• Vivre hors du placard et s’affranchir du regard cis (trans non-binaire)

     

    Cela fait plus d’un an et demi que je suis out en tant que trans non-binaire. J’ai eu l’occasion d’en voir des vertes et des pas mûres et de tester plein de méthodes de coming-out différentes (au bout d’un moment, c’est répétitif, alors j’avais envie d’être créatif lol).  Au fur et à mesure, j’ai appris à m’ajuster pour tenter de trouver un équilibre entre moi et le cis-monde. C’est pas évident. Je pense que chaque personne non-binaire fera son petit chemin et trouvera son propre équilibre. Les choses qui ont marché pour moi ne marcheront peut-être pas pour tout le monde. Toujours est-il que je voulais partager mon expérience car c’est important. On fait beaucoup de théorie sur ce blog, mais la pratique ça a du bon aussi.

     

    1.    Le désenchantement

     

    Quand j’ai vu pour la première fois des ressources sur la non-binarité, le moi-naïf de l’époque pensait « c’est génial, je vais dire aux gens que je suis non-binaire, et je pourrais vivre en étant moi-même et tout le monde va comprendre ». Bon… j’ai vite déchanté et je me suis aperçu que ce n’est pas une notion que les gens comprennent facilement. J’ai découvert l’enbyphobie et la transphobie.

     

    Et là, une des choses les plus déprimantes ça a été de me rendre compte que je ne « passerai » jamais en tant que non-binaire. Si j’avais été un gars trans, j’aurais au moins pu espérer « passer » en tant que mon genre et qu’on me dise spontanément « il ». Ca n’est évidemment pas possible en étant non-binaire. Déjà parce que les gens vont toujours vouloir spontanément me mettre dans une case binaire ou l’autre, quelque soit mon apparence. Même si je m’efforçais d’être très androgyne et genderfuck, les gens seraient toujours là à chercher des « signes » pour me catégoriser en tant que fille ou garçon. Iels ne penseront jamais « et si cette personne était non-binaire ? » Ensuite, puisque j’utilise un pronom neutre, c’est encore pire. Les gens n’utiliseront jamais le bon pronom spontanément et on n’est pas dans une culture où les gens sont habitués à demander les pronoms d’autrui.

     

    Bref, je constatais donc qu’il était impossible de vivre pleinement en tant que moi. Je devrai continuellement faire des coming-out aux gens que je fréquente, et les gens que je ne fréquente pas assez pour leur préciser mes pronoms me mégenreront. Purin de déprimant. Je ne voyais pas d’issue favorable. Je ne voyais pas comment exister dans ce monde binaire.

     

    2.    Le transfert de la responsabilité

     

    Mais avec le temps, j’ai opéré un renversement de pensée qui a été grandement bénéfique pour ma santé mentale. Je n’ai pas vraiment réussi à identifier ce qui m’a permis d’en venir là, ça s’est fait progressivement. C’est peut-être à force de militer, écrire et réfléchir à la non-binarité, je ne sais pas bien. Je pense que c’est peut-être surtout le fait d’avoir pris confiance en moi au fur et à mesure, d’avoir bien réussi à m’affirmer dans mon identité et à m’être blindé contre l’enbyphobie à force de l’avoir rencontrée. Mon état d’esprit est devenu « je suis queer as fuck » si vous voyez ce que je veux dire.

     

    Concrètement, je suis passé de :

    « Les gens ne me verront jamais pour qui je suis parce que j’ai l’air d’une fille, je dois faire un coming-out continuellement, je n’existe pas en tant que non-binaire pour eux, je suis renvoyé perpétuellement au fond de mon placard »

    à

    « Si les gens me prennent pour une fille, ce sont eux qui ont tord. Je suis purin d’en dehors de mon purin de placard. Regarde, je le brûûûle ! »  x)

     

    Finalement, ce que j’ai fait c’est que j’ai transféré le blâme de ma personne à la société - ce qui est vrai en soi mais pas toujours facile à faire avec les messages enbyphobes que l’on reçoit en permanence de la part de la société. Si les gens me prennent pour une fille, ce sont eux qui font des suppositions erronées à cause de leurs idées cissexistes mais je n’ai pas l’air d’une fille, je suis moi-même, non-binaire, et je ne suis pas au placard.

     

    3.    Le passage à la pratique

     

    Dans la pratique, comment ça marche ? Déjà, rien qu’avoir opéré ce transfert psychologiquement, c’est énorme ! Ca enlève un poids sur mes épaules, ça améliore clairement ma santé mentale.

     

    En pratique, je mets en place des choses assez simples à vrai dire – beaucoup plus simples que quand je « m’amusais » à expliquer la non-binarité en long en large et en travers. De toute façon, une fois sur deux, les gens retiennent que je suis « un gars trans non-hormoné » alors pourquoi me fatiguer ? Je fais déjà bien assez de pédagogie militante par ailleurs et j’ai le droit de respirer un peu.

     

    Premièrement, Je ne fais plus de « coming-out » à proprement parler, je mentionne ma non-binarité naturellement si la situation s’y prête (il y a évidemment des situations particulières où il n'est pas safe d'être out et je vais faire semblant d'être une fille cis. La sécurité avant tout.)

    Exemple : si une camarade de classe dit « on est 4 filles » en parlant d’un groupe où je me trouve, je dirais « moi je suis non-binaire ». Fin de l’histoire.

     

    Deuxièmement, quand je parle de non-binarité, je le fais en partant du principe que les gens doivent savoir ce que c’est et que sinon, c’est eux qui sont dans leur tord. D’une part, ça me permet de ne pas faire de la pédagogie tout le temps (ouf !) avec des personnes cis qui cisexpliquent car c’est épuisant (en fait, c’est épuisant de se répéter en boucle et de justifier son existence même quand iels ne cisexpliquent pas particulièrement). D’autre part ça normalise la non-binarité. Je vais donc balancer le mot non-binaire comme ça, le plus naturellement du monde. Je pourrais dire le mot « fille » ou « garçon » que ça serait pareil dans ma façon de le dire. Quand je fais ça, j’ai remarqué que soit :

     

    1° les gens savent ce que c’est (M-I-R-A-C-L-E ! Mais oui, c’est possible !)

     

    2° les gens ne savent pas mais ne demandent pas ce que c’est parce qu’ils sentent ignorants et ne veulent pas avoir l’air nuls : ce n’est plus la personne non-binaire qui est sur la sellette, mais la personne cis qui est mise face à son ignorance, ça enlève un poids des épaules de la personne non-binaire.

     

    3° les gens ne savent pas ce que c’est mais osent demander ce que ça veut dire et là deux possibilités :

    à je réponds « ni 100% homme ni 100% femme » et je passe à autre chose : cette définition rapide permet de fermer la conversation en faisant comprendre à l’autre personne qu’elle n’a pas le droit d’exiger de moi de la pédagogie.

    à je réponds « tu chercheras sur Internet » : on opère un transfert de la ‘responsabilité de la personne non-binaire à éduquer les autres’ à la ‘responsabilité de la personne cis de s’éduquer par elle-même’ et c’est fort important selon moi.

     

    4.    Nous existons en dehors du regard cis

     

    Il y a une personne qui a fait un commentaire sur ma page l’autre jour sous mon visuel à propos du placard et qui a fort bien verbalisé ce que j’essayais d’exprimer depuis un moment : les personnes non-binaires (et trans en général) peuvent - ou devraient pouvoir - exister indépendamment du regard cis. Cette obligation du coming-out et cette dichotomie entre « être dans le placard » et « être en dehors du placard » n’existe que dans le contexte d’un regard cis. Les arguments de certain-e-s exclusionistes comme quoi les personnes pas out ou qui ne transitionnent pas ne sont pas légitimes dans leur identité trans/non-binaire sont encore plus merdiques quand on considère ceci. L’idée qu’on ne peut être réellement trans/non-binaire que si on sort du placard ou on transitionne (ou on le souhaite) est complètement soumise au regard cis. C’est un point de vue cissexiste dans lequel les personnes trans/non-binaires n’ont pas d’existence indépendamment de ce cis-monde !

     

     

    Je parle de ce visuel !

    Vivre hors du placard et s’affranchir du regard cis (trans non-binaire)

     

    Alors oui, on vit dans une société largement dominée par la cisnormativité et la majorité est cis. Mais quid des espaces trans ? Quid de créer des espaces safe où les personnes trans peuvent exister sans se justifier et s’exprimer en dehors de cette vision cissexiste de la transidentité ? Quid de nous débarrasser de ces idées cissexistes plus largement dans la société en militant pour la reconnaissance de diverses identités quelque soit l’apparence et ainsi créer un espace d’existence pour toutes les personnes trans/non-binaires ? Quid de militer pour l’inclusion de ces personnes plutôt que leur exclusion, parce que c’est cissexiste de les exclure… ? Peut-on arrêter de juger la validité des identités des autres d’un point de vue cis dans la communauté trans ?

     

    On ne doit rien aux personnes cis. On ne doit rien à cette société cisnormative qui nous maltraite. Et si le mouvement trans exclut les personnes trans pas out/qui ne transitionnent pas, si le mouvement trans exclut celles qui ne correspondent pas à l’idée cissexiste de ce que devrait être la transidentité, si le mouvement les exclut sous prétexte qu’elle ne vivent pas d’oppression, alors c’est la preuve même que cette oppression, elles la vivent ! C’est un acte absolument radical et politiquement fort que de reconnaître que la transidentité existe en dehors du regard cis !

     

    Précision : je ne dis pas que la transition ou le coming-out en soi sont cissexistes ou que les personnes trans ne devraient pas transitioner ou sortir du placard. Absolument pas. Ce que je dis, c’est qu’on devrait inclure toutes les personnes trans, indépendamment de si elles transitionnent ou pas, de si elles sont dans le placard ou pas. On devrait combattre le fait que la transidentité doit ressembler à telle ou telle chose selon un point de vue cissexiste. On devrait combattre l’idée que les vécus trans sont homogènes.

      

    Conclusion :

    Vous êtes légitimes dans votre identité, peu importe ce qu’en dit le regard cis.

     

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  • Commentaires

    1
    Virgile
    Mardi 28 Novembre 2017 à 23:51

    Bonsoir,

    J'ai découvert ton blog récemment, j'ai lu beaucoup, réfléchis un peu, et j'en suis arrivé-e à la conclusion que je devais t'écrire. Je ne sais pas si c'est pertinent, utile ou quoique ce soit.... Je ne sais même pas si c'est l'espace approprié, mais faute d'avoir trouvé ton mail, je met tout ça en commentaire.

    Alors, aujourd'hui, je suis assigné comme garçon par la société et j'ai 16 ans. Depuis plusieurs mois, je me renseigne de plus en plus sur le genre et je m'introspecte pour savoir qui je suis. Et mon problèmes est là : j'ai peur de faire de l'appropriation, de me tromper et de nuire par conséquent à cette cause qui me tient à cœur.

    Aussi loin que je me souvienne, je me suis quasiment systématiquement identifié au personnages assimilés comme féminins que je découvrais dans les médias (consciemment, ou inconsciemment) : film, livres, dessins animés etc... Avec ma sœur on jouait a dire "moi je suis elle, et moi elle etc..." (oui bon on avait moins de 12 ans :) ). J'ai toujours eu en horreur les voitures, et je jouait avec ma sœur a plein de jeu, en l’occurrence à la poupée parfois. Je me retrouve beaucoup dans la définition du site "C'est comme ça" : Pink Boy. De plus, j'aimais me déguiser avec ma sœur, je voulais avoir les cheveux long, mettre du vernis, j'aime le violet, le fuchsia etc.. (Je le dis même si on s'en fout XD, mes gout n'étant pas mon genre).

    Ah l'école, j'ai écopé de quelques "PD" mais pas plus que ça en comparaison avec d'autre, on m'a beaucoup demandé si j’étais gay, on me trouvait et j’étais (et suis) maniéré. Puis j'ai eu ma scolarité au collège, ou j'ai commencé à rejeter certaines choses (le fait que j’étais efféminé et le fait que j'étais attiré par les garçon). Paradoxalement, je me souviens de mes énormes malaises quand mon père et sa complicité masculine (que je hais de toute mes force)me demandais si "j'avais une copine", ou alors me disait "mais tu devient un homme dit donc". Mention spéciale à ma mère qui à vu mes jambe avec des poils pendant que je mettait mes chaussures et qui ma dit "bah dis donc t'as des poils, tu deviens un homme"... Réaction immédiate : fuite en pleurant de rage, de colère et de dégout dans ma chambre (cela c'est répété à chaque fois qu'on à évoqué "homme", "poils" ou "copines" en parlant de moi = crise de nerf, envi de pleurer.)

    A partir de la seconde j'ai commencé à me poser des questions quand j'ai découvert la transitude, et la non binarité. J'en suis arrivé au stade de cette année de Première ou j'ai profité du dress code de la journée contre le harcèlement au lycée (jupe ou T-shirt blanc) pour mettre une jupe ET un T shirt blanc : j'ai adoré la jupe(<3). Je profite aussi de ma solitude le soir pour essayer un rouge à lèvre noir que j'avais acheté pour Halloween, ou essayer des débardeur sans manche etc.. Je tâtonne un peu, mais j'aimerai beaucoup avoir une expression de genre plus androgyne : que les gens ne pensent pas "c'est un garçon" au premier regard, qu'ils doutent et ne sachent pas, voire dans le meilleur des monde, utilisent le neutre.

    Et donc me voilà. En réfléchissant, je n'ai pas l'impression d'être une femme trans binaire (je ne me reconnais pas totalement dans le féminin), et pour autant, aujourd’hui, systématiquement quand on me parle d'homme (conséquence ou pas de ma deconstruction?) je ne me reconnais pas totalement, comme si j’étais à coté. Je me reconnais toujours autant dans les personnages perçus comme "féminin" par la société et j'ai envi de tester différente expression de genre, peut être différent pronom (ou pas). Cependant, je n'arrive pas à déterminer mon genre... Suis-légitime à me définir comme "Demin-Boy" "Genderfluid"  ou "Non Binaire" ? Alors que mes pronoms masculins ne me pose pas de problème en soit...Et que je ne souffre pas d'une vrais Dysphorie de Genre. (Mais j'ai expérimenté l'euphorie de genre par contre : de manière fugace XD ) Et puis surtout : le fait que je me pose autant de question me fait douter, le monde me fait douter : est-ce une lubie ? Une phase ? Suis-je un garçon efféminé simplement, malgré le fait que d'être associé à un "homme" par mes parent me dégoute et que je me sois déjà imaginé en socialement perçu comme fille (ça aurait été tellement bien ) ?

    Comme je ne sais pas, j'ai l'impression de "choisir" l'identité qui me correspond, et non plus de la subir/vivre... Or on ne choisit pas son genre comme tu le dit, on le vit... Par conséquent, je ne me sens pas légitime à me définir comme non-binaire, malgré mon envi et tout ce que je t'ai dit précédemment, car j'ai l'impression de ne pas être authentique,de ne pas être un "vrais" non-binaire.

     

    Merci de m'avoir lus, j'espère que tu va pouvoir m'éclairer un petit peu,

    Par ailleurs j'adore ce que tu fait, c'est clair , concis, très pédagogue. (Je dévore ton blog jours après jours XD)

    Bonne soirée, bonne journée, bonne nuit,

    Virgile ;) humain-e perdu-e

      • Mercredi 29 Novembre 2017 à 20:49

        Bonsoir,

        je ne sais pas ce que tu appelles exactement de la "vraie dysphorie de genre" mais tu sembles quand même avoir de la dysphorie au moins sociale car être associé-e à la catégorie homme/au masculin te met mal à l'aise et tu préférerais que les gens te genrent au neutre. Autrement, on n'est pas obligé d'avoir de la dysphorie pour être non-binaire.

        Choisir l'étiquette qui nous convient le mieux n'est pas exactement la même chose que "choisir son genre" dans l'absolu (on ne choisit pas son genre)@, donc si tu décides d'utiliser l'étiquette "non-binaire" par exemple tu as "choisis" cette étiquette mais pas le fait d'être non-binaire (je sais pas si je suis clair).

        L'expression de genre ne renseigne pas forcément sur le genre dans l'absolu puisque comme tu dis on peut être un garçon féminin, MAIS l'expression de genre peut t'aider à te comprendre, à explorer ton genre, et finalement dire quelque chose de ton genre par ce biais là.

        Si tu décidais de t'identifier demi-boy, non-binaire, genderfluid ou un autre terme parce que c'est ce que tu ressens être, tu serais tout à fait légitime, et ça ne serait pas de l'appropriation, car tu es la personne qui est à même de connaître ton vécu et de le décrire. Il y aura bien sûr des gens (trans comme cis) qui te diront que c'est de l'appropriation car il y a des con-nes partout, je te conseille de ne pas les écouter.

        Je te conseille de continuer à expérimenter avec ton expression de genre, éventuellement tes pronoms etc. pour apprendre à mieux cerner ton genre si c'est quelque chose que tu désires (vu ton commentaire je dirais que oui ^^). N'hésites pas à essayer des étiquettes aussi, comme celles que tu suggérais (non-binaire, genderfluid...) de manière à savoir si tu te sens à l'aise avec. Ton identité ainsi que ta compréhension de celle-ci peut évoluer, donc tes étiquettes ne sont pas nécessairement là ad vitam aeternam, n'aie pas peur d'en changer si le besoin s'en fait ressentir. Je te conseille cette vidéo à ce sujet d'une chaîne YouTube que j'aime beaucoup : https://www.youtube.com/watch?v=yNQV81ckLOA

        Tu peux aussi me contacter par message privé sur ma page Facebook si tu veux : https://www.facebook.com/Unique-en-son-genre-413517875523300/

        Bon questionnement à toi !

         

    2
    Virgile
    Mercredi 29 Novembre 2017 à 21:42

    Bonsoir,

    Merci beaucoup pour cette réponse :)

    C'est vrais qu'en y pensant, j'ai une légère dysphorie de genre. Et pour autant je tolère l'usage du masculin. Breeeeef, je vais continuer à explorer tout ça (j'ai regardé la vidéo de H paradoxae : elle est super bien !) , je vais continuer à lire ce que tu écrit car ça m'aide beaucoup (pour l'orientation par exemple : je pense être Diamorique Enbian Androphile, ça m'a beaucoup parlé en tout cas. (en plus on dirait le nom d'un animal XD ). Je ne vais pas t’embêter plus longtemps, et si jamais j'ai d'autre questions ou interrogation je reviendrais par ici si ça te dérange pas;).

    Je vais conseiller ce blog à plein d'ami.e.s. Il est vraiment formidable,

    Merci beaucoup à toi,

     

    Virgile

     

    P.S. t'es trop cool !!!! Les personnes queer sont vraiment géniales !!!

      • Samedi 2 Décembre 2017 à 10:00

        :D

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