• Sujets transversaux

  • [Désolé, je dis des gros mots :3 C’est cool les gros mots O :) ]

     

    Bonjour, bonsoir,

     

    Aujourd’hui, je vais parler des étiquettes. Vous savez, ce mot qu’on choisit pour décrire notre identité : gay, bi, trans, agenre, etc.

     

     

    On va se défouler une bonne fois pour toute. Allez, tous en cœur : aaah ! Ce besoin de tout catégoriser ! Comme si nous ne pouvions pas être tout simplement des humains aimant (ou pas) d’autres humains ! Il faut absolument nous catégoriser encore et encore par notre genre, notre orientation sexuelle, notre orientation romantique, la longueur de notre petit doigt de pied divisée par le diamètre au carré de notre gros doigt de pied… Ah, ça, non en fait ^^

    Bon au delà de la catégorisation par les doigts de pieds, les étiquettes, c’est quand même très limité et enfermant comme concept. C’est un mot, un seul mot, statique et figé. Comment un seul petit mot pourrait-il rendre compte de la complexité ou de la fluidité de nos identités ? Et puis, l’étiquette nous colle franchement à la peau comme un tatouage de malabar au milieu de la tronche. Encore pire si c’est un.e petit.e malin.e qui a trouvé intelligent de l’y coller sans vous demander la permission. Oui parce que les gens font tout le temps ça, mettre les étiquettes qui les arrangent sur les autres. Et l’étiquette (soupir) vient avec son lot d’emmerdes. Quand on choisit une étiquette, les clichés frappent assez rapidement à la porte. Bonjour… Ah, vous venez avec vos casseroles bruyantes que je vais devoir m’attacher aux pieds pour le restant de mes jours ?

    Par ailleurs, les étiquettes c’est compliqué et obscur pour les gens non sensibilisés et cela peut rendre la communication difficile et créer une barrière supplémentaire. Et puis, si l’on ramène les genres non-binaires dans l’équation, ça commence sérieusement à être le bordel… Je suis transgenre non-binaire xénogenre-fluid pansexuel et panromantique ! - Oui… Mais encore ? – Ben, j’aime bien le gruyère aussi. (Cette situation est impossible).

    Au fait, comment dit-on : « je suis une personne non binaire qui aime les femmes » ? Je n’ai encore jamais vu de mot pour ça. Pour y palier, certain.es afab utilisent quand même le mot lesbienne. Et ce choix est tout à fait valide. Les étiquettes sont faites pour être appropriées et redéfinies avec des nuances car de toute façon une étiquette « n’est pas nous » mais n’est qu’un mot pour nous décrire au mieux ; elle ne pourra jamais coller à 100%.

     

    Une étiquette est faite pour servir un but ; nous définissons notre étiquette, ce n’est pas elle qui nous définit. Eh, dis donc moi, t’étais pas contre les étiquettes à la base ? Ben, thèse, anti-thèse, synthèse, c’est ça la bââââse…

     

    Après ce très sympathique aparté de moi à moi, je reprend : le but d’utiliser une étiquette peut-être multiple. En effet, elle peut servir à :

     

    • s’identifier: s’identifier aux autres membres de la communauté pour réfléchir ensemble, se soutenir, partager des expériences.
    • communiquer: communiquer ce qu’on ressent aux autres en posant un mot sur ses sentiments.
    • joindre les forces : permettre de sensibiliser les gens à une cause, militer, revendiquer des droits en utilisant un vocabulaire commun.
    • donner une existence dans la sphère sociale : faire exister son identité en lui faisant correspondre un mot ; l’identité préexiste à l’étiquette mais puisque l’étiquette permet de parler de cette identité, elle lui donne une existence dans la sphère sociale. Certaines identités de genre et orientations semblent avoir émergé seulement très récemment mais les personnes ayant cette identité existaient déjà ; seulement, il n’y avait pas de mot pour décrire cette identité, rassembler ces personnes et les faire exister dans la sphère sociale.

     

    Bref, vous comprenez que les étiquettes sont censées nous être utiles, et ne sont pas là pour nous enfermer mais pour nous offrir plus de liberté. Encore faut-il savoir comment les utiliser. Petit guide (dis, dis, c’est la synthèse ? :p) :

     

    • S’identifier à un terme est un choix personnel : s’il y a une étiquette que tu « ne sens pas », qui ne te plaît pas, il n’y a aucune obligation à s’y identifier, même si la définition semble te correspondre a priori. Il faut « le sentir », que le choix de l’étiquette te procure une certaine satisfaction, un certain confort par rapport à toi-même (pas forcément par rapport aux autres car tu n’es pas obligé de révéler cette étiquette, le tout c’est de se sentir en accord avec soi-même).
    • Il est possible de t’identifier à un terme en apportant les nuances nécessaires à la définition: par exemple, s’identifier en tant que lesbienne même si tu es non binaire. D’ailleurs, n’hésite pas à expliquer aux gens ce que tu entends par le terme que tu utilises même si cela peut te paraître ou leur paraître évident. Parfois, il vaut mieux prendre le temps de bien expliquer pour ensuite repartir sur des bases neuves et solides que de se ramasser tout les clichés ^^
    • Ton expérience est unique ; aussi, il est possible d’utiliser une combinaison d’étiquettes pour s’ajuster au mieux à ton identité : si par exemple tu t’identifie au terme demi-girl mais que tu sens qu’il faut y rajouter le terme genderfluid pour vraiment décrire ton expérience, alors n’hésite pas à utiliser les deux termes conjointement !
    • Tu as le droit de changer d’étiquette si celle que tu avais choisie ne te convient plus (soit parce que ton identité a évolué, soit parce que l’étiquette en elle-même ne te convient plus pour x raisons) ! Tu n’as pas signé un contrat à vie avec telle ou telle étiquette.
    • Tu as le droit d’inventer une étiquette si aucune ne te correspond
    • Tu as le droit de ne pas choisir d’étiquette: après tout, si tu ne ressens pas le besoin de te décrire avec un mot, personne ne t’y oblige. Ne pas choisir d’étiquette peut-être aussi un moyen de s’opposer à la catégorisation systématique des être humains par leur genre et leur orientation.
    • Tu as le droit de choisir une étiquette pour toi mais de ne pas la révéler aux autres par souci pratique, par discrétion ou pour tout autre raison : par exemple, je dis souvent que je suis neutre car c’est ce qui me semble le plus simple à communiquer et le plus proche de mon expérience si je ne devais utiliser qu’un seul mot. En réalité, je m’identifie à tout un tas de termes mais cela me prendrait l’après-midi entier à les expliquer… 

     

    Après ce magnifique traité de philosophie cet article n’hésite pas à partager tes étiquettes et le sens que tu leur donnes en commentaire (que tu sois cis ou trans et/ou non binaire) ! :)

     

    Bonne journée/soirée !

    UESG

     

    Documentation sur le sujet :

    Trop de vocabulaire LGBT+ ? (Princ(ess)e)

    Playlist "labels" de OutOfThisBinary

     

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    5 commentaires
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    Coucou !

    Si je trouve des artistes queer, je les listerai ici au fur et à mesure avec quelques liens YouTube de leurs chansons :) Vous pouvez ajouter des artistes en commentaires pour que je les mette ici bien sûr ;)

     

    * Ryan Cassata : Vous pouvez trouver tout ses albums sur Deezer :)

    Jupiter it won't be longBlank space cover (queer version)

    * Skylar Kergil : Lie to please

    * Ally Hills (musique/humour) :

    In love with a straight girl, Coming out - the official song, How to know if a girl is a lesbianHer lover - lesbian music video

    * Bria and Chrissy : Take me to heaven

    * Joey Graceffa : Don't wait

    * Alexander Jasper-Jay : I'm your man (a song about trans stuff - seven month on T voice update)

     

    Des clips queer mais je ne sais pas si les artistes qui les ont fait sont queer eux-mêmes :

    * Hayley Kiyoko : Girls like girlsCliffs Edge

    * Halsey : Ghost

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    6 commentaires
  • (Article en construction)

    Coucou !

    Voici la liste des youtubeur.ses LGBTQ+ que je connais. La plupart sont en anglais (désolé, y'a pas grand chose en français). Il y a tout de même la chaîne française Princ(ess)e qui traite des sujets divers de manière éducative ! (et son autre chaîne Cordélia Aime, qui parle de littérature LGBTQ+ entre autres).

    Je classe les chaînes par thème (et vous touche quelques mots sur le contenu des chaînes) :

    FTM :

    • Chase Ross : il est en premier parce que si vous ne devez en regarder qu'un seul, c'est bien lui, il est génial :) Il fait des vidéos sur tout un tas de sujet trans et je trouve qu'elles sont bénéfiques pour la communauté trans entière.
    • Ty Turner : Tyler fait des vidéos assez variées sur les sujets trans, il fait parfois des vidéos avec sa copine (maintenant fiancée !) et je trouve ça vraiment bien car cela véhicule un message positif.
    • Skylar Kergil : Skylar fait des vidéos sur les sujets trans, des poèmes, de la musique, etc.
    • Ryan Cassata : Ryan est un musicien (dont vous pouvez écouter les musiques sur Deezer) et un militant pour la cause trans. J'aime particulièrement la représentation médiatique qu'il incarne car il n'est pas sous testostérone (et ne projette pas de l'être un jour) et des personnes trans se reconnaissent sûrement dans ce modèle. C'est bien d'offrir une diversité dans la représentation :) 
    • Jackson Bird : Jackson fait des vidéos sur les gaufres (oui oui XD) mais vous pouvez aussi suivre sa transition. Il a également récemment parlé de bisexualité sur sa chaîne. A noter que certaines vidéos trans sont sur sa seconde chaîne : Also the Bird
    • Benton : il y a un peu de tout sur cette chaîne :)
    • FTMtranstatic : une chaîne collaborative

     

    FTM en français

     

    MTF :

    • Kat Blaque : il y a tout un tas de vidéos sur sa chaîne qui peuvent vous intéresser, elle parle notamment de transféminisme. 
    • Zinnia Jones : vous pouvez suivre sa série de vidéos "gender analysis" ou elle décortique un sujet lié au genre et aux enjeux trans à la lumière d'une documentation solide et de sa propre expérience
    • Stef Sanjati : make-up et enjeux trans/suivi de sa transition
    • Princess Joules : make-up et enjeux trans en particulier beaucoup d'informations sur sa transition 
    • Maya : transition

     

    Non binarité :

     

    Orientations :

    • Ashley Mardell : Ashley parle de bisexualité et de pansexualité, de sujets LGBTQ+ en général et est une formidable alliée trans ! 
    • Ally Hills : vous trouvez plein de choses sur sa chaîne, elle fait entre autres des chansons humoristiques sur l'homosexualité
    • Lesbian answers : vu le nom de la chaîne, y'a pas beaucoup de suspens sur le contenu, donc je n'ai pas grand chose à vous en dire si ce n'est d'aller y faire un tour :p
    • Milo Stewart : asexualité/aromantisme
    • Antastesia : asexualité (elle est française mais sa chaîne est en anglais, vous y trouverez aussi des vidéos sur le végétalisme, les voyages, …)
    • Queer as cat : asexualité/panromantisme
    • SpanishQueens : une des seules chaînes collaboratives espagnoles LGBTQ+

     

    Si vous connaissez d'autres youtubeur.ses cool, n'hésitez pas à me les signaler pour faire grandir la liste :) 

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  • Bonjour, bonsoir !

    Aujourd’hui, nous allons prendre un scalpel, une pince fine et disséquer la société pour voir un peu comment elle fonctionne. Je parle bien sûr ici de la société dans laquelle je vis moi, c’est à dire la société occidentale. (Néanmoins, certains de ces raisonnements peuvent être valables ailleurs ?).

     

    Donc… de quoi s’agit-il lorsqu’on parle de privilèges et d’oppressions ?

     

    La société est organisée en plusieurs systèmes oppressifs. Un système oppressif fonctionne grâce à l’existence de privilèges dont jouissent un groupe de personnes, dit dominant. Ce groupe dominant partage une « caractéristique » qui est considérée par la société comme étant la norme ou comme étant supérieure (par exemple, le fait d’être une personne blanche). Les personnes ne faisant pas partie du groupe dominant car n’ayant pas la dite « caractéristique » sont dominées et opprimées (par exemple, le fait d’être une personne transgenre). En effet, les privilèges dont jouissent les uns entraînent inévitablement des inégalités et discriminations envers les autres.  L’oppression engendrée par le système oppressif peut même résulter en un rejet total du groupe dominé ou des violences. Ainsi, les personnes privilégiées peuvent développer une haine envers les opprimés, et cela peut couter la vie à celleux-ci.

     

    Prenons un exemple concret (celui que je connais le mieux) : le système oppressif cisnormatif. La cisnormativité décrit un système social dans lequel il est considéré que les identités des personnes cisgenres sont plus valides que celles des personnes transgenres, ou que les personnes cisgenres sont supérieures aux personnes transgenres. La cisnormativité peut même aller jusqu’à nier l’existence des transidentités. Dans un tel système, le groupe dominant est bien évidemment formé par les personnes cisgenres qui jouissent de nombreux privilèges : leur identité est reconnue et respectée par la société, iels ne sont pas psychiatrisées ni discriminées à l’embauche car leur identité de genre ne rentre pas dans la norme, etc. Quant au groupe dominé, il est formé par les personnes transgenres qui souffrent d’oppressions : le cissexisme, se traduisant par un non respect de leur identité de genre, parfois même la négation de leur identité, l’invisibilisation médiatique, les stéréotypes et préjugés, les difficultés administratives pour être reconnues socialement comme leur vrai genre, et j’en passe. Le cissexisme consiste également au fait de toujours présupposer que les gens sont cis. Le fait de dire « les femmes enceintes » dans un cours de biologie est extrêmement cissexiste car les hommes trans et les personnes non-binaires afab peuvent aussi être enceint.es. Mais la plupart du temps, le cissexisme est tellement puissant que la personne parlant des « femmes enceintes » ne sait même pas qu’une personne qui n’est pas une femme peut aussi être enceinte ! C’est un bon exemple de la manière dont le système oppressif parvient complètement à jeter dans les oubliettes cosmiques du néant intergalactique l’existence de certaines personnes !!! D’ailleurs, à ce jour, les identités trans non-binaires n’existent pas dans la tête de la plupart des français.es cisgenres. Quant aux identités trans binaires, elles y existent mais les gens sont tellement mal éduqués sur ces questions et ont tellement de préjugés qu’au final… bof, elles n’existent presque pas en tant que tel, quoi. Tout ces préjugés entraînent un rejet des personnes transgenres, ce qui se traduit par de la transphobie, forme extrême du cissexisme. La transphobie peut aller de propos violents (y compris une soit disant « blague ») qui va blesser profondément une personne transgenre souffrant déjà quotidiennement du système oppressif à un acte de violence. Cette violence peut aller jusqu’au meurtre de personnes trans : ce sont des crimes de haine… Entre 2008 et 2014, 1731 assassinats transphobes ont été reportés (et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg). (Source)

     

    Il est à noter que beaucoup de gens n’ont pas conscience de leurs privilèges. Iels ne se rendent pas compte de leur cissexisme car la société nous a tous.tes conditionné.es depuis l’enfance pour faire partie de ce système oppressif. Même les opprimés ont des préjugés contre eux-mêmes au début. Dans le cas de mon exemple, les personnes trans doivent déconstruire tout ce que le système leur a inculqué pour pouvoir s’accepter elles-mêmes : on dit qu’elles ont de la transphobie internalisée. Nous en avons tous.tes. Une personne qui a réussi a appris à voir au delà du système oppressif est dite déconstruite car elle a déconstruit le conditionnement social et ses –phobies internalisées. Les personnes qui sont encore prisonnières du système dans leur façon de penser sont dites non-déconstruites.

     

    Etre non-déconstruit n’est pas une excuse pour tenir des propos oppressifs. Si vous le faites par ignorance, ne vous offusquez pas que les opprimés vous fassent remarquer que vos propos sont problématiques ou –phobes, excusez-vous simplement, et continuez de vous éduquer pour vous déconstruire. De même, ne demandez pas à une personne opprimée de rester calme lorsque vous venez de l’opprimer, même si vous l’avez fait par ignorance. On appelle cela le tone-policing et ce n’est pas correct car les personnes opprimées se prennent des agressions de la part des privilégiés dans la tronche tout le temps. De plus, les opprimés ne sont ni Wikipédia, ni Google, ni la bibliothèque municipale. Iels ne sont pas là pour vous éduquer surtout quand vous venez de les opprimer. Cependant, si vous souhaitez vous éduquer, il est tout à fait possible de trouver une personne qui souhaite avoir une conversation sympathique pour vous expliquer les choses. Simplement, les personnes opprimées ne sont pas obligées de le faire, c’est tout, donc ne l’exigez pas d’elles et ne faites pas de tone-policing.

     

    En résumé, le système oppressif maintient l’ignorance et la non-éducation des personnes privilégiées, laissant aux personnes opprimées tout l’effort de sensibilisation et d’éducation. Cependant, cette sensibilisation, quand elle est faite par les personnes déjà méprisées par la société, peut s’avérer peu efficace. En effet, les dominants vont accorder peu d’importance et de validité à la parole des dominés. C’est pourquoi, les allié.es faisant partie du groupe privilégié sont d’une aide précieuse car ils permettent d’amplifier la voix des opprimés en créant un espace où iels seront écoutés. Il est important de permettre aux opprimés de parler, pas de parler à leur place, car 1) lorsqu’on ne vit pas une oppression, on sait forcément moins bien de quoi on parle 2) pour une fois que les opprimés peuvent s’exprimer, ne leur prenons pas la parole, pour leur permettre d’exister dans la sphère sociale. De plus, dire aux opprimés comment mener leur lutte ou comment iels devraient se sentir, ce n’est pas correct, car vous n’êtes pas à leur place.

     

    J’ajouterai qu’une oppression existe à une échelle globale et systémique, il s’agit d’un SYSTEME oppressif, sous-tendu de mécanismes oppressifs particuliers. Donc… les oppressions inversées n’existent pas ! Peut-être qu’il existe localement une personne qui n’aime pas les personnes cis, mais en aucun cas un système qui discrimine les personnes cisgenres dans tout les aspects de leur vie, donc la cisphobie n’existe pas !

     

    Bon, maintenant, si vous avez des privilèges, ce n’est pas la fin du monde. Ne culpabilisez pas d’en avoir, ce n’est pas votre faute ! Utilisez-les bien pour aider les opprimés en étant un.e allié.e efficace ;) La première chose à faire est de prendre conscience de ses privilèges. Nous allons donc, ensemble, vérifier nos privilèges. Il est possible d’avoir des privilèges et de subir des oppressions par ailleurs ; il est possible de cumuler les privilèges ou les oppressions. Voici un petit tableau avec certains privilèges et oppressions (il y en a forcément beaucoup d’autres). Il n’y a pas d’ordre hiérarchique spécifique dans ce tableau. (Oui j'ai une obsession pour les tableaux).

     

    Vérifiez vos privilèges

     

    Nous reviendrons sûrement plus en détail sur ce tableau dans un prochain article.

    Hétérosexisme : le fait de considérer qu'être hétéro est la norme.

    Pour plus d’informations sur les termes "validisme", "capacitisme", "psychophobie" et "neuroatypique" : ici.

     

    Donc, mes privilèges à moi sont d’être blanc et de ne pas être en situation de handicap. Par ailleurs, je subi le sexisme, le cissexisme et la transphobie, l’hétérosexisme et la biphobie. Bon, qu’est-ce que je fais de mes privilèges alors ?

     

    1.    1. J’écoute les personnes qui n’ont pas mes privilèges : si ces personnes disent que quelque chose est problématique, il y a sûrement une raison, même si je ne la vois pas au premier abord, alors j’écoute.

    2.    2. Je m’éduque et je me déconstruis : j’ai par exemple suivi un programme de cours sur l’insertion des personnes en situation de handicap en entreprise. [NB : ne pas penser qu’on mérite des cookies, un diplôme du gentil privilégié ou le prix Nobel de lea héro.ïne parce qu’on a fait quelque chose de bien.]

    3.    3. Lorsqu’une personne de mon groupe dominant dit quelque chose de problématique, je le lui dis, et dans la mesure du possible, j’explique pourquoi, et je fourni des ressources pour permettre plus de visibilité du groupe opprimé.

    4.    4. J’essaye de parler de ces sujets pour faire réfléchir les autres sur leurs privilèges (comme au travers de cet article par exemple).

     

    Ne vous découragez pas, la déconstruction est un processus qui peut prendre du temps. Ce n’est pas un processus passif, vous devez y travailler activement ; c’est une sorte de gymnastique cérébrale ! ;)

     

    J’espère que cet article vous aura éclairé.es !

    Des bisous

    UESG

     

    Documentation sur le sujet :

    Planche de la BD Assignée Garçon de Sophie Labelle

    Le tone-policing (et la politique de la respectabilité sur laquelle je reviendrais sûrement dans un prochain article)

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    1 commentaire
  • Un jour quelqu’un a dit : « C’est bien de déconstruire mais il faut aussi construire. » C’est ce genre de phrase qui moi me fait cogiter assez pour finir par en écrire un article, parce que c’était vraiment une remarque très pertinente de la part de cette personne. Alors, de quoi s’agit-il ?

    Souvent, dans les communautés militantes, on parle de déconstruction. Cela signifie déconstruire les principes normatifs et oppressifs qui nous ont conditionné-e-s pour être plus inclusifves et plus safe. L’objectif de la déconstruction est évidemment d’atteindre un moment où le système d’oppression finira par être démantelé complètement et ne plus exister. Pour déconstruire, il faut remettre en question les normes sociales et cela s’accompagne également de beaucoup de pédagogie auprès des gens. Par exemple, dire « le genre n’est pas binaire » et expliquer pourquoi, c’est de la déconstruction, car on déconstruit l’idée que le genre est binaire que tout le monde a intériorisée.

    Maintenant que l’on sait ce qu’est la déconstruction, ça serait bien de se poser les questions suivantes : c’est quoi la construction ? Pourquoi et comment construire ?   

     

    Le mieux, c’est de commencer avec un exemple. Il y a une personne poly qui expliquait que lorsqu’on sort de la norme mono, on est en perte de repères et on a plus de modèles, on doit par conséquent en créer. C’est exactement ça. Lorsqu’on a une norme oppressive de laquelle le système ne veut pas qu’on s’écarte, il n’existe qu’un seul modèle correspondant à cette norme. Pour réussir à exister en dehors de cette norme et vivre son identité authentiquement, on est obligé de construire de nouveaux modèles. Attention, nouveaux modèles ne veut pas dire nouvelles normes. Un modèle n’est pas forcément érigé comme une norme. Un modèle, ça peut simplement être une nouvelle façon de faire que l’on est libre de suivre ou non, selon nos besoins personnels. Eclater une norme oppressive cela veut dire créer une diversité de modèles en dehors de cette norme. Cela veut dire que les individus qui en ont besoin peuvent participer à cette construction hors normes et créer quelque chose qui leur conviennent à euxe. Une infinité de nouvelles possibilités afin que chacun-e puisse s’épanouir hors du carcan oppressif.

     

    Voici quelques exemples de construction possible (liste non-exhaustive) :

     

    ü  Les nouveaux modèles de relations en dehors de la norme hétéro-cisdy-mono :

     

    Dans la communauté LGBTQIAP+ nous avons toustes en commun le fait que le modèle de relation normatif est une relation romantico-sexuelle-monogame entre une femme cis dyadique et un homme cis dyadique. Nous allons donc faire fleurir tout un tas de relations différentes de cette norme.

    Pour continuer sur l’exemple du polyamour, voici un article qui recense quelques modèles alternatifs à la mononorme (et si vous comprenez pas l’anglais, y’a des petits dessins) et ici un organigramme des relations poly dans la BD KIMCHI CUDDLES.

    Un autre exemple, c’est le cas des personnes du spectre aromantique qui construisent des modèles en dehors de la matrice amatonormative et qui ont défini notamment les relations quasi-platoniques.

     

    ü  Le nouveau vocabulaire :

     

    Toute communauté opprimée à son jargon, ce qui est d’ailleurs souvent un motif de reproche de la part du groupe dominant. Sauf que lorsque l’on vit dans un monde où le vocabulaire existe uniquement pour parler de la norme oppressive, on doit construire un vocabulaire qui nous permet de nommer et exprimer nos expériences.

    Par exemple, la communauté non-binaire définit du vocabulaire pour décrire la diversité des genres : fluide, demi-fille, neutrois, agenre, neurogenre, etc. Il y a également un chantier titanesque, c’est celui de construire un neutre et un inclusif en français !

      

    ü  La création de ressources : blogs, pages Facebook, chaînes YouTubes…

     

    ü  La création de contenu inclusif fait par des personnes concernées : dessin, musique, vidéos…

     

    ü  Et…

     

    Il y a mille et une façons de construire, de se libérer du carcan normatif et s’épanouir à travers de nouvelles possibilités. Ne vous limitez pas aux ressources existantes. Si vous vivez quelque chose dont personne n’a jamais parlé et qui n’a pas de nom, vous êtes légitimes à en parler et à le nommer. Vous n’avez pas trouvé de nom pour votre genre ? Vous êtes légitimes à en créer un !

    Vous êtes légitimes à vous redéfinir en dehors du cadre normatif, à vous découvrir et redécouvrir, à vous explorer vous-même et sans concession. Vous êtes légitimes à reprendre le pouvoir sur votre identité. Vous êtes légitimes à construire.

     

    - UESG

     

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