n'est pas la cause de la transphobie. Les transphobes sont les responsables de la transphobie. Pas les personnes trans.

    Quant à mes posts similaires à celui sur le genre-sorcier-e : certaines personnes n'ont absolument aucun moyen d'expliquer leur genre autrement que "je ressens la même chose quand je pense à mon genre que quand je pense à ce concept. Je ressens que mon genre a une connexion avec cette chose." Le genre est une notion confuse et bizarre pour certaines personnes et leur seul moyen de l'expliquer est de dire "je sais pas, je le ressens de la même manière que quand je fais des sorts" ou "je le ressens de la même manière que quand je pense à l'immensité de l'espace" etc. Ce n'est pas "lol mon genre est sorcier-e maintenant".  

    (Et même si ça l'était je l'inclurais probablement dans mon blog parce que le concept du genre est entièrement absurde. Genre, on attribue un code couleur aux bébés et on leur assigne des intérêts à la naissance en se basant sur ce à quoi ressemble ce qu'iels ont entre les jambes. Et il parait que c'est plus logique que "quand je pense à qui je suis, ça me rappelle la magie et les sorts"?) Si tu me trouves si embrassant-e et mes posts si peu nécessaires, bloque moi et continue ta vie. Je te promets que je m'en foutrais."  

    Source : http://mogai-lexicon.tumblr.com/page/19  

      

    *Décridibilisation bis  

      

    "Les personnes trans binaires qui pensent que les non-binaires et xénogenres rendent "difficile pour nous d'être pris-e-s au sérieux" : si la légitimité de votre propre identité repose sur l'exclusion des autres, peut être que vous devez revoir votre approche.Personne ne rend cela "difficile pour nous d'être pris-e-s au sérieux" à part les gens comme vous, qui pensent que vous pouvez dicter comme les autres se sentent, et pensent que discréditer l'identité de n'importe qui est ok. Cette idée qu'il est acceptable de dicter l'identité des gens est toxique pour la communauté trans, non-binaire et genderqueer ; c'est une rhétorique intrinsèquement exclusive, et promeut le fait que les personnes cis nous font exactement la même merde. Vous êtes ceuxe qui nous rendent la vie plus dure pour nous toustes. Vous êtes ceuxe qui nous excluent, dévaluent nos identités, et nous disent qu'il y a des "bonnes" et "mauvaises" façon d'être qui nous sommes. Vous dites êtes ceuxe qui disent aux gens, même mineurs, que leurs sentiments ne sont pas valides et qu'iels devraient se sentir comme vous voulez qu'iels se sentent à la place. Vous êtes ceuxe qui promeuvent l'idée que que n'importe qui peut décider de l'identité de quelqu'un d'autre, que n'importe qui peut refuser l'aide et les soins dont iels ont besoin, juste parce que vous pensez que leurs sentiments et leur identité ne sont pas assez légitimes, assez réelles ou assez sérieuses pour être traité-e-s avec de la décence et du respect basique. Pas nous." 

     

    Suis-je le seul à défendre les xénogenres ?

     

    source : http://starmashine.tumblr.com

     

    *Sur la nécessité de prendre en compte TOUS les genres 

     

    Pas spécifiquement sur les xénogenres mais une perspective intéressante et un raisonnement qui peuvent être appliqués dans ce cadre là. 

     

    Résumé en français (merci à M. pour l'avoir posté) : "Ignorer les genres non-binaires (NDT : y compris xénogenres/neurogenres/genres en dehors du spectre), c'est comme ignorer les éléments chimiques dont l'abondance sur Terre est inférieure à 1%. Les éléments chimiques de la vie sur Terre ont une abondance inférieure à 1% et les ignorer revient à ignorer la vie sur Terre (entre autres choses). 

    De même, ignorer les genres non-binaires et les intersexes, empêche de comprendre comment fonctionne le genre et l'assignation sexuelle à la naissance. 

    Parce que quelque chose est rare, ne veut pas dire qu'il faut l'ignorer." 

     

    Source complète : http://10oclockdot.tumblr.com/post/145453478037/saying-that-man-and-woman-are-the-only-genders-is 

     

     * Post de Diana Arduinna sur la question

    "Avertissement pour les personnes cisgenres (pas transgenres) : ce qui suit ne vous concerne pas, merci de ne pas commenter (vous êtes libres de tenter de comprendre toutefois, mais je vous souhaite bonne chance étant donné que vous n'avez probablement pas la grille de lecture nécessaire).


    J'avais pris la décision de ne pas prendre part au shitstorm qui secoue la communauté trans sur Facebook en ce moment, et de tenter de rester aussi neutre que la Suisse malgré toutes les énormités transphobes et surtout enbyphobes que j'ai pu lire. Mais là j'en ai vu passer une de trop, et je me suis rappelée que "en situation d'oppression, si tu n'agis pas, tu te ranges du côté de l'oppresseur".

    Ma première réaction sera : "NANMÉHO, VOUS AVEZ FINI VOS CONNERIES ?"

    Je viens de lire que sous prétexte qu'on est trans, on ne peut pas être transphobe. Je vais prendre un exemple que je connais à la perfection étant donné qu'il s'agit de... moi-même. Je l'ai évoqué à plusieurs reprises, j'ai passé ma vie à être transphobe, jusqu'à très récemment. Je me rappelle plus particulièrement cette femme trans qui était notre voisine à Vitrolles, et qui réparait sa voiture en jupe, rouge à lèvre, barbe d'une semaine, avec la clope au bec : bien que je ne me rappelle pas avoir jamais prononcé à voix haute le moindre jugement à son sujet, je me foutais intérieurement de sa gueule avec toute la condescendance possible. Aujourd'hui, je me retrouve à sa place — même si je n'y connais rien en mécanique auto — et j'ai même un peu de vénération pour elle, elle avait grave le style. Retour de karma... Ceci n'est qu'un exemple dans mes expériences personnelles, parmi beaucoup d'autres. Ce que j'ai appris de cette cuisante leçon : "hâte-toi de ne pas juger, de peur d'être jugé-e de même". De la même manière que vous n'essayeriez même pas d'expliquer à un-e cis ce que c'est d'être trans, tant c'est peine perdue, comment une personne binaire pourrait-elle comprendre ce que c'est que d'être xénogenre ou neurogenre ?

    Lu à cisland : "Il y a des gens qui sont d'un sexe, mais qui prétendent être du sexe opposé, c'est trop lolilol, ça relève de la psychiatrie !"
    Lu à transland : "Il y a des gens qui s'inventent des genres fantaisistes, c'est trop lolilol, ça relève de la psychiatrie !"

    Lu à TERFland : "Les oppressions basées sur les genres n'existent pas, seules les femmes nées femmes sont opprimées ! Nous sommes colonisées par des hommes qui tentent de se faire passer pour des femmes !"
    Lu à transland : "Seules les identités politiques comptent, les personnes qui ne transitionnent pas ne sont pas opprimées ! Nous sommes colonisé-e-s par des personnes qui tentent de se faire passer pour des trans !"

    Lu à gayland : "Les trans n'existent pas, ce sont des homos refoulés. Et ils décrédibilisent notre combat malgré tous nos efforts d'intégration !"
    Lu à transland : "Les xénogenres n'existent pas, ce sont de pures fantaisies. Et ils décrédibilisent notre combat malgré tous nos efforts d'intégration !"

    Dans tous les milieux, ce sont toujours les plus privilégié-e-s qui tapent sur les plus marginalisé-e-s. Ça en devient fatiguant. Eh, les binaires (je vous rappelle que j'en suis), vous avez peur de quoi, que les psychiatres se servent des xénogenres et des néologismes genrés français pour invalider nos propres identités ? Vous avez peur de ne pas être pris-es au sérieux parce que certain-e-s de nos semblables sont encore plus incompris-es que nous ? Ben j'ai un scoop pour vous : les psys et la société n'ont pas besoin de tels prétextes, nous nous en prenions déjà PLEIN LA GUEULE bien avant que le terme "transgenre" n'ait même été inventé !

    Que dire aussi, du prétexte que seule la transition conditionne les oppressions... Je le clame haut et fort, parce que je ne veux pas prendre part à votre concours à cellui qui sera lae plus opprimé-e : depuis et pendant ma transition, je n'ai eu que très peu affaire à de la transphobie. C'est bien au contraire avant cette transition, que je me suis mangée de la transmisogynie par camions entiers, plus particulièrement pendant mon enfance et mon adolescence. Aujourd'hui que je rentre dans le rang, comme une bonne petite "transsexuelle" médicalisée bien docile, tout est plus facile pour moi (même si c'est pas le Club Med hein, faut pas exagérer non plus !)

    Vous avez peur de manquer de crédibilité ? C'est ni plus ni moins que vous coucher par soumission devant la SoFECT et consorts, pour mendier un peu d'hormones et de coups de bistouri en échange de votre conformisme. N'oubliez pas que sans les folles à paillettes, nous ne serions rien, ce sont leurs boas en plumes qui ont balisé le chemin que nous empruntons aujourd'hui. Ce sont elles qui me donnent envie de crier que je suis fière d'être un travelo. Elles étaient l'avant-garde, comme les xénogenres "masturbateurs intellectuels" le sont aujourd'hui. L'arbre vous cache la forêt : leurs identités sont encore plus profondément politiques que les nôtres."

    Partager via Gmail

  • Commentaires

    1
    Louis
    Dimanche 30 Octobre 2016 à 03:51

    Bonjour, 

    Je voulais savoir si ce que tu décris dans ton blog a été travaillé/réfléchi/théorisé par des universitaires ou des militant-e-s des milieux queer car je ne trouve aucune ressource sur ces questions à part sur tumblr, ton blog et troll de jardin

    j'espère que tu prendras le temps de me répondre


      • Lundi 31 Octobre 2016 à 16:08

        Bonjour,

        je décris beaucoup de choses dans mon blog, à quel sujet fais-tu référence du coup ? Les xénogenres et neurogenres je suppose ?

        Si oui, ben nous sommes des militant-e-s des milieux queer donc la réponse est oui. Autrement, le sujet est encore jeune, c'est normal qu'il n'y ait pas beaucoup de sources. Pour les neurogenres, il y a des études sur le lien entre identité de genre et certaines neuroatypies qui sont faites, mais évidemment le terme neurogenre n'est pas utilisé. Il y a notamment pas mal de recherches sur "la comorbidité entre trouble du spectre autistique et dysphorie de genre" (formulation bien caca :S). 

        Est-ce que j'ai répondu à ta question ? ^^

         

      • Louis
        Mardi 1er Novembre 2016 à 16:33

        Je fais référence aux deux. 

    2
    Bulbizore
    Mardi 1er Novembre 2016 à 17:16

    Il n'y a pas de références ni d'études scientifiques à ces sujets car il s'agit d'un épiphénomène né sur internet, et qui est assez peu intéressant à théoriser dans les milieux queers et féministes, parce que sans grand rapport. En fait, c'est des gen-te-s qui se croient politisé-e-s parce qu'iels utilisent les mots "genre", "social" et autres, mais ça n'est ni du féminisme (1ere, 2eme, 3eme vague, matérialiste, intersectionnel, tout ce que tu veux), ni du queer (ou alors sa déformation post-moderniste ratée). C'est drôle que Nouah dise que le sujet est jeune alors qu'il défend par ailleurs (ainsi que trolldejardin et d'autres) le fait que des xénogenres ont toujours existé. J'ai demandé plusieurs fois poliment des références pour justifier cette allégation, j'en ai jamais eu une seule. P'tète qu'un jour on aura le droit à un article documenté sur un de ces deux blogs ! Là on pourra parler avec des arguments.

      • Lundi 7 Novembre 2016 à 19:02

        Que le mouvement soit jeune et récemment visibilisé n'est pas en contradiction avec le fait qu'il préexistait des personnes ayant ces genres. C'est pareil avec toutes les identités queer hein, avant on en parlait juste pas et on avait pas encore le vocabulaire.

        Les neurogenres ne sont absolument pas pathologisant, cela veut simplement dire que l'expérience du genre est très liée à l'expérience de la neuroatypie car cela créé un vécu spécifique. Ton argument ne fait donc aucun sens. 

        Quand aux personnes auto-dagnotisquées, c'est encore un autre débat, mais sache que lorsqu'on fait un auto-diagnostic sérieux en général on ne se trompe pas, ou alors c'est une NA proche. Les spécialistes eux aussi se plantent régulièrement avec de faux-diagnostiques + le diagnostiques n'est pas accessible pour tout le monde (mineurs dont les parents ne veulent pas un diagnostiques, personnes en situation de précarité financière ne pouvant pas payer un psy, personnes trans qui ont peur d'être discriminées pour obtenir des hormones et préfèrent ne pas en parler, etc.)

        Mon pronom est im ou ille par ailleurs.

    3
    Bulbizore
    Mardi 1er Novembre 2016 à 17:18

    Sans parler des neurogenres et des auto-diagnostiques utilisant du vocabulaire médical, alors que ces mêmes personnes dénoncent la psychiatrisation et la pathologisation. Je comprends décidément pas.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :